Test de jeu / Vita / Little Deviants

- publié le 14 février 2012
- Etat : Disponible
- Date de sortie :22/02/2012
- Développeur :BigBig Studio
- Distributeur :Sony Computer Entertainment
- Genre :Inclassable
- Nb de joueurs :1
Officiellement fermé en début d’année par Sony, Bigbig Studios n’aura pas eu l’occasion de vivre le lancement officiel de son dernier titre dans nos contrées. C’est donc avec une collection de mini-jeux faisant office de démonstrations techniques de la PSVita que l’histoire du studio anglais s’arrête, une fin un peu triste pour une équipe qui nous avait jusqu’ici proposé deux Pursuit Force et un Motorstorm Arctic Edge plutôt sympathiques.
Aussi bizarre que cela puisse paraître eu égard à son genre, Little Deviants prend le parti d’introduire un scénario pour tenter d’expliquer les 30 mini-jeux auxquels vous allez vous adonner : traqués à travers la galaxie par des robots surnommés Botz, les gentils Zinzins atterrissent en catastrophe sur une planète habitée par des ersatz d’humains, les Chépaquis. Pour réparer leur vaisseau et parvenir à s’échapper, nos petits extraterrestres devront récupérer des pièces en différentes zones de la planète, évidemment poursuivis par les Botz ainsi que par une armée de zombies à leur solde.Une Vita bien exploitéeA peine arrivé sur le menu principal du jeu, on comprend que son prix réduit de 30€ n’est pas usurpé : certes il y a 30 mini-jeux à débloquer un par un au travers du mode Histoire mais, une fois toutes les épreuves disponibles, votre seule possibilité sera de tenter d’améliorer vos scores et d’obtenir quelques objets bonus (artworks, chats en 3D…). Vous pourrez aussi défier vos amis via le PlayStation Network, mais il ne s’agit en réalité que d’un classement qui évolue au fur et à mesure des performances de chacun : on aurait préféré des affrontements directs !
Mais revenons-en au mode Histoire, qui constitue vous l’aurez compris l’essentiel du jeu : divisé en six zones offrant autant de décors différents (campagne, forêt, montagne, plage, ville, industriel) et cinq épreuves chacune, il vous occupera probablement quatre ou cinq heures selon votre dextérité. La progression est simple : réussissez l’un des mini-jeux disponibles en obtenant un vaisseau de bronze, d’argent ou d’or, et vous débloquerez l’épreuve suivante, ainsi qu’une nouvelle zone lorsqu’au moins trois vaisseaux auront été récupérés dans la précédente.

Si Little Deviants ne se montre pas diablement original sur sa structure, les choses s’améliorent lorsque l’on découvre les mini-jeux proposés : utilisant l’écran et le pavé arrière tactiles, les fonctions gyroscopiques, la caméra et le micro de la console, ou un savant mélange de tous ces contrôles, les épreuves exploitent la PSVita de belle manière et offrent un bon aperçu de ses capacités.
A ce titre l’épreuve Invasion de Botz est franchement réussie, utilisant la réalité augmentée pour vous plonger au cœur d’un sympathique shoot-em-up : des Zinzins virevoltent autour de vous, poursuivis par des Botz que vous devez mitrailler, quelques missiles étant disponibles pour les moments de stress. Vous voilà donc à tournoyer sur vous-même pour repérer les menaces : à éviter dans les transports en commun !
Vient ensuite l’épreuve des Prés roulants plusieurs fois présentée en vidéo : grâce au pavé tactile arrière, vous surélevez l’aire de jeu en un point précis afin de faire rouler votre Zinzin jusqu’à la sortie du niveau, en n’oubliant pas au passage de récupérer les clés qui vous permettront de l’ouvrir et des étoiles pour augmenter votre score. Pas vraiment intuitifs, les contrôles rendent l’épreuve plutôt corsée.
Les choses s’arrangent nettement avec la Cabane à Beigne : une maison vous est présentée, ses volets s’ouvrant régulièrement pour découvrir un personnage. Après vous être assuré qu’il s’agit d’un Botz et non d’un Zinzin ou d’un Chépaqui, vous n’avez qu’à appuyer sur l’écran ou le pavé arrière selon l’orientation du robot afin de l’éjecter. En cas d’erreur, vous perdrez quelques précieuses secondes au chronomètre !

Dans Cumuluchute, ce sont les fonctions gyroscopiques de la console qui sont à l’honneur : un Zinzin saute en parachute et vous devez orienter votre Vita pour le faire passer dans des anneaux de différents types. Votre vitesse est réglable, et vous avez trois essais avant le game over. Un jeu a priori sympathique mais qui souffre d’un léger problème : puisqu’il faut aligner le Zinzin et les anneaux durant la chute, il arrive que l’on détecte tardivement une petite erreur de positionnement et que l’on rate la cible…
Avec Gonflés à bloc, les développeurs nous proposent de tenir la Vita à la verticale. Le Zinzin de feu Pyro est dans une montgolfière et vous devez frotter le pavé arrière pour le faire brûler et ainsi produire de l’air chaud. Au fur et à mesure de votre montée jusqu’à un satellite (!), des oiseaux tenteront de percer le ballon et vous devrez leur taper dessus pour les ramener à la raison. Un trou pourra toujours être bouché en dessinant une croix dessus, mais ces pansements sont en quantité limitée. Enfin, votre montée s’accompagnera d’une baisse des températures qui fera geler votre écran : à vous de le dégager rapidement pour pouvoir suivre ce qu’il se passe.
Très amusant, Catch putride place l’un de vos Zinzins sur un ring tandis que des ennemis vous rejoignent pour le combat. Vous devez alors saisir le personnage entre votre pouce et votre index via l’écran et le pavé arrière, afin de le propulser façon lance-pierres en utilisant les cordes du ring.
Dans Poursuite mortelle, votre Vita fait office de volant et vous devez vous frayer un chemin dans un environnement truffé de pièges alors qu’un ennemi vous poursuit : il est préférable d’accélérer pour ne pas se faire rattraper, mais gare aux éboulements et autres trains qui vous barrent la route !

