Test Assassin's Creed Odyssey

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PS4

Moins d’un an après avoir dépoussiéré avec brio sa série phare Assassin’s Creed grâce au volet égyptien Origins, Ubisoft remet le couvert aujourd’hui en nous plongeant dans les conflits de la Grèce Antique avec Odyssey. De quoi faire craindre aux fans que la surexploitation reprochée à l’éditeur français durant la période Unity/Syndicate soit déjà de retour, au point de pousser ce dernier à préciser que la série n’accueillerait pas de nouvel opus l’an prochain ! Quoi qu’il en soit nous pouvons immédiatement rassurer les joueurs inquiets : même si Odyssey reprend logiquement bon nombre de mécanismes de son prédécesseur, il apporte suffisamment de nouveautés et de contenu pour justifier d’y passer de très longues heures.

Au cas où vous auriez fait l’impasse sur notre preview publiée il y a quelques semaines, rappelons que le jeu vous propose d’incarner au choix Kassandra ou Alexios, une sœur et un frère dont on peut dire que l’enfance dramatique les poussera à quitter la paisible île de Kephallonia sur laquelle ils vivaient jusqu’à présent : devenu mercenaire, votre personnage se lancera à la poursuite de son passé et accomplira de multiples quêtes en traversant l’immense territoire couvert par la Grèce Antique, en visitant les mythiques monuments qui s’y trouvent, et en côtoyant différentes grandes figures de l’époque (Hérodote, Périclès, Cléon...). Une fois de plus nous ne nous étalerons pas sur le scénario en lui-même pour ne pas vous gâcher la découverte de ses multiples rebondissements, mais sachez que ses auteurs ont su nous concocter une histoire bien ficelée à défaut d’être totalement originale.

Des quêtes à foison

A ce titre, il n’est peut-être pas inutile de préciser que vous ne découvrirez l’intégralité des différents thèmes de l’aventure que très tard dans le jeu : ses dix premières heures vous plongeront au cœur du terrible secret de la famille de Kassandra et Alexios, puis vous découvrirez l’existence d’une organisation secrète dont vous entreprendrez de faire tomber un à un les membres, et enfin vous déciderez d’enquêter sur une civilisation très ancienne apparemment liée aux deux précédents sujets. Rien d’étonnant donc à ce que plusieurs dizaines d’heures de jeu soient nécessaires pour découvrir les fins de ces trois arcs narratifs que vous pourrez, dans une certaine mesure, terminer l’un après l’autre ou mener en parallèle.

Bien sûr les quêtes facultatives sont aussi de la partie afin de vous faire gagner de l’expérience, de l’argent, des ressources et de l’équipement, la grande force d’Odyssey étant de régulièrement connecter ces missions annexes entre elles ou aux histoires principales. Il ne sera ainsi pas rare de croiser dans une quête secondaire un personnage déjà rencontré auparavant, qui ne manquera pas de faire référence aux évènements passés.


Ubisoft a d’ailleurs introduit dans ce nouvel opus un système de choix dont la plupart auront une influence directe sur vos interlocuteurs, mais qui pourront aussi changer le comportement de la population à votre égard ou vous faire emprunter différents embranchements scénaristiques. Si les conséquences de certains choix seront presque immédiates (épargnez les deux premiers ennemis du jeu et ils vous tendront une embuscade quelques minutes après), d’autres ne seront en revanche visibles que beaucoup plus tard : l’histoire familiale du jeu peut par exemple se finir de diverses manières, la fin obtenue dépendant directement de différentes décisions prises au cours de l’aventure !

Pour en revenir aux quêtes à proprement parler, vous ne serez vraisemblablement pas surpris d’apprendre le retour du journal des quêtes inauguré par Origins : il rassemble toutes les missions acceptées par votre personnage, indique le niveau recommandé pour les remplir et rappelle l’objectif en cours pour chacune d’entre elles. Odyssey tente ici d’innover en incitant le joueur à opter pour un mode baptisé Exploration en tout début de partie. Contrairement au mode Guidé jusqu’ici en vigueur dans la série, il ne vous indiquera pas systématiquement l’endroit exact où vous rendre grâce à un marqueur sur la carte du jeu. A la place plusieurs indices vous seront donnés pour vous permettre de localiser grossièrement la destination, et c’est grâce à votre aigle Ikaros que vous la repèrerez précisément. Un procédé amusant qui souffre toutefois d’une petite incohérence : lorsque l’on ouvre la carte du jeu pour identifier la zone de recherche, on y trouve trop souvent un point d’interrogation synonyme de lieu pas encore exploré, qui se trouve généralement être celui que l’on cherche !

