Test Spider-Man

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PS4

Quatre ans après sa dernière apparition sur nos consoles dans le décevant The Amazing Spider-Man 2, le célèbre homme-araignée revient dans une exclusivité PlayStation 4 confiée au studio Insomniac à qui l’on doit notamment les séries Spyro, Ratchet & Clank et Resistance, ou encore l’exclusivité Xbox One Sunset Overdrive sortie en 2014. S’il ne fait aucun doute que le succès des films de la mythique marque Marvel n’est pas étranger à l’arrivée du titre qui nous intéresse aujourd’hui, celui-ci ne s’inscrit pourtant pas directement dans la trame actuellement développée pour le grand écran, ni à vrai dire dans les multiples scenarii proposés jusqu’ici dans les comics. Les développeurs ont préféré opter pour une approche alternative du célèbre personnage en reprenant évidemment les grandes figures de la licence, mais en modifiant parfois de manière significative le rôle de chacun et les relations entre les uns et les autres. Le tout restant crédible pour les fans de la première heure et étant servi par une jouabilité et un rendu aux petits oignons, vous vous doutez bien que nous avons passé un excellent moment avec ce cher Spidey !

Avec une telle introduction, vous ne serez pas surpris d’apprendre que nous ne vous dirons pas grand-chose du scénario du jeu : les différents trailers vous ont déjà renseignés sur les vilains qui vous barreront la route durant votre aventure (avec notamment le Caïd, Electro, le Vautour, Rhino, le Scorpion et Mister Negative), et donner trop de détails sur les activités des personnages récurrents de la licence (par exemple MJ, Tante May ou Norman Osborn) risquerait de vous gâcher la surprise de la découverte. On se contentera donc de vous dire que le Peter Parker du jeu a 23 ans et qu’il est Spider-Man depuis déjà huit ans, ce qui lui a permis de se frotter à ses ennemis jurés en de multiples occasions. En outre, lorsqu’il ne revêt pas son iconique costume bleu et rouge, le jeune homme est assistant de recherche dans un laboratoire.

Une progression classique

Alors qu’il est généralement aussi mal vu par la police que par ses adversaires costumés, notre héros travaille ici en collaboration avec les forces de l’ordre et plus particulièrement avec le Capitaine Yuri Watanabe qui n’hésite pas à partager les renseignements en sa possession pour permettre l’arrestation des malfrats de New York. C’est ainsi sur une opération menée conjointement que démarre l’aventure, alors que Spider-Man tente de mettre un terme aux agissements du Caïd. La manœuvre prendra plus de temps que prévu mais le redoutable Willy Fisk finira tout de même derrière les barreaux, prédisant à l’homme-araignée qu’il souhaitera très prochainement son retour aux commandes du crime organisé.

Dès lors notre héros enchaînera les missions aux quatre coins de Manhattan, tantôt dans son joli costume et tantôt en tant que Peter Parker. Un moyen habile de développer les deux facettes du jeune homme, et de montrer comment sa vie de super-héros impacte, parfois de manière dramatique, sa vie « civile ». De nombreuses cut-scenes à la mise en scène soignée viennent supporter la narration, renforçant l’immersion et l’attachement du joueur aux différents personnages. Bien sûr le Spider-Man d’Insomniac se montre aussi impertinent que dans les comics ou les films, apportant ainsi une touche d’humour bienvenue.

Ceci étant, on comprend rapidement que le jeu ne compte pas révolutionner le genre open world avec une structure de progression originale : on retrouve les grands poncifs du genre avec notamment des tours radio à activer (via un sympathique mini-jeu) afin de révéler toutes les activités disponibles dans les alentours, et une litanie de missions principales, missions annexes, et quêtes en théorie facultatives mais qu’il sera de bon ton d’accomplir pour améliorer l’équipement de notre héros. Nous y reviendrons dans un instant !

Une maniabilité exemplaire

Il nous semble en effet important d’aborder sans plus attendre ce qui fait tout le sel de ce Spider-Man, à savoir sa maniabilité très intuitive. On a beau se creuser la tête et fouiller sa mémoire de joueur, on peut difficilement trouver une adaptation vidéoludique plus convaincante que celle-ci dans la gestion des déplacements de Spidey.

