Test de jeu / PSP / Prince of Persia : Les Sables Oubliés

- publié le 3 juin 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :21/05/2010
- Développeur :Ubisoft
- Distributeur :Ubisoft Entertainment
- Thème :Licence audiovisuelle
- Genre :Action
- Nb de joueurs :1
Plutôt que de se risquer à une adaptation plus ou moins bancale de la version PlayStation 3 de Prince of Persia : Les Sables Oubliés, le français Ubisoft a la bonne idée de proposer aux joueurs nomades une aventure inédite. Vous allez me dire, l’éditeur aurait très bien pu se contenter d’un portage de la version Wii, techniquement plus proche d’une PSP que d’une PS3, mais il n’en est rien. Alors posons un nouveau regard sur le retour du Prince qui nous fait l’honneur d’une visite nomade.Du passé faisons table raseMême s’il bénéficiait d’un réel travail graphique, le précédent volet de la série sorti sur PlayStation 3 à la fin de l’année 2008 n’a pas su convaincre tous les joueurs. La faute à un gameplay qui empêchait toute forme de game over, et à des combats insipides, trahissant ainsi les deux points forts de la licence. Heureusement pour Ubi, l’arrivée du long métrage éponyme dans les salles de cinéma a permis à l’éditeur de faire table rase du passé afin de recoller à la trilogie des sables du temps. Nous revoilà donc avec le même héros, dans un épisode se déroulant entre le premier et le second sortis sur PlayStation 2, juste avant l’Ame du Guerrier.
Le pitch de départ nous raconte le retour du prince dans ses terres après son périple du premier volet. Désireux de rejoindre son frère dans son fief, notre guerrier découvre que le bastion est assiégé par une puissante armée. Equipé des sables du temps, le prince libère leur pouvoir pour gagner la bataille mais cette action déclenche à son insu une terrible malédiction…
La version PlayStation Portable ne s’embarrasse pas d’une mise en situation pour les nouveaux venus. Après une courte cinématique, vous entrez de plain-pied dans le feu de l’action. Premier élément notable que révèle le tutorial : le jeu se déroule entièrement en deux dimensions. Bien sûr l’habillage reste en 3D polygonale mais à l’instar de jeux de plateforme que l’on trouve chez la concurrence, le défilement se fait horizontalement, de la gauche vers la droite. Enfin, quand je dis horizontalement, il ne faut pas croire que le prince a perdu son incomparable agilité. Loin de là.
Notre ami court facilement sur les murs, grimpe sur des poteaux comme nous à une échelle et tourne autour d’une barre comme un acrobate. Les classiques de la plateforme répondent bien présents sur notre console, sans difficulté supplémentaire, les déplacements de base étant même légèrement assistés. S’accrocher à un rebord se fait automatiquement, enjamber un simple muret aussi. Pratique quand on pense à l’intransigeance du Prince of Persia originel.Des combats fadassesComme chaque épisode de la série, le gameplay se compose à la louche de 70% de plateforme, 20% de combats et 10% d’énigmes logiques à résoudre. La partie combat est malheureusement en retrait dans cet épisode portable puisqu’au vu de la représentation graphique, les affrontements se déroulent en face-à-face avec l’ennemi, sans possibilité de lui tourner autour. On peut toujours lui passer par-dessus avec une petite manip mais toute la partie esquive du combat a disparu au profit d’une simple protection à placer au moment de l’attaque en gardant le bouton Rond pressé. C’est un peu mince et cela s’en ressent dans le côté épique des combats : au mieux c’est du un contre un, au pire à deux contre un avec un ennemi stupide de chaque côté. Cette représentation est plus proche de celle de l’antique premier volet, quand on rencontrait un ennemi dans un couloir et que l’on pouvait mourir sous ses coups de sabres, mais actuellement c’est léger et assez mal fait.
Outre la représentation des combats, les combos sont aussi simples que limités avec juste un matraquage du bouton carré, sans attention particulière. A mesure de votre progression, il sera possible d’acheter de nouvelles manipulations un brin plus complexes afin d’exécuter votre cible plus facilement. L’usage du bouton Triangle sera alors nécessaire. Vos armes aussi évolueront puisque plusieurs sabres sont disponibles pour terrasser les sbires. A ce titre, sachez que comme Assassin’s Creed Bloodlines, ce Prince of Perisa peut être connecté à une PlayStation 3 afin de débloquer des bonus sur les deux versions du jeu.
Les combats contre les boss bénéficient heureusement d’une plus grande attention puisqu’il faut analyser leurs attaques pour les esquiver et comprendre comment les faire choir. Ceci dit, avec seulement trois boss dont un boss de fin, les 17 niveaux qui composent cet UMD brillent surtout par leurs passages de plateformes.Du bon usage du tempsPour d’obscures raisons, le prince de notre jeu ne peut pas remonter ou accélérer le temps à loisir. Il est en fait accompagné en permanence par Helem, une des sœurs du temps, qui l’aidera durant son périple. Ressemblant à une luciole, cette lumière doit être déplacée à l’aide du stick analogique vers l’élément sur lequel vous souhaitez faire agir le temps. A l’aide d’une gâchette le temps sera accéléré sur l’élément en question et avec l’autre il sera ralenti voire figé. En résultent quelques petites énigmes à certains moments clés usant de cette gestion temporelle. Le prince et tout ce qu’il y a autour ne lui ne sera pas modifié mais uniquement cet élément.
