Test de jeu / PS3 / Green Lantern : La Révolte des Manhunters

- publié le 28 juillet 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :28/07/2011
- Développeur :Double Helix Games
- Distributeur :Warner Bros Interactive
- Thème :Super héros
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1
La rivalité qui oppose Marvel à DC Comics a souvent donné lieu à des affrontements par super-héros interposés. Quand DC Comics sort Superman et Batman en 1938 et 1939, Marvel lui répond avec la Torche Humaine et Captain America en 1939 et 1941. Au cinéma c’est la même chose : alors quand The Dark Knight éclate sur grand écran en 2008, nous retrouvons dans la salle d’à côté le bruyant Iron Man. En 2011, c’est Green Lantern qui joue des coudes avec Captain America, aussi bien au cinéma qu’en jeux vidéo. Pas sûr que l’homme à la bague soit vainqueur cette fois….Eclairez ma lanterneLe jeu vidéo Green Lantern : La Révolte des Manhunters laisse l’initiation d’Hal Jordan au long métrage. Pas de phase comme simple citoyen dans le jeu, nous commençons l’aventure avec un super-héros déjà à l’aise la bague au doigt. En bon membre de la Green Lantern Corps, une confrérie de guerrier protecteurs de la paix et de la justice, vous devez lutter contre les Manhunters, des chasseurs d’hommes robotiques. Ces derniers tentent de s’emparer de la lumière jaune, l’énergie de la peur, afin de régner sur le monde. Le syndrome classique de supériorité et de domination du monde.
Les premières minutes du jeu sont représentatives de l’œuvre entière : avancer / tuer, avancer / tuer, avancer / tuer. Aux commandes d’un Ryan Reynolds grossièrement modélisé, vous devrez arpenter les dix niveaux du jeu en bousillant toutes les boites de conserve qui osent vous tenir tête jusqu’au boss de fin de niveau et plus tard, jusqu’au générique de fin. Pour ce faire, le pouvoir de la bague a la particularité de modéliser tout ce qu’Hal peut imaginer. Comme le bonhomme a l’imagination fertile mais conventionnelle, vous ne vous salissez jamais les mains directement mais frappez avec une épée, une vrille, un marteau ou des poings virtuels. Il est même possible d’utiliser un grappin imaginaire pour saisir l’ennemi et l’envoyer dans le décor.

Outre les attaques classiques illimitées (faibles mais rapides, plus fortes mais plus lentes) le pouvoir de la bague permet - plus tard - de sortir l’artillerie lourde : mines, mitrailleuse rotative, batterie de missiles, batte de baseball, fléau d’armes, vérins, armure mécha jusqu’à l’avion de chasse. Modéliser des armes de destruction massive est assez jouissif, le sentiment de puissance est grisant. Certaines modélisations sont plus qu’offensives, elles sont indispensables pour progresser dans les niveaux. Oui, l’action est parfois stoppée par quelques puzzles à résoudre avec votre marteau, votre batte ou vos mines. Rien de très compliqué, le but n’est pas de vous faire réfléchir mais de vous ralentir.
En God of War-like pur jus, l’exécution de soldats ennemis vous rapporte des points d’expérience (des orbes blanches) que vous aurez à cœur de dépenser dans de nouvelles compétences. Vous pouvez ainsi booster la puissance des attaques de base, renforcer le pouvoir de l’anneau, vous offrir de nouvelles constructions ou décupler votre surtension. La surtension correspond à un mode furie (disponible quand une jauge est pleine) durant lequel vous êtes temporairement invulnérable et doté d’une puissance insolente, la jauge d’énergie étant alors figée. Les orbes bleues vous rapportent de la santé, les vertes de l’énergie. Ajoutez à cela une esquive placée sur le stick analogique droit, un bouton pour vous protéger, un autre pour rusher sur l’ennemi et des finish moves à base de quick time event et vous comprendrez qu’il y a du spartiate dans l’air.Loin d’être un géant vertLa bande-annonce du film ne trompe pas, le Green Lantern peut voler. Dans le jeu, cela se traduit par des bonds non-jouables au sein d’un même niveau, et par des niveaux entiers consacrés au shoot. Trois niveaux sont inspirés de vieux shoot-them-up spatiaux, le décor avance tout seul et vous contrôlez le super-héros comme un vaisseau qui tire sur tout ce qui bouge. Malheureusement ces passages sont peu convaincants car ils sont basiques au possible (il suffit de laisser le doigt sur R2) et d’une maniabilité délicate puisqu’il est impossible de diriger son personnage et sa cible indépendamment. Les développeurs ont oublié que la manette a deux sticks et il faut bouger sa lanterne pour ajuster son tir. Bof.
Pendant que nous sommes au rayon des déceptions, signalons que les dix niveaux du jeu ne sont en réalité que des couloirs linéaires, bourrés à craquer de murs invisibles qui nous empêchent de prendre un itinéraire bis pourtant partiellement modélisé. Il suffit d’aller droit devant soi pour trouver la sortie, impossible de se perdre. Dommage également que les décors soient si répétitifs : les zones s’étendant sur plusieurs niveaux il n’y a réellement que trois décors différents dans tout le jeu. Niveau variété il faudra aller voir ailleurs. Même chose du côté des ennemis qui sont la plupart du temps des robots purement identiques les uns aux autres et du côté des situations qui abusent des portails de téléportation à détruire.

