
Metal Gear : Acid
publié le 11 mars 2005- Etat : Disponible
- Développeur :Konami
- Distributeur :Konami
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1 à 2
- 01/09/2005
- 24/03/2005
- 16/12/2004
Surprenant, n’est-il pas ? Ce nouvel opus de la désormais bien aimée série des Metal Gear se veut profondément différent. Le système de jeu s’adapte pour une fois, selon les dires de maître Kojima, à l’univers des consoles portables. MGA, un jeu bien pensé donc ? Rien n’est moins sûr...
Tiens, un Metal Gear sur la nouvelle console de Sony. On ne peut pas dire que ce soit vraiment une surprise, mais en regardant ses prédécesseurs, ainsi que son grand frère Snake Eater sorti le même jour au Japon, on pense immédiatement que la licence Kojima est un indéniable gage de qualité. Sauf que, manque de chance, MGA n’est pas un jeu de Kojima Hideo mais de Hinami Masahiro, à la base d’un jeu plutôt sympathique, j’ai nommé Boktai sorti sur GBA lors de l’été 2003 au Japon. On se dit alors, pourquoi pas, après tout !
Metal Gear Acid reste néanmoins un jeu de carte, liant infiltration et tactiques, à mille lieux de ce que l’on a pu connaître sur nos consoles de salon. Vous êtes prévenus.Des congés payés pour Snake !C’est ma foi un sentiment bizarre que celui-ci. On a beau aimer Snake, son charisme de baroudeur, et la manière dont il fume le tabac sans même toucher des doigts sa cigarette, on ne peut pas s’empêcher de penser : « encore lui ? ».
Snake est donc de retour (pour nous jouer un mau…, non, comme ça je l’aurai faite, vous êtes tranquilles) afin de libérer 517 otages d’un avion détourné par de mystérieuses créatures. Ces dernières souhaitent s’emparer du tout aussi mystérieux projet « Pythagoras » détenu sur une île dirigée par le vil Leone. Ils promettent la libération des otages (manque de pot, un gouverneur influant, certainement promis à un futur mandat de Président est dans cet avion) en échange du dit projet. Notre héros va donc devoir s’infiltrer sur l’île et découvrir de quoi il en retourne…
L’histoire est sûrement un peu trop fantaisiste pour un Metal Gear… Si dans la trilogie Playstation, c’était le jeu qui servait un scénario quasi- Hollywoodien, cette fois c’est le scénario lui-même qui donne une excuse au jeu et à son déroulement. On ne peut guère croire à l’existence de poupées maléfiques, possédant pouvoirs surnaturels et rire démoniaque (ça va toujours de pair, je ne sais pas si vous avez déjà remarqué), pas plus qu’à cette île secrète, entièrement gérée par une étrange guérilla. Bref, il est clair qu’Acid ne trouve guère de véritable salut de par son scénario abracadabrantesque.On se fait une Bataille Metal Gear ? Snake ? Un joueur de carte ? On nous aurait donc menti ? Le jeu se déroule en effet sous la forme d’un Tactical Game, au tour par tour. Vous devrez vous constituer un « Deck », et utiliser à bon escient les cartes qui vous seront distribuées. Car en effet, vous ne pouvez pas les choisir (si ce n’est juste avant la mission où vous déterminez la trentaine de carte que vous emportez avec vous) ; en clair, comme dans une Bataille, MGA base son système sur le hasard et la chance… Vous ne pourrez donc pas maîtriser tous les paramètres de votre jeu. Pire, les cartes de déplacements demeurent rares, vous devrez donc par conséquent brûler une carte diverse (arme, bonus, gilet pare-balle, carton…) afin d’avancer.
Si par malheur, l’action requiert une certaine catégorie de carte et que vous ne l’avez pas en jeu, vous devrez utiliser l’option « Redistribuer » (Discard) et vous aurez enfin la possibilité d’en changer ; mais seulement deux. Cela vous fait perdre un tour, sans compter que vous n’êtes pas certains d’avoir la carte nécessaire par la suite…
Acid est un titre parfois frustrant de par son concept ; où sont donc alors les bonnes idées ?
Il faut tout de même avouer que retrouver Snake dans un nouveau type de Metal Gear reste bien agréable. Et mis à part les 6 cartes disponibles par tour, et l’option Discard, vous pourrez également taper contre un mur afin d’attirer les ennemis, ou encore vous adosser à un angle, tirer et vous recacher comme dans les épisodes Playstation. L’aspect stratégique est de même renforcé. Si jamais vous vous faites repérer, il ne sera pas aussi facile de se défaire des ennemis ; ils sont de prime très nombreux et sacrément costauds. Si jamais l’un d’eux est à proximité, vous pourrez le frapper à l’aide des poings et des pieds ; cela ne le tuera pas mais aura au moins le mérite de l’assommer et de vous laisser un instant pour fuir.
