Test de Farming Simulator 15 sur PS4

Farming Simulator 15

Farming Simulator 15

Apparue sur PC en 2009 puis déclinée en 2013 sur consoles, la série Farming Simulator fait partie de ces curiosités vidéoludiques visant a priori un marché de niche mais qui parviennent d’année en année à attirer un public toujours plus large. C’est aujourd’hui sur PS4 que la série s’installe, avec un nouvel opus pétri de bonnes idées mais qui souffre toujours de défauts rédhibitoires pour le commun des mortels.

Histoire de vous mettre dans le bain, le jeu s’ouvre sur une cinématique illustrant les différentes activités qu’il propose : des engins agricoles divers et variés se succèdent dans une vidéo très dynamique, mais un peu trop compressée dans notre version digitale du jeu et à mille lieues du rythme extrêmement lent imposé par le gameplay.

Agriculteur / Eleveur / Forestier

Il faut dire qu’à l’instar de ses prédécesseurs, Farming Simulator 15 vous propose de prendre la tête d’une petite exploitation agricole et de la faire grossir en vendant vos récoltes pour acheter toujours plus de champs, de bétail et de machines : un processus qui logiquement prend du temps même si le rythme de croissance de vos cultures peut être accéléré, tout comme le défilement des heures. Mais nous reviendrons un peu plus tard sur ce point.

Sans surprise vous passerez le plus clair de votre temps dans les champs, où vous devrez suivre scrupuleusement le manuel du parfait petit agriculteur pour maximiser vos récoltes : chaque parcelle devra en premier lieu être labourée avant d’être ensemencée, puis il faudra attendre que les plantes (blé, orge, colza, maïs, pommes de terre, betteraves) poussent avant de les récolter. Vous pourrez alors accroître vos stocks en attendant que le cours du produit monte, ou bien les vendre directement auprès des différents acheteurs disponibles si vous avez besoin de cash. Quelques subtilités existent ici ou là comme la possibilité de cultiver le champ au lieu de le labourer entre deux saisons, ou encore de passer le pulvérisateur après l’ensemencement pour augmenter votre rendement. Rassurez-vous, un didacticiel en treize étapes est présent pour vous apprendre les rudiments du métier.

Histoire de varier les plaisirs, le jeu vous propose aussi de faire de l’élevage en achetant poules, moutons et vaches. Si les premières ne demandent aucun entretien particulier et pondent chaque jour un œuf que vous pourrez revendre immédiatement, les seconds doivent logiquement être approvisionnés en herbe fraîche pour fournir une belle laine tandis que les troisièmes nécessitent un mélange spécial à base de paille, de foin et d’ensilage pour assurer une production de lait correcte. La bonne nouvelle est que toutes ces matières premières sont obtenues directement par la culture de vos champs moyennant l’achat d’équipements spécifiques : une faucheuse et une chargeuse pour l’herbe, auxquelles on ajoutera une faneuse, des machines à balles (pour former les ballots de paille et de foin) et un distributeur pour nourrir les bovins. Autant dire que vous devrez d’abord bien maîtriser le travail des champs et en tirer un revenu stable avant de vous intéresser aux animaux autres que les poules !

Alors que les précédents Farming Simulator s’étaient contentés de l’agriculture et de l’élevage, ce nouvel opus introduit une nouvelle activité au départ développée par des fans de la série sous la forme d’un mod de la version PC : la sylviculture. Muni de votre tronçonneuse, vous pouvez désormais abattre des arbres puis les tailler en plusieurs parties avant de charger le tout sur une remorque prévue à cet effet. Direction ensuite le point de vente où vous n’aurez qu’à décharger les troncs dans l’étendue d’eau prévue à cet effet.

Un paquet de gros engins

Outre le didacticiel mentionné plus haut, le jeu n’offre que deux modes de jeu : le mode Carrière déjà décrit et le mode Multijoueur qui vous propose d’œuvrer en ligne à plusieurs (six joueurs au maximum) pour développer votre exploitation. Dans un cas comme dans l’autre, la partie commence par la sélection de la carte sur laquelle vous souhaitez jouer. Ceux qui s’étaient essayés à Farming Simulator sur PS3 en 2013 retrouveront ici la contrée de Westbridge Hills avec ses 21 parcelles, quelque peu retouchée pour ce nouvel opus, mais la véritable star est ici Bjornholm, une immense zone située en Scandinavie comptant pas moins de 41 champs.

