Test Starship Troopers : Ultimate Bug War !
Dans son numéro d’automne 1997, le PlayStation Magazine français consacrait quelques pages au film Starship Troopers avec notamment une interview de l’acteur Casper Van Dien qui dévoilait qu’un jeu PlayStation tiré du film était en développement. Ce jeu ne vit jamais le jour… Jusqu’à aujourd’hui où le studio anglais Auroch’s Digital et l’éditeur français DotEmu nous livrent ce surprenant Starship Troopers : Ultimate Bug War !
Décrié par la critique lors de sa sortie en salles, l’adaptation du roman Étoiles, garde-à-vous ! par Paul Verhoeven a progressivement gagné le statut de film culte débouchant sur une série de suites vidéo médiocres, sauvées par son récent passage à l’animation japonaise. Des jeux vidéo ont naturellement suivi l’exploitation de la licence, particulièrement sur ordinateur. Sur PlayStation 5 on compte déjà l’épisode VR Continuum et le jeu multijoueurs Extermination avant la sortie de cet Ultimate Bug War ! le 16 mars sur le PlayStation Store et plus tard en boite pour 39,99€.
« Un bon parasite est un parasite mort »
Conscient d’être un jeu vidéo, ce soft est une œuvre méta dans laquelle le général Johnny Rico (toujours incarné par Casper Van Dien, le rôle de sa vie) s’adresse directement au joueur au travers de cinématiques au style proche du long métrage, avec les fameux spots concluant par « Voulez-vous en savoir plus ? ». Cette « guerre ultime contre les insectes » qu’il nous vend est en réalité une simulation lancée par la fédération pour recruter de nouveaux soldats en leur faisant vivre des opérations excitantes dans l’infanterie mobile. Pour que la propagande fonctionne, l’armée se sert de l’histoire vraie d’une survivante du massacre de Klendathu dont les opérations couronnées de succès sont à réécrire dans ses rangers. Le jeu démarre par un passage obligatoire au camp d’entraînement pour apprendre le maniement des armes, puis nous propulse sur le terrain contre les arachnides.
Starship Troopers : Ultimate Bug War ! est un jeu de tir en vue intérieure (FPS) solo et rétro, dans la mesure où les textures sont pixelisées façon PSone (tout de même un peu plus fines, moins grossières), avec des humains réduits à des sprites 2D et des ennemis modélisés en 3D pour les démembrer copieusement. Seul l’aspect visuel est affecté par ce coup de vieux, les bruitages et les musiques ayant des sonorités modernes et non pas des « bip-bip ». C’est d’ailleurs dommage de n’avoir pas conservé les musiques originales du film tant elles étaient épiques et à propos. On incarne ici le major Samantha « Sammy » Dietz dans une série de missions dans des environnements extérieurs ouverts avec des objectifs à remplir dans l’ordre de notre choix. Le débarquement sur Klendathu fait office de premier niveau et permet de se faire la main sur les premiers arachnides. Les commandes sont classiques pour le genre : stick analogique gauche pour déplacer le personnage, droit pour le regard, gâchette R2 pour tirer, L2 pour effectuer un zoom, L1 pour lancer une grenade et R1 pour donner un bon coup de couteau (ceux qui ont vu le film auront la réf). L’élément le plus notable du gameplay est le recours à un largage de vivres sur le champ de bataille en pressant la direction bas de la croix directionnelle. Notre héroïne balance un fumigène et quelques instants plus tard une capsule est larguée sur le terrain avec une trousse de soin, une armure de protection, des munitions, armes et items. La barre de vie ne se recharge pas d’elle-même mais nécessite des médikits pour regagner des points. Attention toutefois, ce sauvetage tombé du ciel demande un certain temps pour se recharger (pour ne pas en abuser), mais il semblerait que tuer des ennemis accélère le temps entre deux largages. Heureusement il est aussi possible de trouver des caisses de munitions et de soins directement sur le terrain en se rapprochant des fumigènes bien visibles.
L’armurerie est clairement un des points forts du jeu, avec des pétoires directement issues du film dont le célèbre fusil d’assaut Morita inspiré du Famas français, un fusil à pompe, une mitrailleuse lourde, des fusils de sniper, des armes laser, des canons automatiques, des grenades incendiaires et même un bipède mécanique armé, sorte de croisement entre l’exosquelette d’Aliens et un mécha. Certains flingues disposent d’un tir secondaire (un fusil à pompe caché sous le Morita) et on ne peut en porter que deux à la fois. Au total, une trentaine d’engins de mort sont à disposition pour faire gicler la menace parasite, dont de salvateurs appuis tactiques à réclamer en pressant le bouton haut de la croix directionnelle quand on possède le kit idoine. Récupérables dans les caisses ou lors des largages, ces recours de destruction massive sont absolument jouissifs : du pilonnage de zone par avions, à la tourelle Tesla en passant par le gaz mortel, le phosphore blanc, l’onde sonore répulsive, la mitrailleuse lourde depuis un avion, à la bombe guidée jusqu’à l’explosion nucléaire, c’est un régal d’exterminer les insectes avec ça. À propos de la menace extraterrestre, le bestiaire couvre une bonne dizaine d’unités différentes entre les arachnides de base, les arachnides tigres plus puissantes, les criquets explosifs, les cuirassés cracheurs de flammes ou encore les plasmas antiaériens. Il y a de quoi varier les plaisirs, et les cibles.
