Test de jeu / PS3 / Mission-G

- publié le 11 octobre 2009
- Etat : Disponible
- Date de sortie :08/10/2009
- Développeur :Eurocom
- Distributeur :Disney Interactive Studios
- Thème :Licence audiovisuelle
- Genre :Action
- Nb de joueurs :1
Quand Walt Disney rencontre Jeremy Bruckheimer on peut s'attendre à tout. Disney oblige, il est bien entendu question d'animaux aux traits humains, mais avec un scénario cuisiné à la sauce Bruckheimer, c'est-à-dire action, explosions et surcharge d'effets spéciaux. Le monsieur est un habitué du genre, même un mythe dans le domaine avec à son palmarès des dizaines de films dont : Top Gun, Rock, 60 Secondes Chrono, La Chute du Faucon Noir, Pearl Harbor et prochainement Prince of Persia. Pas des films d'auteur, mais des films qui marchent.Mission Impossible ? Non, Mission-G !Mission G (ou G-Force aux États-Unis pour Guinea-Pig Force) sortira le 14 octobre 2009 au cinéma, et il est donc difficile de juger de la fidélité du jeu par rapport à la trame scénaristique gu long métrage. Le scénario n'est de toute façon pas son point fort, et on peut simplement dire que le jeu Mission-G reprend une partie du film, après la capture de l'équipe et son passage à l'animalerie.

Avant de parler du jeu en lui-même il faut préciser que Mission G sera diffusé en 3D dans une bonne centaine de salles en France. Un concept à la mode, et en plein essor du côté de Disney. La branche vidéoludique de la firme reprend le filon, avec un mode 3D activable dans le jeu Mission G et deux lunettes livrées dans le boîtier. Que faut-il en penser? Les lunettes restent basiques - un œil rouge, un œil bleu - et gomment immédiatement les couleurs – déjà timides – des décors. L'effet de profondeur n'est pas flagrant, à peine perceptible sur le personnage principal, et absent pour le reste des environnements ou ennemis. Au final, on se retrouve avec un gadget qui plaira peut-être aux plus jeunes, qui ont encore 10/10 à chaque œil. Les autres préféreront éviter les migraines.Une équipe de choc… et poiluePremier pas dans Mission G avec le menu et un constat : un seul mode baptisé Histoire, et aucune autre perspective pour gonfler la durée de vie. Il ne reste plus qu'à compter fortement sur une aventure longue. Deuxième constat à peine la partie lancée avec une qualité graphique moyenne, perceptible dès le tutoriel et confirmée avec la première mission.
Licence oblige – et malheureusement - on est bien loin du standard actuel, avec des textures pauvres et des décors minimalistes. La modélisation du héros rattrape un peu le niveau général, avec une animation de qualité et même une bonne maniabilité. Saut, double saut, tir, sélectionner des armes d'un clic (Carré, Triangle, Rond), affectation des armes avec un clic long, contrôle de la caméra. Un gameplay simple et efficace, de qualité même, malgré un petit souci du côté de la caméra durant les sauts, avec un placement beaucoup trop près forçant à jouer en aveugle.

On débute donc cette aventure dans la peau de Darwin, chef d'équipe de la G-Force et véritable Sam Fisher chez les Cochons d'Inde. Un look bien assumé, avec des lunettes de vision nocturne activables d'un simple clic sur la flèche gauche.
L'arsenal est lui aussi dans le plus pur style espionnage, même si Darwin s'offre quelques armes à tendance laser un peu plus fantaisistes. On peut scanner la plupart des éléments du décor et les ennemis pour découvrir leur point faible et leur description. Ce scan est à réserver aux plus jeunes, puisqu'il livre directement la solution pour venir à bout des adversaires. Dans le même ordre d'idées, le jeu offre la possibilité de situer clairement le lieu où se rendre d'un seul clic, ou en rendant cette indication permanente avec un paramètre des options. Il est aussi possible d'activer une aide assez frustrante, même pour les joueurs néophytes, puisqu'elle montre le chemin à parcourir, les différents monstres ou énigmes à résoudre, le tout au premier pas dans une nouvelle zone. Les très jeunes apprécieront peut-être.Attaque de Blender à douze heuresOn en vient aux ennemis de cette aventure, vraiment originaux et surtout diversifiés. La G-Force devra tout d'abord infiltrer un bâtiment de Saberling, entreprise d'un riche patron avide de pouvoir. Nos héros poilus se retrouveront bien vite aux prises avec… des appareils ménagers en mode Transformers, véritable armée du groupe Saberling pour la conquête de la planète. On croise donc du Fer à Repasser, de l'Aspirateur, de la Source d'Eau, et quelques dizaines d'autres objets et variantes, possédant tous un point faible bien particulier.
Les rares humains croisés durant l'aventure seront à éviter, d'où les – ou plutôt la – phases d'infiltration. Pour le reste, les objectifs se suivent et se ressemblent : arriver jusqu'à un poste informatique et le pirater, dégommer du Rasoir Electrique à la pelle, ou résoudre des mini-énigmes pour avancer. C'est là qu'entre en jeu Mooch, la mouche-espionne de l'équipe. On en prend le contrôle d'un simple clic sur la flèche haut, et pour une durée limitée. On peut maintenant prendre de la hauteur, se faufiler dans des conduits d'aération, et même passer entre les palles des ventilations puisque l'insecte est capable de ralentir le temps en laissant L2 enclenché. Il ne reste plus qu'à porter divers objets jusqu'à Darwin, comme des clés, ou activer des interrupteurs inatteignables autrement.

