Test de jeu / PS3 / Fist of the North Star : Ken's Rage

- publié le 15 novembre 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :05/11/2010
- Thème :Post-Apocalyptique
- Genre :Beat'em all
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Bien connue de la génération Club Dorothée sous le nom de Ken le Survivant, Fist of the North Star : Ken’ Rage est l’adaptation format jeu vidéo du manga éponyme. Le joueur y incarne Kenshirô, un survivant aux cicatrices autant physiques que morales, qui devra jouer des coudes dans un monde post-apocalyptique. En effet, à la manière d’un Mad Max, des hordes de voyous arpentent désormais les terrains vagues d’une terre réduite au silence après l’holocauste nucléaire. Préparez-vous à un beat them all d’une grande violence.« Hokuto de cuisine »Série culte pour toute une génération de trentenaires, notamment en raison de son ultra violence et de ses doublages français honteux, Ken le Survivant n’a que très rarement donné lieu à des jeux vidéo en France. De mémoire, je dirais même pratiquement jamais. L’arrivée de Fist of the North Star : Ken’s Rage doit donc être accueillie par certains fans comme une véritable aubaine. Attention mes enfants, derrière cette euphorie se cache un titre des plus moyens. Lisez donc.
Après une longue installation et une belle cinématique, le menu en français présente le contenu de la galette. Un rapide passage dans les options pour mettre les voix en japonais (et non en anglais) et l’on peut découvrir le mode légende qui permet de revivre l’aventure du manga. Oui, même si le jeu propose un tutorial, on préfère se jeter tout de suite dans l’action. Et de l’action justement, c’est tout ce que propose ce beat them all arcade plus proche d’un Dynasty Warriors que d’un Fighting Force.

Ken doit parcourir les poings serrés quatorze niveaux-couloirs aux décors vides, répétitifs et sauvagement texturés à la recherche de gueules à casser. Heureusement pour lui, et pour nous, il ne reste pratiquement plus que ça sur terre. Des dizaines de voyous viennent régulièrement par vagues vous défier, un par un, chacun attendant gentiment son coup de savate quant bien même ses clones viennent d’imploser sous ses yeux. Que Familles de France se rassure, on peut choisir entre une violence modérée ou extrême dans les options. De temps en temps, histoire de ne pas se bousiller les phalanges, notre survivant utilise des poutrelles, barils explosifs voire des missiles pour tabasser ses ennemis ou les lancer comme projectiles. Comme le monde n’est plus qu’en tas de ruines, il y a peu d’éléments avec lesquels interagir alors on se contentera d’avancer en suivant la flèche visible sur la carte en haut de l’écran, et ce jusqu’au boss de fin de niveaux.
Ceci dit, les zones sont généralement saupoudrées de missions bonus à accomplir pour gagner des améliorations de puissance, de défense ou de karma dans le niveau. Par exemple, si un groupe de civils se fait maltraiter, les sauver tous vous apportera un bonus. Une façon comme une autre d’apporter un intérêt supplémentaire à votre balade. L’intérêt premier étant d’arriver au combat final qui demande toujours de casser la garde du boss (les dégradations physiques sont en temps réel), de l’épuiser et de le finir avec une attaque stylisée à base de combinaisons de touches à presser dans le temps imparti. C’est dans de tels moments de violence chorégraphiée qu’on comprend enfin qu’on joue avec Ken. Parce qu’il faut bien l’avouer : sans sa licence, le jeu n’aurait que peu d’intérêt.Etoile filanteFist of the North Star est un jeu de destruction tout ce qu’il y a de plus classique, avec un bouton pour les coups normaux et un autre pour les coups puissants, que l’on doit combiner pour faire éclater les corps de nos ennemis. Les coups portés et reçus font gonfler une jauge d’esprit qui, une fois pleine, permet de lâcher une attaque spéciale sur sa cible : les coups de poings les plus rapides du monde vont pleuvoir ! Dans le même registre, notons une jauge de rage qui libère plus de puissance une fois pleine, un bouton pour se protéger, un autre pour esquiver les attaques et un dernier pour prendre un ennemi par la gorge. A la manière de Kratos dans God of War III, il est en effet possible de fracasser d’autres ennemis avec son otage puis de se débarrasser de ce dernier en le jetant. Un bonus est d’ailleurs à gagner si votre projection explose un élément du décor en même temps.