« Voulez-vous y jouer un peu plus ? »
Les missions sont immersives et s’inspirent de certains moments clés du film, comme les plasticages des plasmas pour soulager les unités aériennes, la pulvérisation des cuirassés au lance-missiles et les inévitables sièges contre des hordes d’insectes qui foncent sur une base reculée qu’on doit défendre avec des tourelles fixes. Elles manquent néanmoins d’un peu de variété, avec des objectifs qui ont tendance à se répéter (faire exploser telle unité, défendre tel avant-poste, allumer tel interrupteur à chaque mission) dans des environnements qui manquent eux aussi de diversité en raison du matériau d’origine (le roman, les films) servant de source d’inspiration. Sortis des déserts rocailleux et des villes en ruines, les décors offrent peu de raisons de s’extasier, si ce n’est le niveau dans la station balnéaire avec ses plages bordées d’une mer azure et le niveau du barrage hydraulique qui ne demande qu’à céder. L’audace d’un niveau volcanique, ou dans une forêt, une jungle, en pleine mer ou sur une lune avec une gravité différente aurait été rafraîchissante, quitte à s’écarter un peu du référentiel. Ces niveaux durent entre trente et quarante minutes depuis le dépôt sur site jusqu’à l’exfiltration, ce qui est tout à fait correct en soit, mais un peu juste rapporté au faible nombre de missions (à peine sept). La difficulté relative de certains assauts, en raison de la mise à disposition aléatoire des armes et items tombés du ciel, dope un peu artificiellement la durée de vie. Rassurez-vous néanmoins, les sauvegardes automatiques sont régulières et des sauvegardes manuelles possibles à tout instant.
Si jamais la difficulté par défaut ne vous convient pas, un niveau inférieur et deux supérieurs sont sélectionnables avant chaque mission. Le jeu va jusqu’à proposer un God mode, des munitions infinies et un déblocage instantané de tous les niveaux dans le menu Accessibilité. Et comme ça faisait des années qu’on n’avait pas vu de cheat codes dans un jeu vidéo, c’est une agréable surprise à l’ancienne. Une fois la mission achevée du côté des humains, on déverrouille la même carte dans le mode Bug dans lequel on incarne cette fois un assassin insectoïde devant détruire les avant-postes des colonisateurs. Cette fois le jeu bascule à la troisième personne, avec un insecte évolutif capable de marche sur terre / foncer sur l’ennemi pour l’arracher avec ses pinces et déployer ses ailes pour voler et planer. Mieux encore, quand une jauge est pleine, il regagne toutes ses barres de vie et de protection et peut temporairement cracher du feu sur l’ennemi. Ici aussi, l’objectif est toujours le même et la manière de l’aborder également. Il faut faire sauter les générateurs pour affaiblir les défenses, détruire les casernes de soldats pour stopper les renforts et briser les portails métalliques pour faire entrer les renforts qui attendent à l’extérieur. Passer près d’un nid fait germer des arachnides en plus de recharger la barre de vie et de protection de la bête. Les cinq missions dans la peau d’un cancrelat sont plus courtes que dans celle d’un humanoïde, environ quinze minutes à chaque fois, et constituent un bonus divertissant pour prolonger l’expérience d’un autre point de vue, à défaut d’être inoubliables. Un sympathique ajout pour grappiller quelques minutes de jeu et faire franchir le cap des cinq heures à la durée de vie. C’est peu, et en l’absence de modes multijoueurs (coopératif ou compétitif), on se contentera de refaire les niveaux pour y trouver les deux secrets cachés dans chacun d’eux, histoire d’en avoir un peu plus pour notre argent.
Notre verdict
On aime
- Fidèle au film éponyme
- De nombreuses armes
- Les appuis aériens meurtriers
- Un bestiaire généreux
- Des sièges sous tension
- Pouvoir incarner un insecte
On n'aime pas
- Durée de vie réduite
- Musiques du film absentes
- Environnements peu variés
- Objectifs répétitifs
- On en veut encore !
Sans atteindre le jeu de guerre ultime qu’il prétend être, Starship Troopers : Ultimate Bug War ! est un bon FPS rétro qui ravira aisément les cinéphiles qui voudraient retrouver l’action débridée du film de Verhoeven dans un jeu vidéo. Le traitement 32-bits donne l’impression d’être en 1997 (au moment où la licence était au top de sa hype), les nombreuses armes et appuis aériens permettent de se défouler contre des parasites toujours en surnombre. Dommage que les musiques épiques de Basil Poledouris soient absentes et que la durée de vie dépasse à peine les cinq heures. Incarner un insecte pour la première fois est un bonus appréciable bien qu’anecdotique. Rejoignez l'infanterie mobile !
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