Notre héros virevolte le plus simplement du monde en envoyant automatiquement sa toile sur les points d’accroche discrètement surmontés d’un petit marqueur (R2), la gestion de la hauteur et de la vitesse se faisant simplement en fonction du temps d’appui sur la gâchette : maintenez-là et l’araignée ira jusqu’au bout de son swing en gagnant un peu de hauteur, lâchez-la avant de la réenclencher et vous avancerez plus rapidement. Il est d’ailleurs possible de se propulser en avant pour accélérer encore la manœuvre (Croix), mais vous ne pourrez pas enchaîner ce type de déplacement à l’infini. Bien sûr il est possible de stopper sa course aérienne à tout moment (Rond), et de se percher en un point précis d’une corniche (R2+L2). En bonne araignée Spider-Man peut aussi courir sur les murs (latéralement mais aussi pour monter ou descendre !), et même s’accrocher au plafond si le besoin s’en fait sentir. Bref, on prend rapidement le coup de main et on en vient à slalomer naturellement entre les tours de Manhattan, on enchaîne les rase-mottes au-dessus des voitures et des passants, et on s’envole pour atteindre le sommet de la tour des Avengers et profiter d’une vue d’ensemble de la ville.

Côté combats la maniabilité de notre héros semble avoir bénéficié de tout autant de soin, avec une inspiration assez évidente de la série Batman de Rocksteady. Spidey peut ainsi porter des coups de poing avec Carré, et balancer ses ennemis dans les airs en maintenant le même bouton. Dans le même ordre d’idées, il peut fondre sur un ennemi ou le rapprocher de lui avec sa toile en appuyant ou en maintenant Triangle. Ces deux boutons de base peuvent ensuite être combinés pour réaliser tout un tas de combos (à débloquer progressivement), des jets de toile pouvant aussi être balancés avec R1 tandis que des objets du décor peuvent servir de projectiles avec L1+R1. Comme les adversaires de notre héros ne se laissent pas faire il peut aussi compter sur l’esquive (Rond) pour éviter leurs coups, un bon timing permettant par la même occasion de contrer la cible (le sens d’araignée vire au bleu pendant une fraction de seconde au moment propice).

A noter qu’au fur et à mesure que vous enchaînez les attaques, vous remplissez votre jauge de Concentration qui peut être vidée à tout moment pour recharger un peu votre jauge de vie (flèche bas de la croix directionnelle). Si toutefois vous parvenez à la remplir, vous pouvez alors déclencher un coup de grâce (Rond+Triangle) qui assommera instantanément votre adversaire.

Puisque nous parlons des ennemis, sachez que ceux-ci attaquent généralement en groupe avec parfois près d’une dizaine d’individus tentant de vous mettre à terre. Si les premiers rencontrés peuvent être éliminés sans difficulté en martelant le bouton Carré, d’autres apparaissent par la suite munis d’équipements forçant à un peu de stratégie : les armes à feu (pistolet, fusil d’assaut, sniper, lance-missiles) obligent à esquiver pour se rapprocher de la cible sans danger avant de l’envoyer ad patres, les armes de poing (barre de fer, batte de base-ball, matraque électrique) bloquent les attaques mais leur porteur peut être temporairement déstabilisé par un jet de toile, et les boucliers nécessitent de passer dans le dos de leur porteur pour que les coups soient efficaces. Évidemment tout ce petit monde peut se trouver réuni en un seul combat, occasionnant de jolies chorégraphies dès que l’on a assimilé les nombreuses commandes disponibles.


Les boss du jeu offrent bien sûr une opposition encore plus coriace, avec des combats souvent découpés en plusieurs étapes au cours desquels il est nécessaire de comprendre le schéma d’attaque de l’adversaire pour esquiver et rester en vie jusqu’à s’ouvrir une fenêtre de contre. Le procédé est là encore classique mais reste efficace grâce au gameplay tout en fluidité du jeu.

Précisons tout de même que l’ami Spidey sait aussi se faire discret pour pénétrer en toute discrétion dans des locaux très bien gardés (notamment par les bouches d’aération), avec différentes attaques furtives à sa disposition : s’il peut évidemment se placer dans le dos de sa cible pour la neutraliser, il semblera plus naturel de se percher au-dessus d’elle puis de l’entoiler avant de la suspendre au plafond ! Et au cas où l’objectif serait trop éloigné de la position de notre héros, ce dernier peut toujours balancer quelques jets de toile au bon endroit pour attirer sa victime.

