Test de Les Chevaliers de Baphomet 5 sur PS4

Les Chevaliers de Baphomet 5

Les Chevaliers de Baphomet 5

Sorti en 1996 sur la PlayStation, le premier volet de la série des Chevaliers de Baphomet a rapidement atteint un statut de jeu culte qui lui a valu en 2009 une version Director's Cut retravaillée et enrichie. Sa suite l'année suivante connut également un grand succès (et une remasterisation en 2010) avant que la série ne perde de son aura en passant en 3D sur PlayStation 2 en 2003. Le quatrième opus ayant carrément fait l'impasse sur la case console, nous ne pensions plus revoir ce point’n’click sur PlayStation. C'était jusqu'à ce que La Malédiction du Serpent – un cinquième volet financé par Kickstarter – soit annoncé sur PS Vita durant l'E3 2013. Découpée en deux parties sorties en décembre 2013 puis en avril 2014, cette nouvelle aventure est compilée sur un Blu Ray disponible depuis le 04 septembre sur PlayStation 4 au prix de 29,99 euros.

Retour aux sources

George Stobbart, le touriste américain pris malgré lui dans une affaire policière en 1996, est de nouveau à Paris pour le vernissage d'une toile que sa compagnie assure (le grand blond est désormais employé d'assurance). Alors qu'il est tranquillement en train de discuter avec son ex mais néanmoins amie Nicole Collard, un individu casqué s'introduit dans la galerie pour s'y faire remettre sous la contrainte d'une arme le tableau « La Malediccio ». En tentant de s'opposer, le responsable de la boite se prend une balle et s’effondre avec fracas. D'un « simple » vol à main armée, nous venons de passer à l'homicide volontaire. Il n'en fallait pas plus pour redonner à notre duo de limiers amateurs le goût de l'enquête. Qui est le coupable ? Pourquoi avoir volé uniquement cette toile ? Quelle machination se cache là-dessous ?

Les Chevaliers de Baphomet 5  - 5Les Chevaliers de Baphomet 5  - 11Les Chevaliers de Baphomet 5  - 12Les Chevaliers de Baphomet 5  - 10

Dans la grande tradition des jeux d'aventure type point'n'click des années 90, La Malédiction du Serpent revient aux fondamentaux du genre avec des décors en 2D dans lesquels évoluent cette fois des personnages modélisés en 3D. Le tout à un rendu très proche d'un dessin animé interactif, même si les personnages jurent parfois un peu avec la toile de fond, souvent superbe. Le gameplay demande une nouvelle fois de faire progresser votre enquête en dialoguant avec tous les personnages qui croiseront votre route (pour récolter de précieuses informations) et en résolvant quelques énigmes en utilisant votre matière grise et / ou un objet de votre inventaire. Les rencontres sont toujours de belles tranches de vie, les personnalités bien trempées que l'on croise donnent souvent lieu à des échanges pleins d'humour, à des remarques pas piquées des hannetons. Le travail d'écriture de Revolution Software n'est plus à prouver et c'est encore un plaisir de retrouver leur patte, entre le second degré des dialogues et le sérieux d'une enquête policière à base de complots et de conspirations internationales.

Sans doute habité par la volonté d'élargir son audience, le studio a abaissé la difficulté générale des énigmes au grand dam des puristes. Tout du moins sur la première partie de l'aventure, la seconde ayant été légèrement corsée pour tenir compte des remarques des joueurs, le format épisodique original autorisant quelques retouches. A l'exception de deux ou trois puzzles qui donnent envie de lorgner sur une soluce (une aide progressive est disponible in-game), le déroulement global de l'investigation se fait sans trop de challenge pour les habitués. Toujours avec cette volonté de prémâcher l'enquête, la gestion de votre besace a été simplifiée et la sélection d'un objet grise automatiquement ceux avec lesquels aucune combinaison n'est possible. Terminée la belle époque des fusions improbables pour tester la réaction de George : la logique prime par-dessus tout.

Rassurez-vous tout de même, le gameplay n'est pas totalement dénaturé et le fan-service est heureusement bien présent. Que ce soit dans l'introduction, les musiques, les doublages avec les mêmes acteurs qu'il y a 20 ans, la visite d'un Paris idéalisé, la présence de l'agent Moue ou de la chèvre, le jeu est généreux en références pour soigner la fan base. Dommage que les nouvelles têtes et les destinations soient aussi peu nombreuses, laissant l'arrière-goût d'une aventure un peu vite expédiée et moins profonde que les précédentes en 2D. Surtout, on ressent un réel déséquilibre narration / énigmes entre les deux parties, la première servant surtout d'introduction scénaristique à la seconde qui sert, elle, de conclusion casse-tête un peu rapidement arrivée. Entre les deux il manque quelque chose pour apporter de la profondeur, du rythme et du dépaysement. La prochaine fois, espérons que Charles Cécil et ses collègues restitueront une aventure d'un bloc, longue et passionnante au lieu de fragmenter leur histoire au risque de la rendre bancale.

Retour sur grand écran

Voir La Malédiction du Serpent sur une console de salon de Sony était en fait déjà possible puisque la version PS Vita (19,99 euros sur le PS Store) est compatible avec la microconsole PlayStation TV permettant de la faire tourner jusqu'en 1080i et d'y jouer à l'aide d'une commande tactile virtuelle accessible en pressant le stick analogique gauche d'une DualShock 3 ou 4. Aux États-Unis la version nomade est d'ailleurs cross-buy avec la version numérique PlayStation 4 pour en profiter à la maison sans repasser à la caisse. Une option qui n'a malheureusement pas traversé l'Atlantique puisque l'Europe doit payer pour obtenir les deux versions.

