Test de jeu / PS3 / Swarm

- publié le 14 avril 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :23/03/2011
- Développeur :Hothead Games
- Distributeur :Ignition Entertainment
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1
Les développeurs de Hothead Games l’ont bien compris : pour faire son trou dans la jungle des jeux téléchargeables via le PlayStation Network, il est préférable de jouer la carte de l’originalité afin de ne pas être directement comparé à des productions « Triple A » disponibles en magasin. Ainsi, après une incursion dans les genres RPG/Aventure avec Penny Arcade Adventures, et RPG/Hack’n’slash avec DeathSpank, les voilà qui nous servent un jeu d’action/plateforme, à la croisée des chemins entre un Lemmings et un Pikmin.
Les Swarmites sont dans la panade : leur gigantesque « Maman », sorte de monstrueux blob gélatineux venant du fin fond de l’espace, vient d’atterrir sur une planète désertique bien peu accueillante. Le problème est qu’elle a faim, et ce sont ses « enfants », de petites créatures bleues tenant autant du schtroumpf que du lemming, qui vont devoir la rassasier. Comment ? Tout simplement en parcourant des niveaux truffés de pièges, au péril de leur vie, et en amassant suffisamment de points pour satisfaire la matriarche. Tout un programme !Un gameplay exigeant…Vous l’aurez compris le scénario de Swarm n’est là que pour habiller plus ou moins élégamment un jeu basé sur l’une des plus vieilles ficelles vidéoludiques : la course au score. Ainsi, vous n’avez accès en début de partie qu’au premier niveau du jeu, et vous devez atteindre un score cible pour débloquer le second, une manœuvre qui doit par la suite être répétée jusqu’à déverrouiller l’intégralité des dix niveaux. L’objectif est toutefois plus facile à décrire qu’à atteindre, Swarm n’étant pas le genre de jeu grand public où la difficulté reste mesurée de bout en bout : les deux ou trois premiers niveaux s’appréhendent sans trop de mal, mais les choses se compliquent sérieusement dès le quatrième.

A vrai dire, la première difficulté du jeu réside dans ses contrôles, inutilement complexes. Le problème ne tient pas au fait que vous dirigiez un groupe de Swarmites au lieu d’un seul individu, mais plutôt aux manipulations alambiquées des boutons du pad pour réussir tel ou tel mouvement. Ainsi, s’il est aisé de maintenir son groupe resserré (R2) pour se faufiler dans des passages étroits, ou au contraire de l’espacer (L2) pour ramasser un maximum d’orbes servant à faire grimper le score, on est plus dubitatif quant à l’utilisation de la frappe qui nécessite de charger avec R2, de relâcher puis d’appuyer immédiatement sur L2. Dans le même ordre d’idées, la formation totem qui permet d’atteindre des objets situés en hauteur demande d’appuyer sur R2 puis de tapoter Croix pour faire s’empiler les Swarmites. Presque logique, sauf que ce même bouton Croix permet de sauter, et que le moindre effleurement du stick lors de l’empilement fait ainsi sauter toute la colonne qui tombe généralement dans le piège que l’on cherchait à éviter ! Si l’on ajoute qu’il est parfois nécessaire de se mettre en formation totem, puis de sauter avant de réaliser un dash, vous comprenez que les doigts finissent parfois par se crisper sur les boutons du pad…
Mais pour en revenir au jeu à proprement parler, vous démarrez chaque niveau avec un groupe d’une cinquantaine de Swarmites dont le but est d’atteindre la sortie située à l’autre bout tout en engrangeant un maximum de points. Pour ce faire, il vous suffit de ramasser autant d’orbes que possible, chacun rapportant selon sa nature 100,500 ou 1000 points. Bien sûr les choses ne sont pas si simples, et l’astuce pour atteindre des scores élevés est d’enchaîner les orbes afin d’incrémenter un multiplicateur : dès qu’un orbe a été absorbé, un chrono commence le décompte et vous n’avez alors que quelques secondes pour trouver un autre orbe avant que le multiplicateur ne retombe à zéro. Petite subtilité : si l’un de vos Swarmites meurt, le chronomètre est réinitialisé. Il faut donc parfois sacrifier ses troupes pour ne pas perdre le multiplicateur.