Un super-héros évolutif

Au fur et à mesure de votre progression, vous gagnez des points d’expérience qui vous permettent de monter de niveau et d’obtenir, à chaque palier franchi, des points de compétence. Ceux-ci peuvent ensuite être dépensés dans un arbre assez sommaire divisé en trois catégories aux titres pas toujours en rapport avec les améliorations proposées : Innovateur (augmentation de certaines attaques de toile, désarmement des adversaires...), Défenseur (attraper puis lancer un adversaire, plus de concentration lorsque votre santé est basse...) et Tisseur (amélioration des attaques aériennes, possibilité de faire des figures aériennes pour gagner de l’XP et de la Concentration...). En outre, le passage de certains rangs débloque de nouvelles tenues, différents gadgets, des mods de tenue et des améliorations pour tout ce petit monde.

Les tenues permettent non seulement de changer le look de votre héros (il y a tout de même 25 costumes différents !), mais aussi de débloquer différents pouvoirs tels qu’une concentration qui se recharge automatiquement, l’impossibilité pour les ennemis d’appeler des renforts, un blindage qui vous rend invulnérable aux balles ou encore un leurre holographique pour dérouter vos ennemis. Attention vous ne pouvez équiper qu’un seul pouvoir à la fois : il est déclenché avec L3+R3, ne dure que quelques secondes et nécessite un temps de recharge entre deux utilisations ! Les mods de tenue permettent quant à eux de customiser encore votre personnage avec la possibilité de réduire les dégâts des attaques de mêlée, d’augmenter la portée de votre scanner, de gagner plus d’XP à chaque combat ou encore de récupérer de la concentration lorsque l’on utilise un gadget.

Les gadgets justement, améliorent encore vos capacités offensives avec non seulement le lance-toiles de base mais aussi la toile de choc, le spider-drone, la toile électrique, la bombe de toile, le piège de toile, la décharge d’énergie et la matrice de suspension. Chacun d’entre eux dispose de plusieurs améliorations (de deux à cinq) et peut donc gagner en efficacité au cours de l’aventure.

Des quêtes facultatives enfin utiles

A ce stade, il convient de préciser que si les tenues, pouvoirs de tenue, mods de tenue et gadgets sont effectivement débloqués en montant simplement de rang durant l’aventure, ils n’en sont pas pour autant immédiatement disponibles. Il faudra les acheter non pas avec des dollars virtuels (le jeu n’a pas de monnaie à proprement parler), mais avec six types de jetons obtenus en effectuant les fameuses quêtes facultatives évoquées plus haut :

  • Les jetons de crime sont les plus faciles à récupérer puisqu’il suffit pour en obtenir de stopper les crimes qui apparaissent aléatoirement sur la map au fil de vos déplacements (il faut tout de même avoir réactivé la tour du quartier pour y avoir accès). Vous pouvez ainsi avoir à vous occuper de cambriolages, de prises d’otage, de kidnappings, de courses-poursuites ou du sauvetage de civils, certaines de ces activités impliquant quelques petits QTE ici ou là.
  • Les jetons de recherche s’obtiennent en complétant les travaux des stations de recherche disséminées à travers la ville. Très orientées « environnement », ces petites missions vous demanderont par exemple de passer à travers des nuages toxiques pour en repérer la source et la prendre en photo, de récupérer des bidons toxiques jetés dans l’eau puis de diffuser un vaccin dans les zones contaminées, ou encore de suivre des conduites desquelles émane un gaz dangereux pour en stopper l’émission. L’idée est intéressante, mais l’enchaînement de ce type de mission peut se révéler un peu rébarbatif.
  • Les jetons de monument nécessitent de prendre des photos des lieux iconiques du Manhattan du jeu, qui inclut de nombreux bâtiments réels de la ville (le Flat Iron Building, le Chrysler Building...), mais aussi des structures en provenance directe de l’univers Marvel (la Tour des Avengers, le Daily Bugle...).
  • Les jetons de Fisk vous seront octroyés en nettoyant les bases du Caïd gardées par un nombre important de ses sbires. La manœuvre s’effectuant en éliminant plusieurs vagues d’adversaire, la stratégie de la furtivité ne peut durer qu’un temps limité.
  • Les jetons de sac à dos s’obtiennent en localisant les sacs à dos entoilés de Peter cachés dans les différents quartiers de la ville. Rassurez-vous il ne sera pas nécessaire de recourir à un guide pour les localiser, les tours radio indiquant aussi leur emplacement exact !
  • Enfin les jetons de défis s’obtiennent en relevant les challenges du Taskmaster qui testera vos performances aussi bien en combat qu’en infiltration.

