Test de jeu / PS3 / Rise of the Argonauts

- publié le 30 décembre 2008
- Etat : Disponible
- Date de sortie :12/12/2008
- Développeur :Liquid Entertainment
- Distributeur :Codemasters
- Thème :Antiquité
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1
La quête de Jason et ses Argonautes à la recherche de la Toison d’Or est un morceau essentiel de la mythologie grecque mais peu souvent traité dans les jeux vidéo. Prêts à plonger dans la légende ?
Si quelques jeux comme l’excellente série des God of War prennent pour cadre la mythologie, les titres traitant de ces célèbres épopées ne sont pourtant pas légion. C’est d’autant plus regrettable que les légendes sont aussi riches que nombreuses. Parmi elles, on retrouve l’aventure de Jason et de ses compagnons à la recherche de la fameuse Toison d’Or. Rise of The Argonauts propose au joueur de revivre ce mythe dans un jeu d’aventure à la troisième personne.Mythes et légendesL’histoire de Rise of the Argonauts commence par la cérémonie de mariage entre Jason et Alcème, cérémonie rapidement gâchée par l’intrusion de Langues Noires dans le palais d’Iolcos. Un de ceux-ci arrive à s’approcher suffisamment prêt pour décocher une flèche qui touche mortellement la princesse. Dès lors, Jason n’a plus qu’un seul but dans son existence : ramener la femme qu’il aime à la vie. Pour ce faire, il devra trouver l’introuvable Toison d’Or, toison cachée des mortels depuis toujours. L’oracle de Delphes a pourtant montré le chemin : Jason doit trouver des indices sur les îles de Saria, Kythra ou encore Mycènes. Des descendants des Dieux pour être plus précis. Heureusement, il ne sera pas seul dans son périple et pourra compter sur Héraclès – fils de Zeus et héros des Douze travaux – puis rapidement sur un centaure du nom de Pan, sur le vif Achille et l’archère Atalante.

Après avoir enquêté dans Iolcos même et après avoir préparé votre départ en consultant les Dieux, vous voici prêt à l’épopée. Notre fine équipe voyage à bord de l’Argo, un bateau qui donnera son nom aux Argonautes, les compagnons de Jason. Chaque île à visiter possède son lot de rencontres et d’épreuves comme un combat de gladiateurs sur l’île de Mycènes. En effet, la princesse Alcème étant la fille du roi de Mycènes, celui-ci vous force à combattre ses meilleurs guerriers pour lui prouver que vous êtes innocent dans la mort de son enfant. C’est ainsi que vous ferez la rencontre d’Achille, célèbre pour son talon. Chaque destination est unique, dans son cadre et son histoire. Une bonne chose, vous pouvez les faire dans le sens que vous désirez, l’aventure n’est pas linéaire. On ne peut en dire autant des niveaux qui s’apparentent à de vastes couloirs à suivre jusqu’à une zone plus élargie. D’ailleurs, l’absence de carte à accès rapide oblige à avoir un excellent sens de l’orientation, surtout dans les intérieurs, afin d’éviter les allers-retours inutiles. Découvrir votre position nécessite d’accéder au menu pause, à l’option carte, et d’ouvrir grands vos yeux : il n’y a ni zoom, ni légende pour se repérer. Autant dire qu’on a connu mieux dans l’ergonomie, de même que dans les combats qui se déroulent par défaut sans barre de vie, ni symbole pour l’arme employée.Trois armes, trois possibilitésLes combats se déroulent à la troisième personne, comme le reste du jeu, avec Jason comme unique combattant. S’il est toujours entouré d’au moins un compagnon, celui-ci est autonome et combattra de son côté sans avoir la possibilité de permuter avec vous, ou de lui donner des ordres. Heureusement, la plupart du temps il est bien occupé avec ses propres ennemis à combattre. Comme dit précédemment, par défaut, le jeu opte pour un affichage épuré et seuls les dégâts apparents symbolisent votre état de santé, jusqu’à un ralenti et une légère surdité lorsque la mort est imminente. Même chose pour le choix des armes, au nombre de trois, chacune symbolisant un Dieu. Arès, le Dieu de la guerre et du courage, est symbolisé par la masse. Hermès, le Dieu de la ruse et de la chance opte pour l’épée alors que Athéna, déesse de la stratégie militaire privilégie la lance. Enfin, Apollon, Dieu de la guérison vous fait l’honneur de son bouclier qui vous apportera protection mais aussi violence lorsque l’on donne un coup avec. Trois armes que vous portez en permanence et que vous pouvez alterner pendant les combats d’une simple pression des boutons L1 ou R1. A vrai dire, chaque ennemi à employer la bonne arme au bon moment. Coups rapides, coups violents, esquive, protection, et attaques spéciales vous protègeront de la mort allant jusqu’à couper en deux ou décapiter ses ennemis. C’est visuel donc c’est bien. Plus tard dans le jeu, des pouvoirs divins seront même à assigner à chaque touche de la croix directionnelle, en fonction de votre expérience.

