Test Blackwood Crossing

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PS4

Jeu d'aventure narratif indépendant réalisé par des anciens de Disney Black Rock Studio, Blackwood Crossing est la première œuvre du récent développeur anglais Paper Seven. Cette histoire d'une jeune fille et de son frère dont le voyage en train vire au fantastique est disponible en version dématérialisée dès aujourd’hui pour 15,99 et un peu moins avec une précommande PlayStation Plus (12,79). Est-ce un coup de maître, un début encourageant ou une déception ? Réponse dans ce test.

Suivre le lapin blanc

L'annonce officielle de Blackwood Crossing en juin dernier avait de quoi piquer notre curiosité en raison d'un character design particulièrement réussi qui semblait tout droit sorti d'un film d'animation. Comme ce jeu d'aventure narratif en vue intérieure se déroule dans la peau de Scarlett, une adolescente, c'est surtout l'aspect et l'animation de son jeune frère Finn qui était notable sur les premiers visuels. L'histoire du titre démarre dans un train au sein duquel Scarlett se réveille un peu désorientée, et surtout surprise de ne pas trouver son frangin à ses côtés. Le garnement ne tient pas en place et profite des cabines inoccupées pour improviser une partie de cache-cache, au grand désarroi de sa sœur qui n'est visiblement pas d'humeur. Alors qu'elle est en train de le chercher partout, elle tombe nez-à-nez avec un petit garçon portant un costume de marin et affublé d'un masque de lapin (!). A la manière d'Alice au Pays des Merveilles, elle décide de suivre le faux quadrupède au risque de s'embarquer dans un voyage extraordinaire. Nous n'en dirons pas plus sur le scénario pour ne pas gâcher l'effet de surprise, mais sachez simplement que cette histoire écrite par Oliver Reid-Smith, à qui nous devons les ficelles des jeux mobiles The Room et The Room Two, aborde des thèmes comme la nostalgie, l'amour familial, l'adolescence et la mort.

En termes de gameplay, le jeu est à rapprocher des walking simulator souvent décriés. Scarlett passera le plus clair de son temps à flâner et à répondre aux questions de son frère, d’un ton déterminé par le joueur en pressant une des directions de la croix symbolisant l'humeur du moment (sarcastique, douce, en colère…) sans conséquences apparentes sur la suite des événements. Elle devra aussi remplir quelques mini-objectifs pour déverrouiller le wagon suivant, généralement trouver des objets précis ou faire coïncider des dialogues entre eux. Pas d'énigmes ou de puzzles à proprement parler, mais juste quelques petits passe-temps inoffensifs pour ralentir le flux et donner de la consistance à l'ensemble. Elle dispose toutefois d'un inventaire non visible à l'écran où stocker les objets clés à saisir et à utiliser à des endroits déterminés. Les actions contextuelles sont écrites à l'écran (les textes sont en français), alors impossible de confondre entre examiner un objet et interagir avec ce dernier. La rouquine n'utilise pas spontanément les choses de son inventaire : il faut au préalable les dégainer pour voir si une action textuelle apparaît à l'écran. Deux boutons de la manette sont réservés à des fonctions précises mais sollicitées très ponctuellement : dessiner avec L2 et « insuffler de la vie » à des objets inanimés avec R2. A moins d'être un manche avec une manette la prise en main ne demande aucune adaptation, laissant ainsi à l'esprit tout le loisir de se concentrer sur la narration / l'exploration.

Poser un lapin

Faute d'un gameplay suffisamment riche, le jeu repose presque essentiellement sur sa réalisation et son histoire. Du côté de la plastique la production de Paper Seven souffle le chaud et le froid. Chaud quand nous avons sous les yeux la bouille de Finn, ses animations cartoonesques et des décors boisés. Froid quand le jeu accuse des chutes de frame-rate (testé sur PS4 Pro avec le mode boost), qu'un temps de chargement vient casser l'immersion entre deux zones ou quand l'intérieur du train ou d'une grotte sont plutôt quelconques en termes de design ou de textures. Du côté de son scénario, il y a à notre goût trop de zones d'ombres, de non-dits et de trous dans le récit pour que l'histoire soit limpide et explicite. En l'absence de background détaillé pour les personnages principaux et secondaires, on prend le train en marche (c'est le cas de le dire) et certaines relations paraissent floues alors que des événements passés qu'on devine importants sont à peine abordés (le cas des parents notamment).


