Test MARVEL MaXimum Collection

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PS5

Bien chauffé par le succès du très sympathique Marvel Cosmic Invasion de Tribute Games, Limited Run Games a décidé de gâter les « fidèles invétérés » de super-héros en leur proposant une compilation de vieux jeux vidéo estampillés Marvel Comics issus de l’arcade et des consoles du début des années 90. Ne sont-ils pas trop vieux pour ces conneries ?

Une collection classée X

La Marvel MaXimum Collection regroupe six vieux jeux déclinés sur leurs différents supports d’époque. Il ne s’agit pas de remasters ni de remakes mais bien de jeux « dans leurs jus » jouables grâce à une émulation logicielle. Le premier, le bien nommé X-Men The Arcade Game (1992), n’est logiquement proposé qu’en version borne, jouable hors ligne à deux, quatre ou six et en ligne jusqu’à six. Nous avons le luxe de pouvoir choisir la nationalité de sa borne (Américaine, Européenne, Japonaise) avant de partir pour un amusant beat-them-up comme Konami en avait le secret. Le jeu ne s’embarrasse pas du respect des proportions (Wolverine est aussi grand que Cyclope et sont eux-mêmes de la taille des robots sentinelles), mais le titre s’avère fidèle, divertissant et encore regardable aujourd’hui, avec ses sprites généreux et colorés. D’ailleurs, il avait déjà été réédité sur PlayStation 3 en 2010 en version numérique, preuve de sa bonne réputation. Il s’agit du seul titre à être jouable à plusieurs en ligne.

Le second, Captain America and The Avengers (1991), jouable à deux, est lui aussi proposé dans sa jolie version Arcade (bornes US ou EU) ainsi que dans sa déclinaison Megadrive très downgradée et sa version Nintendo Entertainment System (NES) qui n’a plus grand-chose à voir, passant du beat-them-up à un jeu de plateforme / action assez quelconque. À vrai dire, on a plus l’impression que les versions consoles servent ici de faire-valoir pour mettre en valeur la supériorité de la version arcade. Et ça fonctionne car après avoir lancé la version de salle, il faut faire un effort pour parcourir les portages par pur professionnalisme.

Ensuite Spider-Man and Venom : Maximum Carnage (1994) et sa suite Spider-Man and Venom : Separation Anxiety (1995) nous tissent dessus dans leurs versions Super Nintendo et MegaDrive afin d’avoir la preuve par l’image que la console de Big N était légèrement supérieure à celle de SEGA d’un point de vue strictement graphique. Les deux beat-them-up ont quand même pris un sacré coup de vieux en comparaison à la liberté qu’apportera par la suite la 3D à l’homme araignée, sur PlayStation déjà, puis sur PS2 (Ultimate Spider-Man), PS3 (Spider-Man Dimensions) et PS4 (Insomniac Games). En coopération ça reste une occupation tolérable, bien qu’en dessous d’un bon vieux Streets of Rage 2.

Peter Parker revient dans le jeu de plateforme solo Spider-Man and the X-Men : Arcade’s Revenge (1993) avec ses moutures Super Nintendo et MegaDrive ainsi que leurs portages Game Gear et Game Boy qui s’apparentent plus à de la curiosité morbide qu’à de vraies propositions tant les consoles portables de l’époque peinaient à rendre honneur aux matériaux d’origine, déjà franchement pas fameux. Minimalistes et expurgées de leur principal atout de mobilité, ces ROMS méritent un simple coup d’œil moqueur. Enfin, Silver Surfer (1990) sur NES est un shoot-them-up solo aussi moche qu’énervant en raison d’une difficulté excessive faisant passer le puissant Norrin Radd pour un fragile. De quoi déclencher la fureur du Joueur du Grenier sans trop forcer dans un épisode dédié.

