Test de jeu / PS3 / Mafia II

- publié le 30 août 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :27/08/2010
- Développeur :2K Czech
- Distributeur :Take Two Interactive
- Thème :Au pistolet
- Genre :Action
- Nb de joueurs :1Visitez le site officiel
Une ville américaine fictive largement inspirée de New York, un jeune homme qui bascule dans le grand banditisme et gravit peu à peu les échelons de la pègre, des course-poursuites, des fusillades, des embrouilles avec la police… Si la recette de Mafia II rappelle largement celle d’un GTA, la nouvelle production de 2K Czech se démarque toutefois nettement de celles de Rockstar.
Vous êtes Vito Scaletta, fils d’un immigré italien qui revient à Empire Bay après avoir combattu en Sicile au sein des forces américaines durant la Seconde Guerre Mondiale. Dès votre retour au pays vous retrouvez Joe, votre ami d’enfance, qui met un point d’honneur à vous remettre en selle en vous décrochant divers petits boulots permettant, en théorie, de gagner rapidement un maximum d’argent. Il faut dire que vous n’êtes pas de ceux qui se ruinent la santé en déplaçant des caisses sur le port pendant 15 heures par jour : à son arrivée aux Etats-Unis, votre père avait accepté d’être exploité de la sorte, y laissant la santé puis la vie. Vous avez donc une revanche à prendre sur votre pays d’accueil, et ne vous souciez pas trop de la loi : vous passez vite du statut de voyou amateur à celui de gangster émérite, et cherchez rapidement à côtoyer les parrains de la ville afin de gagner du galon.Une ambiance du tonnerreDès les premières minutes de jeu, on comprend que le studio 2K Czech a sérieusement mis l’accent sur l’ambiance de son dernier bébé : les cut-scenes sont accrocheuses, aussi bien dans leur mise en scène que dans leurs dialogues, en français, parfois drôles et souvent percutants. On déplore bien de temps à autres quelques échanges verbaux manquant de conviction, mais l’ensemble reste de bonne qualité.
Evidemment le souci du détail apporté par les développeurs ne s’arrête pas aux cinématiques du jeu : une première ballade dans les rues d’Empire Bay suffit à réaliser que la ville elle-même, ainsi que ses habitants, ont été modélisés avec un soin étonnant. L’architecture varie grandement d’un quartier à un autre, conférant à chacun une identité propre, et les passants se révèlent extrêmement variés, aussi bien dans leurs tenues que dans leurs activités. On peut ainsi apercevoir un artisan réparer une vitrine de magasin cassée, un homme lire son journal sur un banc public, une femme fumer une cigarette à un coin de rue, un couple flirter dans un couloir, et même assister de loin à une scène de ménage durant laquelle l’un des protagonistes lance un vase par la fenêtre ! La même diversité s’applique aux véhicules circulant dans les rues, avec de nombreuses voitures et autres camions de livraison inspirés de modèles du milieu du siècle dernier.

Bref, vous l’aurez compris : la plongée au cœur de l’Amérique des années 40/50 est assurée avec brio, d’autant que de nombreuses musiques de l’époque sont diffusées par la radio lors des virées en voiture. Plus fort encore : Empire Bay se métamorphose complètement vers le milieu de l’aventure, illustrant le passage d’une Seconde Guerre Mondiale inquiétante pour le peuple à une après-guerre plus insouciante et guillerette. La ville arbore alors des couleurs bien plus chaudes, tout comme les vêtements qui pour les dames ont tendance à utiliser de moins en moins de tissu. Le contraste est saisissant, et donnerait presque l’impression de découvrir un nouveau terrain de jeu si les rues elles-mêmes avaient subi quelques modifications.
Mais aussi séduisant soit le design global de Mafia II, le jeu souffre tout de même de quelques problèmes techniques difficiles à ignorer. On note par exemple un aliasing relativement prononcé, quelques textures assez grossières, et un clipping un peu sauvage qui fait surgir les objets dans le décor trop tardivement à notre goût. Ajoutez quelques ralentissements lorsque les scènes sont un peu surchargées, et vous aurez une bonne idée de la prestation. Le plaisir de jeu n’est toutefois que modérément affecté par ces petits écueils, les vrais problèmes résidant dans un autre aspect du jeu…Un gameplay classique mais agréableSans surprise, Mafia II offre une aventure divisée en plusieurs missions, débloquées l’une après l’autre. Si les objectifs qui vous sont assignés sont relativement classiques, ils n’en demeurent pas moins variés et intéressants. Vous aurez ainsi droit à des expéditions punitives à mains nues ou armé, à des vols de coupons de rationnement, de voitures ou de bijoux, à des livraison de marchandises plus ou moins douteuses… Bref, tout ce qui touche à la vie d’un gangster ! De temps à autres, quelques passages plus originaux apportent un peu de piquant, comme celui qui vous oblige à aller enterrer le corps en décomposition d’une victime d’un ami qui l’avait oublié dans son coffre, le tout se déroulant après une soirée bien arrosée. Dépaysement garanti.

