Test de jeu / PSP / Fat Princess : Fistful of Cake

- publié le 19 avril 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :10/03/2010
- Développeur :SuperVillain Studios
- Distributeur :Sony Computer Entertainment
- Genre :Arcade
- Nb de joueurs :1 à 8Online :Oui
Uniquement disponible au téléchargement sur PlayStation 3, Fat Princess profite d’une sortie au format UMD pour son passage sur PlayStation Portable. Bien entendu, comme de nombreuses productions, ce jeu devrait rapidement se retrouver sous sa forme dématérialisée si vous comptez y jouer sur PSP Go par exemple. C’est surtout l’occasion de voir son prix multiplié par deux en sortant au format de poche, passant de 15 euros sur PS3 à une trentaine en UMD. Mais ce portage est-il vraiment justifié ?Le chapeau fait la classeComme à la maison, Fat Princess : Fistful of Cake conserve son principe de base : vous êtes l’un des paisibles membres d’un royaume dont la princesse vient d’être kidnappée par le camp ennemi. Vous êtes envoyé à sa recherche par votre souverain, mais vous devez la ramener chez elle avant que les ennemis puissent libérer leur propre princesse retenue captive dans votre donjon. Les deux jouvencelles ayant une fâcheuse tendance à s’empiffrer, et chaque camp gavant sa prisonnière, vous devez faire vite puisque chaque seconde risque de rendre le sauvetage plus compliqué. Voilà, dans les grandes lignes, le principe du jeu.
Afin de vous mettre dans le bain, le jeu dispose d’un mode solo intitulé « La Légende de la Princesse Grasse » couvrant sur 15 niveaux tous les aspects tactiques du jeu en multijoueurs. D’une manière scénarisée, plein de cinématiques non dénuées d’humour, ce mode solo est un vaste tutorial. On y découvre donc les rudiments qui serviront plus tard.

Les parties se déroulent sur une carte avec à chaque extrémité deux camps : le vôtre et celui de l’ennemi. Vous êtes en rouge et eux en bleu. Le commencement se situe toujours au cœur de votre château, sous la forme d’un brave petit villageois. Les villageois peuvent amasser des ressources telles que du bois en découpant des arbres avec leur hache. Ils peuvent surtout changer de classe en prenant simplement un chapeau différent.
En effet, des machines à chapeaux disposées dans votre antre crachent des coiffes qu’il suffit de porter pour changer d’apparence et de fonction. Vous pouvez alors devenir un garde équipé d’une arbalète dont les flèches peuvent être enflammées, un guerrier armé d’une épée et d’un bouclier pour foncer dans le tas, un mage capable d’utiliser la magie de feu et de glace et enfin un prêtre qui peut soigner tout un groupe de soldats. Chacun a sa fonction, son utilité en fonction du type d’assaut que vous souhaitez porter. De même, en multijoueurs, il est indispensable de se répartir les rôles pour progresser d’une manière sereine.
Vous êtes libre de changer de chapeau à tout moment pendant une partie et en cas de décès vous reprenez le rôle de simple villageois au cœur du château. Les parties peuvent se jouer à 24 combattants, 12 membres par camps, au maximum. Pourquoi tant de monde pour une simple princesse me direz-vous? Rappelez-vous que celle-ci devient rapidement obèse et qu’il faut une escorte de plusieurs soldats pour la porter et la ramener en lieu sûr. Grossièrement, le principe rappelle la bonne vieille capture de drapeau à la différence que la toile pèse ici une tonne.Clairement orienté multijoueursTout l’intérêt d’une partie repose sur le travail d’équipe. Il faut que certains membres aillent chercher des parts du gâteau magique pour engraisser votre otage, sans s’arrêter sous peine de la voir fondre. D’autres membres doivent s’occuper de la gestion des ressources (bois et fer) pour alimenter les machines à chapeaux tandis que d’autres encore doivent s’efforcer de prendre des avant-postes à l’ennemi pour gagner de la vie et progresser plus facilement sur la carte.
Notons quelques subtilités pour les fonctions du villageois : quand les quantités de ressources sont suffisantes, il peut réparer les fortifications du château, préparer des armes de siège et booster les capacités des machines à chapeaux. A ce moment-là, les chapeaux apportent à leurs détenteurs de nouvelles compétences comme un fusil à grenaille pour l’archer. Bref, c’est une classe qu’il ne faut pas négliger.

