Test de jeu / PS3 / RAGE

- publié le 3 novembre 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :07/10/2011
- Développeur :ID Software
- Distributeur :Bethesda Softworks
- Genre :FPS / Doom Like
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Alors que l’on connait surtout le mythique studio Id Software pour les séries Doom et Quake, les texans ont surpris tout le monde il y a trois ans en dévoilant RAGE, une toute nouvelle licence. Et comme à chaque nouveau titre, l’équipe profite de la sortie de son FPS pour mettre au point un moteur graphique flambant neuf, l’Id Tech 5. Attendu au tournant, le jeu doit désormais faire face à la rude concurrence de l’Unreal Engine 3 et de titres explosifs scriptés à l’extrême tels que Call of Duty. Reste-il une place dans les rayons pour y glisser RAGE ? Réponse dans ce test.Le jour où la Terre s’enrageaIl fallait bien que cela arrive un jour : dans un futur proche la Terre est de nouveau menacée par un astéroïde synonyme d’extinction de la race humaine. Quelques élites, triées sur le volet, ont l’honneur d’avoir été sélectionnées pour partir en orbite autour de la planète le temps que les choses se calment et que notre sphère soit de nouveau habitable. Vous faites partis de ces élus qui graviteront autour de la Terre pendant un siècle, en phase de cryo-sommeil. Cent six ans plus tard, vous revoilà chez vous : désorienté, aphone, vous êtes le seul survivant de votre capsule. Le monde a changé pendant votre absence, les survivants luttent pour exister face aux mutants. A peine avez-vous passé quelques minutes dans la nature qu’un duo de vilains vous tombe dessus, c’est dire. Sauvé in-extrémis par un humain, vous venez sans vous en rendre compte de commencer votre carrière de coursier.

A l’instar de titres post-apocalyptiques comme Fallout ou Borderlands, RAGE se présente comme un jeu de tir en vue intérieure situé dans un monde ouvert hostile, à parcourir à pied ou à bord de véhicules, pour remplir les nombreuses quêtes qui vous attendent. Tout en suivant un scénario transparent, vous passerez votre temps à aller d’un point A pour prendre une mission qui vous conduira au point B pour ensuite retourner au rapport au point A. Les discutions avec les personnages clés des clans, visibles sur la mini-carte de votre écran, amènent toujours à des tâches ingrates comme des livraisons, des réparations, des pillages, des constructions ou des missions d’exécutions. Ceux qui n’en sont pas rassasiés peuvent également se lancer dans les missions annexes, très proches de celles obligatoires. Pour les joueurs qui aiment le genre FPS/RPG, le titre d’Id Software n’invente rien et se contente d’appliquer de manière superficielle les codes incontournables du genre.
Par exemple, abattre un ennemi n’apporte pas d’expérience puisque votre personnage ne monte pas de niveau. Les cadavres ne contiennent que des dollars ou quelques objets : les premiers servent à acheter des armes, items et munitions dans les boutiques alors que les seconds sont indispensables pour fabriquer des gadgets utiles comme des outils pour forcer des serrures, des tourelles ou des munitions spéciales. La fabrication d’objets est limitée par vos matières premières et par les recettes que vous aurez gagnées en accomplissant des missions. Votre inventaire arrive à saturation à force de le remplir de bric-à-brac, mais les vendeurs des ghettos sont prêts à racheter tout et n’importe quoi. Les charognards peuvent de toute façon s’en donner à cœur joie puisque le poids de vos poches n’a aucun impact sur vos déplacements. Le plus déplaisant reste l’impossibilité de récupérer des armes sur les corps. Comme l’armurerie est la principale récompense des quêtes scénarisées, les fusils, pistolets, mitrailleuses, boomerangs et lance-roquettes ennemis fondent en quelques secondes pour ne pas être ramassés… Un procédé rabat-joie qui plombe le plaisir de chiner au milieu des morts. Tant pis, il faudra être sage et coopératif pour accéder au fusil à pompe qui vous fait tellement envie !A voile et à moteurAfin de réduire la distance entre les bidonvilles, le jeu propose une part non négligeable de conduite à bord de bolides retouchés comme dans Mad Max 2. Entre les cornes de buffle et les mitrailleuses, vos engins motorisés destructibles et améliorables donnent à RAGE un air de MotorStorm totalement assumé. La présence du turbo n’ira pas contredire cette flatteuse comparaison. Comme dans Jak 3, vous tomberez de temps en temps sur des pillards qu’il faudra exploser – ou éviter – et vous pourrez concourir pour gagner de quoi améliorer votre épave. Malheureusement, l’architecture des pistes et l’absence d’enjeu autre qu’arriver plus vite à votre mission réduit grandement la plus-value des courses. On se contentera alors d’accélérer jusqu’à la prochaine ville pour faire parler la poudre.

