Test de The Vanishing of Ethan Carter sur PS4

The Vanishing of Ethan Carter

The Vanishing of Ethan Carter

Depuis quelque temps déjà, la scène indépendante PC a vu émerger des jeux d'un nouveau genre basés essentiellement sur l'exploration, au détriment de la narration, de l’interaction et d'indications trop explicites. Vous avez certainement entendu parler de Gone Home (qui devait être porté sur PS3 avant d'être annulé), de Dear Esther ou même de Proteus sortis sur PS4, PS3 et PSVita. The Vanishing of Ethan Carter fait partie de cette nouvelle vague de titres qui immergent le joueur au sein d’un univers dans lequel vous êtes doté d'une grande liberté, où vous n'êtes plus pris par la main. Après toutes ces années d'assistanat, l'expérience peut paraître déroutante.

Légendes d’automne The Vanishing of Ethan Carter est une expérience narrative libre dans laquelle vous incarnez le détective Paul Prospero, spécialisé dans le surnaturel, qui reçoit un courrier du jeune Ethan Carter lui demandant de l'aide. Sentant l'appel de l'occulte, le privé prend sa veste et fonce du côté de Red Creek Valley pour porter secours à l'adolescent. Sur place, il découvre un lieu isolé où le temps semble s'être arrêté. Pas âme qui vive, de la forêt à perte de vue, des bâtiments délabrés, des découvertes macabres et une mystérieuse malédiction qui semble s'être abattue sur la vallée. A vous de découvrir le fin mot de l'histoire en fouinant un peu partout.

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Passé le long écran de chargement au démarrage, le jeu de The Astronauts nous transporte dans des décors naturels d'une rare beauté faisant la démonstration du moteur Unreal Engine 4 d'Epic Games en 1080p, avec une image oscillant entre le 30 et le 60 fps (un patch permettra bientôt de verrouiller à 30 fps pour éviter les chutes brutales de frame rate). Comme l'aventure se déroule en vue intérieure et sans temps de chargement vous avez tout le loisir d'en prendre plein les yeux : textures des écorces des arbres, de la roche, des épines de pin et des feuilles jaunes qui jonchent le sol, rayons de soleil qui filtrent à travers les branches en mouvements ou à travers la poussière dans les intérieurs, réalisme de l'eau, des effets de lumière…. Le jeu est magnifique, photo-réaliste par moment, et se prête parfaitement aux captures d'écran. Un zoom sur la touche L2 permet de profiter davantage de la quantité de détails et de la qualité des textures pour le plaisir simple de la contemplation. Rien que pour sa beauté plastique, nous serions déjà tentés de dire que le jeu vaut ses 18,99 euros (17,09 euros pour les membres du PlayStation Plus). Et le résultat est d'autant plus impressionnant que l'aire de jeu ne se résume pas un petit couloir étriqué mais à des hectares de végétation jamais identique. On peut se balader librement partout où porte notre champ de vision sans jamais (ou presque) être freiné par un mur invisible, en étant seulement stoppé par le relief ou des bords de falaises. La sensation de liberté est jouissive et l'immersion est totale en l'absence d'inscriptions parasites sur l'écran. Le seul reproche technique qu'on pourrait formuler à ce titre est l'absence de présence physique de notre personnage qui semble flotter au-dessus des décors : impossible de sauter, marcher ne fait pas plier les herbes et nos pas dans l'eau ne provoquent aucune vague. Pour le reste, c'est sublime et ça contribue parfaitement à l'atmosphère mélancolique qui émane du jeu.

