Test de jeu / PS3 / Planète 51

Les vieux routards du jeu vidéo le savent : les adaptations de films à succès sur nos machines sont rarement de grandes réussites. Certes quelques bonnes surprises font leur apparition de temps à autres, mais leur faible proportion au regard des ratages complets nous induit toujours à aborder le test d’un nouveau représentant du genre avec méfiance. Malheureusement pour Planète 51, nos craintes étaient bel et bien fondées…
Mais avant de nous plonger dans l’examen du titre de Pyro Studios, rappelons en quelques mots le scénario du film : un astronaute nommé Chuck débarque sur une planète en tout point semblable à la Terre, la seule exception notable étant qu’elle est peuplée… d’extra-terrestres ! En découle une suite de situations cocasses dans lesquelles notre héros endosse le rôle de l’étranger effrayant la population. Heureusement pour lui un jeune autochtone prénommé Lem acceptera de lui venir en aide afin qu’il puisse récupérer son vaisseau et retourner sur Terre.Une expérience sans saveurUne fois n’est pas coutume, les développeurs du jeu ont cette fois décidé de suivre la trame du long métrage : vous revivrez donc les différents moments forts du film, les missions qui vous sont confiées étant dérivées plus ou moins directement des séquences de ce dernier. Car à notre grande surprise, la structure choisie pour Planète 51 le jeu n’est ni plus ni moins que celle d’un GTA : vous incarnerez Lem pendant la majeure partie de l’aventure, ce dernier devant localiser des personnes qui lui demanderont d’accomplir telle ou telle tâche. Vous devrez par exemple tondre des pelouses, livrer des journaux, participer à des courses de voiture en ville, à des combats de type stock-car, jouer les taxis, faire des livraisons ou encore localiser des objets particuliers. Rien que du très classique donc, même si quelques phases de jeu aux commandes de Chuck ou de Rover (un petit robot téléguidé arrivé avec l’astronaute) tentent de varier quelque peu les plaisirs.

Vous l’aurez sans doute compris à la description des différentes missions, vous passerez une grande partie de votre temps aux commandes de véhicules extra-terrestres, sortes d’aéroglisseurs aussi maniables qu’un semi-remorque et possédant une inertie hallucinante. Que vous utilisiez un vélo, un véhicule de base, ou un bolide, la conduite n’est jamais réellement convaincante et l’on peste souvent après ce turbo qui ne peut être utilisé que pendant quelques secondes d’affilée avant de devoir se recharger. Cet aspect du jeu est d’autant plus pénible que votre périple vous obligera souvent à parcourir de longues distances pour vous rendre d’un point A à un point B, et ce ne sont pas les véhicules en théorie plus intéressants qui sont débloqués au cours de l’aventure qui arrangent vraiment les choses.
Toujours comme dans un GTA, il arrivera que les forces de l’ordre se lancent à vos trousses pour telle ou telle raison. Le problème est que ces policiers aliens ne sont jamais très coriaces, les semer se résumant la plupart du temps à prendre un raccourci ou à sauter par-dessus une barrière. Pire, certaines séquences impliquant Chuck vous forcent à rester à l’abri des regards et à vous cacher dans des poubelles lorsque vous êtes repéré : le problème est que nous avons pu à plusieurs reprises utiliser la manœuvre sous les yeux de nos poursuivants sans que ces derniers ne cherchent à nous déloger de notre cachette !
Vous l’aurez compris, le gameplay proposé par le jeu se révèle extrêmement basique, et il souffre en outre d’un manque d’imagination évident en ne nous proposant ni plus ni moins qu’un GTA édulcoré à l’extrême se déroulant dans l’univers de la licence Planète 51.Une technique à revoirCette planète justement, nous avait laissé une impression relativement sympathique durant les premières minutes de jeu : les décors nous avaient paru colorés, et le design de l’ensemble semblait respecter les codes du film. Les choses se sont malheureusement gâtées dès la première mission nécessitant de traverser la ville sur un vélo : de nombreux ralentissements se sont alors joints à la fête, et certains objets se sont mis à apparaître comme par magie au fur et à mesure de notre progression dans la ville. Un phénomène regrettable, d’autant que le jeu procède à une installation de 1.6Go sur le disque dur de la console avant de vraiment se lancer : on supposait alors que les accès au BluRay seraient limités, permettant un chargement suffisamment rapide des décors !

