Test de jeu / PS3 / Watchmen : The End is Nigh - partie 1

- publié le 9 mars 2009
- Etat : Disponible
- Date de sortie :04/03/2009
- Développeur :Deadline Games
- Distributeur :Warner Bros Interactive
- Thème :Licence audiovisuelle
- Genre :Beat'em all
- Nb de joueurs :1 à 2
Créés voilà plus de vingt ans par DC Comics, les Watchmen auront attendu bien longtemps avant d’avoir droit à leur adaptation cinématographique. Le film en question est bien entendu la principale raison d’exister du jeu vidéo qui nous intéresse aujourd’hui, mais l’aventure qui vous attend dans The End is Nigh n’a rien à voir avec celle découverte dans les salles obscures.
Pour ceux d’entre vous qui n’auraient jamais entendu parler des Watchmen, il convient de brosser un rapide portrait de ce comics publié en douze volumes de 1986 à 1987 : il dépeint une réalité alternative des années 1980, et nous plonge dans un monde au sein duquel les super-héros sont monnaie courante. Grâce à eux, la Guerre du Vietnam a pris une autre tournure et Richard Nixon a réussi à surmonter le scandale du Watergate pour poursuivre sa carrière politique.
Le comics se déroule à New York en 1985, et débute par l’assassinat d’un homme nommé Edward Blake dont on découvre bientôt les activités de super-héros sous le pseudonyme Le Comédien. L’un de ses homologues nommé Rorschach suspecte alors une cabale contre les justiciers costumés, et il ne tarde pas à alerter d’anciens partenaires : Dr Manhattan, Le Hibou, Ozymandias et Le Spectre Soyeux. A eux cinq, les Watchmen comptent bien faire la lumière sur cette ténébreuse affaire.Huit ans plus tôtSi le film Watchmen actuellement sur les écrans adapte plus ou moins librement l’histoire contée par le comics éponyme, le jeu The End is Nigh se focalise quant à lui sur une période antérieure : en 1977, Rorschach et Le Hibou (Nite Owl en anglais) faisaient équipe pour lutter contre le crime, et c’est ainsi que vous prenez en main l’un des deux héros tout au long des six chapitres inclus dans ce premier épisode téléchargeable. S’il est possible de vivre l’aventure à deux en écran splitté, il est en revanche impossible de passer d’un personnage à l’autre lorsque l’on est seul, la console se chargeant automatiquement du super-héros que vous n’avez pas choisi. Précisons aussi que le mode coopératif n’est disponible que sur une unique console, aucune option de jeu en réseau n’ayant été prévue.

Si vous vous interrogez sur la durée de vie d’un tel titre téléchargeable proposé au prix de 14.99€, sachez qu’il vous faudra trois à quatre heures pour boucler les six chapitres avec un personnage : vous pouvez donc tabler sur une durée de vie globale de six à huit heures si vous comptez vivre l’aventure avec les deux super-héros. A noter que les différents trophées vous demanderont d’utiliser tour à tour Rorschach et Nite Owl, et même de faire une partie à deux joueurs : la ruse est relativement grossière, et ne suffira probablement pas à allonger réellement la durée de vie du jeu !Un gameplay percutant mais répétitifDans la pratique, Watchmen : The End is Nigh est à ranger dans la grande famille des beat-em-all : on avance de quelques mètres pour tomber sur un groupe d’adversaires que l’on élimine avant de reprendre son chemin. Les fans de Double Dragon et autres Streets of Rage connaissent la musique, et il faut bien avouer que la production de Deadline Games reprend à la lettre la recette de ces anciens hits.
Quel que soit le personnage choisi, les coups de base sont identiques : Carré pour une attaque légère, Triangle pour une attaque puissante, Rond pour se saisir d’un adversaire et R1 pour parer ou esquiver. Chaque super-héros dispose ensuite de combos à effectuer dans le bon timing pour paralyser ou assommer son adversaire, les combinaisons changeant d’un personnage à l’autre.
Viennent ensuite les capacités spéciales : Rorschach dispose d’une jauge de rage qui se remplit lorsqu’il frappe ses ennemis ou encaisse des coups, et qui lui permet ensuite de ruer vers l’avant pour faire chanceler son vis-à-vis ou de déclencher le mode Rage avec lequel sa force est décuplée. Nite Owl se voit quand à lui affublé d’une jauge de charge qui lui permet d’utiliser des grenades ou d’envoyer des éclairs pour étourdir ses adversaires.
Assez timides et inefficaces durant le premier chapitre, vos ennemis deviennent par la suite plus entreprenants : ils apprennent à esquiver ou contrer certains de vos coups, et peuvent même s’équiper de crics, bouteilles et autres battes de base-ball pour vous faire la peau. Heureusement, nos héros n’ont qu’à contrer au bon moment pour désarmer leurs adversaires, et Rorschach peut même utiliser les armes ainsi récupérées à son compte !