Et c’est dans les mille et une morts qui attendent vos Swarmites que l’on trouve toute l’ingéniosité de Hothead Games : les bestioles pourront évidemment tomber dans le vide en raison de sauts mal calculés ou de plateformes qui s’effondrent, mais ils pourront aussi, au choix, être découpés, brûlés, électrocutés, empalés, ou encore déchiquetés. Chaque niveau regorge de pièges plus ou moins visibles, et vous devrez donc à la fois vous soucier de votre multiplicateur mais aussi de l’état de vos troupes. Rassurez-vous, des régénérateurs sont disséminés dans les niveaux pour reconstituer vos rangs à intervalles réguliers !…mais un peu monotone !Si les dix niveaux du jeu sont assez semblables, avec les mêmes pièges revenant de l’un à l’autre, il existe toutefois quelques petites subtilités comme des passages dans l’obscurité qui nécessitent de tenir un ver luisant pour se repérer, ou encore des obstacles pouvant uniquement être détruits par l’utilisation de bombes. Plus important, deux boss vous attendent au milieu et à la fin du jeu, pour peu que vous ayez récolté suffisamment de fragments d’ADN dans les niveaux précédents : suffisamment visibles, ils demandent toutefois une bonne technique pour être atteints.
Proches en termes de gameplay, les différents niveaux sont tout aussi similaires dans leur apparence : les décors sont identiques du début à la fin du jeu, ce qui amène forcément une certaine monotonie. Heureusement les Swarmites sont bien modélisés et animés avec soin, et les nombreux pièges occasionnent tant de mouvement à l’écran que l’on n’a pas trop le temps de s’attarder sur les environnements tristounets. A vrai dire, l’action est parfois si effrénée qu’on a un peu de mal à suivre !

Côté sonore Swarm s’en sort bien, avec des musiques discrètes mais parfaitement adaptées au jeu, et des effets sonores directement liés aux pièges et aux horribles morts qui attendent nos petits compagnons : un piège qui se referme par ici, un jet de flamme par là, un baril explosif un peu plus loin, on pourrait presque compter le nombre de Swarmites perdus au combat rien qu’avec la bande son.
Sachez d’ailleurs que les innombrables morts des petites créatures bleues seront l’occasion d’obtenir des Médailles de la Mort (de bronze, d’argent puis d’or), et accessoirement quelques trophées. Précisons enfin que, en bon jeu de course au score, Swarm offre des classements en ligne permettant de connaître sa position parmi les joueurs du monde entier ou parmi ses amis.
• Un gameplay atypique
• La réalisation globalement correcte
• Le prix : 12.99€
• Une difficulté parfois excessive
• Des contrôles inutilement complexes
• Les décors monotones
Verdict
Pas forcément novateur mais certainement atypique, Swarm apporte un peu de fraîcheur dans univers vidéoludique dominé par les FPS, jeux de voitures et autres simulations sportives. Certes ses contrôles particuliers et sa difficulté parfois corsée ne le mettent pas à la portée de tous, mais les amateurs de course au score et d'action/plateforme devraient y trouver leur compte. Il faut dire qu'à 12.99€, le rapport durée de vie / prix se révèle tout à fait correct.
Le Village PF

Graphismes
7 / 10Les environnements sont vite monotones, mais les Swarmites et les nombreux pièges qui les attendent sont correctement modélisés et animés. En revanche la lecture de l'aire de jeu est parfois difficile tant les éléments affichés sont nombreux.
Jouabilité
6 / 10Si diriger 50 Swarmites en même temps devient vite naturel, les contrôles alambiqués du jeu rendent toutefois certaines manœuvres particulièrement difficiles. Attention, la difficulté des niveaux augmente rapidement.
Son
7 / 10Les musiques sont discrètes mais agréables, et les effets sonores rendent bien compte des mille et une morts qui attendent nos Swarmites : vous saurez immédiatement s'ils ont été brûlés, découpés, écrasés, électrocutés, empalés…
Durée de vie
8 / 10Avec seulement dix niveaux, on pouvait craindre pour la durée de vie de Swarm. C'était sans compter sur sa difficulté croissante, et sur la nécessité de récolter suffisamment d'ADN pour affronter les boss. Pour le prix, vous aurez de quoi vous amuser.
Fun
7 / 10Très sympathique durant les premiers niveaux qui restent accessibles à tous, le jeu devient légèrement frustrant au fur et à mesure de la progression, en raison de scores cibles à atteindre particulièrement élevés et d'une maniabilité parfois douteuse.