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Test de jeu / PS3 / WET

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  • publié le 6 octobre 2009
  • Etat : Disponible
  • Date de sortie :18/09/2009
  • Développeur :A2M
  • Distributeur :Bethesda Softworks
  • Genre :Action

La ravissante Rubi vient mettre la PlayStation 3 à feu et à sang. Faut-il la suivre ou l’arrêter ?

Les développeurs d’Artificial Mind & Movement connaissent leurs classiques. Il suffit de jouer cinq minutes à Wet, leur dernière production, pour s’en rendre compte. Le graphisme subit un grain sur l’image, très vieux film en bobine, les gros mots fusent de partout, la violence est omniprésente et la musique est digne d’un Robert Rodriguez. Pas de doute, il y a du duo Tarantino/ Rodriguez dans ce jeu, un mix improbable entre Desperado et Kill Bill. Tout bien référencé qu’il est, Wet est-il pour autant un bon jeu ? Pas si sûr…Les productions Grindhouse présentent…L’histoire de Wet est celle de Rubi Malone, une mercenaire des temps modernes qui passent son temps entre son quartier général (un vieux cimetière d’avions perdu dans le désert) et des missions dangereuses synonymes de gros billets. Rubi, c’est vous, c’est le joueur, dans un jeu d’action à la troisième personne dans la lignée d’un StrangleHold sur PlayStation 3. Rubi, c’est surtout Eliza Dushku, jeune actrice américaine qui prête sa voix à l’héroïne, celle qui campait auparavant des rôles à la télévision dans Buffy contre les Vampires et Dollhouse.

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Armée de deux pistolets (puis d’autres armes telles que des fusils à double canon) et d’un Katana, elle n’hésite pas à se salir les mains pour mener à bien son contrat. Généralement on ne fait pas appel à un mercenaire pour aller chercher ses enfants à l’école, mais bien pour des missions moins avouables, pour rentrer couvert de sang avec l’objet tant convoité entre les doigts ou bien avec l’assurance qu’une cible a été abattue. Ne vous attendez donc pas à de la finesse, il faudra se contenter de vider ses chargeurs contre de pauvres types pendant toute la durée du jeu. Dans ce cas, pourquoi ne pas se contenter d’un Show Yun Fat modélisé à la perfection ? Parce que Rubi est nettement plus gracieuse dans ses déplacements. Elle tire aussi bien en effectuant un saut, qu’en courant sur un mur façon Prince of Persia, qu’en glissant sur le sol les cuisses ouvertes ou à l’envers sur une échelle. C’est marrant, elle défouraille non-stop, peu importe sa posture. Et comme les level designers ont eu la bonne idée d’inclure une vision spécifique aux acrobaties, on repère très vite à l’aide d’un fil rouge les rambardes à agripper.

La particularité de Rubi, c’est son ambidextrie plutôt bien exploitée dans un jeu vidéo. Au lieu de tirer sur le même ennemi avec ses deux armes comme la Lara Croft d’il y a dix ans, elle peut shooter deux ennemis différents. D’une main elle vise automatiquement l’ennemi le plus proche d’elle (ne reste plus qu’à presser le bouton pour décharger) et de l’autre elle laisse le joueur choisir sa cible à l’aide du stick analogique. Une façon théâtrale d’exterminer deux méchants en même temps. L’autre petit plus de la belle, c’est de pouvoir compter sur la lame de son Katana. D’une pression sur Carré, elle découpe des têtes, des bras, des entrailles avec une efficacité supérieure aux balles, incitant presque à un corps à corps sauvage plutôt qu’aux gunfights. Sa lame lui sert également à se débarrasser d’obstacles du décor et à ouvrir des portes en enfonçant la pointe dans la serrure à l’aide d’une pression répétée de touche. Les touches seront également à malmener dans une série de Quick Time Events apparaissant dans certains niveaux très scriptés comme par exemple une poursuite sur l’autoroute. Il faut presser le bon bouton au bon moment sinon c’est le Game Over.

