Test Astro Bot Rescue Mission

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PS4

Le PlayStation VR va fêter dans les prochains jours son deuxième anniversaire. Malgré des ventes encourageantes, le casque peine encore à convaincre de nombreux joueurs qui y voient toujours un simple accessoire à “expériences” ou à “démos”. Pourtant, les véritables jeux ne manquent pas avec les récentes sorties de l’excellentissime Moss ou encore du très convaincant Firewall : Zero Hour (en test prochainement). Et en ce début octobre, Sony revient à la charge avec Astro Bot : Rescue Mission. Est-ce que les petits robots réussiront à convaincre les réfractaires de la VR ? Réponse dans ce test.

Les Bots, petits robots arborant un design à la fois “digital” et “mignon”, sont apparus pour la première fois au lancement de la PlayStation 4. A l’époque, la console était fournie avec l’application The PlayRoom, un regroupement de mini-jeux en réalité augmentée visant à montrer les fonctionnalités de la caméra et de la manette DualShock 4. Pour l’arrivée de la réalité virtuelle, c’est tout logiquement une nouvelle version de l’application, sobrement intitulée The PlayRoom VR, qui est apparue gratuitement sur le Store de la console. Là encore, le but était de montrer, au travers de plusieurs mini-jeux, les possibilités offertes par le casque de Sony. Parmi les titres, un avait particulièrement retenu l’attention des joueurs : “Robot Rescue”, un jeu de plateforme jouable à 2, avec un joueur en VR et l’autre sur la télé.

Deux ans plus tard, les équipes d’Asobi (Japan Studio) nous livrent un jeu complet issu de cet univers. Dans Astro Bot : Rescue Mission, le joueur incarne un Bot répondant au nom d’Astro avec un look légèrement remanié afin de lui donner une véritable identité visuelle. L’objectif reste lui identique à ce qu’on avait déjà dans The PlayRoom VR : retrouver ses amis Bots kidnappés qui, cette fois-ci, ont été disséminés sur 5 mondes différents. L’occasion parfaite pour parcourir des environnements aux styles variés.

Après une courte scène d’introduction, le menu du jeu nous demande donc de choisir le monde à visiter. La progression est assez classique puisqu’il faut terminer un monde pour débloquer le suivant. Chaque monde est lui-même composé de 5 niveaux, le dernier se concluant sur un combat avec un mini-boss. Dans chaque niveau, l’objectif est de récupérer tous les Bots perdus, collecter les pièces qui font office de monnaie dans le jeu ou encore retrouver l’unique caméléon caché pour débloquer des défis. Précisons qu’il n’est pas nécessaire de retrouver tous les Bots pour passer au prochain niveau, ni pour passer au monde suivant une fois le mini-boss vaincu. Il faut simplement atteindre un pallier. Et heureusement car certains Bots vous donneront du fil à retordre pour être retrouvés.

Une bonne approche de la VR

Nous démarrons donc notre aventure par le stage 1-1. Alors que la grande majorité des titres VR arbore une vue FPS ou le joueur incarne véritablement le personnage qu’il contrôle avec sa manette, permettant ainsi une immersion totale, des titres beaucoup plus rares, comme le très bon Moss, utilisent une vue à la troisième personne. Ces jeux offrent une approche très intéressante de la VR puisque le joueur y incarne la caméra dans une sorte de “God mode” : un système qui ouvre de belles possibilités en termes de game design, le joueur pouvant par exemple jouer avec les environnements et les perspectives pour progresser. Astro Bot : Rescue Mission utilise un mix de ces deux systèmes. En effet, le joueur incarne bien un personnage avec un corps (un robot géant pour être exact) mais c’est un autre robot (Astro) qu’il contrôle avec sa manette. Autrement dit, on dirige Astro par le regard extérieur d’un autre robot. Cette combinaison permet, comme nous le verrons, de belles interactions entre les deux personnages.

Le gameplay d’Astro se veut très simple puisque 3 touches suffisent pour le contrôler complètement : le stick analogique pour les déplacements, le bouton Croix pour sauter (maintenir le bouton permet de ralentir la chute avec des jetpacks) et le bouton Carré pour donner des coups (maintenir le bouton permet de charger et de donner une longue série de coups en tournoyant). Les différentes commandes répondent parfaitement et la VR apporte un véritable confort dans la gestion des sauts. Il est en effet beaucoup plus facile d’appréhender les distances avec une véritable vision en 3 dimensions. La caméra se contrôle avec le casque VR et symbolise comme nous l’avons vu, le regard du grand robot qui accompagne Astro dans cette aventure. Le robot géant avance en suivant un chemin prédéfini (comme un rail) au fur et à mesure de la progression d’Astro dans le niveau. Précisons à ce titre qu’il n’est pas possible de faire marche arrière. Et si, dans la majorité des cas, votre point de vue est placé derrière Astro, il arrive souvent que les chemins des deux compères se séparent. Il est donc parfois nécessaire de tourner la tête, de regarder en l’air ou, au contraire, de plonger le regard en contrebas pour suivre les déplacements du petit robot qu’on contrôle avec le stick. De la même façon, Astro doit parfois emprunter des chemins assez étroits ou cachés, ce qui vous oblige à vous pencher pour garder un œil dessus. La VR est ici parfaitement exploitée.