Précisons que plusieurs mini-jeux (analyse spectrométrique, connexion de circuits, analyse d’ondes...) ponctuent régulièrement les missions principales et annexes, demandant ainsi de faire fonctionner les neurones de Peter Parker plutôt que les muscles de Spider-Man.


Histoire d’être exhaustif on précisera qu’il existe tout de même quelques objets à collectionner totalement indépendants du système de progression comme les archives de JJ Jameson ou encore des enregistrements audio. Des mini-défis baptisés Jalons sont aussi monitorés en continu par le jeu et concernent les actions effectuées naturellement à de multiples reprises comme la course murale, le rase-motte, la prise de vitesse, la chute libre, vaincre des ennemis en gardant sa santé au maximum ou encore désarmer les ennemis : il y a en tout 8 jalons consacrés aux déplacements et 19 aux combats. Toujours au rayon des petits plus sympathiques, le jeu inclut une courte biographie de chacun des personnages croisés durant l’aventure : toujours agréable pour ceux qui s’intéressent aux différents univers Marvel. Sachez enfin que l’aventure devrait occuper les plus rapides pendant une grosse quinzaine d’heures, une bonne dizaine de plus étant vraisemblablement nécessaire pour compléter le jeu à 100%.

Une réalisation qui décoiffe

Outre son gameplay abouti et son contenu plutôt complet, le jeu peut se targuer d’une réalisation de haut vol qui fait honneur aussi bien à sa licence qu’à la PlayStation 4 : Manhattan fourmille de vie et arbore des textures riches en détails (à l’exception peut-être de quelques bâtiments), les personnages bénéficient d’une modélisation de qualité et d’animations parfaitement réalisées, et le tout est baigné d’une lumière totalement maîtrisée qui flatte la rétine. Si l’on ajoute à cela une distance d’affichage hallucinante et une fluidité quasiment jamais prise en défaut, vous comprendrez que l’on soit emballé par le titre d’Insomniac.

La bande son n’est pas en reste avec des doublages français tout à fait crédibles, des compositions discrètes mais réussies, et des effets qui rendent compte de l’intensité des combats et de l’activité de la ville. Une belle réussite !

Notre verdict

On aime

  • Une approche inédite mais crédible du personnage
  • Le joli casting de vilains
  • Des cut-scenes solides qui servent bien la narration
  • Les habituels objets à collectionner servent ici à quelque chose
  • La maniabilité quasiment parfaite dans les airs comme en combat
  • La somptueuse réalisation

On n'aime pas

  • Un open world somme toute assez classique
  • Les combats de boss manquent peut-être un peu de piment
  • Certaines quêtes annexes un peu lassantes

Sans révolutionner le genre des jeux de super-héros en open world, le Spider-Man d’Insomniac a au moins la bonne idée de nous proposer une approche inhabituelle du personnage et de son univers, tout en restant très fidèle au matériau d’origine. Si la progression en elle-même n’a rien de très original, on salue tout de même l’idée des jetons obtenus via des évènements aléatoires, mini-quêtes et autres objets à collectionner, qui permettent ici d’obtenir de nouvelles tenues et gadgets pour notre héros. Mais là où le jeu devrait mettre tout le monde d’accord, c’est surtout sur son gameplay soigné, aussi bien pour les déplacements aériens que pendant les combats, et sur sa réalisation de grande qualité qui en met constamment plein les yeux. Bref, bien qu’il n’impressionne pas forcément par ses innovations, le nouveau Spider-Man s’impose sans mal comme la meilleure adaptation vidéoludique du personnage emblématique de Marvel.

Note finale : 8 / 10
Les commentaires
Le
Mieux ou moins bien qu'Infamous ?
Le
sophocle a écrit :
mar. 4 sept. 2018 22:21
Mieux ou moins bien qu'Infamous ?
Difficile comparable au vu de la grosse différence de gameplay
Le
sophocle a écrit :
mar. 4 sept. 2018 22:21
Mieux ou moins bien qu'Infamous ?
Difficile à dire mais les combats sont plus « chorégraphiés » sur Spider-Man et les vilains plus classes. :P
Le
Ok.

"Merci" quand même.
Le
Tant que c'est moins brouillon... :mrgreen:

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