Test de jeu / PS3 / James Bond 007: Blood Stone

- publié le 8 novembre 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :05/11/2010
- Développeur :Bizarre Creations
- Distributeur :Activision
- Thème :Espionnage
- Genre :Action / Aventure
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Fans de James Bond, rassurez-vous : vous n’avez pas manqué la sortie d’un nouveau film mettant en scène le célèbre Agent 007. Une fois n’est pas coutume Activision a en effet décidé d’utiliser la mythique licence pour un jeu au scénario inédit au lieu de procéder à l’habituelle adaptation d’un script de long métrage. Rassurez-vous les développeurs de Bizarre Creations n’en ont pas profité pour saccager l’univers bien connu de James, et les codes de la saga sont dans l’ensemble repris à la lettre. Un peu trop peut-être…
Une fois le jeu lancé et sa gourmande installation terminée (pas loin de 4Go installés en un bon gros quart d’heure…), on comprend que le fait que Blood Stone ait été créé uniquement pour le petit monde vidéoludique n’a pas empêché ses développeurs d’inclure de nombreux éléments qui font d’habitude la saveur d’un James Bond.Du James Bond pur jusTout commence par un prologue à grand spectacle : l’ami Bond est à bord d’un avion à destination d’Athènes, et c’est alors que l’appareil approche de l’aéroport que M lui demande de rappliquer immédiatement au sommet du G20 qui se tient dans la capitale grecque : des terroristes seraient sur le point de commettre un attentat !
Ni une ni deux, le beau James fait ouvrir la soute et se lance dans le vide avant d’ouvrir son parachute. A peine a-t-il touché le sol qu’une course-poursuite en voiture s’engage, 007 cherchant à neutraliser le véhicule piégé qui se dirige tout droit vers la réunion des chefs d’état. Evidemment notre héros parvient une fois de plus à ses fins, et le jeu embraye alors sur un générique largement inspiré de ceux des films : long, soigné, et accompagné par une musique digne de la série, on s’y croirait !

Vient alors le moment de découvrir la véritable intrigue du jeu. Là encore on est en terrain connu, puisque des recherches britanniques sur des armes biologiques sont sur le point d’être vendues à des personnes peu recommandables : James est chargé d’empêcher les tractations et de récupérer les documents, une mission apparemment anodine qui l’emmènera tout de même aux quatre coins du monde. D’Istanbul à la Birmanie en passant par Monaco, la Sibérie et Bangkok, Blood Stone vous fera voir du pays.
Evidemment qui dit James Bond dit aussi belles voitures et belles femmes. Les deux sont ici bien présentes, même si l’on aura plus l’occasion d’être aux commandes des premières que de passer de bons moments avec les secondes.Un gameplay passe-partoutLe gameplay de ce James Bond offre en effet deux types de phases de jeu bien distinctes, en provenance directe des séquences d’action des films : les fusillades et les courses-poursuites en voiture ou en bateau.
A pied, on est en présence d’un jeu de tir à la troisième personne tout ce qu’il y a de plus classique, un peu trop à vrai dire… On peut s’abriter derrière les éléments du décor par simple pression du bouton Croix, viser avec L1, tirer avec R1, et recharger avec R2. Les armes à la disposition de James sont sans surprise, allant du revolver au fusil de sniper en passant par le lance-grenades, le fusil à pompe, et divers fusils d’assaut. Quelques bonbonnes et autres caisses explosives sont présentes dans le décor pour se débarrasser de plusieurs ennemis avec une seule balle, mais il s’agit là de l’interaction la plus poussée avec le décor…
Petite originalité, il est possible d’éliminer ses adversaires grâce à un combat au corps-à-corps entièrement automatisé : lorsque votre cible est suffisamment proche, il vous suffit d’appuyer sur Carré pour vous en débarrasser ! La manœuvre vous apportera un « tir ajusté », qui permet en l’activant de viser automatiquement une cible : vous n’avez alors plus qu’à appuyer sur la gâchette ! Trois des ces tirs spéciaux peuvent être accumulés, ce qui pourra se révéler bien utile lorsque les ennemis déferleront par dizaines durant certaines séquences.

D’ailleurs, c’est bel et bien le nombre de vos adversaires plutôt que leur intelligence qui pourra vous poser problème : relativement idiots, ceux-ci quittent parfois leur planque pour se diriger droit sur vous en avançant suffisamment lentement pour que vous ayez le temps de les aligner. Pire, certains arrivent dans une pièce et restent dans l’encadrement de la porte sans même chercher à se protéger ! Ajoutez à cela l’assistance excessive de la visée dans le niveau de difficulté Normal, ce qui facilite grandement les headshots, et vous comprendrez que seul un tir de lance-grenades inattendu ou une salve de mitrailleuse d’hélicoptère vous conduiront à l’écran de game over…
En bon agent secret, James ne passe toutefois pas son temps à tirer sur tout ce qui bouge : il sait aussi rester discret, et dispose généralement pour cela de tout un arsenal high-tech développé par Q. Ici, il faudra se contenter d’un téléphone portable multifonctions permettant de repérer les ennemis à travers les murs, de scanner des informations ou de pirater les systèmes de sécurité via des QTE. Un peu léger face aux nombreux gadgets vus jusqu’ici au cinéma, mais pratique tout de même.
Etant donné l’expérience de Bizarre Creations dans le domaine des jeux de voiture, notamment avec Project Gotham Racing chez la concurrence, on s’attendait à une bonne prestation sur ce plan dans Blood Stone. A vrai dire, le contrat n’est qu’à moitié rempli : certes ces séquences sont celles qui rendent le mieux compte de la démesure d’un James Bond, avec cascades improbables et effets pyrotechniques à gogo, mais le gameplay proposé ici est finalement très sommaire.
S’il est en effet commun pour ce type de séquence de n’utiliser que quatre boutons (accélérer, freiner, déraper, tirer), on a généralement l’habitude de se mesurer directement à un ou plusieurs adversaires. Ici, vous prenez en main votre voiture ou votre bateau, et parcourez le niveau à toute vitesse en tentant de rejoindre votre cible, ce qui selon les cas donnera lieu à un affrontement final ou à la fin du niveau. Le problème est que la vitesse de jeu est extrêmement élevée et qu’il faut connaître le tracé et les scripts surprise sur le bout des doigts pour ne pas se faire prendre dans l’un des nombreux pièges. Résultat, on mémorise peu à peu tous les passages délicats et on recommence le niveau jusqu’à enfin le terminer. Un procédé éculé dans le domaine du jeu vidéo mais qui ici ne permet pas de profiter pleinement de l’aspect pilotage…

