Test de jeu / PS3 / Mini Ninjas

- publié le 16 novembre 2009
- Etat : Disponible
- Date de sortie :09/09/2009
- Développeur :Io Interactive
- Distributeur :Eidos Interactive
- Thème :Ninja, Samouraï
- Genre :Action
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Depuis plus de dix ans l’équipe de Io Interactive nous avait habitués à des jeux destinés à un public adulte : de Freedom Fighters à Kane&Lynch en passant par l’incontournable saga Hitman, les développeurs danois semblaient prendre plaisir à dépeindre des univers réalistes et en proie à la violence. Notre surprise n’en fut que plus grande lorsque le premier trailer de Mini Ninjas fut dévoilé en début d’année : avec ses ninjas façon mangas pour enfants, ses ennemis plus amusants qu’inquiétants, et ses graphismes épurés, il tranchait singulièrement avec les précédentes productions du studio. Le résultat est-il aussi convaincant que surprenant ?
Confortablement installé dans son dojo perché en haut de la montagne, le sage Maître Ninja menait une vie tranquille depuis que le vil Seigneur de Guerre avait été banni par ses contemporains voilà plus de 300 ans. Seulement, lorsque les éléments se déchaînèrent sous la forme de tremblements de terre, orages et autres raz-de-marée, le vieil homme sentit que quelque chose ne tournait pas rond. Il décida alors d’envoyer son meilleur ninja pour enquêter sur ces étranges phénomènes, mais celui-ci ne revint jamais. Un second fut envoyé, qui disparut lui aussi et, de fil en aiguille ce furent cinq guerriers qui se volatilisèrent. Le Maître Ninja n’eut alors plus le choix : il confia la délicate mission à Hiro, l’un de ses apprentis les plus prometteurs. Rapidement, le jeune homme comprit que le Seigneur de Guerre était de retour, et qu’il utilisait la magie Kuji pour transformer les animaux en féroces combattants. Il restait maintenant à l’arrêter…Un gameplay apparemment riche…Vous l’aurez sans doute compris, c’est dans la peau de Hiro que débutera votre aventure. Rassurez-vous, celui-ci retrouvera en chemin ses amis disparus, si bien que c’est avec une équipe composée de six ninjas émérites que vous bouclerez votre périple. Ce dernier vous occupera une bonne dizaine d’heures si vous traversez les 22 chapitres qui le composent en ligne droite, sans chercher à atteindre les objectifs secondaires : de la collection de pièces à la découvertes de statues Jizo en passant par la libération d’animaux captifs, ces missions annexes vous obligeront à explorer soigneusement votre environnement et augmenteront donc considérablement la durée de vie du jeu.

Pour en revenir à vos ninjas, sachez que chacun dispose d’une arme particulière : Hiro utilise un sabre, Futo une masse, Suzume une flûte, Shun un arc, Tora des griffes et Kunoichi une lance. Bien entendu certains ennemis sont plus faciles éliminer avec telle ou telle arme, et il vous appartiendra donc de choisir votre guerrier le plus efficace (bouton L1) en fonction de vos adversaires.
En pratique, on retrouve des contrôles proches de ceux d’un beat-em-all : le bouton carré déclenche une attaque rapide, tandis que le bouton triangle sert aux attaques puissantes. A noter que si des enchainements peuvent être créés en martelant successivement les différents boutons, il n’existe aucune liste de combos particuliers et donc aucun moyen d’en obtenir de nouveaux au fil de l’aventure. En revanche chaque personnage dispose d’une attaque spéciale dérivée de son arme : Shun peut ainsi envoyer des flèches explosives avec son arc, tandis que Suzume peut charmer ses ennemis avec sa flûte.
Si vous êtes plus Solid Snake que Kratos, sachez que vous pourrez aussi opter pour une approche furtive : en vous cachant dans les hautes herbes ou les buissons puis en maintenant le bouton L2 appuyé, vous enclencherez le mode Discrétion qui vous permettra d’arriver dans le dos d’un ennemi pour le tuer d’un seul et unique coup. Utile pour museler une sentinelle, mais moins évident à mettre en œuvre lorsqu’il s’agit d’attaquer une garnison !
Dans ce dernier cas, il sera sans doute plus judicieux d’utiliser vos armes de jets : shurikens, makibishis et autres bombes vous permettront d’attaquer à distance et d’occasionner des dégâts conséquents. Bien sûr il faudra auparavant avoir acheté ces objets auprès des différents marchands croisés en cours de route, ou bien les avoir trouvés dans des caisses placées ici et là dans les niveaux.

