Test de Divinity : Original Sin - Enhanced Edition sur PS4

Divinity : Original Sin - Enhanced Edition

Divinity : Original Sin - Enhanced Edition

Au moment où la campagne Kickstarter de Divinity Original Sin 2 a largement atteint son objectif financier, le premier opus débarque sur PlayStation 4 encore auréolé par le succès de la version PC sortie l'an passé. Quelque 150 récompenses et nominations, plus d'un million d'exemplaires écoulés et des titres de « jeu de l'année » un peu partout dans le monde, pas de doute, le soft de Larian Studios est un chef-d’œuvre reconnu. Son portage réussi sur consoles, amélioré et sous-titré Enhanced Edition pour l'occasion, ne fait que conforter son statut d'incontournable.

Odieux mais divin

Introduite par une cinématique prenant la forme d'une planche dessinée doublée en anglais, l'histoire de Divinity : Original Sin est celle de deux Traque-Sources venus enquêter sur un mystérieux meurtre dans la ville portuaire de Cyséal. Ce crime serait en rapport avec une puissance obscure nommée la Source. Comme leur fonction l'indique, nos chasseurs traquent les mages corrompus par cette puissance magique qui gangrène le monde de Rivellon. Arrivés sur place, ils vont rapidement se rendre compte qu'un plus grand mal guette les habitants de la bourgade et tous ceux du royaume.

Avant de se lancer dans l’aventure il convient de choisir son niveau de difficulté. Enhanced Edition oblige, quatre modes sont désormais sélectionnables. Le mode classique propre à la version originale est ainsi encadré par un mode explorateur beaucoup plus facile pour ceux qui veulent suivre l’histoire sans bloquer sur les combats, par un mode tacticien pour les fins stratèges du tour par tour et par un mode honneur à la difficulté élevée qui pousse le vice jusqu'à supprimer votre sauvegarde quand tous vos personnages trépassent. A moins de l'avoir conservée discrètement sur une clé USB, vous serez bon pour recommencer le jeu à zéro en cas d'échec. A réserver aux amateurs de challenges donc.

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Votre approche choisie, l'incontournable passage par la création de personnages répond une nouvelle fois au cahier des charges du parfait petit jeu de rôle. On peut y modifier le nom de nos héros, leur apparence (la personnalité, la coupe de cheveux, la couleur de peau / de cheveux, le sexe), leur classe (voyageur, larron, sorcier, mage, chevalier….) et leurs compétences. Celles-ci sont prédéfinies selon la classe ou à changer en répartissant manuellement des points dans les attributs, les capacités et les talents. Même en solitaire, Divinity impose de jouer avec un binôme de héros, l'intelligence artificielle se chargeant de déplacer le second personnage quand vous contrôlez le premier, à moins de scinder volontairement votre équipe pour déplacer chaque tête de manière stratégique ou pratique (en maintenant l’un de vos héros sur une dalle-interrupteur par exemple).

Les premières minutes de jeu permettent d’admirer la qualité des graphismes et d’appréhender la jouabilité à la manette. D’un point de vue purement visuel, Larian Studios a fait du bon boulot sur consoles : les environnements sont variés, les intérieurs et les extérieurs sont souvent fouillés, on croise plein de gens et on découvre beaucoup d'objets, et un zoom à l'aide du stick analogique droit permet de profiter des détails sans jamais mettre à mal la fluidité. En vue éloignée, des morceaux des décors deviennent transparents pour ne pas obstruer la visibilité ni cacher le joueur. Dans le genre jeu de rôle vu du dessus, c'est le haut du panier.

La prise en main à la manette s'en sort admirablement bien pour un titre pensé initialement pour la doublette clavier / souris. Le stick de gauche sert à déplacer notre héros, le bouton L2 ouvre le menu radial de notre groupe (pour changer de perso ou scinder le groupe) et le bouton R2 ouvre une roue de sélection compilant l'inventaire, les statistiques des héros, les compétences, la fabrication d'objets (en additionnant deux items ensemble au hasard ou en suivant les recettes trouvées dans des livres), le journal de quêtes et l'équipement de nos guerriers. Chaque onglet renvoie à un menu dédié et complet avec des options de tri (pour les objets) et de comparaison (pour les armes). Le résultat est bien plus ergonomique que dans Wasteland 2 : Director's Cut testé récemment dans un genre similaire mais avec un cadre différent. Une vue aérienne est placée sur la direction haut de la croix directionnelle, un mode furtif sur le bas et un mode attaque sur la droite. Cinq pages de raccourcis s'ouvrent en bas de l'écran en pressant le bouton Triangle, pour accéder immédiatement à des objets et des compétences pendant et en dehors des combats. En dehors des affrontements, ce sera par exemple pour forcer un coffre, faire sauter une porte ou éteindre un brasier à l'aide d'un item ou d'un parchemin.