Un double gameplay très efficace

Mais le rôle du grand robot dans le gameplay ne se limite pas à cela. Premièrement, il peut subir des dégâts, notamment de la part des ennemis qui envoient des projectiles. Vous devez donc veiller à les esquiver tout en surveillant Astro et parfois même, à le faire combattre en même temps. Deuxièmement, vous avez la possibilité de réaliser des coups de tête pour casser certains obstacles ou éliminer des ennemis. Plus anecdotique, il vous est parfois demandé de souffler (grâce au micro du PS VR) pour interagir avec des éléments de l’environnement. Mais c’est surtout la DualShock virtuelle du gros robot qui offre le plus d'interactions. Cette manette, qui apparaît à tout instant devant vous et reproduit fidèlement tous les mouvements que vous effectuez avec la vôtre, a la possibilité d’acquérir des gadgets et de se transformer en conséquence. Après s’être équipé d’un gadget, c’est le pavé tactile de la manette qui permet de l’actionner.


Parmi les gadgets, on retrouve par exemple le grappin (déjà vu dans The PlayRoom VR) qui permet d'agripper certaines parois pour les faire tomber afin de débloquer des passages, d’attaquer certains types d’ennemis ou encore de placer une corde pour permettre à Astro de poursuivre sa progression en passant par-dessus un ravin par exemple. Ce dernier exemple illustre bien l’ingéniosité du gameplay. Lorsque vous accrochez votre grappin, la corde se retrouve tendue entre le point d’accroche et la manette. Vous devez alors diriger Astro, le faire sauter sur la corde et le faire avancer tout du long pour franchir le précipice. Mais il sera parfois nécessaire de déplacer en même temps la manette pour surélever la corde afin de permettre à Astro d’atteindre un point plus haut. A d’autres occasions, vous devrez même faire sauter la manette pour propulser Astro dans les airs. Et comme les choses sont bien faites dans ce jeu, il n’y a souvent pas besoin d’explications pour comprendre tous ces mécanismes. Tout se fait naturellement. Le jeu compte bien entendu d’autres gadgets (pistolet à eau, …) mais nous vous laissons le plaisir de les découvrir.

De l’inspiration et des bonnes idées

Astro Bot : Rescue Mission compte une dizaine d’ennemis différents. La plupart vous seront familiers puisqu’ils reprennent les codes du genre (l’ennemi en forme de boule dont jaillissent des piques, la chenille dont il faut éviter la tête, …). A ce titre, les développeurs ne se sont jamais cachés d’avoir cherché l’inspiration dans les classiques du jeu de plateforme mais aussi dans certains titres un peu plus méconnus. De l’inspiration au plagiat, il n’y a parfois qu’un pas que les développeurs d’Asobi n’ont heureusement pas franchi. Ces derniers ont su reprendre les bonnes idées et les ont enrichies avec leur propre vision des choses. Les boss qu’il faut combattre à la fin de chaque monde sont intéressants et font chacun appel à des mécaniques différentes. Pour ce qui est de la difficulté, il faut reconnaître que le jeu ne devrait pas vous poser de soucis puisque les ennemis sont assez faciles à éliminer et que le système “checkpoint / vies illimitées” est très permissif. Même si on comprend parfaitement la volonté de rendre le titre accessible à tous, un choix du niveau de difficulté avec des vies limitées aurait constitué un plus appréciable. Signalons en revanche que lors des combats avec les boss, les vies sont limitées à 2, histoire de corser un peu les choses.

Avant de parler de la durée de vie, évoquons deux points importants. La bande son tout d’abord : les musiques, du même compositeur que pour LittleBigPlanet, sont, sans être remarquables, parfaitement dans le ton du jeu et parviennent à vous rester en tête pendant de longues heures. Les différents bruitages, et notamment les petits sons que les Bots émettent, sont très réussis et donnent un caractère attachant à ces petites créatures. Vous pourrez d’ailleurs vous servir des appels à l’aide des Bots pour vous guider et les débusquer. Enfin, le jeu ne manquera pas de vous décrocher quelques sourires. Ainsi, si la plupart des Bots sont en mauvaise posture et attendent désespérément votre aide, d’autres vous attendront dans des positions bien différentes.