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Prospero, c’est le roi du pain d’épices En dehors du plaisir des yeux, qu'offre le gameplay de ce titre ? Et bien il s'agit grosso modo d'un jeu d'enquête simplifié, sans inventaire, sans interrogatoire, sans action. Vous devez fouiller les larges décors pour trouver des indices relatifs à la mort de personnages qui, une fois compilés, lancent une cut-scene fantomatiques à la Murdered : Soul Suspect expliquant un pan de l'histoire. En pressant le bouton Croix devant un objet observable écrit en blanc, Paul fait ses propres déductions, des réflexions personnelles, sans l'intervention du joueur. Évidemment quand vous manquez d'indices, des points d'interrogation s'affichent à l'écran, preuve qu'il faut encore chercher d'autres pièces du puzzle autour de vous. Une fois toutes les pièces en mains et la scène de crime résolue via une reconstitution chronologique des événements, le bruit familier du trophée qui se débloque vous indique subtilement que vous pouvez continuer votre investigation sur une autre zone.

Pour autant, l'absence de carte, de journal et d'objectifs claires peuvent donner l'impression de se perdre sans but en forêt et le public console plus enclin à rentrer rapidement dans l'action pourra trouver cette balade lente, confuse et inutile. Ou aller ? Que faire ? Pourquoi ? Le mystère de The Vanishing of Ethan Carter ne se dévoile qu'à ceux qui le méritent, qu'à ceux qui prennent le temps d'explorer, de fouiller, de jouer les curieux. Les autres risquent se passer à côté de scénettes additionnelles (et souvent hors contexte) indispensables à la compréhension générale et d'avoir le sentiment d'être dans un mauvais remake du Projet Blair Witch. Et ce serait dommage de se lancer dans un speed run car l'histoire narrée au compte goutte par des monologues intérieurs, des flashbacks et des lectures de lettres est plutôt bien ficelée, digne d'un bon épisode d'X-Files.

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Notez également que la relative liberté offerte par le jeu est à double tranchant. En l'absence d'obstacle à la progression nous aurions tendance à croire que le générique de fin tombera de lui-même au bout de la carte, qu'il suffit de traîner ses guêtres jusqu'au bout du sentier pour boucler l'aventure, quitte à sacrifier un peu de compréhension au passage. Il n'en est rien en réalité puisque l'histoire est écrite comme un tout et le fait d'avoir zappé une cut-scene en début de partie vous obligera à revenir sur vos pas à la toute fin pour la déclencher. De quoi décourager quand on repense à tous le chemin parcouru durant les quatre dernières heures….

test écrit par

  • Graphismes

    9 / 10

    Sans doute le meilleur représentant de l’Unreal Engine 4 à ce jour : le travail sur les textures, les modélisations et les couleurs laisse coi.

  • Jouabilité

    8 / 10

    La prise en main est immédiate et les actions réduites au minimum : un zoom, un bouton de course, un pour se baisser et un bouton d’action.

  • Son

    8 / 10

    Les doublages anglais sont crédibles. Les sons d’ambiance et les rares musiques plongent dans une ambiance mélancolique idéale.

  • Durée de vie

    7 / 10

    Entre trois et quatre heures selon votre propension à prendre votre temps. C’est un peu léger pour presque 19 euros.

  • Fun

    8 / 10

    Plus contemplative qu’intellectuelle, l’enquête de Paul Prospero est immersive et la sensation de liberté est jouissive. Magnifique.

• Les graphismes sublimes
• La sensation de liberté
• L’histoire lentement diffusée

• Durée de vie un peu juste
• On peut se perdre
• Ne rien oublier derrière soi

8 / 10

Verdict

Les images de ce test parlent d’elles-mêmes, The Vanishing of Ethan Carter est plus une prouesse visuelle qu’une enquête aux rouages complexes. Les mécanismes de déduction sont assez simplistes et la progression se fait naturellement pour ceux qui aiment prendre le temps d’explorer les moindres recoins. Ceux qui n'ont pas la patience d'être livrés à eux-mêmes et qui aiment en revanche que la narration soit calée sur des rails peuvent passer leur chemin puisqu'ils ne verront dans le titre de The Astronauts qu'une superbe perte de temps.

- / 10

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