Précisons aussi que la durée de vie n’excède pas les six heures trente pour atteindre le générique et que les trophées sont tellement faciles à obtenir qu’il faudra huit heures tout au plus pour choper le platine si vous commencez directement en difficile. Aucun challenge annexe n’est présent pour accroitre la longévité. Enfin, les graphismes sont corrects sans plus, loin de faire dans le spectaculaire, mais sont en revanche compatibles avec la 3D stéréoscopique et par anaglyphe. Si vous avez une paire de lunettes en carton avec un plastique vert et rouge par œil qui traine, vous pouvez aussi voir en relief.
L’addition aurait pu être encore plus salée si le jeu n’avait pas eu la bonne idée de proposer un mode coopératif sur l’ensemble de la campagne. A tout moment un second joueur peut venir prêter main forte à Green Lantern sur le même écran, partageant les points d’expérience, les pouvoirs, collaborant sur les énigmes et les combats. Le premier joueur peut par exemple immobiliser l’ennemi pendant que le second le tabasse à coups de marteau. Le jeu est tout de suite plus facile et, dès qu’un joueur décède, il réapparait dans les dix secondes. Green Lantern gagne ainsi en convivialité et en plaisir simple de tout bousiller entre amis. Mine de rien, cette option sauve le soft du naufrage total.
• Modéliser des armes de destruction massive
• Mode coopératif sur le même écran
• Trophée platine assuré
• Juste dix couloirs
• Phases de shoot ratées
• Vite torché
Verdict
Avec ses niveaux répétitifs et cloisonnés, ses situations peu variées, son gameplay digne d'un sous God of War et sa durée de vie légère, Green Lantern : La Révolte des Manhunters sent bon l'adaptation rapide et pas chère pour coller à la sortie du film. Si l'action est tout de même distrayante à deux sur le même écran, le jeu perd une bonne partie de son attrait en solitaire. Dans les deux cas, l'expérience est dispensable.
Le Village PF

Graphismes
5 / 10La réalisation graphique est moyenne, les décors sont répétitifs et les ennemis sont les mêmes du début à la fin. La 3D apporte un poil plus de relief.
Jouabilité
6 / 10La prise en main est calquée sur God of War mais les phases spatiales sont ratées et les personnages sont parfois difficiles à repérer en coopération.
Son
6 / 10Les voix françaises sont écoutables et les musiques sont honnêtes, sans plus. Ce n'est pas le pire côté du jeu.
Durée de vie
4 / 10Le jeu ne comporte que dix niveaux dont trois de shoot rapidement expédiés et une fois terminé il n'y a aucune raison d'y revenir.
Fun
6 / 10Avouons-le, contrôler Green Lantern a un certain charme et modéliser des armes donne un sentiment de puissance agréable. A deux il y a de quoi s'occuper une journée de pluie.