Il demeure cependant un point noir, ou du moins une idée qui manque, et qui pourtant faisait la force des précédents épisodes, à savoir l’aptitude qu’avait Snake de se glisser derrière un ennemi et de lui rompre la nuque : rapide, discret, mais surtout efficace.
L’instant nostalgie est également de rigueur dans MGA : des cartes « Character » sont disséminées un peu partout sur l’île, vous permettant d’invoquer un personnage des anciens épisodes (avec la cut-scene qui va avec ; je pense notamment au petit clin d’œil à Revolver Ocelot et ses 6 coups). Ces cartes vous donnent droit à des bonus de tir, ou encore à certaines actions spéciales offensives…etc.
Enfin vous trouverez indiqué en haut des cartes leur coût d’action, plus ou moins élevé en fonction de la puissance de ces dernières. Ce système vous permettra d’évaluer le nombre de points dont vos adversaires disposeront pendant leur tour. A noter qu’il est parfois difficile de comprendre qui de vous ou de votre ennemi peut enfin passer à l’action.
MGA est donc un jeu où l’on se doit de réfléchir et d’agir en toute prudence. Car je vous le rappelle, ce soft reste toujours un jeu d’infiltration, différent certes, mais tout de même.Raide comme du métal D’un point de vue technique, Metal Gear Solid –permettez moi l’expression- a le cul entre deux chaises. Certes c’est beau, impressionnant même pour une console portable. Les textures sont détaillées, les effets variés ; on pourrait même dire que MGA parvient presque à se hisser, techniquement parlant, au niveau de certaines productions PS2. Détail important, les musiques et bruitages des premiers épisodes ont été conservés, pour notre plus grand plaisir, il faut bien l’avouer.
Mais passé l’enthousiasme de nos débuts, on découvre une réalisation trop souvent austère. Les très (trop ?) nombreuses cut-scenes sont hélas très molles. On a le droit à quelques dessins, d’une incroyable pauvreté, en guise de cinématique. Les dialogues quant à eux sont accompagnés d’une image à l’effigie du personnage qui est en train de s’exprimer. Elle reste cependant fixe, ne s’accorde donc pas en fonction de l’état des protagonistes.
Là! Vous voyez, MGA devient tout de suite moins marrant et attractif quand on s’attache à détailler ses défauts (petits ou gros, cela n’a finalement pas d’importance). Mais ce n’est pas tout.
Il faut également signaler la raideur des personnages et la lenteur avec laquelle le jeu avance. Terrible constat : Snake est devenu mou, il ne réagit plus au quart de tour. L’on est comme bridés par ce système de carte hasardeux, où nos talents de joueur ne sont véritablement pas mis à profit. Vous n’avez jamais sous la main la carte Chaff Grenade qui serait pourtant bien utile, planqué, là, au milieu de toutes ces caméras.
La seule (vraie) bonne idée est d’avoir permis à Snake d’être accompagné, à partir d’un certain stade de l’aventure par la charmante Teriko, une métisse américano-japonaise qui vous prêtera main forte… Mais les réjouissances s’arrêtent ici même. Les objectifs de missions semblent souvent inutiles et dérisoires : aller chercher tel item, pour passer à tel endroit, ouvrir telle porte… Ca n’en finit plus ; ou plutôt si, mais le nombre d’heure que vous allez devoir gaspiller afin de recommencer encore et encore la même mission vous dégoûtera bien vite des formes généreuses de la belle.
"One thing we don't want to do is fool the fans. We're not going to hide the fact that it's a card-based game […] if people want to play an action-style Metal Gear game, MGS3 is coming out pretty soon—they can buy that." Et c’est Hinami qui le dit…
Verdict
L’effort a été réel. Konami voulait sincèrement renouer avec l’originalité et offrir un nouveau genre à la toute jeune PSP. Et comment ne pas saluer cet effort ? En tournant la tête tout simplement ; car malgré quelques bonnes idées et une réalisation honnête, les défauts majeurs d’Acid gâchent totalement les retrouvailles avec le background Metal Gear, en parti restitué par la musique, les bruitages et les nombreux clins d’œil à la série. Une difficulté trop accrue, une jouabilité plus que douteuse, un système de carte frustrant, et une navigation hasardeuse empêche le jeu de se démarquer et de devenir, à l’image de ses grands frères, une valeur sûre du jeu d’infiltration.

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie