Test de jeu / PS3 / Ico & Shadow of the Colossus Collection

- publié le 8 septembre 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :28/09/2011
- Développeur :Bluepoint Games
- Distributeur :Sony Computer Entertainment
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1
Poétique. Un adjectif peu usité dans le monde du jeu vidéo et qui sied pourtant à merveille aux deux premiers titres de Fumito Ueda, ICO et Shadow of the Colossus, sortis respectivement il y a dix et cinq ans sur PS2. Un rythme de production relativement lent dans le milieu, et qui ne semble pas vouloir s’accélérer à en juger par l’incertitude qui entoure la date de sortie de The Last Guardian, la prochaine production de Ueda et son équipe. Pour nous faire patienter, Sony réédite aujourd’hui sur PS3 les deux petits bijoux qui ont créé la légende.
Comme d’habitude avec ce genre de compilation, nous ne nous étalerons pas sur les (nombreux) points forts de chaque titre, ni sur leurs (quelques) faiblesses. Pour une description complète et un avis plus détaillé, nous vous conseillons donc de vous reporter aux tests d’ICO et Shadow of the Colossus. Ceci étant, il n’est sans doute pas inutile d’expliquer en quelques mots le principe de chacun.Petit rappelSorti en Europe en 2002, ICO vous propose de prendre en main le destin du jeune homme éponyme, enfermé dans un château par ses congénères en raison des cornes disgracieuses dont est affublée sa tête. Après avoir réussi, par chance, à s’échapper, il croise la route d’une jeune fille, Yorda, elle aussi captive de l’immense forteresse. L’ayant délivrée, notre héros entreprend de la faire sortir de sa prison, mais doit pour cela constamment garder un œil sur elle : des créatures de l’ombre tente régulièrement de la capturer, et les aptitudes physiques de la belle ne sont pas aussi développées que celles du jeune garçon. L’aventure se présente ainsi comme une succession de puzzles ingéneiux entrecoupés de combats peu violents mais destinés à renforcer le lien entre Ico et Yorda. Le périple dure ainsi une petite huitaine d’heures, les dernières minutes permettant d’en apprendre plus sur le passé des deux personnages.

Présenté comme la suite spirituelle d’ICO, Shadow of the Colossus n’est en réalité pas directement lié au premier titre de Ueda : si le concepteur avoue voir en son deuxième jeu une préquelle au précédent, il concède toutefois qu’il s’agit là d’une interprétation personnelle et que rien n’a vraiment été défini durant le développement. Bref, vous incarnez ici un jeune homme désireux de sauver une femme décédée, et devez pour cela parcourir une immense zone de jeu à la recherche de seize colosses qu’il vous faudra tuer. Si la localisation de chaque ennemi s’apparente à une simple balade permettant d’admirer le paysage, les combats eux offrent un gameplay atypique, acclamé à l’époque par la critique : il vous faudra en effet repérer les points faibles de chaque colosse, puis trouver un moyen de les atteindre afin d’y enfoncer votre épée. Une manœuvre pas toujours évidente, puisque ces ennemis sont pour la plupart gigantesques, et que certains d’entre eux se paient même le luxe de voler !

