Test de jeu / PSP / Army of Two : Le 40ème Jour

- publié le 26 janvier 2010
- Etat : En développement
- Date de sortie :inconnue
- Développeur :EA Montreal
- Distributeur :Electronic Arts
- Genre :Action
Si le premier volet n’a pas eu l’honneur de divertir les possesseurs de PSP, la suite du jeu Army of Two sort également sur la portable de Sony dans une version exclusive.
Rios et Salem débarquent pour la première fois sur la PlayStation Portable, directement au second volet, sans passer par la case premier épisode, ni le spin of. Nous voilà donc à Shanghai, dans une ville dévastée par les attentats terroristes dont la revendication reste inconnue dans les premières minutes suivant les explosions. Rapidement, le groupe du 40ème jour et le terrible Jonah lèvent le voile sur ce carnage. Heureusement, à chaque crise naissent des parasites avides d’opportunités. C’est le cas de notre duo de mercenaires, prêt à tout pour vider des chargeurs et se remplir les poches de dollars. C’est à vous de jouer maintenant !Un épisode spécial PSPPlutôt que de prendre le risque d’un portage hasardeux de la version PlayStation 3, Army of Two : Le 40ème Jour arrive sur la PSP dans une version spécialement conçue pour elle. On se retrouve avec un jeu d’arcade, un shoot them up, avec une vue de dessus comme le faisait la série Contra ou plus récemment Killzone : Libération sur la même console, ce dernier jouant toutefois dans un registre nettement plus tactique. Le principe reste le même malgré ce changement de regard, à savoir remplir vos objectifs de mission en coopérant avec votre collègue, jusqu’au boss de fin. Attendez-vous surtout à une bonne grosse dose d’action basique, sans grande subtilité, et avec nettement plus d’indépendance qu’à la maison.

En effet, l’aspect coopératif est plutôt en retrait, travestissant quelque peu l’esprit originel de la série. Concrètement, l’intérêt de notre couple ne réside qu’en certains moments clés : pour soigner son collègue quand il est tombé à terre, pour attirer l’attention des tirs sur soi et pour protéger son frère d’arme avec un bouclier lorsque cela est possible. Et c’est tout. Cette version PSP mise surtout sur le plaisir immédiat, accessible tout le temps, à tout moment. Les stratégies sont, de fait, faméliques. Impossible de faire diversion en faisant semblant de se rendre, de trainer son partenaire lorsqu’il est au sol, d’utiliser des engins à deux ou de se faire la courte échelle. La seule véritable dimension tactique rescapée est d’attirer le regard sur soi ou sur son collègue afin de prendre les ennemis à revers. Certains ennemis, des balaises équipés de lance-grenades ou de lance-flammes, ne peuvent d’ailleurs être éliminés que de cette façon, en mitraillant leur dos, leur unique point faible. Le bouclier, symbolisé par une icône spéciale permettant d’assurer la percée de son acolyte dans les lignes ennemies, reste anecdotique puisque restreint à quelques occasions. Il est évident qu’une autre vision de l’aventure s’offre à nous, incomparable avec sa grande sœur, qui décevra forcément ceux qui attendent d’une portable les mêmes plaisirs qu’à la maison.
Logiquement, la version nomade permet toujours de jouer à deux, en coopération, chacun sur sa console via le mode Ad Hoc. Malheureusement, il n’est possible d’y jouer qu’en réseau local et non en profitant d’une connexion à Internet. A terme, on espère voir le jeu débarquer dans la gamme Ad Hoc Party, ce qui le rendra certainement plus accessible et plaisant. En attendant, nous devons faire avec l’intelligence artificielle de notre partenaire, sachant que Rios et Salem sont jouables. Celle-ci n’est pourtant pas exempte de défaut, loin de là. Par exemple, même avec quelques millimètres de vie dans sa jauge, notre ami ne fonce jamais sur une trousse de soin qui pourrait lui être salvatrice. Au lieu de ça, il préfèrera se faire tuer pour attendre notre coup de main. Dans le même registre, le bougre ne prend pas la peine d’éviter un bus qui fonce sur lui, d’éviter les tirs ennemis ou le spot lumineux d’un mirador que l’on prend la peine d’éviter, nous. Perfectible, c’est un fait, même du côté des ennemis qui attendent la mort.Au doigt et à l’œilBien sûr, en l’absence d’un second joueur, il est possible de donner quelques ordres à son partenaire. Deux ordres en fait : nous suivre ou rester sur place avec le bouton haut de la touche directionnelle, et être passif ou agressif avec les touches gauche et droite de cette même croix directionnelle. Passif le mettant en retrait, juste bon à répondre au tir, alors qu’agressif lui permet d’attirer tous les tirs ennemis sur lui pour faire diversion. Pas assez de possibilités pour élaborer des grandes tactiques mais suffisant pour terminer le jeu sans pester, d’autant que notre homme répond immédiatement aux changements de consigne.

