Test de jeu / PS3 / TRON : Evolution

- publié le 2 février 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :03/02/2011
- Développeur :Propaganda Games
- Distributeur :Disney Interactive
- Thème :Futuriste
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1Visitez le site officiel
Pratiquement 30 ans après la sortie du premier film au cinéma, le cultissime Tron va disposer d’une suite baptisée Tron : L’Héritage. Et comme il est de coutume dans notre univers, Disney Interactive sort juste avant le long métrage le jeu vidéo officiel retraçant des événements antérieurs à cette suite. Vous découvrirez ainsi des personnages et quelques éléments scénaristiques qui seront dans le second opus. Un Tron 1.5 en quelque sorte, qui fait la liaison entre les trente années de mondes virtuels. Tout un programme.A bug’s lifeSans rentrer dans les détails du scénario, donnons un bref aperçu du synopsis qui vous attend : en 1982, un programmeur du nom de Kevin Flynn se retrouve piégé dans le programme informatique qu’il a créé. Le jeu se déroule dans cet univers vivant, évoluant comme notre monde avec des programmes, des basics et des ISO personnifiés. Mais comme pour l’homme, ce programme est affecté par un virus (informatique pour lui) qui menace l’existence même de certaines données clés. Effectivement, d’un point de vue extérieur on serait simplement tenté de faire un Ctrl + Alt + Suppr et de redémarrer la bécane. Mais ce n’est pas aussi simple, et c’est surtout sur cette contamination que repose tout l’enjeu de l’aventure.

Tron Evolution se présente comme un jeu d’action à la troisième personne largement inspiré par Prince of Persia. On y incarne un programme informatique anonyme et muet, qui doit arpenter les huit niveaux du jeu en courant sur les murs, en sautant de plateforme en plateforme, et en se suspendant à des corniches. Par la suite, un disque magnétique servira de grappin afin d’atteindre des zones éloignées. Question originalité, le jeu se contente de copier (avec efficacité certes) un gameplay maintes fois éprouvé dans la trilogie d’Ubisoft. Mais ce qu’il copie, il le recrache en moins bien : le jeu n’offre pas la fantaisie, l’audace et la passion du prince de Perse. Forcément, les décors sont vides, répétitifs et monochromes, à l’image du monde virtuel dans lequel on évolue, alors on a du mal à s’enthousiasmer et à ressentir une quelconque progression dans l’aventure. Notre personnage est également transparent, incapable d’exprimer une émotion ou un son. Du coup, on s’ennuie un peu en sa présence, et la solitude devient vite pesante.
Entre deux galipettes, le jeu offre des combats en arènes. Les personnages en orange / jaune sont vos ennemis, même s’ils vous ressemblent comme deux gouttes d’eau. A vous de les rosser avec des attaques au corps à corps (bouton Rond), des attaques à distance (bouton Carré) et des super coups (Triangle). La bande annonce du film n’est pas mensongère, et c’est bien avec un disque de lumière que vous combattez. Cette partie du gameplay offre ce que l’on est en droit d’attendre : des enchainements, des parades, des contres, des disques aux pouvoirs différents (lourd, explosif, incapacitant…) et à charger pour faire encore plus de dégâts. Comme dans le premier Assassin’s Creed, les contres sont d’une redoutable efficacité. La partie combat est plutôt intéressante, avec des points d’expérience à glaner à chaque affrontement, des niveaux à passer comme dans un jeu de rôle et de nouvelles capacités et attaques à acheter avec nos points. La barre de vie et les réserves d’énergie n’attendent que votre expérience pour croitre.

