Test de jeu / PS3 / Les Aventures de Tintin : le Secret de la Licorne

- publié le 30 octobre 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :20/10/2011
- Développeur :Ubisoft
- Distributeur :Paramount Digital Entertainment
- Thème :Cinéma
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1
Personnage culte s’il en est, le célèbre Tintin a marqué toute une génération de lecteurs de bandes dessinées et reste encore aujourd’hui une icône très populaire auprès de tous les membres de la famille, en raison notamment de ses sympathiques dessins animés. Si pendant la décennie 2000-2010 le reporter était plutôt discret, il revient au cœur de l’actualité grâce au film éponyme de Steven Spielberg. Niveau jeux vidéo, celui que l’on avait quitté en 2001 avec le tout juste correct Tintin Objectif Aventure sur PSone tente de se refaire une image avec Le Secret de la Licorne, portage plus ou moins fidèle du long métrage. PEGI : 7 ans pas plusBien avant que le jeu ne soit présenté à l’E3, nous savions que l’adaptation du film Tintin était en développement chez Ubisoft Montpellier, le studio chapeauté par Michel Ancel, responsable de l’excellent Beyond Good & Evil. Comme le monsieur était déjà l’auteur de la soigneuse adaptation en jeu vidéo du King Kong de Peter Jackson, nous pensions – un peu hâtivement il faut l’avouer – que les aventures du héros Belge auraient droit au même traitement de faveur. Le jeu terminé, on se rend compte que le journaliste a bénéficié d’un portage nettement moins ambitieux que le gorille, dont le prix doux de 45 euros dans les meilleures boutiques annonçait déjà la couleur.

Les Aventures de la Licorne se découpent en trois morceaux de consistance inégale : le mode solo qui reprend grossièrement l’histoire du film, un mode coopératif plus original et un mode défi. Commençons par le plus gros bout : l’aventure.
Jouable uniquement en solitaire, le mode histoire opte pour une approche pluridisciplinaire afin nous faire revivre les moments forts du film. On commence dans la peau de Milou cherchant Tintin parmi la foule d’une brocante dans laquelle le jeune homme achètera la maquette qui lancera l’aventure. En plus du canidé, on contrôlera par la suite Tintin, le capitaine Haddock et son ancêtre le valeureux François selon le type de gameplay. Le jeu ratisse large et alterne des passages de recherche, des puzzles à base de manipulation d’objets, des moments d’infiltration légère, des passages de plateforme, de la baston, des combats à l’épée, du tir sur rail et même du pilotage d’avion pour sans cesse casser la routine.
En fonction du gameplay, la caméra opte pour une vue de dos dans un monde ouvert, une vue de face lors des poursuites un peu chaudes et une vue latérale avec défilement très « 2D ». Cette dernière est la plus souvent sollicitée, donnant au jeu l’aspect d’un pan de bande dessinée ou plus justement d’une maison de poupée que l’on ouvre sur le côté pour faire bouger ses jouets. Tintin peut ainsi passer d’un étage à l’autre en escaladant le plancher, ce qui serait impossible en trois dimensions. Il peut également passer dans des conduits, franchir une porte pour ressortir à une autre comme dans une cavalcade à la Scooby Doo, se cacher dans des tonneaux pour surprendre les gardes et leur lancer des objets en pleine tronche.

