Test The Forest

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PS4

Bien après sa phase d’accès anticipé sur ordinateur, le jeu The Forest est sorti sur le PlayStation Store de la PlayStation 4 depuis le 6 novembre dernier pour 16,99€. Mêlant habilement survie, exploration et horreur, cette production indépendante met immédiatement un vilain coup de vieux à tous ses concurrents. Êtes-vous prêts à vous promener dans les bois ?

Cours, Forest

Le jeu The Forest démarre comme le premier Bioshock, en vue intérieure installé sur le siège d’un avion en vol. Cette fois l’appareil est moderne et vous avez à votre droite votre fils bien aimé qui dort tranquillement après avoir potassé un manuel de survie. A peine avez-vous saisi l’ouvrage que la voix du pilote prévient l’équipage de la traversée d’une zone de turbulences. L’anomalie aérienne est plus sérieuse que prévue et une scène de cauchemar se produit alors : l’avion pique du nez, les compartiments à bagages laissent échapper les valises et les masques à oxygène pendent au plafond. Fondu au noir à l’instant du crash. A votre réveil au beau milieu du couloir, vous assistez impuissant à l’enlèvement de votre fils par un type à moitié à poil et recouvert de sang. Vous replongez à nouveau dans les limbes jusqu’à ouvrir de nouveau les yeux, cette fois avec assez de force pour vous relever. L’atterrissage forcé a coupé l’engin en deux, les passagers ont tous disparu, tout est sens dessus dessous. Vous saisissez une hachette d’incendie sur le corps sans vie d’une hôtesse de l’air et partez à l’aventure.

Tel un Robinson Crusoé, notre première mission sera de chercher de quoi nous sustenter et nous abriter pour voir de nouveau le soleil se lever. Par chance nous avons chipé le guide de survie du fiston et celui-ci est bourré de didacticiels pour faire du feu, construire un abri, attraper de la nourriture, recueillir de l’eau, se constituer des réserves, bricoler des pièges, des défenses, des signaux de détresse et même des bateaux pour espérer fuir par ses propres moyens. L’exécution est très lisible : une fois le dessin sélectionné sur la page, une ossature transparente apparaît à l’écran pouvant être placée où bon nous semble dans le décor. Il ne reste alors plus qu’à crafter les matières premières exigées et à les placer au fur et à mesure sur le squelette pour voir notre œuvre prendre forme. Notre sac à dos peut contenir des branches, des feuilles, des pierres, des cordes ; notre hachette peut abattre des arbres et notre fidèle briquet ravive l’espoir. Bien sûr le moindre effort grignote notre jauge d’énergie puis notre hydratation (symbolisée par une goutte d’eau) et notre satiété (icône d’un estomac) jusqu’à entamer notre santé physique et mentale. La moindre baie, le moindre lapin, lézard, oiseau qui passe à portée de lame fera l’affaire. Et par chance, le pillage des valises éparpillées autour de l’épave a permis de glaner des ressources qui ne poussent pas dans la nature telles que des tubes de médicaments, des canettes de soda, des mignonnettes d’alcool, des piles ou du ruban adhésif. L’île mystérieuse sur laquelle nous sommes semble avoir été visitée avant nous, en témoignent les tentes abandonnées de missionnaires ou le matériel de spéléo qui traîne parfois. Mais où sont-ils tous passés ?


La réponse nous frappera au visage assez vite : nous ne sommes pas seuls. Cette terre maudite est habitée par des autochtones cannibales dignes de Cannibal Holocaust ou plus récemment The Green Inferno. Se déplaçant à quatre pattes et à peine vêtus, ces premiers sauvages que nous rencontrons se contentent de nous observer de loin, de nous épier et de fuir à la première approche. Cette phase de découverte ne dure pas et ils entrent dans un processus d’intimidation dès la nuit tombée en attaquant par petit groupe. A notre première raclée ils nous empoignent et nous traînent dans leur repaire sous-terrain. Le jeu bascule alors davantage dans un remake du film The Descent avec des galeries souterraines à explorer la peur au ventre en enjambant les cadavres, en lootant tout ce qu’on peut (les objets les plus intéressants sont dans les tanières) et en cavalant au moindre grognement. De la petite société cannibale du début on glisse petit à petit vers d’horribles mutations capables de nous arracher la tête d’un coup de pogne. Et comme les sauvegardes manuelles ne sont accessibles que dans les abris, l’angoisse d’une mauvaise rencontre est tétanisante. Plus que la solitude, la faim, la soif ou le froid, l’homme reste la plus grande menace.

