Test Catherine : Full Body

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PS4

Original à plus d’un titre, Catherine avait su nous séduire à sa sortie en 2012, sur PlayStation 3 et Xbox 360. Un concept de jeu singulier, autour d’un script qui ne l’était pas moins, centré sur la relation de couple. Cinq ans plus tard, on apprenait que le titre d’Atlus allait être réédité sur la nouvelle génération de consoles, dans une version enrichie. On vous dit tout sur ce Catherine : Full Body, disponible sur PS4 et Xbox One depuis maintenant quelques jours.

Dans le Catherine original (2012) comme dans ce Full Body, on incarne Vincent Brooks, un jeune trentenaire arrivé à un tournant de sa vie. Katherine, avec qui il est en couple de longue date, le presse d’aller plus loin dans leur relation (partager le même appart’, se marier, avoir des gosses…) alors que lui se contenterait bien de laisser les choses telles qu’elles sont, confortables et rassurantes à la fois. Alors en proie à des cauchemars plutôt glauques, notre héros fait la rencontre de Catherine, une blondinette aux formes généreuses et pour le moins entreprenante, qui ne le laisse pas insensible. Débute ainsi un drôle de triangle amoureux où, confronté à ses propres angoisses, Vincent va bien devoir faire un choix. Et y jouer peut-être un peu plus que son destin.

Une mouture plus chaleureuse

Au fond, Catherine : Full Body est resté le jeu qu’il était. A savoir une savante alternance de dialogues au comptoir du Stray Sheep (le bar « repaire » de Vincent) et de phases d’escalade retorses. Ces dernières séquences demandent de déplacer des blocs pour pouvoir se frayer un chemin le plus « safe » possible jusqu’au sommet de tours un brin chancelantes. Car le parcours y est semé d’embûches : gare aux dalles piégées (à pointes, glissantes, etc.) et aux abominables créatures - incarnations des peurs du héros - qui vous pourchassent ! Toujours aussi solide, la base de gameplay demeure inchangée. Seule nouveauté à signaler : l’arrivée de blocs aux propriétés inédites, qui viennent un peu plus pimenter la progression. Appréciable pour ceux qui avaient déjà bouclé l’aventure quelques années plus tôt, alors que les nouveaux venus pourront profiter des différentes assistances intégrées à cette nouvelle mouture s’ils désirent profiter de l’histoire sans encombre. S’il n’est pas insurmontable, le challenge proposé par Catherine reste encore tout à fait relevé aujourd’hui.


LA grosse nouveauté de ce Full Body tient plutôt à l’irruption d’un personnage inédit dans le récit, en la personne de Qatherine (Rin pour les intimes). Pianiste fraîchement arrivée au Stray Sheep, la jeune femme se rapproche très vite de Vincent, dont elle est aussi la nouvelle voisine de palier. Ce qui complique les affaires du bougre, qui doit se dépêtrer non plus d’un triangle mais, pire, d’un véritable rectangle amoureux ! Même si ce nouvel arc donne parfois l’impression d’être intégré au chausse-pied - on s’en doute, pour ne pas avoir à retravailler toutes les scènes d’origine - il faut tout de même lui reconnaître d’être bien amené et d’apporter une certaine plus-value. La bienveillance et la bonté de Rin viennent effectivement tempérer l’opposition Katherine/Catherine, qui tenait jusque-là d’une lutte morale un brin manichéenne (en dépit de ses nombreuses fins). Ce que le jeu a à dire sur la relation de couple, sur ce qu’est devenir adulte, s’en retrouve un peu plus nuancé, moins anxiogène aussi. Cela pourra peut-être diviser les fans de la première heure, mais le résultat n’en reste pas moins convaincant. Même d’un point de vue visuel, Catherine : Full Body semble un peu plus chaleureux, à l’image du Stray Sheep, qui paraît ici plus coloré, moins poisseux qu’à la première visite. Dommage de voir que toutes les séquences animées de l’œuvre originale aient seulement fait l’objet d’un simple upscale graphique, qui tranche radicalement avec les scènes ajoutées de cette version.

Des évolutions appréciables mais limitées

Autre menu reproche que l’on pourrait faire à Catherine : Full Body, c’est de ne pas avoir revu son système de choix. Comme dans le jeu d’origine, l’alignement de notre héros et la fin qui en découle (parmi les treize possibles) se jouent essentiellement dans la dernière ligne droite du scénario. Or on aurait aimé que les décisions du joueur aient plus d’impact tout au long de l’histoire, et pas seulement dans son final. Une frustration qui parlera davantage aux initiés qu’à ceux découvrant l’aventure, soyons honnêtes. On se plaît néanmoins à découvrir d’autres personnages secondaires - qu’il faudra sauver - qui viennent également étoffer le propos du jeu et apporter une réflexion un peu plus complète autour de sa thématique principale. Complet, Full Body l’est aussi jusque dans ses modes de jeu puisque l’on peut enfin défier d’autres en joueurs en ligne dans le Colosseum.

Il n’y a pas grand-chose à dire de plus de ce nouveau cru, aussi solide que l’original. La patte de Shigenori Soejima fait toujours mouche, de même que les doublages (voix jap comme US), sans oublier les compositions de Shoji Meguro et les reprises complètement barrées de grands morceaux de classique (Dvorak, Chopin et consorts) qui rendent les ascensions d’autant plus grisantes… C’est encore et toujours du très bon, à la condition d’être ouvert aux expériences narratives décalées et, encore mieux, aux puzzle games. Reste que le tarif pratiqué pour un jeu de 2011 - certes enrichi - pourra rebuter ceux qui s’y étaient déjà plongés. A raison, au regard du faible nombre de nouveautés proposées. En occasion ou dans quelques mois, l’investissement paraîtra déjà un peu plus cohérent.

Notre verdict

On aime

  • Un concept toujours aussi savoureux et bien tenu
  • La direction artistique (chara design, musiques…)
  • Rin, une plus-value au récit
  • Les efforts en termes d’accessibilité
  • L’expérience Catherine la plus complète

On n'aime pas

  • Les nouveautés, agréables mais peu bouleversantes
  • Le prix de lancement

Par son concept novateur et bien mené, Catherine était déjà un jeu très convaincant en 2012. Il le demeure aujourd’hui, à travers sa mouture Full Body techniquement au goût du jour et surtout, plus riche en contenu. A ce titre, l’ajout d’un troisième personnage féminin dans les pattes de Vincent, le héros, se révèle tout à fait pertinent pour le propos du titre, qui y trouve là une nuance bienvenue. Notre seul regret se porte finalement sur le faible impact des nouveautés, lesquelles peinent à justifier un prix de lancement un peu excessif pour une version « 1.5 ». Mais ceux qui ne se sont jamais essayés au jeu seraient bien avisés de se laisser tenter.

Note finale : 8 / 10
Les commentaires
Le
Super jeu mais je me sens pas d'y replonger.
Le
Faut reconnaître que quand on a déjà retourné un jeu c’est souvent compliqué de s’y remettre. Je crois que les seuls pour lesquels j’ai vraiment apprécié de faire l’effort c’est The Last of Us et AC Black Flag. :P
Le
Ça se voit que tu aimes le sexe.
Le
Surtout avec les singes ! :P
Le
Eric a écrit :
jeu. 19 sept. 2019 21:06
Surtout avec les singes ! :P
:) :non:

Je crois que c'est interdit

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