Pad en main, le jeu se révèle extrêmement classique et se divise en trois parties distinctes : les combats au corps-à-corps, les fusillades, et les déplacements ou courses-poursuites en voiture.
Généralement peu développés dans les jeux du genre, les combats rapprochés ont fait l’objet d’un soin particulier dans Mafia II : similaire à ce que l’on trouve dans certains beat-em-all, ils vous permettent d’asséner des coups rapides mais peu puissants (Rond), des coups puissants mais lents (Triangle), et des combos de chaque sorte en répétant votre appui sur le bouton correspondant. Il est en outre possible d’esquiver les attaques adverses avec le bouton Croix, le problème étant que l’on évite automatiquement tous les coups en maintenant la pression sur le bouton. On comprend ainsi très vite que les rixes ne consistent qu’en une succession d’esquives et de contre-attaques, et l’on s’ennuie ferme dès le troisième ou le quatrième duel du genre…
Côté fusillade, le constat est plus probant : à la manière d’un TPS, Vito peut se mettre à couvert derrière les éléments du décor et se lever ou se pencher rapidement pour arroser ses ennemis. Il a à sa disposition diverses armes d’époque, divisées en trois catégories : les pistolets, les fusils, et les fusils mitrailleurs. De quoi disposer de ses adversaires avec assurance, d’autant que ces derniers ne bénéficient pas d’une intelligence artificielle des plus convaincantes : s’ils savent eux aussi s’abriter sur le champ de bataille, ils ne sont pas stratèges le moins du monde et leur dangerosité tient dans leur nombre plutôt que dans leurs aptitudes… Pire, le mode visée (L2) bénéficie d’un verrouillage automatique (désactivable) qui cible presque automatiquement la tête de la cible. Autant dire qu’abuser de cette fonctionnalité mène irrémédiablement au carnage dans les rangs adverses ! Au final les fusillades se révèlent donc sympathiques à jouer, d’autant que les animations de Vito et ses alliés pris sous les balles sont plutôt convaincantes, mais là encore on comprend vite comment s’en tirer sans trop de bobos.
Restent donc les phases de déplacement en voiture, omniprésentes dans chaque mission : qu’il s’agisse de simplement aller d’un point A à un point B ou d’échapper à des poursuivants (gangs ennemis ou forces de police), vous passerez un temps non négligeable au volant de l’un des nombreux véhicules du jeu. Bon point dans ce domaine, la conduite s’avère agréable et bénéficie de deux modes différents : Normal pour un pilotage proche de l’arcade, et Simulation pour une expérience un peu plus délicate où chaque accélération brusque dans un virage peut vous mener au tête-à-queue. Le poids de chaque véhicule influe directement sur son comportement, et on peut juste regretter que les voitures de l’époque ne soient pas, dans leur grande majorité, des monstres de vitesse. Cela étant, sachez qu’il est possible d’améliorer les caractéristiques de vos bolides en passant chez le garagiste.

