Test de jeu / PS3 / L.A. Noire

- publié le 1er juin 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :20/05/2010
- Développeur :Team Bondi
- Distributeur :Rockstar Games
- Thème :Enquête
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1Visitez le site officiel
[sommaire]
- Page 1 : Introduction, Gameplay
- Page 2 : Réalisation, Conclusion
Il en aura fallu de la patience pour enfin mettre la main sur la première production de la Team Bondi éditée par Rockstar : annoncé en 2006 et alors pressenti comme une exclusivité PS3, le jeu disparut ensuite des radars durant de longs mois avant de refaire surface en 2009, cette fois en tant que titre multiplateformes. Près de deux ans plus tard, les développeurs nous livrent un jeu tenant à la fois de GTA et d’Heavy Rain : un mélange certes improbable mais qui se révèle aussi séduisant que surprenant.
L’aventure se déroule en 1947, dans un Los Angeles d’après-guerre en proie à toutes sortes de crimes. Vous incarnez Cole Phelps, un ancien officier de l’armée américaine reconverti en membre du célèbre LAPD : démarrant tout en bas de l’échelle comme simple flic, vous gravirez rapidement les échelons en résolvant les affaires qui vous sont confiées. Avec un tel thème, vous ne serez pas surpris d’apprendre que votre temps sera partagé entre des investigations sur les scènes de crime, des interrogatoires de témoins et de suspects, quelques courses-poursuites à pied ou en voiture, et des combats à mains nues ou l’arme au poing.Une linéarité surprenanteConnu pour ses jeux à monde ouvert offrant mille et une activités tels que la saga GTA ou Red Dead Redemption, Rockstar pourrait bien ici surprendre ses fans : si le joueur peut évidemment parcourir Los Angeles à sa guise, force est de reconnaître que les missions qui lui sont proposées en dehors des enquêtes elles-mêmes sont assez peu nombreuses. A vrai dire, hormis quarante délits distillés de manière aléatoire à la radio sur lesquels vous pouvez décider d’intervenir ou non, trente lieux emblématiques à découvrir, et quelques objets cachés à trouver, la visite de la ville n’offre que peu d’intérêt.

D’une certaine manière, le constat vaut aussi pour les enquêtes confiées à Cole qui, malgré de nombreux points forts sur lesquels nous reviendrons plus tard, suivent toujours plus ou moins le même schéma : arrivée sur la scène du crime, recherche et analyse des indices, interrogatoire des témoins, visite chez les suspects, fouille du domicile, nouvel interrogatoire… Notre détective doit alors faire quelques allers-retours entre les différents lieux liés à l’enquête avant d’accumuler suffisamment de preuves pour arrêter l’un des suspects et le confondre.
Mais si l’enchaînement des étapes pour mener à la résolution d’un crime ne réserve finalement que peu de surprises, les enquêtes en elles-mêmes sont suffisamment différentes les unes des autres pour que la routine ne devienne pas fastidieuse. Si l’on prend par exemple les premières affaires qui vous seront confiées, vous devrez enquêter sur des sujets aussi variés qu’un meurtre lié au racisme, une disparition finalement liée à une liaison extraconjugale, un faux accident visant à toucher une prime d’assurance, ou encore un viol plus ou moins lié au milieu d’Hollywood. Les sujets suivants se révèlent tout aussi ancrés dans l’actualité de l’époque, et vous aurez même l’occasion de découvrir un dénominateur commun entre plusieurs de vos affaires. Mais n’en disons pas plus ! Des enquêtes minutieusesPour en revenir au déroulement des enquêtes à proprement parler, on distingue essentiellement trois phases de jeu différentes : la recherche d’indices (sur une scène de crime, chez des suspects ou des témoins), les interrogatoires (au bureau de la police ou ailleurs), et les phases d’action (à pied ou en voiture).

Conformément à ce que l’on peut régulièrement voir au cinéma ou à la télévision, la recherche d’indices consiste en une inspection minutieuse des lieux afin de dénicher des éléments permettant d’en apprendre plus sur le crime qui nous intéresse. Il peut bien sûr s’agir d’objets essentiels tels que l’arme du crime, mais aussi d’indices apparemment plus anodin comme un mot caché derrière une photo, ou une boite d’allumettes provenant d’un bar bien spécifique. Les développeurs ont aussi pris le soin d’ajouter plusieurs objets n’ayant aucun rapport avec les enquêtes, comme des bouteilles de bière, des vases ou des couverts en bois. Dans la pratique, il vous suffit de vous approcher d’un objet et d’appuyer sur Croix pour vous en saisir afin d’en faire une première analyse : Cole décidera immédiatement de l’intérêt de l’objet et, le cas échéant, prendra des notes dans son carnet. A noter que, par défaut, le jeu vous assiste fortement durant cette étape : le pad vibre dès que vous approchez d’un objet à étudier, et une musique se fait entendre jusqu’à ce que vous ayez découvert tous les indices présents sur les lieux. Nul doute que les enquêteurs chevronnés désactiveront ces aides pour s’en remettre exclusivement à leur sens de l’observation !
Une fois vos premiers indices en main, il est temps de procéder à l’interrogatoire des témoins dans un premier temps, puis des suspects une fois ceux-ci identifiés. Et c’est là que la L.A. Noire frappe très fort ! Cette phase de jeu se déroule en effet selon un système de questions prédéfinies, à poser dans l’ordre que vous voulez, et auxquelles votre interlocuteur donne une réponse qu’il vous appartient d’évaluer. Vous devez alors décider s’il dit la vérité, s’il la travestit quelque peu, ou s’il ment carrément. Dans ce dernier cas, il vous faudra toutefois exhiber une preuve (l’un des éléments notés par Cole dans son carnet) afin de prouver ce que vous avancez. Mais comment savoir si l’on vous raconte des salades ou si l’on vous dit la vérité? Simplement en regardant votre vis-à-vis : L.A. Noire bénéficie en effet de la meilleure modélisation de visages jamais implémentée dans un jeu vidéo, permettant au titre de rendre compte de l’état d’esprit des protagonistes au travers de leurs expressions faciales ! Mieux, ce procédé baptisé MotionScan a permis aux développeurs d’offrir une synchronisation labiale quasiment parfaite, et en tout cas à mille lieues de tout ce qu’à pu offrir la concurrence jusqu’à présent. Le seul petit hic dans ce domaine est que les dialogues sont intégralement en anglais, et qu’il est forcément difficile de garder à la fois un œil sur votre interlocuteur et sur les sous-titres en français. Mais malgré ce petit écueil, la performance reste bluffante et les interrogatoires passionnants.

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