En outre la prise en main des véhicules n’est pas forcément immédiate, leur inertie étant surprenante de prime abord : on a un peu de mal à s’y habituer, d’autant que ces séquences de jeu sont bien plus courtes que celles à pied. A vrai dire, la lourdeur ressentie au volant des véhicules est tout aussi présente aux commandes de James lui-même : ses mouvements accusent un petit temps de latence assez désagréable par rapport aux commandes du joueur, point qui risque de rebuter les fans de TPS nerveux. Dix à vingt minutes de jeu suffisent à appréhender l’ensemble, mais on aurait apprécié quelque chose de plus immédiat.
Mais au final, le plus gros défaut de Blood Stone ne tient ni dans son intelligence artificielle peu reluisante, ni dans son manque de gadget high-tech, ni dans ses contrôles un peu flottants. Ce qui nuit vraiment au jeu, c’est cette impression d’être en face d’une production au gameplay générique affublée d’une licence connue.Une technique inégaleC’est d’autant plus dommage que l’exploitation de la licence est par ailleurs plutôt convenable, avec notamment quelques séquences à grand spectacle soutenues par des graphismes corrects : les décors sont variés et globalement réussis malgré quelques textures grossières, les versions numérique de Daniel Craig et Judi Dench sont convaincantes à l’exception de leurs visages statiques, et les effets pyrotechniques sont de bonne facture. Certes on n’est pas au niveau des meilleures productions de la console, mais le résultat est tout de même sympathique.

Du côté de la bande son on pourra regretter que le thème officiel de James Bond ne retentisse que durant le générique de fin, mais les musiques écrites spécialement pour le jeu ne détonnent pas dans l’univers de 007. Les effets sonores se révèlent quant à eux sans surprise dans le genre TPS, tandis que les doublages en français manquent singulièrement de conviction. Il faut dire qu’ils ne sont pas non plus aidés par les gros plans des cut-scenes qui trahissent une synchronisation labiale calée sur les voix anglaises…
Terminons en mentionnant la présence d’un mode multijoueurs aussi peu novateur que le reste du jeu, puisqu’il offre des matchs à mort en équipe ou des affrontements à base d’objectifs à atteindre. Là encore, Bizarre Creations a semble-t-il choisi la facilité, au risque de se priver d’un public pourtant friand d’action à la 007.
• Quelques scènes à grand spectacle
• Assez fidèle à l'univers de James Bond
• Des décors variés
• Aucune originalité
• Un solo très court
• Un multi sans saveur
Verdict
On explique souvent la médiocrité des adaptations de films en jeu vidéo par les contraintes de temps imposées aux développeurs pour que la sortie de leur titre coïncide avec celle du long métrage. Malheureusement pour lui, Blood Stone devra faire sans cette excuse… Car sans être foncièrement raté, le jeu de Bizarre Creations manque à la fois de profondeur et de finition pour être vu autrement qu'une production standard affublée d'une juteuse licence. Certes on passe ici quelques bons moments en compagnie de Bond, mais ces passages vraiment réussis laissent justement un petit goût amer lorsqu'on retombe dans le banal, le déjà-vu. En l'état, le jeu plaira sans doute aux fans inconditionnels de 007 et aux joueurs en manque de TPS, mais il leur faudra tout de même accepter son gameplay générique.
Le Village PF

Graphismes
7 / 10Une performance inégale : certains décors valent le coup d'œil, tandis que d'autres sont plus quelconques. Dans l'ensemble, les phases à pied brillent moins que celles à bord d'un véhicule : on a plus le temps d'y repérer les petits défauts !
Jouabilité
6 / 10Enlevez la licence James Bond et vous êtes en face d'un jeu relativement banal mêlant tir à la troisième personne et course-poursuite. Quelques séquences assurent le spectacle mais on est loin de l'euphorie manette en main.
Son
6 / 10Si le thème officiel de James Bond se fait relativement discret, les musiques de Richard Jacques sont parfaitement dans le ton. Les effets sont en revanche très classiques, et les doublages en français très peu convaincants.
Durée de vie
6 / 10Il ne vous faudra pas plus de cinq à six heures pour boucler le jeu une première fois en mode de difficulté Normal. Vous pourrez ensuite tenter le niveau 007 pour plus de trophées, voire le online si son ultra-classicisme ne vous rebute pas.
Fun
6 / 10La mise en scène de certains passages et quelques moments spectaculaires nous plongent vraiment dans la peau de Bond, mais le jeu est par ailleurs beaucoup trop conventionnel pour river le joueur à son écran.