Bien que leur scénario et leur gameplay soient largement différents, ICO et Shadow of the Colossus bénéficient d’ambiances partageant la même poésie, loin des canons habituels du jeu vidéo. Qu’il s’agisse du principe de jeu sortant des sentiers battus ou de la réalisation faisant la part belle aux jeux de lumière et aux travellings de la caméra, on retrouve dans les deux titres un sentiment de bien-être et une mélancolie rarement perçus sur nos consoles. A vrai dire, l’expérience est si peu commune qu’il est difficile de mettre des mots dessus, et il est même possible que certains vétérans du jeu vidéo soient rebutés par la fraîcheur de ces titres. Nous n’avons qu’un conseil à leur donner : faites preuve d’un peu de persévérance et vous serez largement récompensés ! Le passage à la PS3Comme les autres compilations récentes made in Sony, celle-ci profite de la puissance de la PS3 pour offrir une mise à niveau graphique. C’est ainsi que les deux jeux de Ueda affichent ici une résolution FullHD de 1080p, et qu’ils sont pourvus d’un mode 3D pour peu que votre téléviseur soit compatible. Ajoutez à cela la présence de trophées pour chacun des deux titres et vous obtenez des remakes qui ne sont certes pas au niveau des productions actuelles, du moins sur certains aspects graphiques, mais qui valent tout de même largement le détour.
Dans la pratique, la résolution rehaussée permet évidemment un affichage plus fin des polygones, ce qui donne aux deux jeux une meilleure lisibilité, mais accentue par la même occasion le côté grossier des textures : bien qu’un filtre semble avoir été utilisé pour lisser le rendu final, on attendait une performance encore meilleure de ces versions PS3. Heureusement une bonne surprise nous attend du côté du moteur graphique : la fluidité. Si ICO se révélait déjà satisfaisant dans ce domaine sur PS2, Shadow of the Colossus souffrait lui de ralentissements assez fréquents lorsque de nombreux effets spéciaux étaient utilisés. Ces désagréments font désormais parti du passé, la version PS3 se révélant tout ce qu’il y a de plus fluide ! On note tout de même une curiosité dans ce portage du deuxième jeu de la Team ICO : les textes des menus sont écrasés, sans doute affiché avec le ratio original de 4:3 en vigueur à l’époque alors que l’immense majorité des téléviseurs actuels sont en 16:9. Rassurez-vous, le moteur de jeu utilise lui le bon ratio !

Du côté de la bande son enfin, on retrouve avec bonheur les thèmes originaux et les bruitages d’ambiance qui ont tant contribué à élever ICO et Shadow of the Colossus de au rang de petites poésies vidéoludiques.
Pour terminer signalons que notre disque review ne contenait aucun des bonus prévus pour l’édition américaine de la compilation, ce qui pourrait malheureusement indiquer que la version PAL définitive fera bel et bien l’impasse dessus…
• Une animation désormais sans faille
• Des jeux toujours aussi envoûtants
• Disponible à moins de 40€
• Les textures manquent de détails
• Aucun bonus pour la version PAL
• Les textes écrasés dans SOTC
Verdict
Une fois encore Sony frappe un grand coup et nous offre des portages PS3 très corrects de deux hits de la PS2. Bien sûr on aurait aimé que le lifting graphique soit encore plus important, notamment au niveau des textures, mais on salue tout de même l'affichage affiné et la fluidité retrouvée. A moins de n'avoir pas accroché à ICO et Shadow of the Colossus lors de leurs sorties initiales, vous n'avez désormais plus aucune excuse pour ne pas plonger au cœur de ces merveilles signées Fumito Ueda.
Le Village PF

Graphismes
7 / 10Comme souvent avec les remakes de jeux PS2, ce sont les textures qui profitent le moins de la transition. Heureusement l'affichage plus fin et la parfaite fluidité des deux jeux viennent compenser ce petit défaut.
Jouabilité
8 / 10La maniabilité d'ICO et de Shadow of the Colossus n'a pas bougé d'un iota, et l'on retrouve donc les mêmes systèmes de jeu si particuliers, avec leurs forces et leurs faiblesses.
Son
9 / 10Les thèmes musicaux d'origine sont toujours aussi séduisants, tout comme les effets sonores relativement dépouillés qui font la part belle aux bruits de pas, aux chants des oiseaux et au souffle du vent.
Durée de vie
8 / 10Chaque aventure vous occupera de 8 à 10 heures, mais la chasse aux trophées pourrait cette fois prolonger artificiellement la durée de vie. On en voudrait toujours plus, mais l'offre reste honnête.
Fun
9 / 10Parfaitement fidèles à leurs modèles, ces portages PS3 vous permettront de découvrir ou redécouvrir deux OVNIs (Objets Vidéoludiques Non Identifiés) sur lesquels il serait dommage de faire l'impasse.