Pour que le spectacle soit total, les ennemis affaiblis peuvent être achevés d’un coup fatal extrêmement violent dès lors que vous pressez le bouton indiqué au-dessus de leur tête : la caméra se focalise alors sur votre personnage et son adversaire, et vous assistez à une mise à mort qui fera frémir les âmes sensibles.
Mais si le système de combat de The End is Nigh s’appréhende rapidement et réserve quelques bons moments, on ne peut que regretter qu’il se répète du début à la fin du jeu sans jamais vraiment évoluer : les ennemis arrivent plus nombreux et mieux équipés au fur et à mesure que l’on progresse, mais le mécanisme d’esquive/contre/coup fatal découvert dans le premier niveau fonctionne jusqu’au sixième. C’est bien simple : nous n’avons pas eu l’occasion de voir l’écran de game over du jeu en complétant l’aventure avec les deux héros ! Et ce n’est pas le combat contre le boss du dernier chapitre qui peut prétendre offrir un défi un peu plus relevé…
Tout aussi gênante, l’extrême linéarité des niveaux fait que l’on passe d’une zone à une autre sans qu’aucune forme d’exploration ne soit nécessaire. Certes il existe quelques objets cachés à trouver, certains demandant de se prêter à un mini-jeu de crochetage de serrure dont la présence ne lasse pas d’étonner, mais n’espérez pas faire grand-chose d’autre que vous battre dans The End is Nigh… On note bien quelques puzzles ici et là mais leur pauvreté ne titille pas vraiment le joueur un tant soit peu expérimenté : lorsque vous incarnerez Rorschach, vous vivrez plus d’une fois une séquence dans laquelle Nite Owl soulève de quelques centimètres un rideau de fer afin que votre personnage puisse passer et aille appuyer sur la commande d’ouverture du rideau située deux mètres plus loin. On a du mal à saisir le potentiel ludique d’un tel puzzle… Et que dire du niveau dans lequel il faut ouvrir successivement trois vannes situées à quelques encablures les unes des autres pour vider une pièce de son eau? Il faut se rendre à l’évidence : ces phases de jeu auraient pu être supprimées sans que le joueur n’y perde au change !Techniquement surprenantCes défauts dans le gameplay du jeu sont d’autant plus regrettables que la production de Deadline Games s’avère plutôt convaincante dans sa prestation technique : alors que l’on s’attendait à un titre sans prétention dans ce domaine, The End is Nigh offre des environnements variés, détaillés, et baignés d’effets de lumière tout à fait réussis. Le brouillard qui envahit certaines pièces est du plus bel effet, et la gestion des ombres fait elle aussi la pige à bon nombre de grosses productions disponibles en magasin. On déplore certes un aliasing très présent et un tearing occasionnel, mais le rendu global reste convaincant pour un jeu de ce prix proposé sur le PlayStation Store.

La bande son n’est pas en reste puisque les dialogues sont assurés par les acteurs du film, Patrick Wilson et Jackie Earl Haley, leurs lignes de texte n’évitant toutefois pas quelques commentaires d’une extrême platitude. Les effets sonores, bien que très classiques, rendent bien compte de la violence des affrontements, et les musiques vous accompagnant tout au long du jeu savent se faire entendre durant les combats, et rester plus discrètes lorsque aucun ennemi n’est en vue.
Terminons en mentionnant les sympathiques cut-scenes façon comics, dans lesquelles les décors et les personnages apparaissent en 2D et sont animés sur différents plans : le procédé n’a rien de diablement original mais il s’inscrit parfaitement dans l’esprit de l’œuvre originale.
• Plutôt réussi graphiquement
• Un système de combat efficace
• Le mode coopératif en local
• Vite répétitif
• Un peu cher : 14.99€
• Pas de mode coopératif en ligne
Verdict
Malgré de belles qualités techniques et un système de combat relativement au point, Watchmen ne parvient pas à cacher très longtemps son caractère répétitif, la faute à des ennemis manquant d'efficacité, et à certaines phases de jeu aussi inutiles que rébarbatives. Pour 14.99€, vous ne prendrez pas il est vrai un énorme risque en achetant The End of Nigh, mais sachez que l'expérience proposée ne vous occupera que pendant une courte période. Reste maintenant à savoir si le prochain épisode de Watchmen apportera quelques améliorations à la formule de base.
Le Village PF

Graphismes
7 / 10Pour un jeu en téléchargement, Watchmen est plutôt réussi : les décors sont détaillés, les héros bien modélisés, et l'ensemble bénéficie de jolis effets de lumière. Dommage que l'aliasing et le tearing soient de la partie.
Jouabilité
6 / 10Le système de combat du jeu est plutôt convaincant et rend bien compte de la puissance de nos héros lorsqu'ils affrontent des hordes d'ennemis. Dommage toutefois que le principe ne s'enrichisse pas en cours de jeu : il en devient assez vite lassant.
Son
7 / 10Les dialogues en anglais sont réussis et les effets sonores, relativement classiques, rendent bien compte de l'intensité des combats et de la violence des coups spéciaux. La musique accompagnant votre progression remplit son office.
Durée de vie
4 / 10Comptez entre trois et quatre heures pour boucler les six chapitres de ce premier épisode avec l'un des deux personnages. Le seul intérêt à refaire l'aventure par la suite est de débloquer les différents trophées.
Fun
5 / 10S'il amuse durant les deux ou trois premiers chapitres, Watchmen finit assez vite par lasser, la faute à un gameplay qui ne s'enrichit que trop peu au fil de l'aventure.