Test de jeu / PS3 / Heavenly Sword
- Page 1 : Présentation, Combats au corps à corps
- Page 2 : Armes de jet, Réalisation, Conclusion
Des projectiles sous contrôleOutre les combats au corps à corps, Heavenly Sword compte de nombreuses sections dans lesquelles votre personnage peut utiliser des armes de jet comme un bazooka, un canon ou une arbalète. Cette dernière arme n’est d’ailleurs pas utilisée par Nariko mais plutôt par Kai, sa jeune sœur d’adoption. Des niveaux entiers sont en effet consacrés à cette jeune fille qui, sans avoir la classe de sa grande sœur, n’en demeure pas moins sympathique à incarner et extrêmement touchante dans certaines cut-scenes. Mais que vous soyez aux commandes de Nariko ou de Kai, le gameplay reste identique : après avoir appuyé sur le bouton de tir, vous pouvez le laisser maintenu pour téléguider votre projectile vers sa cible grâce au détecteur de mouvement de la SixAxis ou plus simplement avec son stick. Si de nombreuses critiques ont souligné la plus grande accessibilité du second système, nous avons de notre côté terminé le jeu via les fonctions gyroscopiques de la manette sans rencontrer de problème particulier : une fois la manipulation maîtrisée, et elle l’est rapidement, la méthode s’avère complètement adaptée.
Durant certaines phases impliquant Kai et son arbalète, vous devrez parfois enflammer vos projectiles en les faisant d’abord passer sur les torches de l’environnement avant de les envoyer vers des barils de poudre qui déclenchent alors un joli feu d’artifice : il est parfois aussi simple de viser directement le soldat ennemi proche de l’explosif, mais le résultat est bien plus jouissif avec une flèche enflammée !

Le dernier type de séquences proposé à plusieurs reprises dans Heavenly Sword reprend le principe désormais trop courant des QTE (Quick-Time Events). Dans ces phases, il vous faut appuyer sur un bouton ou utiliser une direction du stick au bon moment selon les instructions affichées à l’écran. Relativement simples ici, elles ont tout de même l’inconvénient d’obliger le joueur à garder un œil sur le bas de l’écran, là où les boutons s’affichent, l’empêchant de profiter pleinement du spectacle.
Le système est d’ailleurs repris lors des combats contre les boss qui demandent tous un ou plusieurs QTE pour être définitivement éliminés. On note au passage que ces combats en théorie dantesques manquent quelque peu de challenge et, hormis le combat final qui nécessite un timing précis, la plupart des boss peuvent être battus comme les ennemis classiques. L’intelligence artificielle de ces derniers n’est d’ailleurs pas particulièrement agressive, et une bonne maîtrise des blocages et des contres permettra à tout un chacun de terminer le jeu sans jamais vraiment buter sur une section particulièrement difficile. Précisons toutefois que, pour les amateurs de challenge, le niveau de difficulté Enfer débloqué une fois le jeu terminé devrait offrir une aventure plus ardue.Une réalisation splendideNous en parlions en guise d’introduction, le très gros point fort de Heavenly Sword est sa réalisation tout bonnement somptueuse, à commencer par les cinématiques servant à la narration : si vous n’avez pas suivi de près l’actualité du jeu, rappelons que les développeurs de Ninja Theory ont expliqué durant l’E3 2007 que leur titre utilise trois types de cut-scenes. Les premières sont affichées en temps réel par le moteur du jeu, tandis que les secondes ont été enregistrées alors qu’elles étaient produites par le même moteur : le résultat est donc identique à l’écran mais la seconde méthode permet de libérer des ressources dont la console se sert probablement pour charger les éléments du niveau suivant. Il n’y a d’ailleurs que très peu d’écrans de chargement tout au long du jeu, un bon point pour l’immersion. Le troisième type de cut-scenes est le plus répandu puisqu’il s’agit de vidéos produites avec des modèles et textures plus détaillés que ceux et celles utilisés dans le jeu, permettant un rendu encore meilleur ainsi que l’ajout de certains effets spéciaux. Si ces dernières sont repérables au premier coup d’œil, les séquences créées avec le moteur de jeu n’en demeure pas moins extrêmement impressionnantes et on reste sans voix face aux détails présents sur les personnages en gros plan, notamment dans le grain de leur peau ou leurs expressions faciales. La mise en scène est elle aussi d’un haut niveau et rappelle souvent celles des grosses productions du septième art.

