Test de jeu / PSP / Assassin's Creed : Bloodlines

- publié le 7 décembre 2009
- Etat : Disponible
- Date de sortie :19/11/2009
- Développeur :Ubisoft Entertainment
- Distributeur :Ubisoft Entertainment
- Thème :Historique
- Genre :Action
- Nb de joueurs :1
Oubliée à la fin de l’année 2007, la PlayStation Portable a enfin droit à sa version d’Assassin’s Creed. Est-elle à la hauteur du mythe ?
Sortie à la fin de l’année 2007 sur PlayStation 3, Assassin’s Creed a connu un beau succès sur la console de Sony, sur la Xbox 360, sur PC, Nintendo DS et même sur téléphone portable. La PlayStation Portable avait jusque-là été honteusement mise de coté, affront réparé en cette fin d’année 2009 avec un Assassin’s Creed : Bloodlines développé exclusivement pour la nomade du constructeur nippon. A vrai dire ce n’est pas plus mal puisque du coup Ubisoft évite le portage facile et souvent bâclé pour se concentrer sur la véritable suite des aventures d’Altaïr, le héros encapuchonné. Assassin’s Creed 1.5Cet épisode met donc en scène le charismatique Altaïr, quelques temps après sa victoire du premier épisode : notre héros se trouve désormais sur l’île de Chypre à la recherche de la Pomme d’Eden, une illustre relique que les Templiers espèrent utiliser sur le peuple. Ce scénario donnera lieu à l’exploration de nouvelles villes, très semblables à celles de la version de salon et découpées en quartiers : les aires de jeu sont ainsi de taille plus modeste, avec un petit temps de chargement en passant de l’une à l’autre. Néanmoins, on retrouve toujours des points d’observation à atteindre en gravissant des murs jusqu’au sommet pour éclairer une zone et découvrir des missions bonus. Les sauts de l’ange sont toujours là eux aussi, les ballots de paille où se cacher jonchent encore quelques rues, les toits sont toujours aussi accessibles et faciles à arpenter en sautant d’une corniche à une autre. D’un point de vue déplacement, navigation, liberté de mouvements, on retrouve des sensations vraiment proches de ce que l’on connait, en raison notamment d’animations exceptionnelles pour une portable. Franchement, on a vraiment l’impression qu’il s’agit simplement d’un copier/ coller de l’animation d’origine tant Altaïr est gracieux et facile à contrôler pour peu que l’on ait déjà joué à Assassin’ Creed.

Par contre, la plus grande différence vient de la réduction du nombre de civils : parfois les rues sont totalement désertes, parfois on croise quelques érudits, quelques marchands, quelques passants, quelques poules mais sans jamais croire au phénomène de masse que l’on connaissait sur PlayStation 3. Impossible d’essayer de bousculer les gens ou au contraire de se faufiler entre eux, les rues sont suffisamment grandes et les silhouettes que vous verrez au loin sont souvent des gardes. A ce titre, il est inutile d’essayer de comparer l’incomparable et de faire un parallèle entre la version de salon tournant sur une puissante PlayStation 3 et cette version nomade à l’architecture bien différente, la PSP ne risquant pas de gagner.
Le découpage du jeu est assez proche d’un épisode de GTA. La première étape consiste à chercher le repère des assassins pour ensuite s’y rendre et récupérer une mission à accomplir. Généralement, il faut se contenter de tuer un personnage, de l’interroger, de dérober un document important ou de surprendre une conversation qui pourrait faire avancer l’histoire. Afin d’améliorer la fluidité des missions de cette version nomade, les quêtes préliminaires ont disparu. Il n’y a plus besoin de jouer les pickpockets, de tabasser un personnage pour le faire parler et de faire des filatures avant d’assassiner notre cible. C’est une bonne chose diront certain tant ces objectifs forcés étaient répétitifs à la longue sur la version de salon. Là, le temps d’un trajet en bus, il est tout à fait possible d’accomplir une mission sans être gêné, même par une poursuite interminable avec des gardes. Entre deux missions principales, il y a bien quelques civils qui solliciteront votre aide, encore une fois pour récupérer un objet qui leur est précieux, pour stopper un messager avant qu’il ne parle ou pour les sauver d’une intimidation des gardes mal intentionnés. Pour les amateurs de challenges, sachez également que la quête aux drapeaux est ici remplacée par des pièces d’or et d’argent à récupérer. Ces deniers servent à améliorer les compétences d’Altaïr dans le menu de l’Animus. Rajouter un couteau de lancé à son inventaire, améliorer sa barre de vie, sa force de combat, ses contres lors des affrontements sont autant d’éléments à booster.

