Test de Tales of Zestiria sur PS4

Tales of Zestiria

Tales of Zestiria

Et si Tales of devenait une licence annuelle ? Attendez, on n'exagère à peine : tous les ans depuis 2012, nous avons eu au moins un épisode/spin-off à être sorti dans nos contrées. Et oui ! Et cette année, c'est Tales of Zestiria (deux ans de développement) qui était attendu sur PlayStation 3 puis PlayStation 4, à l'occasion notamment du 20e anniversaire de la série. Cette cuvée fait-elle honneur à vingt années de J-RPG ? Notre verdict complet.

Ce qui interpelle d'entrée de jeu avec Tales of Zestiria, c'est le retour à un univers de fantasy médiévale, un brin influencé par les légendes arthuriennes. On y suit donc l'histoire de Sorey, un jeune homme vivant dans un domaine céleste, au côté des Séraphins. Ce peuple humanoïde, capable de maîtriser la force élémentaire et seulement visible aux yeux des humains ayant un cœur pur, l'a recueilli dès son plus jeune. Il n'a ainsi jamais vécu parmi ses pairs ; mais sa rencontre avec une femme humaine (la fameuse Alisha de la polémique...), retrouvée échouée dans des ruines proches, va changer à jamais le destin de notre héros : il est le Berger, dont la mission est de purifier le monde des heillons, des monstres nés de la Malveillance (une force qui se nourrit des émotions négatives des Hommes).

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Encore une fois, ce Tales of nous propose une quête initiatique tout ce qu'il y a de plus classique, comme dans Graces f ou encore Xillia. Peut-être même plus encore dans cet épisode-là, finalement tout aussi convenu dans sa structure narrative. C'est aussi ce qui fait son charme, d'une certaine manière, pour qui sait se montrer un minimum réceptif aux thématiques phares de la série (paix entre les races, en particulier) et à son habillage général, très japanime. Surtout, l'ensemble est enfin soutenu par une OST digne de ce nom, sur laquelle Motoi Sakuraba semble avoir retrouvé un peu d'inspiration.

Le gros point fort de cette aventure reste encore et toujours ses personnages, auxquels on s'attache rapidement. Le fruit d'une caractérisation très prononcée, à travers un chara design à plusieurs mains très inspiré et à un doublage – anglais comme japonais – d'excellente facture. Les interventions de chacun des héros se retrouvent aussi davantage mises en valeur dans cet épisode, grâce à une mise en scène plus soignée que de coutume. De quoi se laisser rapidement happer par l'aventure, malgré un prologue un peu poussif.

L'attrait du vide

Passées ces premières heures un poil longuettes, la promesse d'une exploration plus ouverte dans un Tales of nous tend enfin les bras... Et quelle n'a pas été notre déception, à nos premières foulées dans de vastes plaines ! Présenté par les développeurs comme un modeste « open-world » à l'annonce du jeu, l'univers de Tales of Zestiria n'a rien à voir avec l'idée que l'on a, aujourd'hui, d'un monde ouvert. Certes, les extérieurs n'ont jamais été aussi étendus que dans cet opus, mais il s'agit là toujours de zones reliées les unes aux autres par des temps de chargement (et sélectionnables sur une map) ; pas d'un open-world à proprement parler.

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La pilule aurait été également moins dure à avaler si cette ouverture des environnements n'était pas aussi vaine... Les décors sont juste d'un vide sidérant, graphiquement (ce qui n'est pas nouveau) mais aussi dans leur contenu, si bien que l'on en vient à se réjouir dès que l'on aperçoit un ennemi au loin, après plusieurs minutes de course. Les premiers moments dans ces grands espaces sont d'autant plus pénibles que l'on ne peut augmenter sa vitesse de course qu'après avoir rencontré un certain personnage dans l'histoire. Et même les villes manquent de vie ! L'exploration en prend forcément un coup et l'on finit par très vite se détacher de ses décors sans âme, qui brisent quelque peu l'immersion. Vraiment problématique dans cette volonté affichée d'« open-world ».