Les autres classes sont nettement plus orientées vers le combat. Fat Princess fait la part belle aux affrontements rapides avec possibilité de verrouillage de la cible, un seul bouton d’attaque que l’on peut charger en le laissant appuyé quelques secondes, et un bouton pour sauter et éviter les obstacles. En décalage avec l’habillage enfantin de l’ensemble, les gerbes de sang maculent régulièrement les sols.
L’intelligence artificielle montre très vite ses limites en solo et comme il est impossible de donner des ordres aux autres (si ce n’est de vous couvrir), il faut impérativement se tourner vers le multijoueurs pour prendre du plaisir. Heureusement, les choses sont bien faites et il est possible d’y jouer en Ad Hoc et en mode Infrastructure, via internet. Les parties peuvent accueillir jusqu’à 16 adversaires, 8 humains et 8 bots dirigés par la console. Ils ne seront pas de trop pour délivrer la princesse ou arriver à bout des autres modes de jeu.
Le mode Braquage façon Lancelot est une variante du mode délivrance dans lequel la princesse revient automatiquement sur son trône quand elle est bouclée dans votre donjon, le but étant de marquer le plus de rapts possible.
Le mode Evasion impose de libérer des prisonniers capturés par l’ennemi, ce qui lui fera perdre des points jusqu’à se retrouver à sec.
Le mode Démolition ne fait plus apparaitre la princesse mais une énorme bombe dans votre camp que vous devez transporter à plusieurs dans le château adverse. Si elle tombe plus de 30 secondes, tout est à refaire.
Le mode Sombre Faucheuse consiste à coopérer avec tous pour tuer l’unique personnage de la mort et lui voler par la suite son chapeau pour prendre sa place.
Le mode Invasion dans lequel il faut capturer et protéger des avant-postes avant que l’ennemi ne s’en empare.
Et enfin, le traditionnel Match à Mort en Equipe où seul le nombre de frags peut faire la différence entre les vainqueurs et les perdants.
Tout l’intérêt de cette production réside dans ses parties à plusieurs, là où le fun peut réellement s’exprimer. D’ailleurs, précisons qu’afin de ne pas se confondre avec un collègue, un petit éditeur de personnage permet de créer son avatar branché. Et c’est bien le minimum puisqu’en l’absence de communication vocale, il est bien difficile d’établir une stratégie dans les parties en Infrastructure. Il faut deviner ce que comptent faire vos collègues en fonction de leur classe et de leur trajectoire. Impossible de sortir autre chose que les provocations préétablies, du coup on passe le plus clair de son temps à déambuler à la recherche d’amis perdus sur la carte. Le jeu perd en conséquence une grande partie de son intérêt malgré des parties fluides et des connexions rapides. Dans le genre convivial il faudra repasser, ou jouer en Ad Hoc, avec des amis à proximité. La version PlayStation 3 se montre largement supérieure de ce point de vue…

Enfin, terminons ce test en signalant une réalisation graphique très proche de ce que l’on connait sur PS3, avec des cartes vastes aux textures colorées façon dessin animé pour enfants. Un ton que l’on retrouve également dans les musiques et les voix françaises inspirées.
• Nombreux modes de jeu
• Réalisation générale
• Multijoueurs en Ad Hoc et Infrastructure
• Impossible de communiquer avec les autres
• Plus cher que sur PlayStation 3
• Intelligence artificielle limitée en solo
Verdict
Dans le fond et dans la forme, Fat Princess : Fistul of Cake est vraiment très proche de ce qui a fait le succès de la version PlayStation 3. La réalisation est similaire, les variantes de parties sont toutes présentes et un mode solo vient former les nouveaux venus. Seulement, en l'absence d'une communication vocale ou écrite avec les autres joueurs pendant les parties multijoueurs en Infrastructure, le jeu perd une grande partie de son charme. Difficile d'établir des stratégies avec des muets qui n'en font qu'à leur tête. Du coup, préférez-lui la version PlayStation 3, deux fois moins chère qui plus est.
Le Village PF

Graphismes
7 / 10On retrouve l'habillage enfantin de la version PlayStation 3 avec des gerbes de sang toujours aussi fraîches.
Jouabilité
7 / 10La prise en main est rapide et les différentes subtilités du gameplay arrivent progressivement, sans perturber.
Son
7 / 10Les musiques sont dignes d'un conte de fée et les voix françaises sont adéquates pendant les cinématiques.
Durée de vie
6 / 10A moins d'y jouer en Ad Hoc, le mode multijoueurs est tronqué par l'absence de communication entre les joueurs. On décroche vite après avoir terminé le mode solo.
Fun
6 / 10Même si le jeu est plaisant à jouer, fun à souhait et complexe par moment, il souffre d'une comparaison avec la version PlayStation 3, plus intéressante.