Côté originalité dans le gameplay il faudra s'en contenter, à part une course en boule à Cochon d'Inde sous forme de shoot : un stick pour le contrôle et un autre pour le tir. Pour le reste, on avance au cœur de décors qui se ressemblent tous plus ou moins, en éradiquant la menace ménagère à grand coup de fouet électrique pour le corps à corps, et armes diverses pour les plus coriaces. Pour jouer un semblant d'évolutivité dans l'aventure, les développeurs proposent de récolter des Puces SaberSense, véritable monnaie du complexe Saberling, en dégommant les adversaires ou en les rares éléments du décor : caisses, poubelles…
Cette monnaie est utilisable dans des bornes appelées Kiosques, disséminées un peu partout dans les niveaux, sans que l'on sache vraiment ce qu'elles font là et pourquoi elles distribuent des armes et soins pour Cochons d'Inde. On y achète des améliorations pour les armes, comme une plus grande capacité pour les chargeurs, ou des munitions, des vies, des soins, des cartes. L'achat d'armes nouvelles nécessite de son côté un Disque Argent ou Or. Les collectionneurs n'auront pas à se fouler pour tout débloquer, puisque les Disques Or sont obligatoirement récoltés pour faire avancer le scénario ; reste à trouver les Disques Argent pas vraiment cachés étant donné la très forte linéarité des environnements. Un casting de choixAu final, il ne faudra pas plus de six heures pour venir à bout de ce mode Histoire, l’unique mode de Mission-G on le rappelle. Assez mince comme durée de vie, et un ou deux modes multijoueurs, ou même des défis quelconques n'auraient pas fait de mal pour gonfler tout ça. On aurait aimé un peu plus de surprises, comme ne pas être borné à un seul membre de la G-Force, pour varier le gameplay selon les aptitudes de chacun. Dommage.
On en retiendra quand même une ambiance et une G-Force attachante, servies par des doublages et surtout un casting de grande qualité, identique à celui du film. Les voix françaises de Bruce Willis pour Darwin, Julia Roberts pour l'experte en arts martiaux Juarez, Eddie Murphy pour le spécialiste en armement Blaster, et Nicolas Cage pour le geek indispensable, Speckles. À noter des doubleurs différents pour le film aux États-Unis, Sam Rockwell ou Penélope Cruz n’ayant pas rempilé pour le jeu dans sa version américaine.

La synchronisation labiale est loin d'être bonne, mais l'ambiance et le jeu des acteurs sauvent le tout. Darwin se laisse aller à quelques monologues durant les phases de jeu, et on peut juste regretter un volume trop faible des voix par défaut, tout simplement inaudible lorsqu'on charcute des hordes d'ennemis. La qualité sonore en général est plutôt bonne, quoique classique et sans surprise.
• Disney rencontre Bruckheimer
• Des héros attachants
• Un casting doublage de qualité
• Graphiquement terne
• Aventure trop courte
• Pas de multijoueurs
Verdict
Quand Disney rencontre Bruckheimer le résultat est là. Des héros attachants, avec un casting de choix pour le doublage. Un casting que l'on retrouve d'ailleurs entièrement pour la version française du jeu, contrairement à son homologue américaine. Malheureusement, cette adaptation reste trop classique, en bornant le joueur au rôle du chef d'équipe Darwin, alors que les autres membres de l'aventure auraient apporté un peu de diversité. Avec ses graphismes ternes, sa maniabilité sans surprise, Mission-G peine à surprendre, mais reste un jeu honnête pour les plus jeunes et les amateurs des héros à poils. On peut néanmoins regretter une durée de vie bien trop courte, ainsi que l'absence de modes multijoueurs ou même quelques défis à réaliser. On regrette aussi la mode à venir du côté de Disney avec les lunettes 3D, gommant les couleurs déjà bien absentes dans les niveaux, avec un résultat moyen et des maux de tête à la clé.
Le Village PF

Graphismes
6 / 10Pas moche, mais pas extraordinaire. Des décors vides, des textures minimalistes mais dans le ton. A oublier aussi le mode 3D qui filtre les couleurs et donne la nausée. Bon point pour l'ambiance et l'animation.
Jouabilité
6 / 10Prise en main aisée, parfois ternie par une caméra trop proche sur les sauts, qui pousse à jouer en aveugle. Le reste est bon quoique répétitif, "coup de fouet" et "tir". Les phases avec Mooch apportent de la fraîcheur.
Son
7 / 10Des doublages de qualité - bien que souffrant d'une synchronisation labiale approximative - avec les voix françaises de Bruce Willis, Julia Roberts ou encore Nicolas Cage. Bruitages et ambiance générale classiques et sans surprise.
Durée de vie
4 / 10Six heures et pas plus pour venir à bout du scénario, unique mode de cette aventure qui méritait mieux. Il manque du multijoueurs ou quelques défis pour gonfler un peu la note.
Fun
6 / 10L'idée des espions Cochons d'Inde est bonne, les dialogues et les voix sont de très bonne qualité et on entre sans problème dans l'aventure. Malheureusement, la répétitivité des décors et de l'action endort rapidement.