Test Creepy Tale : Snow Child

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PS5

Sans particulièrement exceller dans sa catégorie, la série Creepy Tale continue son petit bonhomme de chemin démarré en 2020 avec un cinquième opus disponible depuis le 15 octobre sur PlayStation 5 et PlayStation 4. De quoi constituer un apéritif intéressant en cette période d’Halloween ?

Le Roi des Neiges

Depuis Creepy Tale 3 : Ingrid Penance en 2024, la série conçue par les trois développeurs du studio indépendant Creepy Brothers semble avoir abandonné les chiffres pour se contenter de sous-titres. Ce nouveau conte, baptisé Snow Child, reprend le principe des précédents, à savoir un jeu d’aventure du type point’n’click en 2D dessiné à la main et parsemé d’énigmes et de puzzles, le tout dans une thématique Dark Fantasy dans l’esprit des bouquins des frères Grimm. Cette fois le joueur contrôle Blizzy, un jeune garçon doté de petites cornes de démon, retrouvé jadis en forêt par une petite créature poilue. Recueilli et élevé comme son propre enfant par un père adoptif dévoué, le gamin va pourtant lui désobéir une dizaine d’années plus tard en brisant le sceau qui verrouille une trappe renfermant un artefact maudit planqué sous le tapis du salon. Ce vilain défaut de curiosité va attirer à eux un mystérieux voleur ambulant qui s’enfuira jusque dans les limbes avec son larcin. Pour réparer son erreur et sauver sa famille, Blizzy va devoir aller défier le mal personnifié dans les tréfonds des enfers.

Comme le prouvent son titre, sa thématique et sa classification 12 ans et plus, cette histoire inédite est un conte macabre destiné à un public adolescent qui veut s’offrir quelques frissons en plus d’un remue-méninges, le tout avec une direction artistique digne d’un livre illustré. Ainsi, notre descente en enfer nous fera croiser un diablotin, une jeune fille bipolaire et son cerbère de compagnie, des zombies, une araignée géante, un golem et même le fantôme désœuvré de Vincent Van Gogh, entre autres joyeusetés lugubres. Cette toile de fond sert de prétexte pour enchaîner des énigmes plutôt variées à base de codes secrets, de mots de passe, de mécanismes, de recettes et autres assemblages. Un inventaire s’ouvre avec le bouton Triangle et le bouton Carré sert de bouton d’action pour utiliser son objet, mais aussi pour agir sur l’environnement quand une icône contextuelle apparaît : un œil pour une description, des rouages pour une action. La difficulté relative est rendue accessible par la présence d’une page récapitulative avec L2 (montrant nos objets utilisables, les objets liés à l’histoire, nos découvertes, nos objectifs en cours), ainsi que par un système d’aide. En effet, le démon Molek (déjà vu dans le 3ème jeu) acceptera de vous filer indices et conseils en échange d’une obole, des pièces de monnaie planquées un peu partout parterre sans qu’une icône ne les désigne clairement. Il va falloir ouvrir l’œil et le bon.

Je voudrais un bonhomme de neige

Le gameplay de cet épisode est partagé entre exploration de zones plus ou moins larges - parfois sur plusieurs étages ou plusieurs rues - réflexion (comme expliqué au-dessus) et mini-jeux. Ainsi, une part non négligeable de micro-challenges est regroupée ici, du jeu de rythme, au jeu de lancer en passant par un Simon (reproduire une séquence) et le jeu de réflexe, avec la possibilité d’échouer et donc de mourir dans d’atroces souffrances. Des petits passages d’infiltration où retenir son souffle pour ne pas se faire repérer ou se dissimuler derrière un masque de Carnaval pour se fondre dans la masse peuvent aussi se terminer en Game Over. Heureusement, les sauvegardes automatiques régulières et les checkpoints nous font revenir juste avant la zone d’échec. Une variété de situations bienvenue pour alterner les plaisirs entre les dialogues et les prises de tête. Les musiques d’ambiance font le job et les discussions se font en anglais avec des sous-titres français tout au long des 3 actes découpés en 17 chapitres, jonglant entre humour noir et twists scénaristiques. Au total, ce Creepy Tale réclamera entre cinq et six de vos précieuses heures pour être bouclé, ce qui est tout à fait correct pour une production qui coûte une dizaine d’euros.

Inhérents au genre, les allers-retours entre les tableaux sont ici aussi monnaie-courante, d’autant qu’aucune carte ne nous sert d’aide-mémoire si le besoin s’en faisait sentir. De même, les solutions ne sont pas toujours évidentes et recourir au marchandage s’avère bien souvent salvateur tant nous aurions pu rester bloqués un moment. À part ces points de détails, l’expérience s’avère intéressante, dans la lignée directe des précédents volets, avec cette même réalisation proche d’un clip d’animation en flash comme on en trouve depuis toujours sur le Net. Les habitués qui ont déjà fait les précédents volets devraient encore une fois se laisser happer, quant aux nouveaux venus, ils trouveront ici de quoi coller au mood du moment.

Notre verdict

On aime

  • De la réflexion et des mini-jeux
  • La réalisation visuelle et sonore adéquate
  • Un conte macabre sympa
  • Une durée de vie honnête pour le prix

On n'aime pas

  • On est parfois un peu paumé
  • Quelques allers-retours

Pas de changement, mais une simple continuité pour la série Creepy Tale qui ouvre avec Snow Child un nouveau chapitre de son grand livre. La réalisation 2D propose juste ce qu’il faut de détails macabres pour chatouiller les pré-adolescents tout en leur offrant de quoi phosphorer durant les vacances de la Toussaint. Un produit de saison, à saisir pendant qu’on est dans l’esprit d’Halloween.

Note finale : 6.5 / 10
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