Test de jeu / PSP / The Eye of Judgment : Legends

- publié le 13 avril 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :11/03/2010
- Développeur :Sony Computer Entertainment
- Distributeur :Sony Computer Entertainment
- Genre :Action / Stratégie
- Nb de joueurs :1 à 2
Souvenez-vous : en 2007, Sony Computer Entertainment a profité de sa nouvelle caméra pour sortir un jeu de cartes basé sur le principe de la réalité augmentée. En posant une carte sur un plateau, cette dernière prenait littéralement vie devant nos yeux pour défendre notre camp contre l’envahisseur. Cette technologie a depuis été utilisée pour d’autres titres tels que Eye Pet sur PlayStation 3 et Invizimals sur la PlayStation Portable. Pourtant, bien que la caméra USB existe sur la nomade, l’éditeur préfère revenir à un gameplay plus traditionnel pour ce spin-off baptisé Legends.Il était une fois…Le jeu débute sur une cinématique en plans fixes censée mettre en avant le mode Histoire, principale originalité de cette version PSP comparé à la version de salon. On y découvre un univers typiquement héroïc fantasy peuplé de guerriers, de magiciens, de sorciers et de créatures d’origine non contrôlée. Tout ce beau monde vivait sa petite vie jusqu’à l’arrivée d’une forteresse mécanique renfermant Scion, le roi Biolithe autrefois rejeté par les dieux. Dès lors, le royaume tombe en désuétude dans l’attente d’un sauveur, d’un élu : vous.
Inutile de faire dans la poésie, The Eye of Judgment se dote d’un scénario classique au possible durant lequel les alliances, les combats et les trahisons seront monnaie courante. L’histoire a tout de même le mérite d’être remarquablement bien illustrée grâce à de nombreuses cinématiques sous forme de bandes dessinées. Les planches sont colorées, stylées et sous-titrées en français pour une meilleure compréhension.
Passé ce prétexte, on se retrouve rapidement devant l’unique phase de gameplay du jeu : les duels de cartes. En effet, vous êtes un sorcier et en tant que tel vous avez le devoir de ramener la paix dans votre monde en combattant les sbires de Scion. Pour ce faire, vous devez remporter tous les duels imposés. Comme sur PlayStation 3, le principe est de prendre le contrôle de cinq cases d’un damier constitué de neuf carrés, à l’aide de vos monstres. Avec un nombre de cases indivisible par deux, impossible de faire un match nul, il n’y a forcément qu’un gagnant.