Quel que soit votre choix, vous démarrerez votre partie avec quelques équipements de base et un ou trois champs selon la map choisie. Vous pourrez alors débuter la culture de vos parcelles, et engranger des revenus qui vous permettront par la suite d’acheter des machines vous permettant d’optimiser votre travail ou de vous adonner à d’autres activités.

Vous pourrez aussi vous lancer dans des missions à remplir en temps limité, qui vous permettront de rompre un peu la monotonie et d’engranger quelques euros supplémentaires : il s’agira de transporter des objets, de livrer des marchandises ou de faucher les champs d’autres agriculteurs, certaines de ces tâches nécessitant au préalable l’acquisition d’un matériel spécifique.

Et si le jeu peut paraître avare en matière de modes de jeu et de cartes, il en va tout autrement du panel d’engins et d’accessoires disponibles à la vente, tous sous licence. Ce sont en tout plus de 40 constructeurs (Bührer, Ponsse, Lamborghini, Steyr…) qui sont représentés au travers de la centaine de machines (tracteurs, moissonneuses-batteuses, chargeuses, chariots télescopiques, abatteuses, porteurs…) et accessoires proposés.

Des défauts en pagaille

Là où le bât blesse, c’est que le pilotage et la manœuvrabilité de ces engins sont sévèrement affectés par un moteur physique au comportement des plus suspects. A vrai dire, on se demande après quelques heures de jeu si une donnée aussi basique que le poids est bien prise en compte par le système : non seulement il est possible de faire décoller une moissonneuse-batteuse en prenant de l’élan et en passant sur une petite bosse, mais en plus une simple collision entre une modeste berline et votre engin massif pourra envoyer valdinguer ce dernier dans le décor ! Si le problème n’affecte pas réellement les phases d’agriculture et d’élevage, il ruine en revanche complètement l’expérience de la sylviculture en transformant le moindre chargement de troncs en véritable calvaire : réussir à agripper un billot et à le poser délicatement dans la remorque peut prendre quelques minutes lorsque tout va mal, ce qui rend toute tentative d’exploitation d’une forêt entière tout bonnement impossible…

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Malheureusement côté champ tout n’est pas rose non plus : si le jeu vous permet d’embaucher des ouvriers agricoles pour passer vos machines sur vos champs, ces derniers font preuve d’un manque d’initiative affligeant qui risque de rapidement vous énerver. Premier problème, vous devez piloter vous-même l’engin au bord du champ avant d’embaucher l’ouvrier : impossible d’effectuer ce genre de manœuvre depuis la carte du jeu, ce qui finit par prendre un temps fou au fur et à mesure que vous achetez de nouvelles parcelles. De fait, vos ouvriers sont aussi incapables d’aller atteler le bon accessoire en fonction du type de récolte : on n’utilise pas la même barre de coupe pour récolter du blé ou du maïs, et si vous amenez le tracteur sur le champ dans la mauvaise configuration, votre ouvrier se contentera d’avancer de quelques mètres avant de s’arrêter. Comme si cela ne suffisait pas, aucun message ne vous prévient lorsqu’un ouvrier a terminé sa tâche en cours : c’est à vous de monitorer continuellement tout ce petit monde.

Le problème, c’est que vous avez déjà bien assez à faire avec toutes les activités dans lesquelles vos ouvriers ne peuvent pas vous aider : amener une benne au bord du champ pour décharger la moissonneuse ? Vous seul pouvez le faire ! Décharger la moissonneuse ? Idem !! Amener la benne pleine au silo pour stockage ou au magasin pour vente ? Pareil !!! Bref la gestion des ouvriers agricoles proposée par le jeu est une vaste blague, l’appellation de « pilotage automatique sur le champ » semblant bien plus appropriée…

