Test de jeu / PSP / Tom Clancy's Ghost Recon : Predator

- publié le 20 octobre 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :07/10/2010
- Développeur :Ubisoft
- Distributeur :Ubisoft Entertainment
- Thème :Au pistolet
- Genre :Action
- Nb de joueurs :1
Après un Ghost Recon : Advanced Warfighter un peu léger sorti en 2007, les soldats du futur reviennent sur PlayStation Portable dans un épisode inédit. Prêt à embarquer ?
Seule console à bénéficier de l’arrivée des soldats de Ghost Recon cette année, la PlayStation Portable s’offre une aventure exclusive arrivant à point nommée sur une console en manque de titres. Si tous les regards se tournent logiquement vers God of War : Ghost of Sparta, ce jeu d’action concocté par Ubisoft dispose-t-il d’assez d’arguments pour mériter sa place dans le lecteur UMD des amateurs d’action ? Réponse tout de suite.Une aventure à partager !Si le jeu possède comme sous titre Predator, ce n’est pas parce que vous serez aux commandes d’un extraterrestre rasta chasseur d’humains. Non, ici votre unité Ghost est envoyée au Sri Lanka pour évaluer le danger et préparer le terrain pour une invasion de l’armée américaine suite à des menaces. Vous avez 72 heures pour obtenir des informations cruciales au bon déroulement du débarquement quand vous vous rendez compte que les services secrets ont désigné le mauvais ennemi. Une course contre la montre commence alors afin de recueillir les bonnes informations et ainsi éviter une guerre mondiale. Voilà pour le pitch de départ.

Ghost Recon : Predator se présente sous la forme d’un jeu d’action coopératif à la troisième personne. Contrairement à la précédente incursion des Ghost sur PSP uniquement solo, toute la campagne peut être réalisée avec deux amis, à trois dans les niveaux. Cette entente peut se faire en mode Ad hoc ce qui facile le confort des parties à plusieurs avec un dialogue en direct. Si jamais vous n’avez personne sous la main, les deux autres soldats sont contrôlés par une intelligence (vraiment) artificielle : dans tous les cas, vous ne serez jamais seul au front.
Il vous est possible de donner des ordres simples à vos hommes : leur désigner un endroit où se placer ou une cible à abattre pour préparer un assaut en douceur, leur dire de tirer à vue ou bien uniquement de riposter aux tirs ennemis, et même de vous coller aux basques pour avancer en rang serré. A la manière d’un Army of Two, la stratégie de base consiste à placer ces hommes derrière une planque et à leur demander d’attirer le feu ennemi sur eux pendant que vous faites tranquillement le tour pour prendre les attaquants à revers. Une technique élémentaire qui marche à chaque fois puisque les niveaux sont suffisamment ouverts pour permettre ce genre de manœuvre. A vrai dire, c’est la seule technique qui fonctionne en solo puisque vos coéquipiers semblent incapables de comprendre vos ordres et encore moins aptes à tirer sur les ennemis comme il faut, même quand ces derniers font feu. Il nous est arrivé de voir le sniper se laisser mourir, incapable de viser sur un ennemi trop proche de lui et donc de changer d’arme pour se défendre…
Evidemment, le mieux reste donc de jouer avec des amis afin de se répartir les rôles avec une plus grande efficacité, l’intelligence artificielle (des deux camps) ayant la fâcheuse tendance à faire ce qu’elle veut et surtout n’importe quoi. En solo, une simple pression du bouton Triangle permet de passer d’un soldat à l’autre, ce qui permet de contrôler à loisir l’éclaireur, le sniper ou le franc-tireur. A vous de choisir votre soldat en fonction de la situation : le sniper n’arrivera souvent pas à tuer un soldat si on lui donne l’ordre alors autant le faire directement !