Bien entendu, que serait Tron sans ses fameuses motos futuristes? Pour éviter de répondre à cette délicate question, le jeu offre quelques courses d’engins aussi courtes que mollassonnes. Le lumicycle ne sert qu’à se rendre d’un niveau à un autre en ligne droite, en évitant les débris et autres attaques adverses. Rien de vraiment mémorable, à l’image des phases de tir à bord d’un lumitank aussi lourd que dans la vraie vie, sauf qu’ici nous sommes dans le virtuel. Pouvoir tirer au tank sans avoir le plaisir d’exploser les décors autour a quelques chose de frustrant. Dommage.(é)TronVous allez me dire, ce jeu s’adresse aux fans de Tron et ces gens ne trouveront pas les décors répétitifs puisqu’ils aiment cet univers. C’est exact dans un sens, les aficionados de plus de 30 ans seront probablement heureux de retrouver l’ambiance du film de leur enfance. Il n’empêche que le jeu n’exploite pas vraiment l’Unreal Engine, et que les phases de plateforme sont parfois approximatives en raison d’une caméra et d’un level design moyens, au point de ne plus s’y retrouver. La présence d’un GPS en pressant le bouton Select n’est pas là par hasard.
Comme affiché sur la jaquette du jeu, nous avions à cœur de tester l’expérience au PlayStation Move. La déception est là encore bien réelle puisque le bâton de joie de Sony ne sert que pendant les courses de lumicycle. En tenant la baguette comme un guidon de moto (la sphère lumineuse orientée vers la gauche), on oriente le deux roues du poignet, en accélérant avec la gâchette. Dans les faits, c’est beaucoup moins intuitif qu’avec un Dual Shock, et presque inutilisable puisque le jeu ne prévient jamais quand on peut passer de la manette au Move. En comme on ne va sortir l’accessoire avec précipitation que pour quelques minutes de course, il est plus simple de laisser tomber l’idée.

La durée de vie globale n’excède pas les cinq – six heures de jeu en mode normal, chacun de huit niveaux se terminant en moins d’une heure. Les affamés pourront toujours chercher tous les fichiers et les fragments pour compléter leur collection, ce qui prolongera quelque peu l’aventure. En revanche, ce ne sont pas les modes multijoueurs qui vous tiendront en haleine fort longtemps puisqu’ils oscillent entre les traditionnels matchs à mort en équipe, en solitaire et les captures de points et d’objets. Standard quoi. Au final, Tron Evolution n’est pas la pire adaptation d’un film en jeu vidéo, elle est juste dans la moyenne basse du classement. Un titre qui se vendra plus pour son nom que pour ses qualités réelles, globalement sans prétention.
• Univers respecté
• Evolution des capacités
• Compatible 3D
• Du déjà joué en mieux ailleurs
• Univers aseptisé
• Utilisation futile du Move
Verdict
Sans être particulièrement mauvais, Tron Evolution fait partie de ces productions passe-partout, développées sur les bases d'un gameplay surexploité et standardisées jusqu'à la moelle pour satisfaire les fans pas trop exigeants. Un jeu moyen par excellence, qui sort de l'anonymat grâce à sa prestigieuse licence. Un achat d'occasion pour les inconditionnels, une aberration pour les autres.
Le Village PF

Graphismes
5 / 10Le moteur Unreal Engine se contente d'afficher de petites zones monochromes et vides, dans l'esprit du film dont est tiré le jeu. On a vu mieux, même si ça colle au thème.
Jouabilité
6 / 10Le gameplay repose sur les bases d'un Prince of Persia mais en y ajoutant quelques errances de la caméra et un level design qui pousse à l'approximation.
Son
5 / 10Personnage muet, musiques à peine audibles et sans réelles mélodies. Encore une fois, c'est le cahier des charges de Tron mais l'ensemble est objectivement dépouillé.
Durée de vie
6 / 10Le jeu compte huit niveaux de moins d'une heure chacun. Donc en fonction de votre niveau, le jeu ne devrait pas prendre plus de six heures.
Fun
6 / 10L'utilisation du PlayStation Move est sous-exploitée et inquiète quant à l'avenir de l'accessoire auprès des éditeurs tiers.