Les combats, toujours bien nombreux, sont semblables à ce que nous avons vu sur PlayStation 3. Le combattant le plus proche est automatiquement ciblé, laissant au joueur la possibilité de l’attaquer, de le contrer, de la saisir pour le projeter ou de l’esquiver. Les assaillants attaquent toujours en nombre, des renforts sortent toujours de nulle part pour venir vous rosser. Idéalement, il est préférable de rester sur le sommet d’un toit pour ajuster sa cible avec un couteau de lancé, bien plus efficace.Interaction PSP/ PS3A l’instar du matériau d’origine, le découpage du jeu se fait sous la forme de brins d’ADN comportant vos objectifs à réaliser avant de passer au suivant. Chaque petite mission amène à un affrontement contre un boss, en duel. L’action reste alors la seule solution pour s’en sortir. Quelques-uns de ces affrontements sont vraiment sympathiques, à l’instar de celui contre la sorcière. Au total, le jeu comporte sept sections, en comptant la fin du jeu et le tutorial du départ. Réellement, il n’y a que cinq chapitres à exploiter, d’environ une heure chacun. La durée de vie tourne aux alentours de cinq, six heures de jeu pour une première partie, ce qui peut paraitre léger même pour un UMD vendu à 30 euros dans les meilleurs magasins. Les acharnés peuvent toujours remplir les exploits, sorte de trophées incorporés au jeu.
Conçu pour une interaction inédite entre PSP et PlayStation 3, Assassin’s Creed Bloodlines débloque des éléments dans Assassin’s Creed 2 et vice et versa. Vous pouvez par exemple collecter des bonus dans la version PSP et les transférer sur PS3, débloquer pour PSP les armes de vos ennemis assassinés sur PS3, augmenter la santé d’Altaïr au fur et à mesure que vous améliorez celle d’Ezio et ainsi de suite. Une bonne idée qui récompense les fans qui auraient les deux versions.

D’un point de vue réalisation, le jeu souffle le chaud et le froid. D’un côté les animations d’Altaïr sont vraiment agréables, de l’autre les rues sont souvent vides et le clipping de textures est omniprésent. L’ambiance musicale est entraînante et accompagnée des mêmes doublages français qu’à la maison. La jouabilité est strictement identique, opérationnelle malgré l’absence d’un second stick et de deux gâchettes. Le menu des actions possibles est visible en permanence à l’écran et une pression des boutons R fait varier ces possibilités. L’inventaire des armes est accessible avec les directions de la croix directionnelle. La caméra s’oriente en gardant le doigt sur le bouton L et avec les touches Triangle, Rond, Croix, Carré, un seconde pression amène la caméra directement dans le dos d’Altaïr. La caméra devient juste capricieuse quand on tente de cibler un soldat en contre-bas quand Altaïr est sur un toit.
Sympathique au demeurant, ce soft comporte tout de même quelques défauts particulièrement gênants. Le premier vient du fait que le joueur est obligé de faire de nombreux allers-retours inutiles au repère des assassins pour récupérer une nouvelle mission quand une autre vient de se terminer. Le second problème concerne le cœur du jeu, simplifié à l’extrême sur PSP afin de fluidifier les missions, ce qui pourra en décevoir plus d’un. Toute l’aura de la série – notamment se fondre dans la masse, faire ami-ami avec les citoyens ou jouer à cache-cache dans une grande ville – a disparu pour se centrer sur des missions rapides. Un parti pris justifié par le format du jeu, mais qui en choquera certains. Enfin, l’intelligence artificielle est assez aléatoire. Parfois repéré d’un simple regard, parfois complètement invisible quand on se faufile dans le dos des gardes, on se sait jamais comment ces derniers vont réagir. Les civils ne font que de la figuration, allant parfois même jusqu’à rester bloqués contre un élément du décor. Quelques bugs visibles qui prouvent qu’une meilleure finition aurait été appréciée.
• L'esprit respecté
• Les animations de qualité
• Moins pénible que sur PS3
• Les rues sont souvent désertes
• L'action passe avant l'infiltration
• Le jeu est un peu court
Verdict
Pour sa première apparition sur PSP, la série Assassin's Creed conserve bon nombre de ses principes de base mais s'oriente plus vers une action rapide, plus cohérente avec son support. Les aventures d'Altaïr restent tout de même intéressantes pour une copie de poche - c'est toujours aussi agréable de tuer avec fourberie - mais un manque de finition ternit l'ensemble. A réserver aux fans pour qui l'interaction PSP/PS3 sera un plus.
Le Village PF

Graphismes
6 / 10Altaïr est bien modélisé mais les villes sont souvent désertes, le clipping est omniprésent, les textures sont parfois simples et quelques bugs sont à signaler.
Jouabilité
7 / 10Les actions réalisables sont en permanence affichées à l'écran, les combats en contre-attaques sont toujours opérationnels et la caméra s'oriente à loisir.
Son
7 / 10La musique est un peu répétitive mais entraînante et l'aventure est entièrement doublée en français.
Durée de vie
6 / 10Comptez cinq ou six heures pour en faire le tour et certainement plus si vous souhaitez avoir tous les exploits.
Fun
7 / 10Avec quelques variations prévisibles de son gameplay, Assassin's Creed gagne en fluidité et en plaisir immédiat. Largement moins rébarbatif qu'à la maison.