Cette mouture PlayStation 4 va évidemment plus loin en permettant un affichage en 1080p des magnifiques décors dessinés à la main (le stick droit permet de les balayer entièrement) mais avec une maniabilité similaire à la PlayStation TV puisqu'une souris virtuelle se balade sur l'écran au stick analogique là où il fallait directement agir au doigt sur la nomade. La prise en main est du même acabit que les épisodes PSone, avec un changement d’icône (et une petite vibration) en fonction du type d'action réalisable (observer, prendre, parler, agir) et un raccourci pour aller directement dans l'inventaire (bouton Triangle). Le bouton Carré sert quant à lui à obtenir une description des objets ciblés. Les nostalgiques seront en terrain connu, mais les plus jeunes trouveront le procédé beaucoup moins souple et naturel que sur les écrans tactiles qui équipent leurs smartphones, tablettes et consoles portables. Le compromis se situe dans la sollicitation du pavé tactile de la DualShock 4 permettant de diriger la souris virtuelle au doigt et de cliquer dessus pour interagir avec les objets et personnages. Les déplacements du curseur sont plus rapides ainsi, alors ça mérite au moins d'être testé (la sensibilité de la souris au stick n'est de toute façon pas réglable).

Les Chevaliers de Baphomet 5  - 4Les Chevaliers de Baphomet 5  - 6Les Chevaliers de Baphomet 5  - 2Les Chevaliers de Baphomet 5  - 8

Cette édition offre en prime un prologue sous forme de bande dessinée disponible dans les versions boites (notre version test est dépourvue de ladite BD) et nous avons désormais le droit à des animations supplémentaires (mais toujours moins bonnes que dans les épisodes full 2D), une ambiance sonore un peu plus travaillée pour se démarquer des versions portables et une galerie de personnages accessible depuis un menu dédié pour découvrir une mince biographie à leur sujet. C'est toujours ça de pris mais ça reste insuffisant pour remettre la main au portefeuille si vous l'avez déjà parcouru ailleurs. Enfin, signalons que les excellents doublages français - leurs dialogues succulents et leurs accents très cliché – n'ont plus le droit aux sous-titres colorés à l'ancienne en option (contrairement à la PSVita) mais uniquement aux bulles blanches façon BD. Que des petits détails par-ci par-là, en plus ou en moins, qui confortent l'impression du portage sec sur PlayStation 4. Rien de péjoratif là-dedans, cette sortie touchant un plus large public d'amateurs de point’n’click tout en offrant l'aventure intégrale, sans avoir à attendre quatre mois entre les deux parties.

test écrit par

  • Graphismes

    8 / 10

    Les décors en 2D peints à la main sont magnifiques, les personnages en 3D jurent parfois un peu et sont assez rigides. C’était mieux en full 2D.

  • Jouabilité

    7 / 10

    Le déplacement du curseur au stick analogique ne remplace pas une souris mais glisser son doigt sur le pavé tactile apporte des sensations proches de la mouture PSVita.

  • Son

    8 / 10

    Les doublages français ont été et sont toujours une des forces de la série : les dialogues succulents, les accents, les personnalités loufoques sont un régal. Les thèmes sont dans l’esprit de la saga.

  • Durée de vie

    7 / 10

    Les deux chapitres compilés sur la galette assurent une investigation d’une bonne dizaine d’heures. Avec plus de destinations et des énigmes retorses on aurait pu en avoir plus.

  • Fun

    7 / 10

    Avec son fan service et sa belle 2D ce retour aux sources fera forcément plaisir aux amateurs du genre, même si on était en droit de s’attendre à mieux après une si longue absence.

• Du fan service à gogo
• Le retour à la 2D et les doublages
• Quelques énigmes délicates

• Plus facile que dans le temps
• Moins de persos et de destinations
• Une fin un peu précipitée

7 / 10

Verdict

Alors que nous avions craint un temps ne plus jamais revoir George Stobbart sur une console PlayStation, ce retour aux sources du point’n’click en 2D fera chaud au cœur des nostalgiques qui suivent ses aventures depuis pratiquement vingt ans. L’euphorie des retrouvailles passée, force est de constater que ce cinquième volet est moins épique, moins complexe et moins dense que ses prédécesseurs de l'ère PSone, la faute à des enjeux de plus faible envergure, à un scénario moins bien ficelé et à des destinations moins exotiques. Cette résurrection en douceur reste somme toute très agréable à parcourir (quelques énigmes agitent quand même les neurones) mais on espère surtout qu'elle servira d'amorce à un sixième opus plus ambitieux.

- / 10

Le verdict des lecteurs

Vous avez joué à ce jeu ? Donnez votre avis !

Commentaires Les derniers commentaires
  • Avatar
    bartholomeus
    le 15 septembre 2015 à 17h18


    Très bon test pour un très bon jeu. De plus a 30 euros ca ne se refuse pas.
  • Avatar de Vincent
    Vincent
    le 15 septembre 2015 à 20h05


    J'avoue que j'étais bien content de retrouver le petit George Stobbart !
Ajouter un commentaire

Publicité

Infos Jeu

Les Chevaliers de Baphomet 5

Les Chevaliers de Baphomet 5

7 / 10

[articles disponibles]

[médias disponibles]

Publicité