L’expérience glanée entre chaque niveau peut être utilisée pour acheter de nouvelles techniques mortelles ou bien de nouveaux talents comme une meilleure défense ou une attaque supérieure. Inspiré d’un jeu de rôle, le Damier des Méridiens ouvre de nouvelles compétences à acheter dans le périmètre de votre dernier achat. Classique mais parfaitement fonctionnel même dans un beat them all. Il y a clairement de quoi faire, de nombreux coups étant à acheter pour Ken et ses comparses. A mesure de votre progression, d’autres personnages se débloquent pour le mode légende. Raoh, Toki et Rei ont ainsi leur propre campagne tirée du manga mais toujours jouable uniquement en solitaire.
Les autres personnages que vous débloquez – notamment les boss battus – servent au mode fiction qui, comme son nom l’indique, transporte dans des aventures imaginaires sans lien avec le manga. Sous forme de cartes à purger de leurs ennemis et jouable à deux simultanément en écran partagé, ce mode permet de mettre ses gros doigts sales sur de nouveaux combattants aux techniques et aux armes différentes de Ken. Ce ne sera pas du luxe de varier car Ken est tout de même bien rigide, lent dans ses déplacements, et ses coups ne portent pas assez loin. En l’absence d’un verrouillage (sauf pour les boss) et parfois handicapé par une caméra trop proche de l’action, il n’est pas rare de taper à côté. Dans le doute, privilégiez les coups de pieds et les attaques sautées qui risquent plus de faire mouche. D’autres personnages, plus jeunes ou plus féminins s’en sortent mieux que lui, un comble pour la tête d’affiche.
Globalement encore plus brouillon et moche que le mode légende, le mode fiction à deux joueurs souffre aussi de quelques ralentissements dans les moments les plus surchargés. En solo, il a le mérite de gonfler significativement la durée de vie du jeu, carrément honorable dans l’ensemble (il y a même un trophée à celui qui aura joué 30 heures au jeu). On regrette cependant le gameplay ultra répétitif qui tourne assez vite au calvaire…

Toute l’énergie des développeurs semble être partie dans les cut-scenes fidèles au matériau d’origine et surtout réalisées avec le plus grand soin. C’est finalement ce que l’on retiendra le plus de cette production ni belle, ni intéressante, ni amusante, répétitive et que l’on destine éventuellement aux fans pas trop exigeants qui voudraient se défouler de temps en temps en bousillant des bots.
• Les cut-scenes fidèles
• La durée de vie
• Les voix japonaises
• Graphismes austères
• Niveaux répétitifs
• Personnages rigides
Verdict
L'arrivée en Europe d'un jeu estampillé Fist of the North Star s'avère bien décevante, ce Ken's Rage n'ayant pas d'autre intérêt que de suivre les cinématiques d'un mode histoire fidèle au manga. Le gameplay se résume à une succession d'affrontements sans grande finesse, servis par une réalisation austère et des niveaux répétitifs jusqu'à l'écœurement. Ceci dit, le manga n'ayant jamais fait preuve d'une grande subtilité, l'univers pourra séduire quelques inconditionnels qui y trouveront un système d'améliorations correct, une durée de vie généreuse et toute une batterie de personnages à prendre en main. A réserver à eux seuls.
Le Village PF

Graphismes
6 / 10La modélisation des personnages principaux est à la hauteur, les figurants et les décors sont ternes et sans relief. De belles cinématiques ponctuent régulièrement l'aventure.
Jouabilité
6 / 10Le contrôle de Kenshirô n'est pas un modèle du genre : lent à déplacer et lourd à diriger, ses coups partent parfois dans le vide. Certains personnages secondaires sont plus gracieux, un comble.
Son
7 / 10Les voix japonaises peuvent supplanter les voix anglaises. Les cris de douleur s'accordent avec la musique rock balancée durant toute l'aventure.
Durée de vie
8 / 10Avec pratiquement une trentaine de missions pour le mode légende et une tripotée de niveaux supplémentaires pour le mode fiction, vous atteindrez facilement les vingt heures de jeu.
Fun
6 / 10Avouons-le, si faire exploser le corps de ses ennemis est marrant au début, le jeu tourne vite en rond et la lassitude gagnera facilement les plus exigeants. Un jeu moyen.