Enchantée édition

Les développeurs ont introduit quelques bonnes idées de gameplay, comme la recherche par zone qui permet de fouiller directement un paquet d’objets environnant (caisses, coffres, jarres) en passant de l’un à l’autre sans avoir à se déplacer manuellement devant ou le transfert automatique d’éléments clés (une clé justement ou un outil) d’un personnage à l’autre quand vous êtes devant une serrure. Notons néanmoins quelques « ratés » pour le joueur solitaire, comme la gestion de deux inventaires séparés par personnage (avec obligation de faire des échanges avec l’IA), l'option de fuite en combat qui ne gère qu'un seul perso à la fois (laissant le second crever sur le champ de bataille) ou les désaccords à régler avec soi-même. En effet, durant certains dialogues ou situations il vous est demandé de faire des choix moraux mais du fait que vous dirigez un binôme, chaque personne peut avoir sa propre opinion, parfois opposée à l'autre. Ce qui permet à chaque joueur de s'exprimer en multijoueurs perd de son intérêt en solo puisque si un terrain d'entente n'est pas trouvé entre vous et vous (ce qui est impossible, à moins de le faire exprès ou d'avoir une double personnalité), un petit jeu de pierre-feuille-ciseau se lance pour déterminer avec l'aide de dame chance qui a raison et qui a tort. La loi du plus fort est parfois simplement celle du plus chanceux...

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Vous l’aurez compris par cet exemple absurde, Divinity est pensé pour être joué de préférence en multijoueurs et de ce côté-là les joueurs consoles sont gâtés puisqu’il est possible de partager son écran en local avec un camarade et / ou de jouer en ligne via le PlayStation Network. L’exploration gagne ainsi en souplesse, laissant une certaine liberté d’action aux deux joueurs (parfois rejoints par deux nouvelles recrues ponctuelles), même pendant les combats. Si un joueur est pris par un combat, les autres membres du groupe peuvent continuer d’explorer la carte ou venir lui prêter main forte. Contrairement à ce que peuvent laisser penser les images de ce test, nous ne sommes pas en présence d’un hack-and-slash à la Diablo avec des combats en temp réel mais face à un RPG à l’ancienne au tour par tour, dans la lignée d’un jeu de plateau ou d’une partie d’échecs. Les ennemis qui nous tombent dessus (ou qu’on prend par surprise) font glisser le jeu en mode combat avec déplacements et attaques selon des points d’action. Ces points d’action sont reportables s’ils ne sont pas tous utilisés durant un tour, permettant ainsi de mûrir une attaque plus puissante ou du moins plus gourmande en points. Les mouvements sont libres (pas sur un damier quoi) et les attaques tirent parti de l’environnement pour maximiser les stratégies. Par exemple, balancer un sort de foudre électrocutera tous les ennemis qui ont les pieds dans l’eau. En combinant parchemins, sorts et compétences les possibilités tactiques sont nombreuses et vous l’apprendrez à vos dépens, car l’ennemi n’est pas du genre à se laisser mourir sans combattre.

Comme d'habitude, les combats gagnés vous rapportent des points d'expérience qui remplissent votre jauge jusqu'à la prochaine prise de niveau vous octroyant des points de compétence à répartir. Malgré le choix d'une classe en début de partie, vous êtes libre de changer d'orientation en déposant à votre convenance vos points sur les talents et attributs de votre choix. Le jeu offre un large éventail de possibilités, qu'on retrouve aussi dans les choix de dialogues, dans la possibilité de commercer avec la plupart des citoyens, d'accepter ou non tout un tas de quêtes, et dans l'éthique qu'on veut insuffler à notre duo. Arriver à ses fins et obtenir un objet convoité peut par exemple se faire par le mérite, la persuasion ou tout simplement par le vol. A vous de voir quel genre de Traques-Sources vous voulez être en gardant à l'esprit que vos actions ont des conséquences sur la façon dont vous êtes perçus par les autres. Si vous ne voulez pas attirer inutilement l'attention des gardes, recourir au bon vieux troc pour faire l'acquisition d'équipements est sans doute la meilleure idée.

Enfin, cette édition spéciale comporte quelques quêtes et lieux inédits pour inciter les vétérans  à y retourner une seconde fois, tout en gonflant un peu plus une durée de vie déjà très généreuse qui se compte en dizaines d'heures. Et vu le temps que vous passerez devant votre écran, vous serez content d'avoir à l'oreille de solides doublages anglais (pas de français, il va falloir lire) et des musiques stylées tantôt envoûtantes, douces ou épiques.

test écrit par

  • Graphismes

    8 / 10

    Le stick droit oriente la caméra à 360° et le zoom permet de profiter de tous les détails. Les effets spéciaux et les sorts sont réussis.