Panique dans les couloirs reprend quant à lui le principe du mythique Pac-Man, à la sauce gyroscopique : votre Zinzin se retrouve dans un labyrinthe rempli de petits chronomètres qu’il faut avaler non seulement pour gagner du temps, mais aussi pour passer au niveau suivant.
Avec Castaglace, c’est le micro de la console qui est mis à contribution : votre Zinzin Cryo est sur scène pour donner de la voix, mais l’assistance peu mélomane lui balance des objets afin de le faire taire. A vous de siffler ou de fredonner à la bonne hauteur pour envoyer des notes selon trois trajectoires différentes qui vous permettront de détruire les projectiles.Des redites décevantesLes plus matheux d’entre vous l’auront sans doute remarqué : les paragraphes précédents ne décrivent dans le détail que 9 des 30 mini-jeux de Little Deviants. A cela deux explications : d’une part il serait sans doute trop long de procéder de la sorte pour l’ensemble des épreuves, et d’autre part un fort pourcentage des épreuves non encore mentionnées sont en réalité calquées sur celles que vous connaissez déjà !
Par exemple Epouvante roulante reprend le principe de Prés roulants dans un nouveau décor et avec un Zinzin différent. Idem pour le Chalet de la Beigne basé sur la Cabane de la Beigne, Cabriole dans les couloirs similaire à Panique dans les couloirs, et bien d’autres encore ! Rassurez-vous, il reste bien quelques mini-jeux plus originaux à découvrir mais, une fois passés les dix premiers, l’impression de copier/coller se fait de plus en plus présente… Et ce n’est pas le fait d’avoir un pouvoir spécial lié au Zinzin utilisé (imposé pour chaque épreuve) qui change grandement la donne.

Le design global du jeu manque en outre quelque peu de personnalité : ceux d’entre vous qui connaissent bien la série Buzz ! Junior trouveront dans Little Deviants des faux airs de Robots en folie ou Les petits monstres. Et si sa réalisation ne manque pas de charme avec des personnages tout mignons et des décors colorés, on ne peut pas dire que le rendu global soit renversant pour la Vita. Côté bande son on a droit à des effets sans surprises et à des musiques trop peu variées à l’intérieur d’une même zone, si bien que l’impression de redite émanant du gameplay se voit renforcée au niveau des oreilles.
Terminons en mentionnant une petite curiosité dans l’ergonomie du mode Histoire : après chaque épreuve le jeu vous propose de rejouer ou de quitter, cette dernière option vous ramenant systématiquement sur le menu principal du jeu plutôt que sur l’écran de sélection des mini-jeux. On a vu plus pratique !
• Le prix : seulement 30€
• De bonnes idées sur certains mini-jeux
• Une belle démonstration des spécificités de la machine
• Trop de copier/coller
• Quelques longueurs
• Assez rapidement bouclé
Verdict
Avec son prix réduit et ses mini-jeux tirant intelligemment parti des spécificités de la console, Little Deviants aurait pu être un incontournable du lancement de la Vita si les développeurs n'avaient pas abusé du copier/coller pour certaines épreuves. En l'état, et même si le titre offre bel et bien trente mini-jeux à découvrir, le sentiment de répétitivité qui s'installe après en avoir terminé une dizaine est trop prononcé, et l'absence de vrais modes compétitifs n'arrange rien à l'affaire. A réserver aux fans du genre.
Le Village PF

Graphismes
7 / 10Les Zinzins et leurs ennemis sont mignons, les décors sont colorés, le tout est animé avec la plus parfaite fluidité, mais on sait que la machine est capable de beaucoup mieux. En outre, le design global n'a rien de très original.
Jouabilité
7 / 10Le jeu remplit sa mission d'illustrer les spécificités techniques de la PSVita : qu'il s'agisse de l'écran et du pavé tactiles, de la caméra, du micro ou des fonctions gyroscopiques, tout y passe. Dommage qu'il y ait quelques copier/coller…
Son
6 / 10Les petits cris des Zinzins sont amusants, mais les effets sont dans l'ensemble assez génériques et les musiques répétitives au sein d'une même zone.
Durée de vie
5 / 10Vous devriez avoir débloqué les 30 mini-jeux en quatre ou cinq heures selon votre dextérité, après quoi il ne vous restera qu'à améliorer encore et toujours votre score. Les classements en ligne sont sympathiques, sans plus.
Fun
6 / 10La découverte des premiers mini-jeux est agréable, mais on déchante lorsque l'on comprend que certains d'entre eux sont identiques à l'exception d'un changement de Zinzin et/ou de décor. Quelques bonnes idées sont toutefois de la partie.