C’est décidément l’action, la vraie, qui mènera la danse durant la partie. Impossible de traverser un niveau/couloir sans une explosion, une ruée de soldats ou un otage à sauver. D’ailleurs, en bon mercenaire, sachez que sauver des otages rapporte de l’argent. Ces dollars peuvent alors être utilisés pour acheter de nouvelles armes au trafiquant local et pour améliorer celles déjà en votre possession. L’arsenal d’une dizaine d’armes ne fait pas spécialement dans le réalisme – fusil laser, canon tesla – mais dans l’efficace avec l’opportunité de porter deux armes à alterner à loisir. Et puis, comme les munitions sont illimitées, vous pourrez vous en donner à cœur joie, y compris sur les boss de fin de niveau. Tank, avion, hélicoptère, vague d’ennemis, nombreux sont les fous qui tenteront de vous défier. Le seul défaut provient de l’absence de grenades, pourtant fort utiles dans ce type de jeu. On se consolera en piratant des tourelles automatiques afin de blaster à tout va, mais le plaisir n’est pas le même !
La vraie bonne idée du jeu vient incontestablement des choix moraux imposés au joueur à chaque niveau. Votre morale sera mise à rude épreuve par moment, lorsque le jeu vous demandera de choisir entre deux solutions aux issues bien différentes. Tuer ou sauver, piller ou rester sage, sacrifier ou fermer les yeux, ce sera à vous de voir - au sens propre - puisqu’une saynète façon bande dessinée illustre les conséquences de vos décisions. Une idée intéressante qui renforce l’implication et notre malaise quand on se rend compte de l’ordure que l’on peut être… ou pas. Pas de remords, le jeu comporte un système de trophées baptisé « défis » avec de nombreux objectifs secondaires à remplir durant la partie, nous forçant plus ou moins à refaire le jeu une seconde fois. En plus de stimuler une replay value déjà valorisée par quatre personnages cachés (dont Isaac de Dead Space et Dante de Dante’s Inferno), ces défis rallongent forcément la durée de vie de ceux qui veulent voir les deux faces de la pièce. Ce ne sera pas un luxe car avec seulement six niveaux, le jeu se boucle en cinq-six heures en difficulté normale.
Graphiquement attrayant, le jeu affiche des textures détaillées sur les revêtements, de beaux effets de lumière, des effets spéciaux sympathiques, le tout avec une fluidité rarement bafouée. La bande originale est discrète, laissant aux sons des armes leur impact, et les voix françaises illustrent à merveille les rares cut-scenes du jeu. Enfin, la jouabilité s’avère convenable sans faire dans la perfection : les tirs utilisant les boutons Triangle, Rond, Croix, Carré, couvrent facilement les quatre directions au mépris des diagonales laborieuses. Restent alors les roulades, la planque derrière un objet du décor et les coups au corps à corps pour faire mouche sans prendre trop de risques. Loin d’être catastrophique, Army of Two sur PSP est juste un bon petit divertissement nomade sans prétention, défoulant, prenant, mais qui ne rend pas vraiment honneur à l’esprit de la série.

• Pensé pour la PSP
• Des bonus à débloquer
• Les choix moraux
• Bien moins tactique que sur PS3
• Un peu court
• L'intelligence artificielle
Verdict
Oubliez l'esprit tactique de la série, cette version PlayStation Portable vous offrira surtout une bonne dose d'action à l'ancienne, dans des couloirs remplis d'ennemis à dézinguer. L'aventure est courte mais bien réalisée et les armes améliorables, trophées et personnages cachés incitent à replonger dedans à peine le jeu terminé. Les choix moraux sont intéressants et comme souvent sur PSP, un second joueur aux commandes vaudra mieux que cette intelligence réellement artificielle. Juste un p'tit défouloir de fin de journée.
Le Village PF

Graphismes
7 / 10Les décors sont agréables à l'œil, les textures sont fines et détaillées et les effets spéciaux (fumée, lumière, explosions) exploitent la PSP.
Jouabilité
6 / 10On aurait aimé une meilleure intelligence artificielle pour ne pas à faire le baby-sitter durant les niveaux. Les tirs en diagonale sont pratiquement impossibles.
Son
7 / 10La musique d'ambiance est discrète mais les bruitages sont percutants et les voix françaises pour les cut-scenes sont convaincantes.
Durée de vie
6 / 10Entre cinq et six heures pour le terminer une première fois mais les quatre personnages cachés, les différents choix moraux et les défis prolongent le chrono.
Fun
7 / 10Une fois acceptée comme un gros jeu d'action, cette version d'Army of Two s'avère être un bon défouloir pour passer le temps n'importe où.