Des combats affinés

Côté combats le système inauguré par Origins est lui aussi reconduit avec toutefois quelques différences notables. On retrouve donc les contrôles remaniés de l’an dernier avec notamment le parkour plus naturel (Croix), le verrouillage (R3), les attaques rapides/fortes (R1/R2), et l’esquive (Carré). L’infiltration est toujours de mise avec la possibilité d’approcher discrètement d’une cible en se déplaçant dans les hautes herbes (Rond) avant de l’assassiner en silence (Triangle). Bien sûr les corps de vos victimes peuvent toujours être transportés dans un recoin sombre pour éviter qu’un autre ennemi ne tombe dessus et donne l’alerte.

La jauge d’adrénaline se voit en revanche complètement repensée, avec la disparition pure et simple du mode Rage. A sa place notre personnage peut débloquer différentes aptitudes via son arbre de compétences, et les affecter aux boutons colorés de la manette associés respectivement à L1 pour les attaques au corps-à-corps et L2 pour les attaques à distance. On trouve dans la première catégorie la possibilité de foncer sur l’ennemi, de lui donner un coup de pied ou encore d’empoisonner temporairement nos armes, et dans la seconde des tirs de flèches ultra-puissants ou la possibilité d’en décocher plusieurs à la fois. Chaque utilisation de compétence permet à notre héros de récupérer un peu de vie, une compétence particulière étant déblocable pour des recharges plus conséquentes. Au cas où vous craindriez la disparition de la parade maintenant que L1 est utilisé pour autre chose, sachez qu’elle est toujours disponible avec cette fois L1+R1.

Puisque nous en sommes aux combats il est sans doute pertinent de nous attarder une seconde sur l’intelligence artificielle des ennemis, qui se montre globalement satisfaisante mais connait toujours quelques ratés. On apprécie par exemple que les groupes de plusieurs hommes tentent de travailler de concert pour nous affronter, les archers restant en retrait pendant que les fantassins viennent au corps-à-corps, mais on est un peu plus circonspect lorsqu’une sentinelle découvre le corps d’un de ses collègues éliminé furtivement, et se contente de regarder bêtement à droite et à gauche pendant dix secondes avant de partir à notre recherche. Rassurez-vous les réactions sont dans l’ensemble crédibles, mais il subsiste quelques petits soucis ici ou là.

Un équipement plus complet

A l’instar des combats, le système d’équipement d’Origins a lui aussi été remanié pour Odyssey : Kassandra et Alexios peuvent désormais choisir individuellement les différentes pièces de leur armure (tête, bras, ceinture, torse, jambes), mais ne disposent plus de bouclier et doivent se contenter d’un seul arc. Les deux emplacements des armes de mêlée (épée, dague, masse, lance...) sont toujours de la partie, l’un des deux étant à débloquer durant l’aventure.

Si l’on retrouve le système de code couleur des équipements pour illustrer leur rareté, celui-ci a quelque peu évolué avec le gris (ordinaire), le bleu (rare), le légendaire (or) et l’épique (violet). Petite nouveauté, il est désormais possible de graver ces items pour les renforcer en passant voir le forgeron, à condition toutefois d’avoir débloqué la gravure en question (soit par l’exploration, soit via des quêtes spécifiques), et de disposer de suffisamment de drachmes (la monnaie locale) et de ressources. A noter qu’il est possible de démanteler les objets devenus inutiles pour récupérer quelques précieux composants !

Le retour des batailles navales

Particulièrement appréciés dans Assassin’s Creed : Black Flag, les combats en mer font ici un retour en force. Il faut dire que le voyage rapide vers un point de synchronisation n’est logiquement disponible qu’une fois celui-ci déverrouillé une première fois, ce qui dans un monde abritant de nombreuses îles vous obligera à prendre régulièrement la mer à bord de l’Adrestia au début de l’aventure, et donc de croiser toutes sortes de navires plus ou moins belliqueux.

Une fois le combat engagé, les choses sont semblables à ce que l’on avait pu découvrir il y a 5 ans : vous pouvez viser et tirer avec vos archers et vos lanciers, vous abriter lorsque les ennemis ouvrent le feu, et manœuvrer pour conserver une position avantageuse sur vos adversaires. L’abordage est toujours disponible si le cœur vous en dit, mais éperonner votre cible sera généralement plus rapide si vous êtes pressé par le temps.


Bien sûr vous pourrez améliorer votre vaisseau au fil du temps en renforçant ses armes, sa coque et son équipage, ce dernier point incluant désormais le recrutement de lieutenants qui apporteront un petit boost supplémentaire aux statistiques du navire. N’importe quel ennemi du jeu peut ainsi rejoindre vos rangs, l’idée étant de l’assommer plutôt que de le tuer lors d’un combat. S’il est plus facile d’opérer en infiltration pour y parvenir (utilisez L3 au lieu de Triangle pour assommer plutôt qu’assassiner lorsque vous êtes proche de la cible), un affrontement direct peut aussi être tenté à condition de se battre à mains nues.

