On va faire la bagarre
Entre deux épisodes de la lucrative série Tomb Raider, le studio anglais Core Design a mis une autre équipe sur un beat-them-up révolutionnaire en 1997 - car entièrement en 3D temps réel – du nom de Fighting Force. Ce titre explicite est en réalité le sobriquet d’une unité d’élite envoyée sur le terrain pour contrer le Docteur Dex Zeng, le despote du moment qui menace le monde. Cette équipe est composée de quatre membres, deux hommes et deux femmes (la parité avant l’heure) que sont Hawk Manson, Ben « Smasher » Johnson, Mace Daniels et Alana McKendricks. Des personnages sans biographie ni caractéristiques chiffrées propres (vie, puissance, endurance…) donc totalement interchangeables. Ils ont heureusement leurs propres coups et prises, mais là encore, le menu pause ne permet pas de les étudier pour les ressortir. On sent bien qu’à l’époque une notice était dans la boite du jeu et que c’était sur celle-ci qu’étaient présentés les combos. Croix permet de mettre des coups de poings, Carré des coups de pieds, Triangle sert à faire des prises de catch (incluant l’incontournable German Suplex) et Rond permet de sauter. Avec L1 on peut courir et rentrer dans le lard des ennemis, et R1 sert à reculer légèrement la caméra.
Deux membres peuvent partir ensemble à la castagne puisque le jeu vidéo est entièrement jouable en coopération sur le même écran. En bon beat-them-up, on vous demande tout simplement de casser des mâchoires, à grands coups de pieds et de poings dans la gueule. Il est également possible de ramasser des armes contondantes comme des barres de fer et des bouteilles, des armes blanches comme des couteaux lâchés par l’ennemi et des armes à feu comme des pistolets, fusils à pompe voire carrément lance-roquettes ou grenades récupérés sur les dépouilles des adversaires. Pour l’époque l’interaction avec les décors était poussée dans le sens où on peut détruire des caisses, des voitures, des distributeurs de boissons. On peut également porter des éléments comme des poubelles ou des pneus pour les projeter sur l’ennemi. Typé arcade, avec 22 courtes zones réparties dans sept environnements différents, le jeu se termine en moins de quatre heures même s’il est possible d’y retourner pour choisir un embranchement alternatif à certains moments pour jouer les prolongations.
Avec ses environnements en trois dimensions, ses interactions avec les décors, et surtout sa coopération à deux sur le même écran, le jeu fut bien reçu à sa sortie et s’avère encore plutôt amusant de nos jours, à condition d’y jouer avec l’œil de la nostalgie ou avec celui de la transmission si on est un père quarantenaire qui veut partager ses vieux souvenirs avec ses enfants. On parle d’un titre où les tours jumelles du World Trade Center sont encore visibles sur l’arrière-plan de New York, c’est dire. Le jeu a néanmoins conservé ses défauts d’époque comme ses graphismes anguleux à peine lissés, des bugs d’affichage ou de collision, sa difficulté élevée et une caméra non contrôlable manuellement qui gêne parfois la visibilité.
La suite, tout de suite
De ce petit succès (le jeu apparait régulièrement dans les hidden gems de la première PlayStation) naquit un portage sur Nintendo 64 et surtout un second opus la même année, en 1999. Cette suite également présente sur cette compilation est en revanche une déception. Basée sur une sombre histoire de clonage humain (en vogue à l’époque) mené par la Knackmiche Corporation, ce deuxième volet est nettement plus orienté action armée à la troisième personne. Fighting Force 2 est un mélange bancal entre Syphon Filter et Tomb Raider, avec des affrontements principalement à armes à feu, une vingtaine au total. Le jeu ne propose cette fois qu’un unique personnage jouable – Hawk Manson, déjà vu dans le premier jeu – et est dépourvu de mode coopération. Même si les graphismes sont plus fins, que la visée peut se faire avec une vue intérieure sur une durée d’environ six – sept heures, le gameplay sans grande originalité ni saveur scellera dans un sarcophage étanche cette licence jusqu’à ce 23 janvier 2026, date de sortie de cette compilation.
Pas un remake, ni un remaster, mais un portage sec, cette collection regroupe les deux volets directement présents pour 19,99€ (contrairement à Fear Effect qui arrive en deux temps), avec les avantages de l’émulation maison du studio Implicit Conversions : l’abandon du mode 50 Hz propre au signal PAL, un rembobinage pour revenir quelques secondes en arrière, des sauvegardes rapides pour sécuriser notre progression à la demande, une prise en charge des sticks analogiques pour déplacer notre personnage à 360° en lieu et place du mode tank original (toujours présent à la croix directionnelle), un upscale graphique qui lisse les polygones et quelques filtres graphiques comme l’effet bombé du tube cathodique et différents modèles d’écrans CRT. On gagne ainsi en confort par rapport aux sauvegardes à des moments imposés. Au passage le jeu perd ses textes français pour n’être qu’en anglais, reste en 4/3, mais gagne quelques artworks directement dans le menu principal et un trophée Platine pour les collectionneurs.
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