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Test de jeu / PS3 / Homefront

Homefront

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  • publié le 15 mars 2011
  • Etat : Disponible
  • Date de sortie :11/03/2011
  • Développeur :Kaos Studio
  • Distributeur :THQ
  • Genre :FPS

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Plutôt discret depuis son annonce il y a près de deux ans, le dernier bébé de Kaos Studios débarque aujourd’hui à grand renfort de spots publicitaires. Test complet.

Dans le coin d'une rue américaine, deux soldats coréens mettent en joue une femme et un homme. Entre ces militaires, un enfant de trois ans, sur le point de voir ses deux parents se faire exécuter. La mère n'a même pas le temps de prévenir son fils qu'elle est déjà à terre, truffée de balles comme son conjoint. Leur tâche effectuée, les deux fantassins s'éloignent, tournant le dos à cet enfant qui revient en sanglots vers les corps inertes de ses parents. Les cris du petit sont alors choquants de réalisme, et nous font croire durant quelques minutes qu'Homefront va irrémédiablement marquer le jeu vidéo cette année. La chute n'est malheureusement que plus grande, et c'est au final une très grosse déception.

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Les développeurs new-yorkais de Kaos Studios ont véritablement mis le paquet en ce qui concerne le background. Faisant appel à John Milius, le scénariste de La Ligne Rouge et d'Apocalypse Now, Homefront propose un univers cohérent et réaliste qui se base sur l'expansion de la Corée du Nord après 2011, jusqu'à l'invasion du pays de l'Oncle Sam en 2027. Dès les premières minutes, l'écrivain réussit à imposer un certain malaise avec cet habile mélange où des faits réels rencontrent la fiction : Kim Jong-il, l'actuel dictateur de la Corée communiste, laisse sa place à son troisième fils Kim Jong-eun. Ce changement permet au pays de modifier sa politique à l'international et d'apparaitre sous un nouveau jour. Durant les années qui suivent, la Corée se réunifie, puis une politique d'expansion se met en marche sous prétexte de protéger les coréens persécutés dans les autres pays asiatiques tels que le Japon.Home, not so sweet homeDe l'autre côté du Pacifique, le dollar s'effondre et les Etats-unis doivent faire face à une économie de plus en plus instable, celle-ci étant fragilisée par les émeutes au Moyen-Orient (ça ne vous rappelle rien ?) qui ont comme conséquence la flambée des prix du pétrole dans les pays occidentaux. Avec une augmentation significative du chômage et de la pauvreté, et la retraite des forces militaires dans tout le globe, les Etats-Unis ne sont plus en mesure d'imposer leur voix à travers le monde. La Grande Corée, alors appelée ainsi, annexe les Philippines, la Malaisie, le Cambodge, le Vietnam et la Thaïlande ; et montre enfin sa véritable face cachée en faisant exploser une bombe atomique en haute altitude au dessus des USA, ce qui a pour effet de complètement paralyser les infrastructures électriques (communications, radars...) du pays. L'invasion commence.

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Homefront prend place deux ans plus tard, lorsque la côte Ouest des Etats-Unis est sous l'occupation de la Corée. Le problème avec le titre de Kaos Studios, c'est que l'histoire s'arrête dès lors que l'on récupère la manette, comme si tout ce scénario n'était qu'un épais écran de fumée. Le début est pourtant encourageant, lorsque Jacobs, notre personnage, se fait capturer par les forces coréennes. A la manière d'un Call of Duty : Modern Warfare, nous sommes emmenés jusqu'à un véhicule pour y être transféré vers un lieu inconnu. Assis dans un bus, on voit alors la violence qui règne dans les rues : les coréens embarquent des centaines d'américains dans des camions et exécutent sans sommation des civils apeurés par la situation. Mais tandis que notre destin n'est plus entre nos mains, un camion, telle la célèbre scène du fourgon blindé dans Heat, percute de plein fouet le bus. La résistance nous a retrouvés, et elle a un plan pour nous.Couloirs, murs invisibles et portes défoncéesC'est véritablement à partir de ce moment-là que les choses se corsent. Homefront utilise tous les systèmes archaïques du FPS et tombe par la même occasion dans les mêmes travers qu'un certain Medal of Honor. Toujours accompagné par un, deux, voire trois camarades (il est où d'ailleurs le mode coopération?), il faudra sans cesse attendre que nos coéquipiers finissent de parler, libèrent le passage en poussant un obstacle ou en explosant une porte, et passent en priorité pour désactiver ce fichu mur invisible qui nous empêche d'avancer. Fatigant. On ne serait pas là à le pointer du doigt si ce schéma n'était présent que quatre-cinq fois durant l'aventure, le problème c'est qu'on nous le ressasse toutes les dix minutes durant les 3h30 de la campagne. Oui, vous avez bien lu. Malgré ces attentes à répétition, la campagne de Homefront peut se terminer en moins de quatre heures. Honteux !

Car effectivement, le soft de Kaos Studios ne propose que sept missions au total, durant lesquelles il faudra mitrailler du coréen par paquet de 20 sans véritablement réfléchir (c'est quelque peu incohérent par rapport à la trame scénaristique, mais passons). Les objectifs en eux-mêmes sont ridicules, et le briefing de toute la campagne pourrait se résumer à ceci : "Mission 1 : s'échapper. Mission 2 à 6 : localiser et capturer des camions-citernes. Mission 7 : s'emparer du Golden Gate. Fin du jeu." Passionnant ! Si on ajoute à cela des scripts extrêmement mal placés et une linéarité peu camouflée, Homefront possède l'une des plus mauvaises campagnes jamais vues dans un jeu vidéo. Les développeurs ont essayé de varier les plaisirs en mettant en place une mission d'infiltration ou bien un passage en hélicoptère, mais le peu de liberté allouée au joueur et le manque de sensations gâchent complètement leur potentiel.

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Pour enfoncer le clou, il n'est pas rare de rencontrer quelques bugs graphiques lors de cinématiques (un personnage qui sautille dans tous les sens), des dialogues coupés ou encore des problèmes sur les actions contextuelles qui obligent le joueur à recommencer au dernier checkpoint (le coup de la balise à poser sur le camion qui n'apparait plus !). Le manque de finition est presque une évidence. Par ailleurs, Homefront est loin de proposer des graphismes saisissants, bien au contraire. Il ne sera donc pas étonnant d'apercevoir des retards sur les chargements de textures, une modélisation en dents de scie, des effets de fumée grossiers en 2D (aucun effet volumétrique) et des personnages peu charismatiques (Hopper et sa tenue digne d'un Marty McFly dans Retour Vers le Futur 2). Le travail sur la partie sonore n'est pas des plus convaincants non plus, avec un pistolet qui imite remarquablement bien les pétards d'un feu d 'artifice, un char qui nous fait le bruit d'un son de cloche lorsqu'il tire un obus, ou le moteur d'un Humvee qui ressemble au son d'une voiture radiocommandée légèrement remixé. N'omettons pas les dialogues en français qui sont loin d'être inoubliables... Au final, seule la présence du cri de Wilhelm est un plus.



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