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Comme si tout cela ne suffisait pas, la gestion du temps est elle aussi sujette à caution : comme indiqué plus haut il est possible de régler le rythme de croissance de vos cultures, ainsi que le défilement du temps. Au rythme normal, vos champs poussent en une journée environ, sachant que vous pouvez accélérer le temps jusqu’à 120 fois (une journée passe alors en 12 minutes de jeu). Le problème, c’est que cette accélération n’affecte justement que vos cultures, les travaux dans les champs continuant à s’effectuer à la même vitesse : si votre ouvrier agricole met 10 minutes pour effectuer une tâche dans un champ, il mettra 10 minutes que le temps soit accéléré ou non. De fait, sur votre exploitation agricole, cette activité prendra de 10 minutes (temps réel) à 20 heures (x120) ! On en arrive à des situations ubuesques lors de l’ensemencement et de la récolte : dans le premier cas il est possible que les premiers rangs de votre culture soient prêts à être récoltés alors que les derniers n’ont pas encore été traités, et dans le second il est possible que vos produits pourrissent sur pied avant d’être récoltés ! Bref tout ceci manque sérieusement de cohérence et n’aidera pas les joueurs modérément intéressés par le genre à tenter l’aventure…

Toujours au rang des curiosités, sachez que si l’aspect agriculture du jeu ne vous autorise logiquement à cultiver que les champs que vous possédez, le versant sylviculture vous laisse en revanche couper des arbres où bon vous semble : tant pis pour le réalisme !

Une technique sans panache

S’il est un point sur lequel la série semble vouloir réellement s’améliorer, c’est celui du rendu graphique qui se montre plus convaincant qu’il y a deux ans sur PS3. Mais on comprend rapidement que l’essentiel des efforts a été porté sur les machines, toujours superbement modélisées et animées si l’on omet leur cabine grossièrement représentée. Côté décors, des progrès sont visibles mais les textures restent peu détaillées et l’éclairage extrêmement basique.

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La bande son du jeu vous permettra quant à elle de profiter largement du ronronnement des moteurs de vos engins agricoles, tandis que le chant des oiseaux et les caquètements, bêlements et mugissements de vos animaux accompagneront vos promenades pédestres. Les musiques sont aux abonnés absents mais vous pourrez toujours écouter vos MP3 aux commandes de votre tracteur !

test écrit par

  • Graphismes

    6 / 10

    Les tracteurs et autres machines agricoles sont joliment modélisés, mais les textures des décors sont souvent grossières et l’ensemble souffre de clipping et de ralentissements. La gestion de la lumière assez basique offre un rendu relativement terne.

  • Jouabilité

    5 / 10

    Le moteur physique du jeu semble totalement à côté de la plaque, et la progression en mode Carrière a du mal à susciter l’intérêt : quelques bonnes idées sont là mais elles mériteraient d’être mieux exploitées.

  • Son

    7 / 10

    L’ambiance champêtre est assurée par le souffle du vent, le chant des oiseaux et les cris des animaux de la ferme, mais ce sont surtout les moteurs des engins agricoles que vous entendrez si vous voulez développer votre exploitation !

  • Durée de vie

    7 / 10

    Acquérir tous les champs et toutes les machines du jeu vous prendra un bon moment, tout comme l’obtention de certains trophées. Dommage que la répétitivité des tâches et les quelques défauts de conception n’incitent pas forcément à aller au bout.

  • Fun

    6 / 10

    Amusant durant les premières heures, le temps de découvrir les différentes activités disponibles et le matériel à disposition, le jeu montre ensuite ses limites et devient assez rapidement lassant.

• Une belle sélection d’engins et d’accessoires
• Des véhicules bien modélisés
• Une durée de vie correcte si l’on accroche

• Le moteur physique à la ramasse
• La gestion du temps très particulière
• Des ouvriers agricoles manquant d’initiative

6 / 10

Verdict

Avec son bel éventail de machines et accessoires, et son panel d’activités relativement varié, Farming Simulator 15 avait sur le papier tout pour séduire les amoureux du monde agricole. Malheureusement le titre de Giants Software souffre de défauts techniques vite pénibles, notamment dans son moteur physique fantaisiste et sa gestion des ouvriers trop superficielle. Ajoutez à cela une réalisation pas folichonne et un aspect stratégique finalement peu développé, et vous obtenez un jeu certes atypique qui à moins de 50€ pourra trouver son public, mais qui aura sans doute du mal à convaincre une large frange des joueurs PS4.

- / 10

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