
Harry Potter et L'Ordre du Phénix
publié le 9 juillet 2007- Etat : Disponible
- Développeur :EA Games
- Distributeur :Electronic Arts
- Thème :Licence audiovisuelle
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1 à 2
- 28/06/2007
- 26/06/2007
- inconnue
A quelques jours de la sortie de l’adaptation cinématographique du cinquième tome d’Harry Potter, l’apprenti sorcier le plus célèbre de la planète débarque avant sur consoles.
Bien connue de tous, la politique du multiplateformes pour des licences comme Harry Potter n’a jamais permis aux titres de briller par leur qualité intrinsèque. Pour sa seconde adaptation sur PSP, Electronic Arts nous offre un jeu qui n’est autre qu’une version simplifiée de celles que l’on trouve sur consoles de salons. Malheureusement pour les possesseurs de PSP, cette conversion n’est, ni plus ni moins, qu’un simple ratage.Une armée se lèveAprès une quatrième année riche en émotions, notamment marquée par le retour de Lord Voldemort, la cinquième se veut être moins riche en action, mais reste une étape décisive dans la vie d’Harry Potter, qui entre bel et bien dans le monde des adultes. Plusieurs nouveaux protagonistes entrent en scène, mais s’il y en a un d’entre eux qu’il faut retenir c’est bien Dolores Ombrage, le nouveau professeur de défense contre les forces du mal envoyé par le ministère de la magie. Cette dernière se montrera particulièrement ignoble avec le jeune sorcier en niant le fait que Voldemort soit de nouveau en vie. Celui-ci va donc devoir transgresser les règles pour apporter son soutien à l’Ordre du Phénix et lever ainsi sa propre armée contre celle du mage noir.
Pour beaucoup de lecteurs, ce cinquième tome reste le moins marquant de la saga à cause d’une intrigue moins rythmée qui se rapproche plus d’un thriller psychologique accentuant les doutes, les frustrations et la colère d’Harry. Concevoir un jeu d’action aventure à partir d’un tel contexte peut s’avérer risqué, s’il n’est pas traité et adapté comme il faut.Un gameplay ennuyeuxAmputée de nombreux passages qui venaient pimenter le déroulement du jeu, cette version psp introduit l’intrigue de façon expéditive, entrecoupée de phases jouables plus insignifiantes les unes que les autres. La première mission qui est confiée à Harry est de faire le ménage de plusieurs pièces du QG de l’Ordre à coup de baguette magique à l’aide des sortilèges Accio, Wingardium Leviosa ou Reparo. Une fois à l’école, vous devez faire d’innombrables allers-retours pour ouvrir une porte ou rechercher un ami. Des objectifs sans grand intérêt et l’on en vient à se demander s’il se passe réellement quelque chose dans le jeu.



Certes les aficionados prendront un plaisir certain à explorer librement Poudlard dans ses moindres recoins, encore faut-il qu’ils se fassent à la jouabilité catastrophique et aux angles de caméra hasardeux. À elle seule, la montée des escaliers magiques de l’école s’avère être un véritable supplice tant les déplacements sont agaçants et les vues inappropriées, cela donne tout de suite envie d’éteindre la console et de changer de jeu.
Les combats ne sont guères passionnants également car les sorts mettent un certain temps avant d’être lancés, ce qui réduit le rythme de l’action. Malgré le nombre intéressant des sortilèges proposés, la réalisation et le gameplay rigide ne donnent vraiment pas envie de sortir sa baguette pour régler le compte d’un élève de Serpentard.
Les déplacements manquent, eux aussi, d’ergonomie malgré deux types proposés. Le stick analogique propose de faire bouger le personnage de manière classique pour un jeu du genre, tandis que la croix opte pour une maniabilité à la Resident Evil, en faisant pivoter le personnage. Quel que soit le choix du déplacement, la caméra n’aura de cesse que de déstabiliser l’avancée du joueur en se positionnant n’importe comment.
Dès le début du jeu, Poudlard sera accessible dans sa globalité, libre à vous de faire un petit tour pour voir comment est retranscrite l’école sur PSP. Heureusement pour nous, la carte du Maraudeur permet de s’orienter un tant soit peu et de fixer une destination. Une fois l’endroit choisi, des empreintes apparaîtront sur le sol pour indiquer à Harry le chemin qu’il doit prendre, et vu la qualité du gameplay, la touche select sera énormément mise à contribution pour faire apparaître la carte.La mort du phénixLa réalisation ne vient pas rattraper les défauts de jouabilité, au contraire, elle enfonce le clou. Les cinématiques, censées expliquer le bon déroulement de l’histoire, se veulent être expéditives, moches et à peine doublées. Il aurait été plus judicieux d’intégrer quelques passages du film pour renforcer l’immersion dans le jeu. Graphiquement parlant, le jeu n’est qu’une simple conversion des versions sorties sur consoles de salons qui manque cruellement de travail et nous donne l’impression d’avoir un jeu fait à la va-vite entre les mains.


Il est, certes, compréhensible d’effectuer de nombreux sacrifices pour passer d’une version next-gen à une version portable, mais les développeurs n’ont pas pris le temps de repenser le jeu et de l’adapter comme il se doit sur le support choisi.Cela est sûrement dû aux terribles lois du marketing et du peu de temps laissé. Néanmoins, un seul point positif ressort de cette expérience, la musique. Les thèmes principaux de la saga sont repris dans cette adaptation et les voix françaises officielles sont également de la partie.
Pour terminer, la longévité du jeu dépendra essentiellement de la motivation du joueur à vouloir avancer dans l’aventure principale et de découvrir les mini-jeux proposés. Un mode multijoueurs est accessible et permet des affrontements jusqu’à cinq joueurs. Mais là aussi, la qualité des jeux peut avoir vite raison de vous et vous forcer à changer de disque pour ne pas s’endormir devant sa PSP.
• Bande-son honnête
• Réalisation bâclée
• Jouabilité et caméras désastreuses
• Intérêt limité
Verdict
Fastidieux, bâclé, injouable, tous les termes sont bons pour décrire ce nouvel opus d'Harry Potter. L'œuvre originelle prend un sérieux coup dans les dents avec une telle adaptation, qui ne lui rend pas du tout hommage. Cette fois-ci le phénix ne renaîtra pas de ses cendres après une telle mort. À éviter absolument.

Graphismes
4 / 10La PSP est capable de beaucoup mieux, apparemment les développeurs ne l'ont pas encore compris. Les décors sont vides, les animations rigides et la modélisation des personnages fait peine à voir.
Jouabilité
2 / 10Jamais des caméras n'auront été aussi fatales au gameplay d'un jeu. Les missions sont d'un banal affligeant et les commandes des sorts sont vite agaçantes par leur lenteur d'exécution.
Son
5 / 10Une bande-son respectueuse de l'œuvre cinématographique et la présence des voix française officielles viennent renforcer l'ambiance du jeu.
Durée de vie
3 / 10La succession des missions fait oublier cette impression de linéarité qui hantait les précédents épisodes en accentuant la liberté de mouvement. Malgré cela, la jouabilité catastrophique donne envie de finir le jeu au plus vite sans se soucier du reste.
Fun
2 / 10L'intérêt des missions est tellement dénué de sens qu'on vient à se demander s'il y a véritablement quelque chose à faire dans ce jeu.