Men vs Man vs Wild

Si le bien nommé The Forest porte ce nom ce n’est pas par hasard mais bien parce que le décor est un personnage à part entière si ce n’est le véritable centre du jeu. Comme dans le projet Blair Witch, les bois sont parfois denses, labyrinthiques, avec de superbes ombrages et effets de lumière qui traversent les branches pour nous dire, comme une horloge solaire, que l’heure tourne, que la nuit arrive et qu’il va falloir se planquer. On serait tenté de diviser le gameplay en deux phases avec d’un côté le jour rassurant qui permet de récolter des ressources et construire des barricades et de l’autre des nuits interminables, d’un noir absolu, où le danger rode à 360°. Stressantes, éprouvantes, ces nuitées peuvent à terme être accélérées avec en contrepartie un trou béant qui se creuse dans notre estomac et des dégâts sur nos installations sans avoir pu les défendre. Les choses s’arrangent grandement si vous optez pour une expérience multijoueurs dès le début. En effet, le jeu peut être partagé jusqu’à quatre en coopération pour transformer l’expérience de survie solitaire en camp scout avec répartition des tâches, entraide et force de frappe décuplée quand l’ennemi se pointe. L’optique est différente, moins flippante sans doute, mais plus divertissante dans le sens premier du terme. Dans les deux cas la difficulté paramétrable (et quelques options in-game comme la repousse des arbres) permettent à chacun d’y trouver son compte entre le mode normal, difficile, survie difficile et pacifique sans combat.

Comme tout portage PC on est en droit de se demander comment les commandes tiennent sur une manette avec un nombre réduit de boutons. Et bien l’ergonomie ne pose pas de problème avec une utilisation de toutes les touches (y compris la pression du touchpad pour faire apparaître l’inventaire) et des raccourcis bienvenus comme L1 pour la carte, la direction droite de la croix pour le briquet ou haut pour ouvrir le guide de survie. Il reste même deux directions (bas et gauche) paramétrables pour y placer vos objets préférés comme la hache et la boussole. Cette adaptation ne perd pas non plus de sa qualité graphique avec une belle distance d’affichage, de la végétation qui plie sous le vent, des herbes touffues qui jonchent le sol par centaines et des petits cours d’eau dont le ruissellement redonne le sourire. Le jeu est dépourvu de musique pour une ambiance Into The Wild et les bruitages font le job. Les seuls bémols se trouvent du côté de l’intelligence artificielle des anthropophages qui n’égale pas celle d’un homme civilisé avec parfois un manque de réaction quand on les castagne, et une physique qui n’est pas exempte de bugs sans gravité et quasi-inévitables dans un jeu de libre construction. Enfin, la durée de vie dépend beaucoup de votre talent à vous la jouer comme Bear Grills, mais retrouver votre gamin demande aisément une quinzaine d’heures et bien plus si vous échouez régulièrement ou recommencez votre partie en apprenant de vos erreurs. A 16,99€ ce n’est pas cher payé.

Notre verdict

On aime

  • Délicieusement flippant
  • L’impression de liberté
  • L’ergonomie à la manette
  • En solo ou en coopération
  • L’immersion totale
  • Finement scénarisé

On n'aime pas

  • Certains autochtones trop résistants
  • Quelques bugs anecdotiques
  • Les sauvegardes réservées aux abris

The Forest souffle un vent de liberté, de survie et d’angoisse qui ne devrait pas laisser les amateurs des trois disciplines indifférents. Doté pour une fois d’un contexte scénaristique et d’une menace bien plus grande que la faim et la soif, cette expérience de la débrouille en milieu hostile dispose en plus d’une réalisation solide, d’une ergonomie imparable et d’une durée de vie copieuse. Et comme on peut opter pour une approche 100 % coopérative pour se serrer les coudes entre amis dans l’adversité, le jeu de Endnight Games se place sans forcer comme la nouvelle référence du genre. Préparez-vous à (re)découvrir votre instinct de survie.

Note finale : 8 / 10
Les commentaires
Le
Ho le test donne envie ! Ma curiosité a été titillée suite à la vidéo de Pi-Wan (RIP), mais je n’avais pas envie de le faire sur PC. A voir dans une période creuse du coup !
Le
Ca rend curieux en effet.
Le
Coop local ou en ligne ?
Le
En ligne bien sûr. Chacun son écran pour mieux se répartir les taches.
Le
J'ai "craqué" pour le jeu et franchement je ne regrette pas ! Pour 17€ y'a rien à dire, c'est propre, le crafting est ultra-complet, le jeu regorge de secrets, et à plusieurs c'est des barres de rire !
Le
Je suis bien tenté par ce jeu avec un pote mais on se demande si c'est mieux de le prendre sur PC ou sur PS4. Quelqu'un pour me conseiller si c'est plus ergonomique ou joli sur l'une ou l'autre version ?
En tout cas, les prix est le même dans les deux cas :)
Le
Abnegations a écrit :
dim. 9 déc. 2018 23:07
Je suis bien tenté par ce jeu avec un pote mais on se demande si c'est mieux de le prendre sur PC ou sur PS4. Quelqu'un pour me conseiller si c'est plus ergonomique ou joli sur l'une ou l'autre version ?
En tout cas, les prix est le même dans les deux cas :)
J’ai pas eu de soucis avec la maniabilité au pad, c’est plutôt bien pensé (comme décrit dans le test de Vincent). Ça tourne bien sur la PS4, mais ça sera forcément plus joli et plus fluide sur un PC plus puissant. En tout cas l’expérience est intacte sur console et le jeu est fun, donc il n’y aura pas de mauvais choix :)
Le
Merci (et un peu honte d'avoir lu le test en diagonale pour le coup...).

On part sur PC ^^

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