Mais pour une force de frappe maximum, vous gagnerez certainement à utiliser la magie Kuji, que seul Hiro maîtrise dans votre petit groupe : des parchemins récupérés en priant auprès d’autels cachés vous permettront d’apprendre des sorts redoutables, comme la pluie de météorites, la foudre, la tornade, ou encore le ralentissement du temps. L’un de ces sorts pourra même être utilisé pour prendre le contrôle d’animaux, et vous pourrez ainsi attaquer vos ennemis sous la forme d’un ours ou d’un sanglier (nous déconseillons formellement la grenouille !).
Evidemment toutes ces péripéties nuiront à votre jauge de santé qui se videra forcément peu à peu. N’ayez aucune crainte, il vous suffira de boire une potion revitalisante pour retrouver vos forces. Celles-ci doivent au début être achetées chez le marchand mais vous pourrez par la suite acquérir une recette vous permettant d’en fabriquer à partir d’ingrédients de base. La formule s’étend d’ailleurs à huit objets que vous pourrez obtenir en combinant deux ingrédients : à vous d’explorer votre environnement pour trouver ces matières premières !
Au cas où la cuisine ne serait pas votre fort, précisons que vous pourrez aussi récupérer de la santé en secouant des arbres et en mangeant leurs fruits, ou bien en pêchant pour vous fabriquer des sushis. Les joueurs confirmés n’auront donc vraisemblablement aucun mal à atteindre le générique de fin, mais les débutants pourront ainsi s’amuser en évitant la frustration de trop nombreux game over.…mais en réalité mal équilibréIl faut toutefois dire que ce n’est pas l’intelligence artificielle des adversaires qui risque de poser problème : bien que ces derniers soient variés (des samurais de base, des samurais gigantesques, des archers, des lanciers, des personnages mystérieux et très rapides…), ils obéissent tous à l’ancestral principe vidéoludique « moi vois, moi tue ». Il n’est donc pas rare d’être entouré de quatre ou cinq ennemis à la fois, mais les attaques de nos ninjas sont si rapides qu’on sort victorieux de ce genre d’affrontement en seulement quelques secondes. Le constat vaut aussi pour les cinq boss du jeu qui, s’ils sont bien plus imposants que leurs sous-fifres, doivent être battus en trouvant comment déclencher un QTE et en répétant celui-ci trois fois de suite. On aurait aimé quelque chose de plus recherché…