L’homme à la houppette est étonnement bagarreur, tabassant aussi bien du domestique que du sbire en passant par du bédouin au pays de la soif. Comme dans la B.D, notre trio voyage pas mal, ce qui offre des décors variés bien qu’un peu vides. Cette promenade de santé durera près de quatre heures, ce qui peut paraitre bien court mais qui a surtout le mérite d’éviter de justesse de lasser. Effet, même si les situations sont très variées, elles ont tendance à se répéter par cycle. On incarne ainsi plusieurs fois François de Haddock pour répéter des séquences de combat à l’épée, on pilote plusieurs fois l’avion et on lance plusieurs fois le grappin pour progresser dans des niveaux aux constructions très proches. Un mécanisme qui cache un manque de profondeur évident et une absence de challenge, le jeu étant d’une difficulté enfantine. A croire que les développeurs, encore traumatisés par la difficulté historique de Tintin au Tibet, n’ont pas voulu effrayer une nouvelle génération de têtes blondes avec des passages difficiles. Malgré tout, l’expérience est divertissante et devrait satisfaire le jeune public à qui le titre est de toute façon destiné.Les deux font l’imperLe mode Tintin et Haddock est plus intéressant puisqu’il est jouable en coopération sur le même écran dans des niveaux nettement plus délirants. Après un violent coup sur la tête, le capitaine est dans les vapes et s’imagine dans des parcours jonchés de pièges, d’interrupteurs et d’ennemis sur un fond marin. Débarrassé du balisage du film, cette récréation offre une plus grande liberté avec des passages surprenants, des mécanismes à actionner à deux et des dizaines d’objets cachés à collectionner. Ce butin peut par la suite être claqué dans des costumes festifs et des déguisements farfelus. Surtout, le casting de ce mode est plus large puisque les Dupont et Dupond sont de la partie, tout comme Bianca Castafiore. Chaque personnage a sa propre spécialité, Tintin profite du grappin, Haddock de sa force et la cantatrice de sa voix perçante. Un mode rafraichissant, plutôt réussi, et qui prolonge la durée de vie de quelques heures agréables.
Ensuite, il reste le mode défis pour arriver péniblement aux huit heures de jeu. Sur une dizaine d’exercices, ces challenges couvrent trois disciplines à la difficulté croissante : le combat au sabre, le pilotage d’avion (épreuves de tir, de capture de drapeaux et de checkpoints) et le rail shooter en side-car. Comme ces phases sont déjà présentes dans le mode histoire, le seul intérêt pour les mômes est surtout d’y jouer avec le PlayStation Move pour gagner en précision. A l’image du reste, ces épreuves sont d’une facilité ahurissante et se bouclent en moins d’une heure.

En bon jeu officiel, Le Secret de la Licorne offre des graphismes colorés, des modélisations de personnages proches de celles du film et des animations nombreuses et soignées. Le jeu est loin d’exploiter la console à fond – textures simples, quelques bugs - mais tient la route compte tenu du matériau d’inspiration. On ne peut pas en dire autant des ennemis dont l’intelligence artificielle est pratiquement absente et qui ont tous la même animation quand ils sont inconscients (on ne meurt pas dans Tintin). En revanche, les musiques sont théâtrales, les doublages collent bien aux personnages et le ton s’adapte aux circonstances. Enfin, le titre est compatible avec la 3D stéréoscopique, les différents plans des décors gagnent ainsi en profondeur et certains éléments ressortent vraiment.
• Mode Tintin et Haddock
• Seulement à 45 euros
• Calibré pour les mouflets
• Aucun challenge
• Plutôt court
• Situations répétées
Verdict
Loin d'être l'aventure de l'année, Le Secret de la Licorne offre tout de même un divertissement satisfaisant pour les plus jeunes joueurs qui auront l'impression d'être des dieux du jeu vidéo compte tenu de sa difficulté au ras des pâquerettes. Le mode histoire est varié, les défis sont anecdotiques mais le mode coopératif, intéressant et mieux construit, tire cette production vers le haut. A 45 euros à peine, vous pouvez presque céder et l'acheter à vos enfants / petits frères / petites sœurs pour jouer avec eux.
Le Village PF

Graphismes
6 / 10Le jeu n'exploite pas grand-chose de la PlayStation 3 malgré quelques niveaux sympas, mais reste parfaitement dans l'esprit de son modèle. La 3D stéréoscopique est un plus.
Jouabilité
8 / 10La prise en main est accessible à tous avec les actions contextuelles affichées à l'écran et des plans 2D dans lesquels il est impossible de se perdre. Les défis sont presque trop faciles avec le Move.
Son
7 / 10Les musiques sont adaptées à la situation et théâtrales, tout comme le jeu des doubleurs qui ont dû s'amuser avec les expressions de Haddock.
Durée de vie
6 / 10Le mode histoire prend quatre heures pour en voir le bout, le mode coopératif en rajoute autant si on veut tout débloquer et les défis prennent moins d'une heure.
Fun
7 / 10Avec ses différents gameplays, Tintin arrive à divertir mais tient la route surtout avec son mode coopératif plus fun et convivial que le reste.