Test de jeu / PS3 / Silent Hill: Homecoming

- publié le 19 février 2009
- Etat : Disponible
- Date de sortie :26/02/2009
- Développeur :Konami KCET
- Distributeur :Konami
- Thème :Horreur
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1Visitez le site officiel
Première apparition de la série Silent Hill sur PlayStation 3 avec ce Homecoming attendu des joueurs mais maintes fois repoussé. Cette attente en valait-elle la peine ?
Sortie à la fin des années 90 sur la PlayStation première du nom, la saga Silent Hill s’est rapidement forgée une réputation auprès des amateurs de survival horror. Loin de son concurrent Resident Evil, le titre de Konami a tout de suite opté pour une vision plus psychologique de l’horreur et également plus poignante. Ici pas de groupe d’intervention d’élite mais juste un homme, maladroit avec les armes à feu, qui doit traverser l’enfer à la recherche de sa fille. Succès oblige, une suite fut mise en chantier pour la PlayStation 2, suite qui poussa encore plus loin l’implication du joueur dans l’interprétation de l’histoire, faisant encore à l’heure actuelle figure de référence ultime pour les fans. Puis arrive le troisième opus, véritable suite du premier volet qui – en exploitant au mieux les capacités de la console – franchit en nouveau palier dans l’horreur virtuelle. Le quatrième opus – The Room – est l’épisode qui divise le plus par ses partis pris ludiques : on l’adore ou on le déteste. Enfin, la licence change de continent et ce n’est plus le studio japonais qui développera le sympathique Silent Hill Origins (PSP puis PS2), tout comme ce premier volet sur console « nouvelle génération ».Home Sweet HomeSilent Hill : Homecoming nous conte les mésaventures d’Alex Sheperd, un ancien militaire américain bien décidé à retourner dans sa ville d’origine pour savoir si son frère Joshua qu’il voit dans ses horribles cauchemars est en sécurité. Des cauchemars à base de monde altéré et d’infirmières folles tout droit sorties du film de Christophe Gans dont il reprend également le basculement en temps réel d’un monde à l’autre. A son réveil il est déposé par un routier dans la ville de Sheperd's Glen, petite bourgade dans laquelle réside « normalement » sa famille. Seulement voilà, les choses ont changé pendant son absence et cette ville semble à l’abandon, vide de vie, et emplie d’un épais brouillard. Les choses sérieuses peuvent commencer ici, mais aussi rapidement à Silent Hill.