Au cas où les batailles navales ne seraient pas votre tasse de thé, il convient de préciser qu’hormis quelques passages imposés par le scénario vous pouvez tout à fait éviter ces affrontements : les navires ennemis pouvant être repérés de loin, il vous suffit de passer en allure de croisière et de garder vos distances pour ne pas être inquiété.

L’art de la guerre

Si les missions secondaires sont un bon moyen de faire progresser rapidement votre personnage en engrangeant points d’expérience, matériel et ressources, un autre procédé encore plus efficace est aussi disponible dans le jeu : chacune des quelques quarante régions du jeu est en effet menée par un dirigeant Spartiate ou Athénien que l’autre camp rêve de renverser.


En vous attaquant aux soldats, aux ravitaillements et aux trésors du pouvoir en place, vous affaiblirez sa puissance nationale jusqu’à atteindre le chef lui-même. Une fois la puissance suffisamment basse, vous pourrez déclencher une Bataille de conquête qui, si elle est remportée, vous octroiera de jolies récompenses. A vous de voir si vous vous battrez du côté de l’attaquant ou du défenseur, le premier étant toujours plus rémunérateur que le second. Dans la pratique ces batailles vous demandent de vous attaquer aux officiers adverses, plus puissants que les soldats de base, et ainsi de vider la jauge de puissance adverse avant que la vôtre ne le soit.

Un monde de mercenaires

Si Kassandra et Alexios sont de redoutables mercenaires, ils ne sont pas les seuls à offrir ainsi leurs services au sein de la Grèce Antique : lorsque leurs actions finissent par déplaire à quelqu’un, celui-ci peut devenir le commanditaire d’un autre mercenaire envoyé à leurs trousses. Plusieurs choix s’offrent alors à vous : payer les commanditaires pour qu’ils vous laissent tranquilles, les tuer, éviter le mercenaire lorsqu’il traîne dans les parages, ou bien l’affronter. Inutile de vous dire que le combat n’est envisageable que lorsque votre niveau aura atteint ou presque celui de votre adversaire, les mercenaires envoyés à vos trousses étant particulièrement résistants et puissants.

Sachez toutefois que vaincre ces ennemis vous permet non seulement de récupérer des équipements intéressants mais aussi de grimper dans le classement des mercenaires et d’en tirer quelques sympathiques bonus. Pour la petite histoire, sachez que vous pourrez aussi participer à des combats en arène une fois votre niveau suffisamment élevé, ce qui vous permettra là encore d’obtenir de belles récompenses.

La Grèce Antique dans toute sa splendeur

On a beau connaître le talent des équipes d’Ubisoft pour nous offrir un terrain de jeu fidèle au contexte historique choisi, on reste impressionné par la performance d’Odyssey qui ne se contente pas de proposer une map immense abritant de nombreux lieux à explorer parmi lesquels des monuments devenus mythiques : la moindre parcelle parcourue à pied ou à cheval fourmille de vie, qu’il s’agisse de personnages occupés à leurs tâches quotidiennes, d’animaux en tout genre (loup, sanglier, ours, oiseaux...) ou de la simple végétation bercée par le vent. Les modèles 3D sont réussis, les textures suffisamment détaillées, la distance d’affichage correcte, et le tout tourne avec une bonne fluidité. Alors certes on note de temps à autre un modèle qui met une seconde ou deux à s’afficher correctement, mais le phénomène est suffisamment rare pour ne pas gêner.


A vrai dire notre seul reproche à l’encontre du jeu concerne ses temps de chargement : s’il est extrêmement agréable de parcourir toute la Grèce sans la moindre attente (quelques micro-chargements surviennent parfois mais nous n’en avons vu que deux ou trois durant toutes nos sessions !), le délai imposé au démarrage, lors d’un voyage rapide ou après une mort nous a en revanche paru beaucoup trop long. Plus gênant, des pauses de plusieurs secondes existent entre les cut-scenes, nuisant forcément à l’immersion, et d’autres plus courtes sont présentes lorsque l’on affiche ou quitte le menu : sachant qu’on l’utilise constamment pour choisir sa prochaine quête ou modifier son équipement, ces temps d’attente finissent tout de même par peser.