Ainsi, une colonne de sable une fois accélérée se transforme en tornade capable de soulever le prince tandis que ralentie elle se transforme en bloc solide capable d’être déplacé. Des écoulements de matière friable peuvent ainsi se changer en éléments solides sur lesquels se balancer. On se retrouve souvent à devoir accélérer le temps pour franchir un obstacle et immédiatement après le ralentir pour en franchir un autre. Cette alternance rapide risque de donner lieu à de nombreuses chutes les premières fois mais on s’y fait assez vite, il n’y a que deux gâchettes à gérer après tout. Notez également que vous pouvez utiliser le temps sur les ennemis pour les figer et leur décocher un coup en fourbe.
Conséquence logique de ce nouveau gameplay : en cas de chute vertigineuse, vous ne pouvez plus vous contenter de rembobiner le jeu jusqu’à votre faux pas. A la place vous réapparaissez directement devant votre raté. Par contre, le syndrome Prince of Persia 2008 n’est pas reproduit ici puisque vos résurrections sont limitées en nombre, trois au début et le double par la suite en boostant vos capacités. Hé oui, les niveaux sont parsemés d’orbes lumineuses (élixir) qu’il faut collectionner pour s’offrir de nouvelles capacités vitales ou martiales et débloquer des bonus dans le mode Conte tels que des cinématiques, des musiques et des illustrations.
Si votre jauge de résurrection arrive à zéro, vous recommencez le niveau depuis la dernière fontaine d’eau croisée. Une fois encore, étancher votre soif vous fera gagner de la vie et des continus. Un bien précieux par moment compte tenu de la distance qui sépare ces points d’eau et de la difficulté plutôt corsée dans la seconde moitié du jeu.Prince ou valet ?Cette version PSP reste donc dans l’esprit de la série avec ses nombreux passages de plateforme bien tendus par moment et l’utilisation – certes plus limitée – de l’accélération et du ralentissement du temps. Les 17 niveaux sont courts et un tableau récapitulatif en fin de chapitre vous prouve que vous pouvez les torcher encore plus rapidement pour entrer dans la légende. La prise en main est bien meilleure que dans les précédentes adaptations de la licence sur PSP : le prince se dirige à la croix directionnelle, Helem à l’aide du stick et les autres touches n’ont qu’une seule fonction à la fois.
Enfin, la réalisation graphique est de toute beauté avec des niveaux colorés, surtout en extérieur et dans le monde éthéré, à défaut d’être fouillés et complexes. La partie musicale nous envoie des sonorités orientales dans les oreilles et les voix françaises nous chuchotent des informations pendant toute la partie. Malheureusement, la durée de vie cachée derrière une difficulté relevée reste faible même pour un jeu à trente euros, et les combats passablement ratés empêchent ce volet de siéger parmi les références.
• Réalisation d'ensemble
• Ambiance retour aux sources agréable
• Complémentaire à la version PS3
• Combats perfectibles
• Durée de vie légère
• Parfois corsé
Verdict
Evitant une comparaison aussi futile qu'inutile avec la version PlayStation 3 de Prince of Persia, les Sables Oubliés version PSP retourne aux sources de la licence avec sa représentation 2D, ses passages de plateformes délicats et ses combats limités. Mais nous ne sommes plus en 1989 et notre exigence en matière de qualité des combats et de durée de vie est plus élevée qu'à l'époque. Pour autant, ce jeu reste un bon achat pour celui qui recherche les sensations de la plateforme à l'ancienne.
Le Village PF

Graphismes
8 / 10La représentation en 2D avec des graphismes en 3D polygonale laisse apparaitre des très jolies choses, surtout dans les niveaux en extérieur et dans le monde éthéré.
Jouabilité
7 / 10La prise en main est aisée, les déplacements sont fluides mais certaines scènes de plateformes demandent d'alterner accélération et ralentissement du temps de manière frénétique et stressante.
Son
7 / 10Les musiques façon mille et une nuits collent à merveille à l'ambiance du jeu sans pour autant marquer les esprits. Les voix françaises sont sympas.
Durée de vie
6 / 10Les 17 courts niveaux comportent trois boss, ce qui réduit l'exploration à 14 zones à la difficulté progressive. Comptez entre 10 et 20 minutes par zone et faites le calcul…
Fun
7 / 10Le retour de Prince of Persia sur PSP est sympathique et complètera sans problème la ludothèque de celui qui possède la version PS3 ou qui veut revivre le bon vieux temps de la plateforme 2D.