Pour terminer l’aventure une première fois, comptez entre 6 et 8 heures de jeu. Bien entendu, il vous faudra un peu plus de temps pour trouver tous les Bots cachés dans les niveaux. Si la plupart sont, en effet, récupérables dès le premier run, d’autres vous demanderont de scruter attentivement les environnements. Et c’est là encore l’une des forces de la VR. Votre vision n’est pas bloquée dans une direction. Il ne faut donc pas hésiter à regarder dans tous les recoins (même derrière soi) pour espérer trouver l’ensemble des Bots, sans parler des 25 caméléons dissimulés. Ces derniers permettent de débloquer autant de défis qui sont l’occasion de redécouvrir les niveaux du jeu sous une forme différente (course, jeu de shoot, …). Au total, le jeu devrait sans problème vous occuper plus de 12 heures. Pour terminer, signalons que les pièces collectées tout au long de l’aventure peuvent être dépensées dans une machine à pinces (comme à la fête foraine) afin de récupérer des petits jouets et autres goodies qui ne sont utiles qu’à titre de collection.

Notre verdict

On aime

  • La VR qui est magnifiquement exploitée
  • Le gameplay simple mais diablement efficace
  • Les nombreuses bonnes idées de game design
  • Le look d’Astro trop mignon
  • La grande variété des environnements

On n'aime pas

  • Un peu trop facile
  • On en voudrait tellement plus !

Les équipes d’Asobi, dirigées par le français Nicolas Doucet, offrent au PlayStation VR une véritable pépite. Le gameplay du jeu, axé sur un duo de robot (l’un que le joueur incarne, l’autre qu’il contrôle avec la manette), est d’une efficacité redoutable et prouve une nouvelle fois que la réalité virtuelle ne doit pas se limiter aux FPS classiques. Le jeu se paie ainsi le luxe d’être à la fois très accessible mais en même temps extrêmement riche en termes d'interactivité et de situations. Les environnements ne sont pas en reste puisque chaque niveau dispose d’un look particulier. Dépaysement garanti ! Astro Bot : Rescue Mission pêche uniquement par sa trop grande facilité et par sa durée de vie un peu courte. Mais cela n’entache en rien le sentiment qui prédomine après avoir joué au titre : un immense plaisir. Si vous possédez le PlayStation VR, l’achat d’Astro Bot : Rescue Mission est une évidence. Pour les autres, voilà un nouvel argument de poids en faveur du casque de Sony.

Note finale : 8.5 / 10
Les commentaires
Le
Un grand merci a Steven qui a remis la plume dans l'encrier a l'occasion de ce test (non, rien de cochon la-dessous !!!). :jap:
Le
Le jeu qui me fait passer le cap du VR.
Le
Sony sort un PSVR sans fil et je le rachète direct. Ce me manque trop quand je vois ce genre de test.
Le
Pouet a écrit :
sam. 13 oct. 2018 15:18
Sony sort un PSVR sans fil et je le rachète direct. Ce me manque trop quand je vois ce genre de test.
J'avoue que ça m'a fais chier de rebrancher le casque à cause de ça. Sans parler de la non-compatibilité HDR de la première version du boitier externe :(
J'ose espérer que la PS5 sera prévue pour la VR et que les prochains casques, même sans être sans fil, pourront se passer d'un boitier externe. Ça réduira de 3/4 les câbles. On aurait juste à brancher le câble du casque à la console. J'en demande pas plus. Car le sans fil à des inconvénients : poids de la batterie, recharge, ...
Le
Eric a écrit :
sam. 13 oct. 2018 15:07
Un grand merci a Steven qui a remis la plume dans l'encrier a l'occasion de ce test (non, rien de cochon la-dessous !!!). :jap:
:D
Le
Trop bien la VR. Faut qu'ils présentent un bon bundle bien canon avec un casque au top pour la PS5
Le
Ce jeu m’éclate et je l’attendais depuis le premier jour avec l’essai de Playroom VR😍😍😍
Même ressenti de mes 2. Geek 🤓 Maintenant faudrait une 2ème PS4 et un 2ème casque...LOL
En tout cas c’est pour moi limite le ressenti de Mario64, un nouveau concept de jeu de plateforme😁😁😁
C’est aussi Le jeu VR incontournable!!!
Le
Ce jeu me fait trop envie, faut que je me fasse offrir un PS VR :(

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