Cette présentation cinématographique se retrouve d’ailleurs dans les phases de jeu à proprement parler avec des jeux de caméra impressionnants et une utilisation subtile du système de vignettage cher à la série 24 pour n’en citer qu’une. Bien entendu, les séquences d’action ne laissent pas le temps d’admirer la plastique de Nariko ou de Kai, la caméra étant de toute façon trop éloignée, mais permettent d’apprécier l’excellent travail réalisé dans l’animation des personnages : les enchaînements paraissent naturels, et on ne note que quelques problèmes d’affichage (collision de polygones) de temps à autres. Les décors sont eux aussi à la fête et il est extrêmement plaisant de voir une salle de réception comportant de nombreuses tables en bois et autres objets ressembler à un véritable champ de bataille à la fin d’un affrontement. Plus généralement, les environnements traversés par Nariko sont de toute beauté et, si l’aventure est complètement linéaire, les designers n’en ont pas pour autant oublié de soigner les arrière-plans ou toute zone à laquelle le joueur ne peut accéder.
Si les effets spéciaux sur lesquels on s’ébahit habituellement sur console de nouvelle génération (brouillard, nuages de poussière, explosions…) sont relativement discrets ici, la performance se trouve en revanche dans les scènes de bataille impliquant des centaines de personnages à l’écran : on a rarement vu aussi impressionnant. Comme indiqué plus haut, le seul petit reproche que l’on puisse faire à Heavenly Sword sur le plan graphique consiste en quelques ralentissements apparaissant de temps en temps mais qui sont bien vite oubliés tant le rendu est saisissant.
Côté sonore, la prestation est elle aussi extrêmement réussie puisque les effets accompagnant les combats sont du plus bel effet, mélangeant bruit des lames s’entrechoquant et exclamations des combattants, le tout étant accompagné de musiques d’inspiration orientale. On appréciera aussi tout particulièrement la prestation des acteurs prêtant leurs voix aux personnages du jeu, et il convient pour une fois de saluer les doubleurs français qui se révèlent tout aussi convaincants que leurs homologues américains.

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• Une réalisation splendide
• Un système de combat convaincant
• Une narration extrêmement immersive
• L'aventure est bien trop courte
• Les boss ne sont pas vraiment impressionnants
• On aurait aimé un peu plus de variété
Verdict
Certes, Heavenly Sword n'est pas exempt de défaut : trop court et pas vraiment original, il souffre aussi de quelques problèmes techniques que certains esprits chagrins ne manqueront pas d'amplifier. Cependant, et après être arrivés au terme de l'aventure pratiquement d'une traite, nous ne pouvons que vous recommander chaudement ce titre à la réalisation étonnante et dont la narration est l'une des meilleures jamais vues dans l'histoire du jeu vidéo. L'aventure qui vous est offerte ne dure peut-être que quelques heures, mais ces dernières sont de celles qui marquent dans la vie d'un joueur. Possesseurs de PlayStation 3 et amateurs de beat-em-all, vous savez ce qu'il vous reste à faire !
Le Village PF

Graphismes
9 / 10Tout simplement magnifique, Heavenly Sword offre à la fois des décors somptueux et animés, et des personnages très détaillés. Seuls quelques ralentissements et de rares bugs d'affichage viennent noircir le tableau.
Jouabilité
8 / 10Si les combats peuvent paraître un peu brouillons de prime abord, on s'habitue vite aux trois gardes de Nariko et l'on peut alors enchaîner combos et contres dans de superbes chorégraphies.
Son
9 / 10Qu'il s'agisse des musiques envoûtantes, des effets impeccables ou des dialogues au ton juste, la bande son de Heavenly Sword est une véritable réussite.
Durée de vie
6 / 10Il ne vous faudra guère plus de huit heures pour boucler le jeu une première fois, après quoi vous pourrez rejouer chaque section individuellement pour améliorer votre score et débloquer plus de bonus. On en redemande !
Fun
8 / 10Excitant dès les premières secondes, Heavenly Sword happe littéralement le joueur grâce à sa réalisation sans pareil. Toutefois, la répétitivité des phases de jeu et le manque de diversité des ennemis pourront gêner les plus exigeants.