C'est à cet instant que le développement initial de ce Tales of Zestiria, sur PlayStation 3, revient aussi violemment qu'un boomerang à la figure de ce portage PS4, bloqué à... 30 fps. Textures sommaires, éléments qui popent régulièrement à l'écran... Rien ou presque n'a été retravaillé pour adapter un peu mieux le titre à son nouveau support d'accueil et, sans non plus piquer les yeux, le résultat a du mal à convaincre sur l'actuelle génération de consoles. La modélisation des personnages sauve un peu l'ensemble, mais le rendu étant du niveau des Tales of Xillia (un jeu PS3 donc), cela reste très insuffisant.

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Le changement, c'est pour quand ?

Et quid du gameplay ? Heureusement, sur ce point, Tales of Zestiria peut compter sur les acquis de ses aînés. En particulier des derniers épisodes (Tales of Xillia 2 en tête), dont les combats ont fortement inspiré ceux de ce dernier volet. Les joutes y sont toujours aussi dynamiques et réactives, avec un accent peut-être un peu plus prononcé sur l'esquive, ici, afin de pouvoir sortir un maximum de combos. Sur le terrain, on dispose encore de quatre personnages, une nouvelle fois associés en duos selon notre bon vouloir. Sauf qu'ici, point d'attaques combinées, mais désormais la possibilité de faire fusionner humains et séraphins pour plus de puissance. Cette nouveauté a plus une incidence esthétique qu'autre chose, puisque les apports du Link, eux, n'ont pas vraiment changé depuis les deux Tales of Xillia. Comme beaucoup d'autres choses, d'ailleurs...

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Le plus grosse innovation est finalement à trouver dans l'enclenchement des affrontements, plus directs, à même les environnements, sans temps de chargement préalable. Si cela fluidifie indéniablement la progression en extérieur, on peine à trouver ce changement majeur, voire même déterminant. Car au final, cet ajustement vient poser de gros problèmes de caméra lorsque des combats ont lieux dans les donjons, aux couloirs plus étroits. Dans cette situation, il est rarement aisé de conserver un bon angle de vue, global sur l'action, si bien que les joutes perdent énormément en lisibilité. Dès que l'on a le malheur de se rapprocher des murs, c'est la catastrophe... Cela arrive trop souvent dans les donjons et ce temps perdu à s'y retrouver sur le terrain a tôt fait de lasser. Heureusement, il reste les combats de boss, qui sortent cette fois un peu du lot pour un Tales of, en se montrant un peu plus dans la démesure. Au moins, ils méritent que l'on se soit arraché les cheveux, un peu plus tôt, sur la caméra...

Du côté de l'évolution de son groupe de personnages, rien de véritablement neuf non plus. Les compétences actives et passives (associées, pour certaines, aux éléments) s'acquièrent en équipant des pièces d'équipement, un peu à la manière des cercles élémentaires que l'on obtenait dans Tales of Xillia 2. Ces fameuses pièces d'équipement peuvent également être craftées, pour plus d'efficacité ou de nouvelles capacités, via un système de forge similaire à celui de Graces f. Quant à l'aspect cuisine (qui offre divers bonus de stats pendant quelques combats), cher à la série, il a été très largement simplifié pour une consommation simple dans les auberges. Pour autant, de manière générale, l'ergonomie des menus n'est pas franchement optimale, obligeant à jongler longuement avec les onglets, à la recherche de l'équipement ou de l'effet désiré.

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Le plus ennuyeux avec Tales of Zestiria est qu'il ne réserve tout simplement aucune surprise. Tout, dans son gameplay, repose sur des mécaniques connues, déjà rencontrées dans les précédents volets. C'est la garantie d'un titre solide, certes, mais pour un premier opus sur PlayStation 4 – et quand bien même, il était d'abord prévu sur PS3 – on aurait aimé un peu plus de nouveautés, une plus grande prise de risque. La faute aussi, sans doute, à son statut d'épisode-anniversaire, pour lequel les développeurs avaient assuré qu'ils seraient très à l'écoute des fans. Cela se ressent immanquablement in-game, à travers le sentiment croissant d'avoir affaire à une sorte de best-of des systèmes les mieux reçus par le public. Alors, c'est vrai, les choix sont plutôt pertinents... Sauf qu'à trop être dans l'auto-référence ; malgré lui, Tales of Zestiria oublie de dégager une identité qui lui serait propre dans son gameplay. Déjà vu, déjà joué... Et finalement, aussi vite oublié ?

test écrit par

  • Graphismes

    4 / 10

    Décors plus vides que jamais, éléments qui popent régulièrement à l'écran... Ce qui était encore acceptable sur PS3, hier, l'est beaucoup moins aujourd'hui sur PS4. Reste, heureusement, un chara design inspiré.