Notre verdict

On aime

  • Une aventure gigantesque
  • L’écriture maîtrisée de l’histoire
  • Le système de combat enrichi
  • La chasse aux meilleurs équipements

On n'aime pas

  • Les temps de chargement
  • Quelques petits bugs graphiques
  • L’IA parfois prise en défaut

Loin de n’être qu’une simple resucée de son prédécesseur, Assassin’s Creed Odyssey parvient à en améliorer tous les aspects en proposant un monde toujours plus vaste et néanmoins extrêmement rempli, un scénario touffu à l’écriture maîtrisée, un système de combat enrichi et des éléments de RPG approfondis. Ne soyez pas effrayés par les quelques dizaines d’heures nécessaires pour en faire le tour : elles passeront sans que jamais l’ennui ne vienne pointer le bout de son nez, ce qui constitue déjà un beau tour de force pour un titre offrant une telle durée de vie !

Note finale : 9 / 10
Les commentaires
Le
Fais Origins avant ! C'est vraiment un putain de grand jeu.
Le
Ouais mais les AC, je peux pas en faire plus d'un tous les deux ans :D
Le
TrickyKid a écrit :
mar. 2 oct. 2018 09:25
Ouais mais les AC, je peux pas en faire plus d'un tous les deux ans :D
Je comprends ce que tu veux dire.

Cependant Origins est le seul AC que j'ai fait 2 fois et à 6 mois d'intervalles.

Si t'es attiré par l'Égypte en plus, ça serait con de passer à côté.
Le
AC c'est un peu comme le Monde (le journal qu'il faut une semaine par jour à lire) : il me faut deux ans par édition annuelle pour tout retourner :mdr:

L'Egypte m'attire pas mal car j'ai jamais fait ce genre d'environnement alors que la Grèce antique, je vais chercher Gaïa et Kratos partout... De toute façon Osi va me passer Origins (hein mon Osinounet ? )
Le
TrickyKid a écrit :
mar. 2 oct. 2018 09:47
il me faut deux ans par édition annuelle pour tout retourner :mdr:
Alors fais gaffe, Origins est de très loin le AC le plus long à compléter. J'ai mis quasiment 90h pour le finir, sans compter les DLC. :geek:
Le
Apparemment c'est Odissey maintenant. J'ai l'impression d'avoir passé 100+ heures sur AC 2 et Black Flag pourtant...
Le
RDR2 est trop proche.
Le
On verra bien mais je ne suis pas 100% certain que RDR2 sera plus "complet" qu'Odyssey.
Le
Merci pour le test.
Le
Eric a écrit :
mar. 2 oct. 2018 10:52
On verra bien mais je ne suis pas 100% certain que RDR2 sera plus "complet" qu'Odyssey.
Ce qui est sûr c'est que je ne pourrai pas faire autrement que de lancer RDR2 Day one et je me vois pas faire 2 immenses open world en même temps.

Enfin ça c'est si j'arrive à rester raisonnable.
Le
De toute façon les deux ne tiendront pas sur le disque dur de la PS4. :mdr: :P
Le
Odyssey une fois terminé y a plus rien a faire. RDR2, on peut s’attendre a du lourd sur le long terme vu comment R* a géré avec GTA.
Je suis un peu comme Mewa, je suis obligé de me faire RDR day one mais impossible de gérer 2 open world en meme temps 😅
Le
Pas sur que je sois attiré par le online de RDR. Sauf sur des serveurs only vue FPS peut être. :D
Le
Pouet a écrit :
mar. 2 oct. 2018 12:39
Odyssey une fois terminé y a plus rien a faire. RDR2, on peut s’attendre a du lourd sur le long terme vu comment R* a géré avec GTA.
Je dois admettre que j'ai une vision un peu biaisée en raison du nombre de jeux qui me passent entre les mains chaque année : même si à chaque fois je me dis que je garde le jeu sur mon disque dur pour attaquer les DLCs lors de leur sortie, j'ai en réalité souvent du mal à revenir sur un "vieux" jeu. :P
Du coup c'est vrai que le mode online de RDR2 ne m'intéresse pas spécialement, tout comme j'ai vite lâché GTA online après sa sortie: c'est un peu différent pour les joueurs "normaux" qui c'est certain auront plus à faire sur RDR2 sur le long terme. :jap:
Il est trop loin le temps où je passais toutes mes soirées sur Socom 1 & 2. :cry:
Le
MeWa a écrit :
mar. 2 oct. 2018 11:10
Eric a écrit :
mar. 2 oct. 2018 10:52
On verra bien mais je ne suis pas 100% certain que RDR2 sera plus "complet" qu'Odyssey.
Ce qui est sûr c'est que je ne pourrai pas faire autrement que de lancer RDR2 Day one et je me vois pas faire 2 immenses open world en même temps.
+1
Un R* c'est toujours un évènement. Les assassins, bon, tous les 1,5 ans ils ont pas le temps de me manquer (même si les deux derniers font de l'oeil). Je crois que ce sera pour dans un an, avec les DLC.

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