Dans le même ordre d’idées, il faut bien reconnaître que le système des recettes permettant de créer des objets se révèle relativement anecdotique : nous l’avions oublié jusqu’à l’avant-dernier chapitre de l’aventure, et ce n’est qu’en jetant un œil aux différents écrans du menu d’équipement que nous nous sommes rappelés de sa présence. Nous avons alors acheté les huit recettes prévues, avons créé deux ou trois objets, puis avons poursuivi notre chemin jusqu’au boss final. A vrai dire, en dehors des potions curatives, aucun objet ne nous a réellement servi durant notre périple.
Pour en revenir à l’écran d’équipement, ce dernier inclut une page de statistiques rappelant le niveau de Hiro et donnant des valeurs pour les paramètres Cœurs (votre santé), Ki (votre énergie spirituelle pour les sorts), Cibles d’attaque spéciale (la puissance de votre attaque), Sprint (votre aptitude à récupérer après avoir couru) et Maîtrise spirituelle (la puissance de vos sorts). L’information est bienvenue mais totalement inutile dans la mesure ou le joueur ne peut choisir quel aspect il souhaite améliorer lorsqu’il gagne un niveau !
On mentionnera aussi le « chapeau » de Hiro, sorte de coque semi-sphérique qui, lorsqu’elle est équipée, dévie les projectiles adverses et permet donc de se protéger. Le hic est qu’elle empêche de se battre et qu’il est tout aussi aisé de slalomer entre les flèches ennemies en sprintant ! Heureusement le chapeau a deux autres utilisations découvertes en cours de jeu : il peut servir de bateau pour naviguer sur les lacs ou les rivières, ou de luge pour dévaler les pentes enneigées. Des séquences relativement rares mais qui offrent un peu de répit vis-à-vis des combats.Peu de technique, mais du designGraphiquement parlant, Mini Ninjas ne manquera pas de surprendre les fans de Io Interactive : loin de l’aspect réaliste d’un Hitman ou de Kane&Lynch, le jeu adopte en effet un rendu façon dessin animé qui lui confère un look mignonnet rappelant un certain Zelda Wind Waker. La conséquence directe est que les textures utilisées sur les environnements et les personnages manquent cruellement de détails, et l’on aurait aimé que ce rendu relativement basique soit compensé par quelques effets spéciaux bien sentis. Il faudra malheureusement se contenter de sympathiques effets lumineux accompagnant les sorts, rien qui ne semble toutefois utiliser pleinement les ressources de la machine. Au rayon des bonnes nouvelles mentionnons une bonne animation des personnages et des animaux, ainsi qu’une fluidité sans concession de l’action.

Dans le domaine sonore on trouve des effets s’inscrivant dans le même registre que les graphismes : les interjections et autres plaintes de nos ennemis font systématiquement sourire, et les cris des animaux sont plutôt réussis. Le tout s’accompagne d’une bande son fortement teintée de Japon traditionnel, un passage obligé pour un jeu de ninjas : des mélodies tantôt douces et tantôt rythmées, mais ici toujours convaincantes et parfois envoutantes.
• Un jeu accessible à tous
• De nombreux secrets à découvrir
• Les musiques envoutantes
• Assez vite répétitif
• Quelques idées mal exploitées
• Un peu juste techniquement
Verdict
Aussi sympathiques soient ces Mini Ninjas, on ne peut s'empêcher de se demander si Io Interactive a suffisamment pris le temps de calibrer son dernier bébé avant de l'offrir au public : les combats certes simplistes sont tout de même convaincants, mais d'autres aspects du jeu comme la confection d'objets, l'utilisation des sorts, voire même la présence de plusieurs personnages jouables se révèlent finalement anecdotiques. La conséquence immédiate est que les derniers chapitres s'avèrent répétitifs, et l'on perd ainsi un peu du charme qui nous avait conquis durant les premières heures de jeu. Heureusement l'aventure reste globalement sympathique à vivre, et les joueurs débutants ou les jeunes enfants y trouveront sans aucun doute leur compte.
Le Village PF

Graphismes
7 / 10Le design des personnages et des environnements est globalement réussi, mais le rendu façon dessin animé aboutit logiquement à une perte de détails. Les textures sont donc un peu grossières, mais l'animation reste fluide de bout en bout.
Jouabilité
7 / 10Au départ le jeu semble fourmiller de sympathiques petites idées comme les différents personnages, les sorts ou la possibilité de confectionner ses potions et autres bombes. Malheureusement aucun de ces aspects n'est réellement fondamental.
Son
8 / 10Les effets sonores sont en parfaite adéquation avec l'aspect enfantin du jeu, et l'on s'amuse à entendre les ennemis couiner lorsqu'on les combat. Les musiques logiquement typées " Japon traditionnel " sont très réussies.
Durée de vie
7 / 10Comptez une dizaine d'heures de jeu pour terminer l'aventure sans trop chercher à découvrir tous les objets cachés. Obtenir le trophée de platine nécessitera un investissement plus conséquent.
Fun
7 / 10Sympathique durant les premiers chapitres, le jeu se montre par la suite un peu répétitif. Un écueil qui aurait sans doute pu être évité avec un meilleur équilibrage des différents gameplays. Le titre est en revanche idéal pour les enfants.