Pire, les chargements s’enchaînent à tout va en cours de partie : lorsque l’on démarre une mission, lorsque l’on termine une mission, avant une cut-scene, après une cut-scene et même… entre deux cut-scenes ! Bref, le rythme déjà relativement plat de l’aventure se voit ici asséner le coup de grâce, et le joueur déjà peu séduit par un gameplay trop limité risque bien de jeter l’éponge.
Ajoutez à cela une synchronisation labiale totalement à côté de la plaque durant les cut-scenes (les personnages bougent les lèvres deux ou trois secondes supplémentaires après que la phrase ait été terminée !) et des interventions parlées beaucoup trop redondantes durant les phases de jeu (« Plus vite ! » dès que vous utilisez le turbo), et le tableau sera complet.
Finalement, seules les musiques réussissent à tirer leur épingle du jeu : les thèmes inspirés du film font leur office, et leur nombre est suffisamment grand pour éviter l’écueil de la répétitivité. Il faut dire que malgré ses nombreuses missions et autres objets cachés à collectionner, le jeu se boucle en une grosse après-midi !
Signalons pour conclure la présence d’un mode multijoueurs en local qui vous permettra d’inviter un ami pour participer à des courses simples, de stock-car, ou impliquant une bombe à refiler à son adversaire. Là encore, les développeurs se sont contentés du strict minimum…

• La licence à portée de pad
• Une planète presque jolie à regarder
• Des trophées gagnés facilement
• Aucune originalité et un ennui qui survient vite
• Des chargements omniprésents
• L'animation manquant de fluidité
Verdict
Malheureusement pour les fans du film, Planète 51 le jeu rejoint la longue liste des adaptations vidéoludiques ratées de blockbusters des salles obscures. Si l'idée de recourir au principe en vogue des mondes ouverts n'était pas mauvaise, son exécution laisse grandement à désirer avec notamment des missions sans originalité et une maniabilité manquant de précision. Ajoutez à cela quelques problèmes d'ordre technique comme les ralentissements et les chargements omniprésents, et vous comprendrez que seuls les fans absolus du long métrage ou les enfants les moins exigeants trouveront un quelconque intérêt au titre de Pyro Studios.
Le Village PF

Graphismes
4 / 10La planète de Lem n'est pas franchement vilaine mais elle souffre de textures manquant de détails et de paysages rapidement monotones. On déplore en outre d'énormes ralentissements dont on cherche un peu l'origine…
Jouabilité
4 / 10Si la maniabilité des véhicules n'est pas la meilleure qui soit, on reprochera surtout au jeu son manque d'inventivité et la redondance des tâches qu'il propose. N'est pas GTA qui veut !
Son
5 / 10Un poil moins catastrophiques que le reste, les musiques vous accompagnent presque agréablement dans vos pérégrinations. Dommage que les effets sonores soient quelconques et que les dialogues (en français) manquent de conviction.
Durée de vie
4 / 10Même si les différents mini-jeux proposent plusieurs niveaux, vous bouclerez l'intégralité de l'aventure en une grosse après-midi. Le multijoueurs n'est pas suffisamment étoffé pour prolonger l'expérience de manière significative.
Fun
3 / 10Si la découverte de chaque mini-jeu est relativement sympathique, le manque d'imagination mis à part, on tourne rapidement en rond. Seuls les plus mordus ou les plus jeunes trouveront là de quoi s'amuser.