Test de jeu / Vita / Army Corps of Hell

- publié le 4 mars 2012 par Vincent
- Plateforme : VITA
- Date de sortie :22/02/2012
- Distributeur :Square Enix
- Thème :Heroïc Fantasy
- Genre :Stratégie
- Nb de joueurs :1 à 4
Une entité démoniaque vient d’atterrir dans un monde fantastique plein de gobelins. Bien décidée à devenir le maitre des lieux, elle réduit à l’esclavage la population locale et s’en sert pour détruire ses opposants. Ce démon, c’est vous. Et votre armée prête à se sacrifier pour vous, ce sont des dizaines de mignons. Dans le principe on retrouve l’ADN du jeu Overlord de Codemasters dans lequel un seigneur du mal ordonnait à ses larbins de faire le sale boulot à sa place. Dans la représentation, nous sommes plus proches d’un Pikmin avec des petits êtres qui gravitent autour de vous par paquets. Le tout donne un titre hybride pas totalement convaincant, basique et superficiel.L’oignon fait la forceLa bonne chose avec Army Corps of Hell, c’est que la PlayStation Vita accueille une licence inédite pour son lancement. Calé entre FIFA, Uncharted ou WipEout, ce nouveau titre a le mérite d’offrir à la console de Sony une variété bienvenue, un terrain vierge à conquérir loin des portages et des adaptations. Le gameplay de ce jeu d’action / stratégie reprend, comme cité plus haut, des idées piochées dans deux titres : Overlord et Pikmin. On dirige le démon cornu, entouré par ses esclaves dans des dizaines d’arènes à purger de leurs ennemis.

Il suffit de presser le bouton R quand la cible vire au rouge pour envoyer ses soldats un par un au casse-pipe. En maintenant la touche appuyée, l’amoncellement de sbires grossit sur la proie jusqu’à déclencher une mise à mort quand un nombre précis est atteint. Cette attaque de base peut être lancée tout en se déplaçant, contrairement à l’attaque combinée qui vous oblige à prendre la pause. En pressant le bouton L, vos troupes se mettent en formation et attaquent par grappes quand vous appuyez en plus sur R. Nettement plus efficace, cette action vous immobilise et vous rend vulnérable aux attaques adverses. A vous de voir quelle méthode est la plus pratique sur le moment.
Vos larbins sont répartis en trois classes à débloquer : des soldats de base équipés d’épées, des lanciers bondissants et des mages aux multiples pouvoirs. Avant de vous lancer dans une nouvelle mission, vous devez répartir à votre convenance la proportion de chaque classe dans votre armée. Il est possible de ne prendre que des soldats mais certains ennemis plus vulnérables aux lances incitent à une équitable répartition. Chaque dépouille laissée derrière vous peut être dépecée par vos hommes afin d’en extraire des matières premières pouvant être transformées par la suite en armes et armures dans le menu « Alchimie ».

Comme dans Patapon, vos troupes sont de mieux en mieux équipées à mesure de votre progression. Même le joueur (le démon) peut gagner des objets bonus élargissant par exemple la zone de résurrection. En effet, les morts au combat peuvent être ramenés à la vie en passant à proximité de leurs cadavres, à condition que ceux-ci ne soient pas broyés. Dans ce cas-là, vous pourrez toujours enrôler de nouveaux trouffions en échangeant des âmes contre des soldats dans les cages prévues à cet effet qui jalonnent les niveaux.Tellement limité, répétitif et mochePartant d’une idée de départ intéressante, le gameplay d’Army Corps of Hell est au final bien trop limité. Tout d’abord, l’aspect stratégique est pratiquement nul puisqu’il suffit d’envoyer le plus grand nombre possible de diablotins sur sa cible pour la faire trépasser. Jouer le surnombre conduit toujours à une victoire, peu importe la classe employée. Le jeu devient rapidement ultra-répétitif : on avance sur une case, on appuie sur R pour tabasser la vague d’ennemis et on passe à la suivante. Seuls les boss de fin de niveau demandent un minimum de méthode pour trouver leurs points faibles et les occire. Mais là encore, il n’y a pas de quoi se faire un trou dans le cerveau.

Ensuite, chaque zone libérée de ses ennemis laisse apparaitre un pont d’ossements qui amène à une autre arène. Le découpage est strictement identique pour chaque mission, réglé comme du papier à musique, et les zones sont incroyablement dépouillées. Hormis quelques pièges de temps en temps, les ennemis se contentent d’apparaitre sur des terrains vagues vides de vie et de décors. Du coup, tous les niveaux sont les mêmes ou presque et une imparable monotonie s’empare du joueur en quelques minutes. On en baillerait à pleine bouche.
Graphiquement le jeu est loin de faire honneur à la console sur laquelle il tourne, avec des niveaux désertiques, des textures quelconques, des ennemis grossièrement modélisés et des effets spéciaux pratiquement absents. La seule prouesse vient des dizaines de gobelins que la console est capable d’afficher à la fois. Pour le reste, on se rapproche plus d’une démonstration technique épurée d’affichage surchargé que d’un jeu peaufiné pour flatter la rétine.

Enfin, le jeu n’utilise pas assez les capacités de la PlayStation Vita. L’écran tactile ne sert qu’à utiliser l’objet sélectionné en bas à gauche de l’écran et le pavé tactile arrière ne sert qu’à certains moments anecdotiques comme pour taper sur le tambourin de résurrection si nécessaire. Même le mode multijoueurs jouable jusqu’à quatre se contente de l’AdHoc quand d’autres productions permettent de jouer en ligne en WiFi et en 3G. Mise à part la musique hard rock dynamique mais aussi lassante que le reste du jeu, rien ne fait décoller cette production au-dessus de la moyenne.
• Les cuts-scenes dessinées
• De la musique virile.
• Ultra répétitif
• Stratégie absente
• Réalisation minimaliste
Verdict
Une licence inédite et un concept intéressant ne suffisent pas à briser la monotonie des niveaux et l'ultra-répétitivité du gameplay. Egalement entaché d'une réalisation plus proche de la PSP que de la Vita, Army Corps of Hell n'arrive à la moyenne qu'en raison de son ambiance diabolique et de sa musique bien rythmée. Dispensable.

Fils RSS PlayFrance :
Graphismes
5 / 10Des niveaux désertiques et recyclés à chaque mission, des personnages grossièrement modélisés et des effets spéciaux pratiquement absents. Les cut-scenes sous forme de planches dessinées sont assez réussies.
Jouabilité
7 / 10La prise en main est rapide puisque les possibilités ne sont pas très nombreuses. On attaque, on esquive et c'est à peu près tout.
Son
7 / 10La musique type hard rock colle à l'ambiance démoniaque qui entoure ce titre. Mais à la longue, elle est aussi lassante que le reste.
Durée de vie
5 / 10Il faudra s'accrocher pour traverser plus d'une dizaine de missions puisque vous aurez toujours l'impression de faire la même chose aux mêmes endroits.
Fun
5 / 10Encore un jeu de lancement qui a le mérite d'être présent le jour J mais dont on ne retiendra que sa répétitivité et sa réalisation médiocre.