Test de jeu / PS3 / Hunted : The Demon's Forge

- publié le 14 juin 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :03/06/2011
- Développeur :InXile Entertainment
- Distributeur :Bethesda Softworks
- Thème :Heroïc Fantasy
- Genre :Action / Aventure
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Les plus jeunes d’entre vous ne le savent sans doute pas, mais Brian Fargo est l’homme à l’origine d’un énorme succès dans les années 80 : The Bard’s Tale. Dès 1985 sur Apple II, ce titre a posé quelques bases des jeux de rôle que nous connaissons aujourd’hui sur consoles et PC, reprises par la suite dans des hits tels que Fallout ou Baldur’s Gate. Le retour du monsieur dans l’actualité avec le jeu Hunted : The Demon’s Forge était donc attendu avec un certain intérêt. Finalement, c’est un titre plutôt mitigé auquel nous avons affaire et non pas le retour espéré. Explications.Chèques Caddoc acceptésHunted : The Demon’s Forge. Derrière ce nom se cache un jeu d’action à la troisième personne baignant dans une ambiance héroïc-fantasy médiévale plutôt agréable. Les deux personnages à incarner – car le jeu est taillé pour la coopération – sont E’lara pour l’elfe armée d’un arc et Caddoc pour la grosse brute de service. Hanté par des cauchemars, le chauve du jeu pousse son acolyte à accepter les missions proposées par une mystérieuse demoiselle. Et puis comme ses rêves agités sont en réalité des prémonitions, autant accepter tout ce que la belle propose aux mercenaires. Vous voici assez vite expédiés dans une aventure exclusivement orientée vers l’action.
Que ce soit avec lui ou elle, chaque personnage dispose d’une arme principale et d’une arme secondaire. Celle aux oreilles pointues utilise en priorité son arc pour des attaques à distance (avec possibilité d’enflammer ses flèches) et de temps en temps des coups d’épée. Pour le tatoué c’est l’inverse, il excelle avec des épées, masses, gourdins et sort quand il le faut son arbalète. Compte tenu de la lenteur de chargement de cette arme, il vaut mieux l’utiliser adossé à un mûr, un système de couverture basique étant disponible. Bien sûr, le duo est complémentaire et quand il est assez fort pour soulever des montagnes, elle est assez intelligente pour résoudre des énigmes à base de brasier à enflammer. Oui, la réflexion n’est pas vraiment la spécialité du titre et les indices que vous lâchent les fantômes des défunts sont tout à fait dispensables. La coopération fonctionne également quand il faut quatre mains pour ouvrir une porte ou quand l’un des deux barbares est mourant. Dans ce cas-là, on est bien content que l’ordinateur conserve des fioles de résurrection pour nous.

Des fioles de mana, de vie, de résurrection et des cristaux d’évolution se trouvent souvent dans les décors si on cherche avec les deux yeux. D’ailleurs, le jeu n’opte pas à proprement parler pour un système de niveaux avec une expérience gagnée au combat comme dans les jeux de rôles traditionnels. Ce sont des cristaux simplement trouvés par terre qui permettent d’acquérir de nouvelles compétences pour vos armes et de nouveaux sorts magiques. Avec seulement trois sortilèges et trois compétences évolutifs, nous sommes loin d’être assommés par le dilemme. Complétons cet inventaire en précisant que les armes, boucliers, armures se trouvent dans des râteliers ou sur les corps et que leurs attributs magiques et leur endurance diminuent à mesure de leur utilisation.
Notez également que les fouineurs trouveront des challenges annexes tels que des prisonniers à sauver, des secrets à trouver et des éléments à débloquer pour le crucible, un outil de création de cartes accessible depuis le menu principal. A l’instar d’un Infamous 2, les joueurs peuvent créer, échanger, partager leurs niveaux avec le monde entier, ce qui assure une durée de vie plus conséquente que prévu.Un chasseur sachant chasser sans son chienMalheureusement dès le premier chapitre passé, les limites du jeu sautent aux yeux et déçoivent. Soyons clairs, Hunted : The Demon’s Forge n’est pas un mauvais jeu ou un jeu bâclé qui se moque du joueur. Non, il possède même des qualités indéniables comme sa réalisation plutôt chatoyante grâce à un Unreal Engine correctement exploité et à sa coopération sur le même écran ou via le PlayStation Network. Loin de la médiocrité, le jeu est juste plombé par tout un tas d’approximations, de choix douteux dans son gameplay, ou de manques flagrants.
Au niveau des combats par exemple, les combos sont pratiquement inexistants, réduisant les affrontements à un martelage systématique de boutons. Impossible d’enchainer les coups avec classe même avec de l’expérience puisque celle-ci ne sert qu’à débloquer quelques magies, dont certaines communes aux deux personnages. On se contente d’essayer de survivre à des guets-apens d’une difficulté parfois surprenante, même en mode normal. Les monstres attaquent souvent en groupe et le lynchage ne tourne jamais en faveur du joueur. Les morts sont régulières, les résurrections par son partenaire aussi, si celui-ci n’est pas trop occupé de son côté. Quand on joue en solitaire, on regrette de ne pas pouvoir donner des ordres à l’autre personnage. On regrette également de ne pas pouvoir permuter entre l’homme et la femme à loisir. Seuls des portails répartis n’importe comment permettent de changer de corps : si on veut modifier son choix en cours de partie c’est impossible. Dommage.

Dommage également de tomber sur des niveaux aussi linéaires, ressemblant à de longs couloirs sombres ponctués de temps à autres par des zones plus ouvertes réservées au combat. Le level design est vraiment quelconque, à l’image de l’histoire qui manque franchement de souffle épique pour inspirer autre chose que de l’ennui sur le long terme. Les déplacements sont lourds, les personnages un peu trop lents (surtout Caddoc) et on ne retrouve jamais la grâce d’un God of War dans les duels. Enfin, les niveaux se traversent dans une solitude quasi-totale, sans jamais tomber sur un marchand avec qui tailler le bout de gras. C’est peut être une bonne chose au final, compte tenu des doublages français grotesques à la synchronisation labiale douteuse. Peut mieux faire.
• Jouable à deux
• Réalisation correcte
• L'éditeur de niveau
• Linéaire
• Combats sans éclat
• Doublages médiocres
Verdict
Hunted : Demon's Forge n'est pas la petite bombe espérée mais juste un jeu d'action coopératif peu inspiré qui manque clairement d'ambition pour s'extirper de la moyenne. L'aventure est futile, l'action est quelconque et certains passages sont irritants en solitaire mais la réalisation est correcte et la durée de vie respectable, surtout si vous souhaitez créer vos propres niveaux. A deux la flamme se ravive un peu (rajoutez-lui un point) mais sans jamais déclencher un incendie.
Le Village PF

Graphismes
7 / 10L'Unreal Engine 3 assure toujours le spectacle, même si on aurait aimé des niveaux plus ouverts, offrant une plus grande liberté.
Jouabilité
6 / 10Les possibilités sont vraiment peu nombreuses quand il s'agit de combattre, les personnages sont lents à la détente et l'action est molle.
Son
3 / 10Les doublages français sont médiocres, dans la lignée de Two Worlds II, et les musiques trop rares pour rester à l'oreille.
Durée de vie
8 / 10Les six chapitres demanderont une petite dizaine d'heures pour être complétés, et l'éditeur de niveaux peut facilement rajouter une poignée de minutes.
Fun
5 / 10Hunted fait partie de ces jeux que l'on se fait à petit prix un été de disette. Sympathique faute de mieux, il ne reste en mémoire que comme un jeu moyen.