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A mesure de ses combats répétés, Rubi gagne des points d’expérience à répartir à la fin de chaque niveau pour débloquer de nouveaux mouvements, de nouvelles compétences. Un classique de l’évolution d’un héros de jeux vidéo, à la limite du cliché. Ce qui est moins classique, c’est l’état de rage dans lequel elle se retrouve à certains moments clés du jeu. Comme un Hulk daltonien, Rubi voit parfois rouge et c’est tout l’écran qui bascule dans une teinte couleur sang. A ce moment les décors sont rouges tandis que les silhouettes apparaissent en noir et le sang en blanc, comme dans une représentation manga de la violence. Rubi est alors encore plus puissante et dissout littéralement les ennemis à l’aide de son Katana. Un effet saisissant la première fois, moins par la suite.De la personnalité, des idées, mais trop d’approximationsVous avez pu vous en rendre compte jusque-là, Wet possède un charme certain, une véritable personnalité largement inspirée des séries B des années 70, avec fausse publicité ringarde dedans. Les musiques, le grain à l’image, la représentation du mode Rage, sa façon de dire des insultes et de descendre les bouteilles d’alcool : pas de doute, c’est tout un pan du cinéma qui prend vie sous nos yeux. Mais avoir autant d’influence ne suffit pas à rendre le jeu captivant au-delà de la démo jouable, question de budget sans doute, et d’un développement à rallonge surement….

Déjà, on ne peut que rester critique devant la qualité de la réalisation, vraiment moyenne, à l’heure où Uncharted 2 ridiculise la frontière entre cinéma et jeux vidéo. Les textures sont simples, pas tellement détaillées, l’aliasing est par moment bien visible sur les personnages et les décors, les ennemis ne sont que des clones tous ressemblants… Bref, on a largement vu mieux sur notre machine fétiche.

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Ensuite, la construction du jeu en lui-même tient parfois du chemin de croix. Les niveaux ne sont qu’une succession de couloirs avec quelques arènes plus ouvertes au milieu desquelles on subit des vagues illimitées d’ennemis tant que leur accès n’est pas barré. Il faut alors verrouiller les entrées en brisant un mécanisme pour stopper ce flux insistant. Rasoir. Tout comme les parcours d’obstacles obligatoires dans le quartier général de Rubi. Forcer le joueur à passer dans des anneaux lumineux en un temps limité n’a jamais été une brillante idée dans un jeu d’action, surtout quand le personnage principal n’est pas évident à déplacer. Les mouvements de Rubi dans sa course standard manquent de finesse, elle semble trop lourde pour ce style de jeu.

L’interaction avec les décors est loin d’atteindre le niveau d’un StrangleHold et se réduit au minimum, à juste quelques caisses devant une échelle ou une porte à exploser pour progresser. Les tables, les chaines et autres éléments logiquement mobiles du décor sont statiques et indestructibles. Comment prendre son pied quand un simple tabouret résiste à une charge héroïque?

Enfin, l’action est répétitive et par conséquent lassante au bout de quelques heures de jeu, comme StrangleHold pouvait l’être par moment. Il est toujours possible de parcourir les niveaux pour trouver des singes en jouet cachés, comme une sorte d’entracte mais à quoi bon. Mieux vaut consacrer son temps à autre chose.

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test écrit par Kratos


  • Graphismes

    6 / 10

    Graphiquement moyen, Wet ne tire son épingle du jeu que par la représentation de son mode Rage, saisissant la première fois.

  • Jouabilité

    6 / 10

    Rubi accuse une raideur parfois gênante dans ses déplacements, la construction des niveaux est pénible.

  • Son

    7 / 10

    Musique d'ambiance de bonne qualité dans les missions, doublages français crédibles. Immersif.

  • Durée de vie

    6 / 10

    Aucun mode multijoueurs, il faudra se contenter de la chasse aux singes cachés et des cinq modes de difficulté pour prolonger la partie.

  • Fun

    5 / 10

    Les premiers niveaux sont sympas, le temps de la découverte, mais Wet lasse bien vite à cause d'un gameplay répétitif et de situations contraignantes.

• Un hommage aux films de Tarantino
• Le mode Rage, visuellement sympa
• Pas de censure sur le vocabulaire

• Graphiquement limité
• Action répétitive
• Pratiquement pas d'interaction avec les décors

5.5 / 10

Verdict

Wet partait d'un bon sentiment : transposer en jeu vidéo l'univers déjanté des films de Tarantino avec une héroïne nerveuse au centre de l'histoire. Malheureusement il s'avère trop répétitif, trop mal construit pour trouver sa place dans notre ludothèque idéale. Déjà dépassé à sa sortie par la concurrence, il ne satisfera que les amateurs d'action débridée en manque d'aventure inédite.

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