Développé par un studio américain, ce Silent Hill : Homecoming subit quelques changements majeurs davantage liés à ses origines occidentales qu’à la puissance offerte par la PlayStation 3. Tout comme le préquel Origins, ce volet fait la part belle à l’action avec pour la première fois dans la série une barre de vie visible à l’écran, un système de coups faibles mais rapides ou puissants mais lents, ainsi qu’un bouton d’esquive, des combos et des contres. Dans le détail, les affrontements – sans être trop nombreux – sont plus orientés vers l’action au corps à corps (les balles sont plus rares) avec un nouveau système de combat : une fois l’arme en main (bouton L2) il faut presser le bouton Croix pour des coups rapides, Carré pour des coups plus puissants et maintenir Carré pour l’attaque la plus puissante. Il faut alors bien gérer son timing, les armes à utiliser pour tel ou tel type d’ennemi et le bouton Rond qui sert à esquiver les attaques en se baissant ou en faisant des pas de côté. Naturellement, réussir une esquive permet d’enchainer avec un contre dévastateur. Les premiers échanges contre des créatures puissantes (et parfois nombreuses) mettent à rude épreuve le système d’esquive pas toujours optimal. Difficile de bien anticiper les attaques des ennemis au début et le placement parfois trop loin de l’action du héros après une roulade déstabilise. Il n’est donc pas rare de taper à côté de l’ennemi et tout de suite après de se prendre une gifle par celui-ci. Heureusement, avec le temps on s’y fait et il faut bien puisque la difficulté est au dessus des précédents volets (le corps à corps est omniprésent). Chose amusante, les monstres gardent les traces de vos coups, ce qui permet d’imaginer leur barre de vie. A noter également que les phases de tir sont désormais caméra à l’épaule pour faciliter la visée et qu’un système de Quick Time Event permet de se sauver la vie plusieurs fois dans le jeu.
L’action nettement plus « arcade » mise à part, le cœur du gameplay n’a absolument pas changé. Le jeu alterne phases d’exploration dans les rues brumeuses, moments d’angoisse dans des bâtiments abandonnés (hôtel, hôpital… des classiques), puzzles bien trop simples et moments de survie dans leur version démoniaque jusqu’à un boss. Du déjà vu, du déjà joué dans chaque volet de la série mais qui procure toujours un même sentiment d’angoisse plutôt efficace. L’ambiance sonore particulièrement travaillée et les éclairages bien faiblards plongent dans l’horreur. On ne peut pas en dire autant de l’aura générale du titre, finalement moins inspiré que les précédents volets : le scénario est bien trop classique (remplacez la fille du premier épisode par le frère et voilà) et l’aspect psychologique de l’histoire est sous-développé. Néanmoins on se laisse facilement tenter par l’aventure lugubre à souhait, pour peu que vous soyez un minimum réceptif aux survival horror.Une arrivée bien trop tardiveBien que disponible depuis septembre 2008 aux Etats-Unis, le jeu ne sortira officiellement que le 26 Février prochain en Europe. Un retard qui – en plus d’être difficile à justifier – rend l’aspect graphique encore plus dépassé. Face à Killzone 2 et à Resident Evil 5 disponibles en même temps, Silent Hill Homecoming ressemble à un jeu PlayStation 2 passé en Haute Définition. Toutes proportions gardées, le fossé technique était plus visible entre Silent Hill et sa suite qu’entre l’épisode The Room et ce Homecoming. Animations toujours rigides, textures simples pour les décors et les personnages et effets de lumière minimalistes (la lampe n’éclaire pratiquement pas !). On notera toutefois la présence de créatures cauchemardesques originales et bien animées, contrairement au héros. En ce qui concerne la durée de vie, il vous faudra une bonne dizaine d'heures avant d'en voir le bout une première fois, mais la possibilité de découvrir cinq dénouements différents en fonction de vos choix au cours de l'aventure rallonge considérablement la durée de vie du titre. Notons pour finir que le soft n’est pas compatible avec les trophées et qu’aucune installation n’est nécessaire pour se lancer dans l’aventure.

• Un bon survival horror
• Flippant
• Bonne ambiance sonore
• Arrivée trop tardive, déjà dépassé techniquement
• Trop classique pour marquer la série
• Manque de surprise scénaristique
Verdict
Finalement, que dire de Silent Hill : Homecoming ? Sans faire honte à l'illustre série dont il est la suite, ce cinquième volet est certainement le moins marquant, le moins torturé mais le plus orienté vers l'action et les combats au corps à corps. Il reste tout de même intéressant pour les amateurs du genre qui trouveront un vrai survival horror, classique, comme on n'en voit plus tant que ça. Simplement un bon jeu et donc pas aussi culte que les anciens.
Le Village PF

Graphismes
6 / 10Difficile de flatter la rétine en sortant en même que Killzone 2 et Resident Evil 5. Convenable dans l'ensemble.
Jouabilité
6 / 10Le nouveau système de combat n'est pas toujours convaincant dans les contres, l'ensemble est encore trop rigide. On peut cependant saluer l'accès facilité aux menus.
Son
8 / 10Les thèmes sont dans la lignée des précédents volets et contribuent largement à l'angoisse procurée dans ce jeu.
Durée de vie
7 / 10Comme toujours, les plus acharnés pourront découvrir les différentes fins et jouer pendant plusieurs dizaines d'heures.
Fun
7 / 10Cahier des charges rempli, l'aventure reste fidèle à elle-même et procure quelques bons moments d'angoisse et de découverte macabre.