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Test de jeu / PSP / James Cameron's Avatar

James Cameron's Avatar

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Annoncé comme une révolution au cinéma, Avatar de James Cameron l’est-il aussi en jeu vidéo ? Réponse dans ce test.

On ne compte plus les adaptations de films en jeux vidéo. Parfois sympathiques (le Seigneur des Anneaux), d’autres fois excellentes (Wolverine) mais le plus souvent médiocres, ces versions numériques font rarement honneur à leur modèle. Le géant français Ubisoft a néanmoins mis du cœur à l’ouvrage avec cet Avatar, comme ce fut déjà le cas pour King Kong de Peter Jackson. En se rapprochant de l’équipe de tournage, le studio de jeu vidéo a pu participer à la production du film et y faire incorporer quelques idées pour le jeu. Mieux, certaines équipes du français ont participé aux effets spéciaux du film, une implication qui laissait à penser que le jeu serait soigné. C’est peut-être le cas sur PlayStation 3, mais sur PlayStation Portable l’expérience est dispensable.Avant le film, le jeuDifficile de se faire un avis complet sur le jeu vidéo Avatar sans avoir vu le film dont il s’inspire. Bien malins, les gars du marketing ont toujours la bonne idée de sortir le jeu avant, histoire de spoiler les fans de la première heure. Si ces affamés espèrent retrouver des scènes du film en avant-première sur cet UMD, c’est raté. En effet, le jeu se contente de scènes cinématiques créées pour l’occasion, pas spécialement belles ni réellement impressionnantes. De ce côté-là, le cinéma garde son exclusivité en termes d’histoire.

Présenté sous la forme d’un jeu d’action / infiltration à la troisième personne, Avatar place le joueur dans la peau d’un guerrier Na’vi inconnu, anonyme et certainement loin d’être impliqué dans le long métrage. Ceux qui voulaient, comme sur PlayStation 3, découvrir les deux visions d’une même guerre en contrôlant à la fois des humains et des Na’Vis seront donc déçus, cette version portable se concentrant uniquement sur le peuple extraterrestre. Vous dirigez donc ce géant bleu dans des niveaux boisés, longs mais aux embranchements souvent réduits à une ou deux routes. D’ailleurs, ceux qui malgré tout se perdraient dans les deux chemins possibles peuvent toujours appuyer sur le bouton Rond de la console pour que le protagoniste s’oriente vers la bonne direction. De toute façon, le chemin est balisé d’orbes lumineux à récupérer : il suffit de suivre la lumière pour s’y retrouver. Bien sûr, l’envahisseur humain est partout sur Pandora et vous devrez agir avec discrétion si vous voulez avancer.

Etonnement faible, notre guerrier meurt bien vite sous les rafales ennemies, l’obligeant à se cacher dans les herbes hautes et à attendre le bon moment pour fondre sur sa proie. C’est voulu, au moins sur les premières missions, afin d’obliger le joueur à rester discret. Il suffit alors d’attendre que la cible soit suffisamment proche de nous pour qu’un message apparaisse à l’écran. En pressant le bouton Rond à ce moment là, un petit Quick Time Event permet de tuer en un coup. Pratique, mais pas vraiment poussé puisque les herbes hautes sont toujours bien placées, piles devant notre cible. Et comme les corps disparaissent immédiatement après avoir perdu la vie, impossible de se faire repérer à cause d’un cadavre. Quand bien même notre couverture tomberait à l’eau, l’intelligence artificielle n’est pas sportive : elle ne va pas vous poursuivre mais plutôt se contenter d’oublier votre passage afin de vous donner une seconde chance d’opérer en douceur quelques secondes plus tard. L’infiltration pour les nuls comme on dit.

