Test de jeu / PSP / Puzzle Chronicles

- publié le 4 mars 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :18/02/2010
- Genre :Réflexion
Le catalogue de la PlayStation Portable est plein de surprises et nous livre aujourd’hui ce Puzzle Chronicles que personne n’attendait. Il faut dire qu’avec un design si particulier, les joueurs auront tendance à tourner la tête dans les rayons.
Déjà sorti sur Xbox Live et sur la Nintendo DS, Puzzle Chronicles tente sa chance sur la portable de Sony, machine nettement moins gorgée de puzzle games à barres colorées. L’idée est plutôt louable, surtout que le jeu est pensé à la fois pour les joueurs solitaires mais aussi pour les généreux qui aiment les défis entre amis. Cependant, vous allez vite vous rendre compte à travers ce test que cet UMD ne trouvera son public qu’auprès d’une caste très réduite de joueurs. Explications.A mi chemin entre deux genresPuzzle Chronicles est, comme l’indique son nom, un puzzle game dans la plus pure tradition des Tetris et autres Columns. L’inspiration de Tetris tout d’abord, pour son écran composé d’un cadre dans lequel défilent chaque seconde des barres jusqu’au remplissage total de l’écran. Attention cependant, contrairement à Tetris qui multipliait les figures géométriques, dans Puzzle Chronicles il n’y a que des barres composées de trois petits carrés colorés. C’est dans cette distinction que l’on retrouve l’héritage de Columns et également dans l’importance des couleurs. En effet, afin de libérer de l’espace, la seule façon de faire exploser les briques est de réunir quatre carrés de la même couleur. Ce concept, fort simple et déjà bien exploité dans de multiples productions, gagne ici légèrement en attrait puisqu’il est décliné dans plusieurs modes.
Pièce centrale du soft, le mode histoire permet de prendre en main le destin d’un esclave amené à devenir roi comme le fut Conan le barbare avant lui. A travers des cinématiques façon bande dessinée, doublées en anglais et sous-titrées en français, le scénario se veut facilement compréhensible et plein de quêtes à remplir. Les dizaines de missions qui vous attendent vous feront voir du pays puisque l’entre jeu se déroule sur une carte à partir de laquelle le joueur peut orienter sa destination. Des quêtes principales, des quêtes annexes, des sceaux, des trophées, des récompenses, il y aura de quoi faire pour qui veut s’en donner la peine. Surtout que, à l’instar d’un jeu de rôle, votre personnage prendra progressivement des niveaux à mesure de vos victoires.

Comme une partie d’échecs, vous serez souvent confronté à des adversaires virtuels. Un combat s’engage alors dans lequel chacun dispose d’un tableau sur lequel défilent des barres vers la droite, horizontalement. Le moyen le plus simple de les détruire est alors de faire pencher en votre faveur une barre verticale qui scinde l’écran en deux. Dans cette optique, vous pourrez compter sur quelques briques spéciales avec des têtes de mort dessus et sur des attaques en réunissant quatre cases de même couleur en bloc, de façon à former un carré. D’autres combinaisons permettent de lancer votre chien de guerre, une aide canine précieuse que vous récupérez au début de l’aventure. Bien sûr, histoire de concrétiser vos efforts, une petite animation est visible en haut de l’écran pour mettre dans l’ambiance. Malheureusement, ce n’est pas du plus bel effet.
Chacun de ces nombreux combats a pour but de vous faire gagner des niveaux, de l’argent et de nouveaux sceaux. La dimension RPG est nettement plus palpable sur la progression, lente et souvent pénible, de vos capacités que sur la sensation de liberté offerte au joueur. La carte est petite avec des destinations toutes tracées sur lesquelles il suffit de cliquer pour s’y rendre. Tout à fait dirigiste, le jeu suit une trame scénaristique plate et sans grand intérêt.
De temps à autre, au détour d’une quête annexe, des minis-jeux vous seront proposés. Que ce soit pour dresser sa bête de guerre, pour perfectionner ses talents, partir à la chasse aux trésors ou explorer un donjon, le principe reprend celui de Tetris avec défilement vertical des barres jusqu’à épuisement des stocks. Bien entendu, chaque mini-jeu connait une légère variation de ses règles afin de remporter la partie : former des carrés de couleur, exploser une couleur particulière ou enchainer les suites d’éliminations. A noter que ces minis-jeux peuvent être joués directement depuis le menu principal, sans forcément se lancer dans le mode histoire. Enfin, en plus des quatre modes de difficulté, sachez également qu’il est possible d’affronter l’intelligence d’un adversaire humain via le mode Ad Hoc.Peu convaincant sur les deux…Rapidement, on se dit que la fusion de deux genres pas vraiment proches ne prend pas. Tout d’abord l’aspect jeu de rôle est restreint à sa plus simple expression : une évolution des capacités de son héros, de ses pouvoirs et de son chien. Si effectivement certaines capacités vous donneront clairement l’avantage sur le terrain, on en attend plus d’un RPG. Ensuite, la partie puzzle-game est également bancale puisque les stratégies sont peu évidentes. Il est assez difficile d’anticiper l’arrivée des briques et les possibilités qu’elles offrent sont loin d’être transcendantes, surtout si vous répétez des erreurs de placements. On subit plus l’action qu’on ne la dirige, un comble.
L’ergonomie pourrait être plus intuitive puisque la rotation des barres se fait avec le bouton Croix, alors que le bouton Rond sert à faire défiler rapidement les blocs vers la droite. On a l’impression de jouer avec un Tetris qui aurait subi une rotation à 90° ce qui est parfois déconcertant, même pour les directions haut/bas, droite et gauche. Enfin, l’ennui pointe le bout de son nez au bout de quelques minutes puisque la difficulté peu élevée dissout tout l’enjeu des affrontements. On les gagne pour la plupart et lorsque mystérieusement on arrive à perdre, ces défaites n’ont pas de conséquences sur la suite de l’aventure. Bref, niveau challenge il faudra repasser.

Enfin, terminons ce test par un point noir au milieu du visage : le design général du jeu est raté. Les personnages suintent le kitch par tous les pixels et les graphismes sont réellement moches, aussi bien pour les décors statiques que les cinématiques ou les animations durant les combats. Les temps de chargement, à rallonge, calmeront les plus vifs d’entre vous. Au final, je ne peux que vous conseiller de laisser Puzzle Chronicles dans l’anonymat où il est actuellement, car son mélange du puzzle game et du RPG ne rend honneur à aucun des deux genres, et sa réalisation douteuse n’aide pas à faire passer la pilule. Une simple version PSN à bas prix et jouable en ligne aurait pu lui être profitable.
• Longue durée de vie
• Un genre rare sur PSP
• Quelques upgrades utiles au combat
• Design douteux
• Stratégies peu nombreuses
• Aspect RPG limité
Verdict
Puzzle Chronicles est le genre d'idée qui sur le papier peut offrir un bon petit jeu mais qui, une fois en main, peine à convaincre. L'aspect jeu de rôle réduit à la simple évolution de quelques capacités de son personnage n'est pas compensé par la partie puzzle game aux stratégies trop aléatoires et au challenge absent. Achevons le joueur en lui imposant un graphisme qui a trente ans de retard et vous comprendrez que vous pouvez largement faire abstraction de cette production.
Le Village PF

Graphismes
4 / 10Le design général aurait déjà dérangé dans les années 80, alors en 2010 on se dit que la PSP est bafouée.
Jouabilité
5 / 10L'ergonomie peu intuitive, les temps de chargement à rallonge et le manque de challenge n'incitent pas à rester devant l'écran.
Son
6 / 10Musique d'ambiance passe-partout, doublages anglais pendant les cinématiques et quelques sons pour les effets spéciaux.
Durée de vie
8 / 10Une durée de vie est tout de même bien copieuse compte tenu des nombreuses quêtes qui vous attendent. Infinie si on trouve un autre possesseur du jeu.
Fun
4 / 10Le design peut à la rigueur plaire à certains mais les possibilités tactiques, l'enjeu général et l'aspect jeu de rôle faméliques ne donnent pas envie de faire l'effort.