A la manière du jeu N.E.R.O : Nothing Ever Remains Obscure, le récit laisse un trop grand nombre de questions sans réponses si bien que – même si on comprend l'objet de la métaphore – le jeu ne satisfera que ceux qui aiment interpréter les faits pour se forger leurs propres conclusions. Les autres seront en droit de se dire « c'est tout ? », d'autant qu'avec une durée de vie comprise entre 2h30 et 3h00 grand max le temps manque pour développer l'intrigue, aussi intéressante soit-elle. A 15,99€ sans véritable rejouabilité (pas de seconde fin), l'addition pourra sembler salée. Les complétistes pourront toutefois refaire une partie rapide pour déverrouiller les trophées ultra-rares non débloqués lors de leur première passe puisque le titre offre un platine facile d'accès. Enfin, signalons le travail qualitatif opéré sur la partie sonore avec des doublages anglais professionnels et des musiques douces qui contribuent à l'émotion véhiculée durant cette poignée d'heures passées en la compagnie de notre duo d'innocents. Examiner de l'intérieur la relation entre un frère et sa sœur et voir le temps qui passe les séparer naturellement comme dans la vraie vie touchera peut-être les plus sensibles d'entre vous. Les autres, enfants uniques ou égocentriques, resteront probablement de marbre devant cette scénette qui ne les concerne pas.

Notre verdict

On aime

  • La direction artistique sortie d’un Disney
  • Les affiches de film parodiées
  • Les belles mélodies

On n'aime pas

  • Rapidement terminé
  • Des trous dans le récit
  • Quelques chutes de frame-rate
  • Les temps de chargement réguliers

Pour la première production du studio Paper Seven, nous retiendrons surtout de Blackwood Crossing une réalisation chaleureuse au service d’une direction artistique – notamment en matière de character design – digne d’un Dreamworks ou d’un film Sony Pictures Animation. Au-delà de la forme par contre, dans le fond, il n’a pas de quoi marquer le jeu vidéo de son empreinte en raison d'un gameplay minimaliste propre au genre « aventure narratif », et surtout à cause d'un scénario trop nébuleux et plein d'omissions qui ne touchera que les âmes (très) sensibles. La majorité d'entre vous restera de marbre et dubitatif au bout de deux-trois heures, le temps d'arriver devant le générique de fin.

Note finale : 6 / 10
Les commentaires
Le
Oula très décevant... Je vais attendre une bonne baisse de prix pour celui la.
Le
Pouet a écrit :
mar. 4 avr. 2017 15:24
Oula très décevant... Je vais attendre une bonne baisse de prix pour celui la.
Tu sais, t'es pas obligé d'acheter tous les jeux de l'histoire. :o
Le
MeWa a écrit :
mar. 4 avr. 2017 15:47
Pouet a écrit :
mar. 4 avr. 2017 15:24
Oula très décevant... Je vais attendre une bonne baisse de prix pour celui la.
Tu sais, t'es pas obligé d'acheter tous les jeux de l'histoire. :o
:lol: Ben j'achète les jeux qui me plaisent :mdr:
J'ai pas acheté dishonored 2 si tu veux :evil:
Le
Et tu t'en vantes ? :geek:

Achète!
Le
MeWa a écrit :
mar. 4 avr. 2017 22:15
Et tu t'en vantes ? :geek:

Achète!
J'ai jamais terminé le 1er, je sais que c'est un bon jeu mais j'accroche pas trop. Ca changera peut être avec le free trial du 2 :p
Le
T'accroches pas à quoi dans Dishonored ?
Le
Pouet a écrit :
mar. 4 avr. 2017 16:15
MeWa a écrit :
mar. 4 avr. 2017 15:47
Pouet a écrit :
mar. 4 avr. 2017 15:24
Oula très décevant... Je vais attendre une bonne baisse de prix pour celui la.
Tu sais, t'es pas obligé d'acheter tous les jeux de l'histoire. :o
:lol: Ben j'achète les jeux qui me plaisent :mdr:
J'ai pas acheté dishonored 2 si tu veux :evil:
C'est de ta faute s'il est à 20 euros ! :P

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