Le système d’expérience est d’ailleurs bien particulier puisqu’il consiste à échanger vos réussites dans le jeu en points avec lesquels vous pourrez acheter de nouvelles techniques. En d’autres termes, chaque décision que vous prenez, chacune de vos actions positives et chaque victoire au combat vous rapportent la grâce des Dieux, et c’est avec ces grâces que vous achetez leurs faveurs (de nouvelles compétences) comme une meilleure protection, un leurre pendant une esquive… Un écran constellation accessible depuis le menu pause va jusqu’à vous montrer votre progression dans les grâces obtenues. Les perfectionnistes apprécieront.Mieux que le combat, le dialogueSoyons clairs, Rise of the Argonauts n’est pas un beat-them-all ou un jeu de rôle dans lequel des combats aléatoires viendraient polluer la progression toutes les dix secondes. C’est avant tout une belle histoire qui nous est racontée par d’innombrables dialogues et cut-scenes. Ne vous attendez pas à casser des vases pour trouver des pièces, il n’y a pas de magasin pour acheter des items. Ne vous attendez pas à sauver des civils en détresse, les combats sont en dehors des villes. S’il vous arrive de sauver des citoyens ou d’accéder à des quêtes secondaires (pour avoir de nouvelles armes par exemple), c’est uniquement parce que vous avez dialogué avec les bonnes personnes aux bons moments. Sans être uniquement contemplatif, c’est bel et bien l’histoire qui mène la barque et pas vos poings. Certains aimeront cette maturité dans la narration, d’autres non. Quoiqu’il en soit, le système de dialogue est plutôt bien trouvé puisqu’il consiste à choisir, la plupart du temps, entre quatre réponses possibles ou orientations du dialogue en fonction de votre caractère. Certaines réponses doivent se donner en temps limité. Une approche audacieuse peut satisfaire Arès tandis qu’Athéna préfère une réponse mesurée, Hermès une ruse et Apollon un message compatissant. En fonction des orientations que vous prendrez (symbolisées par le logo du Dieu en question), vous comblerez une divinité et gagnerez ses faveurs, et donc de l’expérience à utiliser pour acheter des compétences supplémentaires. A vous de trouver le bon équilibre pour satisfaire tout le monde, ou alors de n’en faire qu’à votre tête. Vous êtes libre, sachez simplement que certaines réponses peuvent vous bloquer certaines quêtes. A noter que les dialogues sont tous doublés en français.

Jusqu’ici plutôt agréable, ce Rise of the Argonauts n’en est pas moins imparfait à commencer par une réalisation en dents de scie. Si les visages sont réalistes, plutôt bien modélisés (surtout les héros) et que le design général est soigné, les textures de certains décors sont pour le moins douteuses malgré l’utilisation de l’Unreal Engine. Pire, c’est surtout techniquement que le jeu montre ses faiblesses : les ralentissements sont fréquents, quelques bugs visuels aussi voire même un peu de clipping lors de l’apparition tardive de personnages non jouables. Les combats sont simplistes – exceptés ceux contre les boss – et loin des combinaisons lourdes à retenir : ce n’est pas là l’essentiel mais on aurait aimé plus de finesse. Enfin, comme déjà dit plus haut, l’absence de carte durant le jeu oblige à de nombreux allers-retours dans le menu pause… Un manque de finition certain pour un jeu qui devait être en rayon pour Noël. Pour autant, l’aventure est plaisante à jouer, entraînante et se laisse savourer comme un vieux film épique.
• La mythologie respectée, les dialogues en français
• Le système de dialogue libre
• L'expérience ne se gagne pas qu'aux combats
• Nombreux ralentissements
• Pas de carte pendant le jeu
• Peut-être trop linéaire
Verdict
En dépit d'une technique souvent défaillante (ralentissements, textures parfois pauvres, bugs), Rise of the Argonauts entraîne dans une aventure épique, intéressante à suivre et à regarder. Le choix de dialogue intelligent et le système d'expérience bien trouvé en font un titre à part qu'il ne faudrait pas négliger. Sans être le jeu de l'année, l'ambiance générale, la justesse du ton et la profondeur de son histoire méritent largement le détour. La mythologie est au rendez-vous, le plaisir aussi.
Le Village PF

Graphismes
7 / 10La mythologie est respectée, le design général du jeu est bon, la modélisation des visages est excellente mais techniquement le jeu accuse des ralentissements trop fréquents.
Jouabilité
7 / 10Les niveaux sont linéaires, les combats sont peu techniques mais le système de dialogue et celui de l'expérience compensent largement ces erreurs.
Son
7 / 10Dialogues entièrement doublés en français, musiques de Tyler Bates, responsable de celles du film 300. On est transporté.
Durée de vie
7 / 10Comptez entre 8 et 12 heures pour terminer l'histoire selon votre degré d'implication dans la recherche de quêtes secondaires.
Fun
7 / 10Rise of the Argonauts se vit surtout comme une bonne histoire que l'on raconte au coin du feu. De ce côté, le jeu s'avère passionnant.