En début de duel vous disposez de cinq cartes, choisies aléatoirement parmi les 30 de votre deck, pour composer votre main. Comme dans la plupart des jeux de ce type, si cette main ne vous convient pas vous pouvez la changer une fois avant de démarrer la partie. Le premier tour débute alors : vous devez placer sur une case une carte de votre choix. Il n’existe que deux types de cartes : les cartes d’invocation de créatures et celles de sorts aussi bien offensifs que défensifs. Pour jouer, votre mana doit être au moins de la même valeur que celle demandée pour l’invocation de votre soldat. Le tour suivant, votre adversaire fait de même.
Lorsque deux cartes ennemies sont face à face, la créature dernièrement placée assène une attaque à son adversaire. Pour maximiser l’effet de vos cartes, il faut tenir compte à la fois des flèches de direction de l’attaque et des flèches de direction de la défense de votre carte. Placer une créature dos à l’ennemi ne fera jamais autant d’effet que de l’avoir de face. Chaque case correspond à un élément - eau, feu, terre, bois et biolithe - qui confère un bonus de deux points de vie si vous placez une créature dans son milieu naturel. A contrario, placer un monstre sur une zone antagoniste lui fera perdre deux points de vie alors tâchez de faire un choix judicieux. C’est logique après tout, et sournois puisque les carreaux possèdent deux faces et qu’il est possible de les retourner à l’aide d’un sortilège.
Simple sur le principe et finalement très proche de ce que certains connaissent dans Magic The Gathering, le gameplay devient plus complexe si l’on s’attarde sur les capacités spéciales de chaque créature et sur la façon la plus probante de mener sa partie d’échecs. De même, les collectionneurs pourront s’en mettre plein les poches puisque l’UMD est gorgé de 300 cartes à acheter à l’aide des deniers gagnés après chaque victoire. Si vous n’aimez pas l’argent virtuel mais que vous préférez claquer vos euros, de nouvelles cartes virtuelles spéciales sont disponibles dès à présent sur le PlayStation Store.Complexe et long à souhaitMême si le gameplay peut être résumé en quelques lignes, il est finalement bien plus complexe qu’il en a l’air et, au bout de quelques cuisantes défaites, la lecture de la rubrique d’aide dans la bibliothèque s’imposera. Le tutorial obligatoire en début de partie ne suffit pas à livrer toutes les règles pour s’en sortir. Volontairement élitiste, comme souvent dans le genre, The Eye of Judgment : Legends pourra frustrer ceux qui veulent avancer d’une traite sans buter sur un adversaire coriace. Au début, on a souvent l’impression de perdre sans raison, on peste contre le caractère aléatoire des victoires et des défaites jusqu’à maitriser un peu mieux son jeu. C’est aussi là tout l’intérêt d’une telle production.
Long à souhait, le jeu demandera un investissement conséquent du joueur qui veut défier l’intelligence artificielle dans le mode Duel de Sorcier et encore plus pour celui qui veut jouer contre un humain. Un mode Infrastructure a la bonne idée de répondre présent pour défier des collectionneurs dans des petites parties ou des tournois et un mode Ad Hoc permet aussi d’échanger des cartes avec d’autres possesseurs du jeu. A l’instar d’un Monster Hunter dans un registre différent, tout le sel de ce jeu réside dans la volonté d’être le meilleur, d’avoir le meilleur deck avec les cartes les plus rares. Et dans la course à l’armement, le chemin est long, très long, les allers-retours dans le mode Entrainement nombreux.

En plus de perdre en convivialité en l’absence des cartes en carton à présenter devant la caméra, cette version portable perd aussi en éclat visuel. Les cartes comme les créatures sont souvent petites, à peine identifiables, et les combats sont nettement moins impressionnants qu’à la maison. De même, signalons une épouvantable voix-off durant les combats qui obligera même le plus tolérant à couper le son au bout de quelques parties. A part ces quelques écueils, si vous avez la patience de vous investir dans une collection virtuelle, ce titre est fait pour vous.
• La mise en scène de l'histoire
• 300 cartes à collectionner
• Modes Infrastructures et Ad Hoc
• Réservé à une élite
• Moins fun que sur PS3
• La voix-off
Verdict
En migrant sur PlayStation Portable, The Eye of Judgment gagne une histoire agréablement mise en scène et un challenge de taille pour les collectionneurs (300 cartes à collectionner !) qui ont le temps de s'y investir. Par contre, il perd de son charme en supprimant les cartes en carton, et en visibilité en raison de la taille de réduite l'écran de la console. Mais avec la présence de modes Infrastructure et Ad Hoc, il propose un tel défi qu'il est difficile de passer à côté si vous aimez le genre.
Le Village PF

Graphismes
6 / 10Les images fixes de la bande dessinée sont vraiment agréables à l'œil mais les phases de gameplay impressionnent guère et les cartes sont un poil trop petites à notre goût.
Jouabilité
7 / 10Un gameplay bien plus complexe qu'il n'y parait, des stratégies difficiles à appréhender mais qui payent si vous vous en donnez les moyens.
Son
5 / 10Quelques musiques d'ambiance sympathiques gâchées par une insupportable voix-off anglaise durant les affrontements. Coupez le son !
Durée de vie
9 / 10Enorme pour celui qui veut terminer le jeu à 100% et obtenir les 300 cartes cachées sur l'UMD.
Fun
7 / 10Si durant votre jeunesse vous cherchiez le Lotus Noir, ce jeu est fait pour vous. Par contre les autres peuvent aller voir ailleurs…