La vraie spécialité d’Id Software étant le shoot, la partie action est de loin la plus intéressante de RAGE. Les armes – customisables elles-aussi et transportables en nombre - ont de la gueule, leurs effets sur vos cibles sont puissants et les munitions alternatives sont un vrai hymne à la joie. A fabriquer, à trouver ou à acheter, les cartouches secondaires transforment une simple pétoire en grosse bertha, pulvérisant les mutants qui osent se pointer au bout de votre canon. C’est d’autant plus amusant que les ennemis donnent envie de leur vider un chargeur dans le buffet : ils sont mobiles, courent partout, utilisent des scripts et ne se laissent pas facilement massacrer. Même blessés – les dégâts sont localisés – ils continuent à s’en prendre en vous, à se hisser vers une planque pour mieux vous ajuster.
Leurs animations, leur design, leur façon de vous tendre des embuscades est un réel bonheur pour les amateurs de shoot. Variés et nombreux, les ennemis tiennent la boutique jusque-là égratignée par un aspect jeu de rôle simpliste, des allers-retours poussifs et une difficulté pas toujours au rendez-vous. En plus d’avoir opté par un système de santé auto-régénératrice, les développeurs ont inventé l’auto-défibrillateur. Aussi délirant que cela puisse paraitre, quand vous êtes mort, une sorte de quick time event parfaitement exécuté vous fait revenir à la vie, en électrocutant les alentours au passage. Du coup, il faut vraiment se laisser mourir pour voir le Game Over. D’un côté, comme le jeu ne dispose pas de sauvegarde automatique (!), on est parfois bien content de ne pas avoir à tout se retaper grâce à cette parade...

Passons rapidement sur les modes multijoueurs aussi anecdotiques que décevants – tout juste quelques courses en ligne et des missions coopératives inspirées du mode histoire – pour parler de la réalisation censée nous en mettre plein la vue. Le moteur Id Tech 5 réussi la prouesse d’un affichage fluide à 60 images par secondes sur la quasi-totalité de l’aventure malgré des environnements vastes et dénués de chargements. Les décors sont superbes, les modélisations des visages et les animations faciale des PNJ sont troublantes de réalisme. Ces paysages de carte postale sont en contre partie de leur beauté d’une rigidité incroyable : tout y est figé, la physique étant totalement absente. Tirer sur un vase ne le fera pas exploser, lancer une grenade dans le décor ne fera rien voler en éclat, le moindre objet est un obstacle qu’il est impossible de déplacer. Un manque consternant d’interaction qui tranche avec des titres comme Battlefield ou Crysis dans lesquels tout ou presque peut être détruit ou porté. Un mini-scandale auquel s’ajoutent les défauts plus prévisibles que sont l’aliasing, un léger tearing, un clipping sur les détails et certaines textures faiblardes. Malgré tout, la réalisation est à la hauteur de notre machine et on a hâte de voir son amélioration dans les prochains jeux de la firme.
• La partie FPS
• Les ennemis réactifs
• La réalisation fluide et flatteuse
• Des allers-retours obligatoires
• La partie course, quelconque
• Un peu trop facile
Verdict
Au final, ce RAGE laisse le sentiment d'une œuvre imparfaite que la réalisation de grande classe tente de camoufler. Côté pile : l'histoire est pratiquement inexistante, les passages en véhicules sont superflus et l'aspect jeu de rôle est limité à des allers-retours poussifs dans un monde ouvert mais limité en possibilités. Côté face : l'action est jouissive, l'armurerie est pleine de surprises, les ennemis refusent de se laisser tuer et le design général en met plein la vue de loin, un peu moins de près. Le nouvel Id Software est un bon jeu, tout à fait recommandable, mais on attendait un ensemble plus homogène.
Le Village PF

Graphismes
8 / 10La réalisation est de grande qualité avec des décors grandioses, une direction artistique inspirée, et une fluidité à toute épreuve. En contrepartie, certaines textures sont décevantes et l'aliasing est toujours là, contrairement à la physique absente.
Jouabilité
8 / 10La prise en main lors des phases en FPS ne pose aucun problème, on peut faire confiance aux créateurs du genre. Par contre, les passages en véhicules ne sont pas aussi bons qu'on l'espérait.
Son
7 / 10Notre personnage est muet, les doublages des autres survivants sont dans le ton, les musiques sont correctes et les bruitages des flingues dressent le poil.
Durée de vie
7 / 10Comptez une douzaine d'heures pour arriver jusqu'à une fin tout bonnement honteuse qui donne l'impression d'avoir perdu son temps. Rajoutez quelques heures pour tout explorer.
Fun
8 / 10En attendant un Doom 4 qui devrait rattraper le coup, le studio Id Software prouve qu'il n'a pas perdu la main en matière de FPS nerveux. Pour le reste par contre, c'est une autre histoire.