Par moment, nous n’avons pas d’autre choix que de prendre les armes, enfin l’arme. Unique arme de corps à corps, le bâton s’avère dès plus faiblard sur des humains de base, capables de survivre à une demi-douzaine de coups avant de sombrer au bout du dixième. Heureusement, les capacités évolutives de notre héros (souvenez-vous des orbes cachés) permettent de faciliter les échanges de coups. Une seconde arme, de jet cette fois, vous facilitera bien la vie. L’arc est vraiment très pratique et permet de tuer en une flèche certains ennemis, en restant à bonne distance. Il suffit d’attendre que la cible devienne rouge et le tour est joué. Très pratique, on aura tendance à abuser de notre carquois, lui aussi évolutif. Enfin, la Voie du Guerrier est la dernière particularité de notre bonhomme. Cette capacité spéciale lui permet de se rendre invisible aux yeux des soldats, tourelles et autres radars pendant un court laps de temps. Très utile à condition de ne pas trainer en chemin, cette option se recharge en éliminant des soldats ennemis.N’ouvrez pas la boite de PandoreLa colorée Pandora sera également à découvrir depuis le ciel, lors de quelques passages sur le dos d’une créature volante, sorte de dragon capable de lancer des projectiles sur les hélicoptères de combat des humains. Ces phases sont néanmoins les moins intéressantes, le challenge du pilotage entre les rochers étant absent et les combats répétitifs à souhait, toujours basés sur le principe du Quick Time Event. Un principe que l’on retrouve d’ailleurs dans l’ouverture des portes, dans la destruction d’objets et dans l’escalade de parois. Depuis God of War, on commence à connaitre.

Mixant l’action et l’infiltration, les missions s’enchainent assez bien, coupées par des pages de texte en guise de scénario. De l’infiltration, de la récupération d’objets, de la libération d’animaux, de l’escorte, les objectifs savent varier tout en restant dans le même style. Certains défauts, dont quelques-uns rédhibitoires, sont tout de même à signaler. Tout d’abord, le jeu manque complètement de personnalité, là où le film tente de révolutionner la science-fiction. Les situations sont déjà vues, les possibilités aussi et le design général ressemble à un mauvais épisode de Turok. Notre Na’Vi se déplace comme le ferait un Predator, grand, massif, mais lourd et pas vraiment souple. L’intelligence artificielle se permet d’oublier votre présence après quelques secondes, les soldats ne cherchent pas vraiment à vous traquer en forêt. Au mieux, ils se contentent de vous lancer des grenades à distance.

La difficulté est plutôt élevée dans les affrontements directs, les rafales successives des humains empêchant notre personnage de tirer des flèches et nous obligeant donc à fuir ou à foncer dans le tas. La seconde solution est fortement déconseillée. Déjà, le temps d’atteindre les tireurs, ces derniers ont déjà divisé votre barre de vie par deux en tirant à distance. Ensuite, une fois face à eux, il faut arriver à les éliminer assez vite avant de perdre la dernière moitié de barre de vie. Une difficulté inégale quand on voit à quel point l’infiltration est aidée (notre héros se baisse automatiquement), ceci expliquant certainement cela. Pourtant, il est impossible d’orienter la caméra, ce qui aurait facilité le repérage des ennemis et évité certaines alertes. Au lieu de ça il faut se contenter de la vue de dos.

La réalisation globale plutôt correcte, avec des graphismes colorés, touffus, des voix françaises et des musiques d’ambiance crédibles, n’empêchent pas le jeu de stagner dans une banalité que l’on n’attendait pas compte tenu de la richesse de son univers d’origine. Et avec tous ces défauts, seuls les cinéphiles indulgents y trouveront leur compte.

test écrit par Kratos


  • Graphismes

    7 / 10

    La réalisation d'ensemble est plutôt bonne pour de la PSP, malgré un clipping bien présent par moment et l'absence de vie.

  • Jouabilité

    6 / 10

    Le contrôle du guerrier est lourd, il manque une caméra manuelle mais les actions en quick time event sont faciles à placer.

  • Son

    7 / 10

    Musique d'ambiance de bonne qualité dans les missions, doublages français présents.

  • Durée de vie

    6 / 10

    Une durée de vie moyenne mais avec un peu plus de challenge pour ceux qui veulent récupérer les objets cachés et booster leurs compétences à fond.

  • Fun

    5 / 10

    Retirez la licence de la boîte et le jeu sombre rapidement dans les fonds de catalogue tant il s'avère bancal.

• Personnalisation des armes
• Infiltration en quick time event
• Différent de la version PS3

• Difficulté variable
• Uniquement jouable avec un Na'vi
• Rien d'attirant

5 / 10

Verdict

Uniquement centrée sur la résistance à l'invasion humaine du point de vue d'un Na'Vi, cette version d'Avatar s'avère d'une banalité affolante qui, sans le plomber complètement, en fait un jeu simplement moyen. Les quelques qualités du jeu (infiltration, évolution, quick time event) sont cachées derrière une nuée de petits défauts plus ou moins pénalisants (difficulté du corps à corps, caméra fixe, manque d'intérêt global). Au final, il n'est guère convaincant.

6 / 10

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