Bien sûr qui dit gangster dit aussi police, et vous serez souvent confrontés aux forces de police d’Empire Bay. Ces dernières se distinguent d’ailleurs de leurs collègues d’autres jeux du genre dans leur manière de poursuivre les suspects : lorsque vous commettez un délit à pied, votre signalement est donné dans toute la ville et vous devez alors changer de vêtements pour redevenir anonyme. Dans le même ordre d’idées, un crime commis en voiture donne lieu au signalement de sa plaque d’immatriculation, et vous devez en changer pour échapper aux poursuites. Mais avant que tous les policiers de la ville ne se lancent à votre poursuite, vous disposez d’un court laps de temps pour vous échapper : les forces de l’ordre vous recherchent alors durant quelques minutes, puis reprennent leur train-train habituel. Evidemment, la réponse de vos adversaires est graduelle en fonction de vos crimes, un système d’étoiles indiquant ce qui vous attend si vous croisiez de nouvelles unités en alerte : au plus bas vous pourrez vous en sortir en payant une amende, tandis qu’au plus haut vous serez abattu comme un chien ! Dernière remarque sur la police de Mafia II : si elle est particulièrement prompte à vous prendre en chasse lorsque vous dépassez la limite de vitesse (un limiteur anachronique peut être activé pour éviter ce genre de problèmes), elle reste en revanche sans réaction lorsque vous grillez un feu rouge ou franchissez une ligne blanche…Une durée de vie décevanteAvec sa petite quinzaine de chapitres certes prenants malgré leur relative facilité en mode de difficulté Normal, Mafia II ne vous occupera guère plus de 10 à 12 heures grand maximum. Une durée de vie anormalement basse pour ce genre de jeu, que les développeurs ont essayé de rallonger artificiellement en incluant deux types d’objets cachés : tout d’abord des pages du célèbre PlayBoy mettant en scène ses modèles de l’époque, ensuite des avis de recherche placardés dans toute la ville.

Mais malgré ces timides efforts, on ne peut s’empêcher de penser que la ville d’Empire Bay est largement sous-exploitée : sorti des missions que l’on qualifierait de « principales » dans un GTA, rien d’a été prévu pour amuser le joueur dans cette immense ville remarquablement modélisée. N’espérez pas voler une voiture de taxi pour vous faire de l’argent ou une voiture de police pour donner la chasse aux (autres) criminels : tout juste pouvez-vous changer de tenue dans un magasin de vêtements, acheter de nouvelles armes à l’armurerie, ou manger un morceau dans un restaurant pour récupérer de vos blessures. Aucun mode multijoueurs n’est présent non plus, le thème du jeu s’y prêtant pourtant parfaitement… Tout cela est bien maigre en comparaison de la concurrence, même si les fans de Mafia premier du nom s’évertuent à répéter que « Mafia n’est pas GTA ».
• Une ambiance séduisante
• Des fusillades et une conduite convaincantes
• Les pages de Playboy à collectionner ?
• Aucune activité annexe
• Empire Bay est largement sous-exploitée
• Quelques lacunes techniques
Verdict
Autant être clair, les fans de Mafia premier du nom qui n'ont pas oublié ce qu'offrait la saga il y a huit ans seront sans doute séduits par sa suite, aux qualités et défauts similaires. Ainsi, si l'on peut applaudir le studio 2K Czech pour la modélisation d'Empire Bay et plus généralement pour l'ambiance authentique de sa dernière production, on peut aussi lui reprocher un manque certain d'imagination en termes de gameplay. Bien sûr Mafia II n'est pas GTA IV, mais quand on voit que le second apporte une histoire et un gameplay aussi convaincants que le premier, ainsi qu'une tonne d'activités annexes, on ne peut que s'étonner devant le manque d'ambition du studio tchèque. N'allez toutefois pas croire que Mafia II soit un mauvais jeu : son offre est certes modeste en comparaison de la concurrence, mais ce qu'il fait, il le fait relativement bien. A vous maintenant de prendre une décision en toute connaissance de cause !
Le Village PF

Graphismes
7 / 10Empire Bay est de bonne taille, ses quartiers ont chacun leur identité propre, et ses habitants sont suffisamment variés. Dommage que certaines textures soient grossières, que l'aliasing soit très présent, et que le clipping soit de la partie.
Jouabilité
6 / 10Question gameplay, il faudra se contenter d'une aventure enchaînant les missions de manière linéaire, alternant conduite et fusillades. Bien que tout ceci soit agréable à jouer, on aurait aimé un peu plus de variété dans les activités.
Son
8 / 10Les dialogues en français forcent parfois un peu le trait mais restent tout de même convaincants la plupart du temps. Les effets sont relativement classiques, mais les radios diffusant de la musique des années 40/50 nous plongent dans l'ambiance.
Durée de vie
6 / 10Il vous faudra seulement entre dix et douze heures pour boucler la quinzaine de chapitres que compte l'aventure. En l'absence de missions annexes et de jeu en ligne, il y a peu de chances que vous y reveniez par la suite.
Fun
7 / 10Si les missions sont généralement prenantes malgré leur grand classicisme, on aimerait parfois dévier de la trame scénaristique et s'amuser librement dans Empire Bay. Seulement voilà, rien n'a été prévu par les développeurs dans ce domaine…