  • Jouabilité

    8 / 10

    Bien installé depuis plusieurs épisodes, le système de combat est toujours aussi solide mais souffre, ici, de gros problèmes de caméra dans les donjons les plus étroits. Peut mieux faire, aussi, sur l'ergonomie des menus.

  • Son

    7 / 10

    Après les OST assez quelconques des derniers épisodes, Sakuraba revient en forme sur ce Zestiria, avec de très belles mélodies. Et pour la première fois dans un Tales of, il y a le choix entre doublages anglais ou japonais.

  • Durée de vie

    7 / 10

    Une bonne quarantaine d'heures pour voir le bout de l'aventure principale, plus une douzaine d'heures supplémentaires pour terminer le DLC d'Alisha. Pour les acharnés, il reste le New Game + et des trophées...

  • Fun

    6 / 10

    Si cette aventure est, une fois de plus, assez plaisante, il n'en demeure pas moins que la recette ne réserve aucune surprise, dans le fond comme dans la forme, avec une forte impression de « déjà joué ».

• Un J-RPG au charme d'antan
• Des personnages attachants
• Le système de combat, encore...

• … mais une caméra pas au point
• Les environnements, désespérément vides
• Sans surprise, ni vraie nouveauté

6.5 / 10

Verdict

Pour une première incursion sur PlayStation 4, la série Tales of déçoit. Si l'aventure plutôt convenue que propose ce Zestiria reste tout à fait plaisante en elle-même, le jeu paye cher le fait d'avoir été développé en première intention sur la précédente génération de consoles. Il en résulte surtout un visuel daté, qui finit par porter préjudice à l'immersion, tant la tentative d'open-world, avec ses décors au vide sidérant, tombe à plat. Le manque de réelles nouveautés nuit aussi à cet épisode-anniversaire, qui se contente de piocher ça et là, dans les systèmes des précédents volets, sans jamais vraiment apporter sa petite pierre à l'édifice. D'autant plus regrettable que la combinaison de tous ces éléments se révèle, en définitive, assez imparfaite en pratique (soucis de caméra et d'ergonomie). Malheureusement, tous ces défauts prennent trop souvent le pas sur le plaisir de jeu, laissant ainsi le goût amer d'un épisode mi-figue mi-raison.

- / 10

Le verdict des lecteurs

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Commentaires Les derniers commentaires
  • Avatar de -virus-
    -virus-
    le 24 octobre 2015 à 13h11


    Je pense que je serais à la fin du jeu du même avis que la rédaction. Pour le moment le jeu me plait bien, les personnages sont vraiment plaisant (pour le moment mention spéciale pour Edna), le système de combat toujours au top malgré ses soucis de caméra, un doublage excellent et une bande son très réussi (une première pour moi dans un Tales of, habituellement je n'aime pas le style de Sakuraba). L'histoire est agréable à suivre et pour les gens comme moi qui aime l'univers japanime, c'est un régal toutes ces vidéos animée love En revanche il est indéniable que le point le plus négatif et qui, comme la rédac l'a précisé, plombe sérieusement la note et l'avis du joueur c'est le visuel du jeu. On frôle légèrement le correcte/sympa mais on est très souvent dans le moche voire très moche (les donjons en particulier). C'est extrêmement vide et c'est clair que Bandai a été très fainéant sur ce portage car à part l'anti-aliasing je crois qu'ils n'ont rien fait d'autre. On va devoir attendre Berseria pour avoir un Tales of plus convenable sans être une claque d'une car il sera crossgen et de deux car Tales of n'a jamais misé sur le côté graphique.
  • Avatar de ridfux
    ridfux
    le 24 octobre 2015 à 22h44


    Pour la bande-son, c'est normal virus : Sakuraba est accompagné de Go Shiina sur cet épisode :D
  • Avatar de -virus-
    -virus-
    le 24 octobre 2015 à 22h50


    Connais pas et après une rapide recherche je comprends pourquoi, je n'ai joué à aucun des jeux sur lequel il a bossé. En tout cas c'est du bon cette association et j'espère qu'il y en aura une autre avec Berseria.
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