C’était mieux demain

Évidemment, tout l’intérêt d’une telle compilation n’est pas de retrouver les jeux avec leurs défauts d’origine, mais de sublimer leurs expériences personnelles en les rendant enfin finissables sans casser de manette. Que ce soit l’aspirateur à monnaie des bornes d’arcade ou la difficulté sidérante des jeux rétros qui masquait parfois (souvent) une faible durée de vie, ces deux obstacles peuvent enfin être contournés. Côté arcade, il suffit de presser le pavé tactile de la DualSense durant une partie pour se rajouter des crédits. Côté consoles, il suffit de cliquer sur triangle avant de lancer un jeu pour activer des codes de triche comme la santé infinie, la vie infinie ou les bombes illimitées pour le Surfer d’Argent. X-Men The Arcade Game a même un sélecteur de niveaux et de difficulté. Mieux, il est possible dans tous les jeux de rembobiner sa partie juste avant un moment fatidique en pressant L2 pour s’offrir une nouvelle chance et les sauvegardes sont libres et illimitées à tout instant. Ainsi, si vous ne parvenez pas au générique de chaque titre ce ne sera pas une question de difficulté trop élevée, mais d’un simple manque d’intérêt pour des gameplay d’un autre temps.


Outre la difficulté, le second écueil du rétrogaming est bien souvent nos écrans modernes de tailles et de technologies incomparables avec celles des tubes cathodiques d’il y a 30 – 35 ans. Les jeux 2D paraissent immédiatement plus pixélisés, plus agressifs pour la rétine. MaXimum Collection propose de rester sur un affichage natif avec des pixels nets et précis, ou bien de passer au 4/3 pour une image zoomée ou au 16/9 pour un plein écran tassé disgracieux. Si vous n’optez pas pour le full screen, des bordures à l’effigie des héros sont sélectionnables pour encadrer la partie afin de combler les vides des contours. Des filtres graphiques paramétrables du type CRT, scanline, LCD et Dot Matrix complètent la personnalisation visuelle pour un résultat plus authentique, mais pas forcément plus fin.

Le menu principal abrite aussi une catégorie Archives contenant les scans des jaquettes de chacun des jeux, les notices consultables dans leur anglais natif et leurs publicités double pages destinées aux magazines de jeux vidéo type Player One ou Consoles Plus. Un lecteur musical permet l’écoute des musiques de chaque titre sans les lancer, pour les amateurs de chiptune et les nostalgiques. Des suppléments qui s’accompagnent, bien sûr, de trophées inédits pour chacune de ces productions datées pour les chasseurs de Platine. Nous n’aurions toutefois pas été contre des reportages vidéo et des making-of pour découvrir les coulisses de ces titres. Enfin, la durée de vie n'est que de deux à trois heures pour finir tous ces titres avec les béquilles incluses, ce qui rend l'addition de 24.99 euros plutôt salée.

Notre verdict

On aime

  • Les deux jeux d’arcade
  • Quatre jeux sur six sont coopératifs
  • Le rewind, les sauvegardes
  • Les codes de triche

On n'aime pas

  • La qualité inégale des jeux
  • Les versions nomades dispensables
  • Le gros coup de vieux général
  • Les bonus incomplets
  • 24.99 euros pour une poignée d'heures

En tant que compilation, Marvel MaXimum Collection nous sort le grand jeu avec ses sauvegardes faciles, ses codes de triche, son mode rewind, ses filtres graphiques paramétrables et ses archives auxquelles il ne manque que des reportages comme ceux de Rayman 30ème anniversaire, Mortal Kombat Kollection ou les Disney Classics. En termes de contenus en revanche, seules les versions arcade de X-Men et de Captain America and The Avengers sortent la tête de l’eau et s’avèrent encore amusantes en 2026 en raison de leurs réalisations nettement supérieures à leurs homologues consoles, souvent étriqués et désuets, qui servent surtout de faire-valoir à l’arcade. Il y a à boire et à manger, mais on reste quand même sur notre faim.

Note finale : 6 / 10
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Jeux concernés

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