  • Jouabilité

    8 / 10

    Une prise en main revue pour la manette avec des raccourcis, des menus radiaux et une interface adaptée. Les décors disparaissent pour ne pas gêner la visibilité.

  • Son

    8 / 10

    Des doublages anglais nombreux, bien interprétés et des ballades moyenâgeuses qui donnent envie de se mettre au luth et à la lyre.

  • Durée de vie

    9 / 10

    Une quête épique de longue haleine si on aime s’écarter de la quête principale pour remplir des missions secondaires. Réservez 100 heures de jeu.

  • Fun

    8 / 10

    A moins d’être allergique aux combats au tour par tour, difficile de résister à ce RPG pur nectar, jouable en écran partagé qui plus est.

• Coop en ligne et en écran splitté
• Parfaitement jouable à la manette
• Une quête de longue haleine

• Gérer deux inventaires en solo
• Pas de voix françaises (pour pinailler)
• Les désaccords réglés par la chance

8.5 / 10

Verdict

Sans surprise compte tenu du succès que le jeu original a rencontré sur PC, ce portage de Divinity : Original Sin est un des meilleurs jeux de rôle du moment, sublimé par une édition Enhanced offrant de nouveaux modes de difficulté, une interface revue pour une jouabilité idéale à la manette et des lieux et missions supplémentaires. Les joueurs consoles seront heureux de retrouver le plaisir des parties en écran splitté - que l’émergence du jeu en réseau tendait à rendre caduc – et de découvrir un titre beau, long, prenant, aux innombrables possibilités tactiques et ludiques. A moins d'être allergique aux combats au tour par tour, ce titre mérite toute l'attention des rôlistes.

- / 10

Le verdict des lecteurs

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Commentaires Les derniers commentaires
  • Avatar de Pouet
    Pouet
    le 11 novembre 2015 à 14h05


    Ca m'a saoulé qu'il n'y ait pas de vrai tracker pour les quêtes. Le jeu est déjà assez long comme ca, je n'avais pas envie de passer 3h à retrouver les pnj :/
  • Avatar de le rouge
    le rouge
    le 11 novembre 2015 à 14h35


    Jeu revendu malgré plusieurs essais... Vaut au mieux 6/10 : histoire quelconque, système de jeu pas génial, pas d'aide d'orientation ce qui fait qu'on mets la carte toutes les 20 secondes... Reste le système de combat... Mais que c'est mou. Pourtant j'ai fini les baldur récemment... Et dire que ca a tapé 9/10 sur gk et 19/20 sur jeux video.com
  • Avatar de Vincent
    Vincent
    le 11 novembre 2015 à 17h46


    A choisir j'aurais préféré avoir des combats en temps réel moi aussi, c'est tout de suite plus dynamique mais bon... Et pour la carte, effectivement, je suppose que c'est le genre qui veut ça : "exploration". :)
  • Avatar de MeWa
    MeWa
    le 11 novembre 2015 à 20h47


    Jeu revendu malgré plusieurs essais... Vaut au mieux 6/10 : histoire quelconque, système de jeu pas génial, pas d'aide d'orientation ce qui fait qu'on mets la carte toutes les 20 secondes... Reste le système de combat... Mais que c'est mou. Pourtant j'ai fini les baldur récemment... Et dire que ca a tapé 9/10 sur gk et 19/20 sur jeux video.com

    Ouais enfin c'est loin d'être les 2 seuls à lui mettre d'excellentes notes. Histoire quelconque peut être, sachant que t'as pas dépassé la première ville ton avis vaut pas grand chose. L'aide à l'orientation j'ai trouvé ça juste un peu tendu pour la première quête pour trouver les preuves du meurtre, après ça j'ai plus eu aucun soucis et je suis arrivé jusqu'à la 2ème map en faisant toutes les quetes dispo sans jamais chercher mon chemin. Et puis le système de combat est tout simplement excellent. Encore faut-il depassé les premiers zombies pour arriver a des vrais ennemis ou le systeme prend tout son sens. Puis , de toute façon, tu ne peux pas attendre du dynamisme dans un TRPG. Ajoute à ça des graphismes très propre et une DA au top, surtout pour les décors, une BO excellente, un doublage très bon de TOUS les PNJ du jeu et des dialogues drôles et bien écrit et tu obtiens un jeu qui méritent largement ses excellentes notes.
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8.5 / 10

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