Test Legacy of Kain : Ascendance

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PS5

Après la récente remasterisation de Legacy of Kain : Defiance, la célèbre saga de Crystal Dynamics s’offre un épisode inédit sous la forme d’une préquelle, quelque 23 années après sa conclusion épique. L’enthousiasme des retrouvailles est malheureusement de courte durée.

Au pieu les vampires

A l’instar de God of War : Sons of Sparta, la saga Legacy of Kain tente de revenir sur le devant de la scène vidéoludique au travers d’un jeu d’action rétro en 2D. La comparaison entre les deux titres s’arrête à la forme puisque dans le fond Ascendance n’est pas un Metroidvania mais un simple jeu d’action / plateforme en deux dimensions avec une représentation en pixels plus proche visuellement d’un épisode de Castlevania sur Game Boy Advance que d’un tableau de la Grèce antique en pixelart. Les décors sont vides, les personnages peu détaillés (on ne distingue même pas leurs visages in-game) et les animations sont aussi limitées que les possibilités offertes au joueur. Le titre développé par Bit Bot Media et Freak Zone Games a surtout le mérite d’épaissir encore un peu plus l’histoire de Legacy of Kain, en particulier celle de l’ange déchu Raziel. Cette préquelle permet d’apprendre qu’il avait une sœur, Elaleth, et d’incarner le saraphéen alors qu’il n’était qu’un mortel, puis sous sa forme vampirique qui précédera sa chute. Une courte séquence dans la peau grisâtre du vampire Kain nous récompense d’un bon vieux « Vae Victis » prononcé pour la première fois en anglais (même si c’est du latin ici, je sais). Jusque-là, tous les épisodes de la saga avaient eu leurs excellents doublages français, mais pas celui-là. Pour les fans purs et durs - à qui ce produit est de toute façon destiné - les acteurs originaux de la série Michael Bell, Simon Templeman, Richard Doyle et Anna Gunn rempilent pour un nouveau tour de manège. De leur côté, les compositions musicales de Celldweller sont excellentes et constituent, avec la narration, le second point fort du jeu.


Le gameplay, lui, est plutôt insipide. En fonction du personnage incarné, le bouton Croix sert à réaliser un saut et à battre des ailes (Elaleth et Raziel version vampire) pour atteindre des sommets et fondre sur l’ennemi, le bouton Rond à faire des roulades (Raziel humain), des dash (Elaleth) ou se transformer en fumée (Kain) et le bouton Triangle à boire le sang des humains quand on est un vampire ou à enflammer ces derniers quand on est un humain. Au niveau des attaques, il faudra se contenter d’une pression sur Carré pour donner des petits coups d’épée et sur R1 pour se protéger et parer. Le jeu ne comporte aucun combo, aucune progression, aucune carte, aucun inventaire et consiste simplement à rusher vers la droite de l’écran pour changer de tableau. À la rigueur, les curieux qui tapent dans certains murs pourront dégoter de rares améliorations cachées (des calices de sang pour augmenter la barre de vie, des triangles runiques pour celle de mana, des pendentifs aux effets divers) ou de nombreuses pages du codex pour en apprendre davantage sur l’univers de Nosgoth. Quelques boss clôturent les niveaux, mais en l’absence d’attaques évolutives à débloquer, les affrontements se résument à marteler le bouton Carré jusqu’à ce que mort s’ensuive. En 2026 sur PS5 on est en droit d’en attendre davantage.

Goose d’ail

La difficulté est relativement élevée en mode normal, en raison de fausses bonnes idées de gameplay. Que les vampires craignent les flammes est une chose, que la moindre torche posée dans le décor, presque en arrière-plan, représente une menace s’ils passent devant en est une autre. Chaque feu de camp, chaque torche, chaque brasero doit être soigneusement contourné pour ne pas s’empaler dessus et perdre bêtement des points de vie. De même, la soif de sang du vampire est ici exagérée et dès le mode normal il faut cavaler vers sa prochaine victime pour ne pas se retrouver exsangue. Pas le temps de flâner, chaque seconde perdue à chercher un bonus caché ou à recommencer un saut suite à un échec peut s’avérer fatale si la prochaine recharge d’hémoglobine est un peu loin. Le problème se pose également du côté de la gestion du mana où chaque battement d’ailes de notre vampire supérieur grignote durement la jauge jusqu’à choir immanquablement au mauvais moment. Le level design, tout à fait quelconque, tend même au calvaire dans certains niveaux finaux, en particulier les chapitres 9 et 10 : celui où des canons indestructibles nous tirent dessus en permanence et celui, très aérien, où les vols ailés doivent rigoureusement respecter la récupération de mana sous peine de s’écraser mollement. Il ressort de cette expérience une grande frustration comparable à celle qu’on trouvait dans les jeux vidéo des années 90, durant l’ère Super Nintendo / MegaDrive. C’est peut-être voulu pour accompagner l’habillage rétro, mais c’est surtout énervant. Et avec cinq niveaux de difficulté, dont un mode histoire sans challenge et un mode cauchemardesque explicite, on suppose que les développeurs ont bien conscience que le mode normal est déjà corsé.

Malgré les checkpoints réguliers qui évitent de tout recommencer depuis le début, à aucun moment on ne sent la toute-puissance d’être un immortel. La transition entre le Raziel séraphéen et le buveur de sang aurait dû tourner à l’avantage flagrant de ce dernier mais il n’en est rien. Ne soyons pas dupes, avec seulement 12 chapitres d’une durée très inégale (entre 1 et 4 niveaux), Legacy of Kain : Ascendance se termine en un peu plus de trois heures alors à 19,99€ dans le panier, on comprend mieux pourquoi l’aventure ne doit pas être une promenade de santé pour tenir sur la longueur. Ceci étant dit, le jeu s’avère bavard, riche en dialogues et en cut-scenes (tantôt en 2D, tantôt en animation, tantôt dans une infâme 3D dépassée) approfondissant le background de notre dévoreur d’âmes préféré et de sa sœur nouvellement introduite. Leurs destinées paraissent encore plus tragiques après être arrivé au générique de fin. Entre voyages dans le temps et caméo de personnages connus, la nostalgie est présente mais ce n’est sans doute pas suffisant pour s’infliger un gameplay daté et une aventure vendue au prix fort.

Notre verdict

On aime

  • L’histoire de Raziel approfondie
  • Les musiques excellentes
  • Les caméos sympas

On n'aime pas

  • Pas très joli
  • Le gameplay insipide
  • La pauvreté du level design
  • Souvent énervant
  • 19,99€ pour 3h de jeu

Retour par la petite porte de l’action / plateforme 2D pour la saga Legacy of Kain qui nous prouve, avec cette préquelle Ascendance, que le folklore de Nosgoth avait encore quelques petites choses à nous dire sur le passé de Raziel. Mais pour avoir ces révélations il faut endurer un gameplay frustrant et sans éclat qui nous renvoie à l’époque de la Game Boy Advance aussi bien dans sa réalisation que pour l’énervement qu’il provoque parfois. Toute l’aura des vampires (immortalité, puissance, charisme) est ici absente. Dommage.

Note finale : 5 / 10
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