Avant chaque mission, vous devez choisir parmi huit soldats ceux qui viendront avec vous, l’intérêt étant de changer la formation de votre équipe suivant son désir d’infiltration ou au contraire d’action rentre-dedans. Outre l’aspect physique légèrement différent des soldats, ce sont surtout leurs caractéristiques qui varient. A ce titre, il est tout de même conseillé de garder toujours les mêmes gars puisque ces derniers gagnent de l’expérience à chaque mission terminée, ce qui se traduit par une jauge de puissance ou d’endurance de plus en plus grande. Entre chaque mission, votre expérience vous permet également de débloquer de nouvelles armes ou options telles qu’un silencieux pour vos flingues.
Enfin, le jeu gère plus ou moins votre réputation selon votre comportement face aux civils et à l’aide que vous leur apportez. En clair si vous libérez des otages ou aidez des citoyens, ces derniers vous aideront à leur manière en vous montrant un chemin caché ou en vous indiquant la position des ennemis. Mais vous pouvez faire sans eux sur ce dernier point puisque, en bon Ghost Recon, votre équipement high tech n’est pas là pour faire joli : votre carte tactique vous donne une vue d’ensemble des environs et permet d’envoyer vos hommes où vous le voulez. Les drones repèrent les ennemis de loin, les appuis aériens s’occupent des blindés, et les prototypes d’armes font le ménage autour de vous. Les ennemis sont ciblés d’un losange rouge, les alliés d’un losange bleu et des flèches autour de l’écran vous indiquent la position des tireurs. Bref, tout est fait pour faciliter le confort des joueurs dans l’action, puisque de tout façon l’aspect tactique est absent de cette version de poche.Uniquement pour le shootLa vue caméra à l’épaule permet d’aligner facilement ses cibles et il est possible d’une pression du bouton carré de se mettre à couvert derrière un élément du décor comme l’impose la norme actuelle. On cible alors encore plus facilement les soldats adverses tout en restant à couvert. Tout comme vos alliés, l’intelligence artificielle des ennemis sri-lankais est médiocre et, même si certains se mettent à couvert, la plupart du temps il est possible d’abattre ces sourds et aveugles facilement sans qu’ils comprennent d’où vient la mort. En cas de blessure, la barre de santé se recharge automatiquement quand vous êtes au calme un moment. Cependant, si vous ou l’un de vos collaborateurs êtes mortellement touchés, vous pouvez utiliser une trousse de soin pour vous relever.
La prise en main est facile à assimiler, d’autant qu’un niveau d’entrainement sert de tutorial : votre Ghost se déplace avec le stick, peut faire des pas de côté avec le bouton L enfoncé ou zoomer sur une cible avec le bouton Croix. L’accès à l’inventaire, le rechargement des armes et la modification d’une position (accroupis, couché, debout) se font avec les directions de la croix. Graphiquement, le jeu fait honneur à la console portable de Sony avec des textures colorées, des soldats finement modélisés et des effets spéciaux (explosions, lense flares) convaincants. On ne peut en dire autant de certaines animations hachées et peu crédibles.

Officialisé tardivement et rapidement arrivé en magasin, Ghost Recon Predator n’inspirait rien d’autre que la crainte d’un jeu bâclé fait à la va-vite pour rassurer les actionnaires suite au retard pris par Ghost Recon Future Soldier sur PlayStation 3. Nos craintes sont partiellement devenues réalité puisque, si les développeurs de Virtuos Entertainment ont soigné leur copie d’un point de vue esthétique, ils sont en revanche passés à côté de leur sujet en ce qui concerne l’intelligence artificielle et le sens tactique du jeu, ce qui plombe finalement pas mal son intérêt.
Comme le précédent volet, cette déclinaison portable porte mal son nom puisqu’elle ne fait pas dans la dentelle et privilégie l’action pure à une éventuelle orientation tactique, la faute à des soldats loin d’être réactifs. L’expérience reste bien en dessous de ce que propose Socom : Fireteam Bravo 3, mais peut éventuellement tuer le temps pendant un après-midi pluvieux d’automne passé dans une chambre avec deux autres amis et leurs PSP. Faute de mieux en ce moment.
• Réalisation graphique agréable
• Correct à plusieurs
• Cinématique façon BD
• Intelligence artificielle grotesque
• Intérêt plombé en solo
• Aucun sens tactique
Verdict
Arrivé d'une manière trop discrète pour être honnête, ce Ghost Recon : Predator n'est pas vraiment une déception puisque nous n'avions, à raison, aucune attente à son sujet. Ubisoft nous livre un shoot basique sans rapport avec sa licence mais correctement réalisé, qui ne trouvera un intérêt qu'en coopération avec des amis. En solitaire, le jeu affiche une intelligence artificielle assez incroyable de passivité au point d'être handicapé par ses propres hommes. Retirez donc deux points à cette note si vous ne comptez pas y jouer avec des humains !
Le Village PF

Graphismes
7 / 10La réalisation d'ensemble est tout à fait respectable avec des modélisations convenables et des effets crédibles. Mais l'ensemble est trop répétitif.
Jouabilité
5 / 10La prise en main ne pose pas de problème en soi mais l'intérêt du solo est rapidement plombé par une intelligence artificielle aux fraises. Trouvez des amis !
Son
6 / 10Une bande son tout à fait quelconque avec des musiques passe-partout et des bruitages corrects pour l'environnement et les armes.
Durée de vie
5 / 10En solitaire vous risquez vite de perdre patience à force de voir vos collègues tomber sous le feu ennemi parce qu'ils sont trop stupides pour réagir. Vous finirez le jeu avec des amis uniquement.
Fun
6 / 10On ne cessera de le répéter, ce jeu n'a d'intérêt que si vous trouvez des amis avec qui jouer. En solo vous risquez de vous prendre la tête à deux mains très souvent.