Test de jeu / PS3 / Heavy Rain
- Page 1 : Introduction, Scénario, Gameplay
- Page 2 : Réalisation, Conclusion
Une expérience inoubliableTechniquement le jeu de Quantic Dream fait honneur à la PlayStation 3. Graphiquement d’abord avec une modélisation des personnages impressionnante et des environnements criants de réalisme. Le souci du détail est limite maladif et l’animation juste bluffante. Toutefois on ne peut s’empêcher de remarquer certaines inégalités entre les personnages principaux et la population d’arrière-plan : que se soit dans l’animation et la finition graphique, y a un léger décalage. Rien de bien dramatique toutefois.

Pour immerger complètement le joueur dans l’univers du jeu, il est indispensable d’avoir un univers sonore en parfaite adéquation avec le thème. Et là, dès l’écran titre d’Heavy Rain, on se sent tout de suite happé par l’intrigue : c’est puissamment mélancolique, triste et à la fois envoutant et prenant. Rares sont les thèmes principaux qui provoquent de tels sentiments avant même que le jeu ne commence. Et tout au long de l’aventure l’univers musical évolue au gré de vos actes, tantôt épique tantôt intimiste, mais toujours en adéquation avec le moment.
Et pour ne rien gâcher, le travail sur le doublage des voix est aussi à souligner. Le titre est intégralement en français (voix et textes) et le jeu des acteurs est vraiment époustouflant, même si les puristes seront tentés de mettre les voix anglaises qui, il est vrai, donnent plus de profondeur à certaines scènes. Mentionnons enfin les effets sonores qui brillent par leur réalisme et qui enfoncent le clou de l’immersion.
Un mot sur le système de caméra qui s'adapte automatiquement à votre position dans l’environnement : elle est généralement plutôt bien positionnée pour ne rater aucun élément. Il existe tout de même une touche qui permet de choisir un autre angle de vue si celui par défaut ne vous convient pas. A noter le retour du multi-screen, une technique déjà employée dans le précédent titre de Quantic Dream et qui fait toujours son petit effet dans la mise en scène, en plus d’être pratique pour observer tout ce qui se passe.

Passons maintenant aux points noirs parce que, oui, il y en a : la vitesse de déplacement des personnages, par exemple, pourra agacer. En fait on a tellement envie de courir dans tous les sens pour explorer l’environnement avant qu’un évènement ne s’enclenche qu’on peste contre l’absence d’une touche pour courir ou au moins marcher à une vitesse soutenue. Ce n’est pas ce que l’on peut appeler un défaut majeur, mais il reste tout de même frustrant.
Pour rester dans les mouvements des personnages, on notera une certaine rigidité dans l’animation de quelques séquences : ça manque parfois de fluidité, et on a alors l’impression que l’animation est mal décomposée, qu’elle manque de naturel. Heureusement la motion capture propose un rendu incroyable dans de nombreuses autres scènes.
D’une manière générale, le titre de Quantic Dream est une réussite à bien des niveaux. Il n’y a que quelques imperfections techniques qui seront perçues différemment d’un joueur à un autre. Mais là où le jeu risque de faire parler de lui, c’est surtout dans les thèmes abordés et les émotions qu’il procure : il y a là matière à discussion, d’autant plus que chaque joueur aura, par son vécu et sa sensibilité, une vision unique de cette expérience vidéoludique.

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• Une ambiance indescriptible
• Une expérience interactive poussée
• Une bande son à couper le souffle
• La lenteur des déplacements
• Certaines inégalités techniques
Verdict
Heavy Rain ou comment vivre une expérience unique. David Cage réussit à nous plonger dans un univers bien loin des standards actuels d'un monde vidéoludique en manque d'originalité. Malgré quelques imperfections côté technique et une prise en main qui en déconcertera plus d'un au début, c'est la qualité de la narration et l'implication du joueur qui au bout du compte marqueront les esprits. Une fois les mécaniques du jeu acquises, le reste n'est qu'émotions fortes et immersion totale. Difficile de sortir indemne d'une expérience pareille, mais on en redemande.
Le Village PF

Graphismes
8 / 10Une modélisation des visages bluffante, des effets visuels stupéfiants mais une animation inégale par moments et des textures secondaires souvent en décalage avec celle des acteurs principaux.
Jouabilité
8 / 10Déroutante au début, la prise en main devient instinctive au bout de quelques scènes et paraît soudainement d'une logique perturbante. Les actions contextuelles et les QTE s'intègrent parfaitement au jeu.
Son
9 / 10En plus d'un travail de titan sur le doublage aussi bien français qu'anglais, c'est surtout la bande son du jeu, véritable vecteur émotionnel, qui est à saluer.
Durée de vie
8 / 10La première traversée vous demandera au minimum une bonne dizaine d'heures. Rien ne vous empêche de revivre l'aventure d'une autre manière, c'est même là toute la beauté du jeu.
Fun
9 / 10Le fun ce n'est pas forcément le mot le mieux adapté mais le plaisir du jeu est d'une rare intensité. Les thèmes abordés et certaines séquences qui peuvent mettre mal à l'aise destinent le jeu à un public averti.