« Tu sais manier la batte, man »
L’annonce avait de quoi rendre dubitatif en août dernier lorsque le studio TT Games a officialisé un quatrième jeu vidéo estampillé LEGO Batman. Que pouvait-il encore avoir à nous dire ? Comment pouvait-il surprendre les joueurs après déjà trois jeux ? A ces questions nous avons désormais des réponses. Et des bonnes. Déjà, le studio recentre le débat en abandonnant les membres de la Justice League et les autres super-héros DC Comics annexes pour se consacrer uniquement à Batman et à ses nombreux comparses (Jim Gordon, Robin, Nightwing, Batgirl, Catwoman, Talia al Ghul) et adversaires (Joker, le Pingouin, Mr. Freeze, Poison Ivy, Bane...). Ensuite, le jeu n’est plus une succession de niveaux vaguement liés entre eux et sélectionnables à la volée depuis un quartier général mais une aventure longue et passionnante, ficelée par une structure narrative cohérente piochant autant dans les films de Tim Burton, que les nanars de Joel Schumacher, la trilogie de Christopher Nolan, et le récent métrage de Matt Reeves. Bien sûr la cultissime série animée de 1992 est également représentée pour le bonheur des fans, tout comme les comics books avec lesquels tout a commencé.
L’histoire débute ainsi dans les shorts du jeune Bruce Wayne, alors enfant, à la recherche des accessoires qui composent son costume du Fantôme Gris, son héros de jeunesse dont il va aller voir le film le soir même avec ses parents. C’est à la sortie de la séance, dans une sombre ruelle que ses géniteurs perdront la vie des mains de celui qui deviendra plus tard le Joker. Ce tutoriel est l’occasion d’admirer une réalisation largement revue à la hausse, avec d’excellents effets de lumière, des ombres crédibles, d’impressionnantes explosions, des reflets de partout et des textures réalistes quand il s’agit d’imiter les plastiques, les sols et des effets météos comme la neige ou la pluie qui ruisselle sur le costume du héros. Le mode qualité sera préféré au mode performance pour en prendre plein la vue, quitte à avoir quelques très légers ralentissements à l’issue de certaines cut-scenes.
Côté gameplay, les premières minutes suffisent à comprendre que le multiplicateur de pièces (le fameux x2) prend désormais la forme d’une jauge de combo qui se remplit à mesure qu’on engrange des sous le plus rapidement possible. Détruire les éléments du décor sera presque votre mission première pour remplir vos poches, la monnaie servant par la suite à s’offrir des véhicules (une vingtaine) et costumes additionnels (une centaine !). Autre ajout, le légendaire sens de détective de Batman est placé sur le bouton R3, sorte de détecteur mettant en surbrillance les éléments clés, les objectifs, les ennemis dans le décor. Un sonar bienvenu, hérité des jeux vidéo Arkham (Asylum, City, Origins, Knight), à l’instar du système de combat faisant la part belle aux esquives (bouton Rond), aux contres (bouton Triangle) et aux combos (bouton Carré) jusqu’à un finish spectaculaire (bouton R1) accompagné d’une onomatopée comme dans la série des années 60. Autre influence de Rocksteady, la propension pour l’infiltration, entre les conduits d’aération à emprunter pour surprendre l’adversaire dans son dos, les positions hautes à atteindre à l’aide d’un grappin (bouton L1) pour mieux fondre sur sa proie et les Batarangs à lancer pour faire diversion et actionner / détruire tout un tas de trucs à distance à l’aide d’une visée libre (boutons L2 et R2). D’excellentes références au demeurant et assez techniques grâce à la présence inédite de trois modes de difficulté pour corser le challenge.
Quand le chauve sourit
Le level design suivant la trame chapitrée de l’aventure autorise toujours une relecture des niveaux déjà parcourus en mode jeu libre. A l’aide d’autres personnages aux compétences propres vous pourrez découvrir de nouveaux passages et secrets dans chaque niveau pour débloquer de nouvelles briques et trophées à placer fièrement dans votre batcave. La rejouabilité est exceptionnelle pour ceux qui aiment aller au bout des choses, doublant ainsi une durée de vie déjà estimée à une quinzaine d’heures de base. Notez que les niveaux terminés octroient désormais une brique dorée permettant de débloquer de nouvelles compétences dans le menu dédié, que ce soit pour améliorer votre aisance au combat ou à l’exploration. Et en parlant d’exploration, impossible de passer sous silence la ville ouverte de Gotham City qui s’ouvre progressivement à notre Batmobile et qui permet de remplir tout un tas de missions secondaires et de récupérer tout un tas de collectibles comme nous y a habitué Peter Parker dans son New York avec les Spider-Man d’Insomniac Games. L’expérience acquise par le studio avec son LEGO City Undercover porte ici ses fruits, avec des quartiers vivants plongés dans l’obscurité et l’humidité. En revanche, pas question de faire du car-jacking à la GTA ici, il suffit d’appuyer sur la direction haute de la croix directionnelle pour voir se construire un véhicule (Batmobile ou Batmoto) devant nos yeux. On n’est donc jamais paumé dans la ville et avec le grappin le titre gagne inévitablement en verticalité, d’autant que la cape permet de profiter des courants aériens pour planer d’un point à l’autre de la carte. Des téléportations sont également présentes pour gagner du temps.
Ces ajouts salvateurs mis à part, le gameplay conserve de solides fondamentaux comme ses doublages français d’excellente facture, ses thèmes musicaux inspirés, ses innombrables constructions (on parle d’un jeu LEGO après tout !), son humour visuel omniprésent et bien sûr son mode coopératif à deux en local. Malgré les évolutions technologiques, la franchise LEGO persiste à n’offrir que des duos (pas de trio et encore moins de jeu à quatre) et offline alors que le jeu en réseau est la norme désormais. Qu’importe, le fun est garanti sur le canapé avec parfois des chemins individuels à arpenter chacun de son côté et des actions coopératives à réaliser obligatoirement à deux. En solo l’intelligence artificielle prend le relai de manière tout à fait convenable malgré quelques rares ratés, et on peut malgré tout pester contre le friendly punch qui fait qu’on frappe souvent son coéquipier sans le vouloir. On connaît la maison.
Tonio_S
Vincent
Pouet
Sinon tellement bon le jeu pour les fans. Quand on arrive dans la batcave et que l'on commence à se balader entre les véhicules et tous les costumes, WAHOU effect direct.
Vincent